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 [post DS9]Un curieux pied de nez du destin

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Chibi
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MessageSujet: [post DS9]Un curieux pied de nez du destin    Mar 26 Avr 2011, 07:49

Type de fic: post DS9
Personnages principaux: Julian Bashir
Prend en compte les livres parus depuis.
Pour vos commentaires, c'est ici

Les personnages de Talis Cedara et de Borilak Jalika sont issus du livre (non traduit en français) "Warchild".

Chap. 1

Deep Space Nine, 2378

Le docteur Julian Bashir s’étira et posa le padd qu’il tenait avec un bâillement. Sa nuit de garde s’achevait, il ne lui restait plus qu’une heure avant de rentrer chez lui pour prendre un repos bien mérité.
La nuit avait été calme, même pas une urgence, et il en avait profité pour lire quelques articles dans divers journaux médicaux. Dans une heure, un des dix médecins sous ses ordres viendrait le relever, et il pourrait aller se coucher dans ses quartiers, on ne le réveillerait pas sauf urgence nécessitant son intervention. Par chance, son équipe était très bien formée et il ne serait probablement pas utile avant de reprendre son service, le lendemain.
Il se leva, tira sur son uniforme et jeta un regard dans la pièce à côté. Les deux infirmières et les deux techniciens médicaux en poste avec lui effectuaient diverses tâches de maintenance, de stérilisation ou de nettoyage, certains s’occupaient aussi des patients en convalescence. Rien de très trépidant donc, mais il appréciait de plus en plus la tranquillité depuis qu’il avançait en âge. Il y avait encore en lui le bouillant jeune médecin épris d’aventure et d’exploits médicaux, mais il n’y avait plus là de quoi pratiquer ce genre de médecine depuis la fin de la guerre contre le Dominion, trois ans auparavant. Cependant, il n’aurait pas échangé son poste pour tout l’or du monde, il se plaisait sur cette station qui signifiait tant pour lui, même si, au fil du temps, il y avait perdu beaucoup de  personnes chères.
Il avait pris de l’âge, et avait donc appris à relativiser les choses. Il avait vu assez dans sa propre vie pour en remplir au moins trois ou quatre, mais cette expérience, loin de le vieillir, lui donnait une sorte de sagesse que n’aurait pas reniée Jadzia en son temps. Ezri, devenue premier officier du Defiant, le lui avait dit plusieurs fois d’ailleurs lorsqu’ils étaient ensemble. Elle le connaissait vraiment très bien, il pouvait même dire que c’était une des personnes qui le connaissaient le mieux, et ils étaient restés bons amis après leur rupture survenue l’année précédente.
Il eut un sourire et relut la dernière lettre qu’il avait reçue d’O’Brien depuis Starfleet Academy. L’ingénieur était resté son meilleur ami, même après qu’il soit retourné sur Terre pour enseigner, et il en recevait souvent des nouvelles. C’était un des liens qu’il avait conservés avec sa vie d’avant, celle de la station dirigée par Benjamin Sisko, dont il n’avait jamais rien oublié. Worf aussi lui donnait parfois de ses nouvelles, mais ce n’était pas pareil, O’Brien était son ami le plus proche depuis des années et leurs parties de fléchettes lui manquaient.
Enfin, ce fut l’heure, et il avisa son assistante bajoranne, qui se trouvait dans la pièce adjacente.
« Jena, je serai dans mes quartiers en cas de nécessité… », lui dit-il seulement.
Elle lui sourit seulement et, réprimant encore un bâillement, il parcourut les couloirs jusqu’à ses quartiers. D’un geste automatique, il se dévêtit, enfila sa tenue de nuit et se glissa sous ses couvertures avec un soupir d’aise. Avant de s’endormir, il songea que vraiment il vieillissait, être aussi fatigué après une seule garde de nuit alors que, lorsqu’il était interne, il en enchaînait deux sans problème. Ce fut sa dernière pensée cohérente avant de sombrer dans le sommeil…

« Docteur Bashir ! Réveillez-vous !! »
La voix insistante de son assistante dans le circuit de communication le tira du sommeil. Habitué à être opérationnel rapidement, il s’éveilla complètement malgré le peu qu’il avait dormi et interrogea :
« Que se passe-t-il, Jena ? »
La voix de l’infirmière était étrange, comme émue.
« Vous devriez venir, deux vedeks vous attendent… »
Des prêtres ? Mais pourquoi voulaient-ils le voir ? Il enfila son uniforme et fila à l’infirmerie d’un pas rapide. Il y entra et avisa son assistante, mais se figea en reconnaissant la prêtresse qui se trouvait près de Jena. Il resta silencieux un moment puis parvint à dire :
« Cedara ? Talis Cedara ? »
La jeune fille lui sourit d’un air serein.
« Docteur Bashir, quel plaisir de vous revoir… »
Elle devait avoir vingt ans à présent, calcula-t-il rapidement, mais, de la jeune fille rebelle dont il se souvenait qui avait tenté de se faire passer pour un garçon, il ne restait rien dans cette jeune femme calme, au regard sombre limpide et vêtue des robes traditionnelles des ordres guérisseurs. Son teint, très hâlé à l’époque à cause des travaux des champs, avait un peu pâli par l’enfermement au monastère, mais elle n’avait que peu changé. La dernière fois qu’il avait eu de ses nouvelles, après en avoir eu souvent les années précédentes, c’était quand elle avait intégré un ordre de guérisseurs dans un monastère, deux ans auparavant. Selon une prophétie apportée au jour après la disparition de Kai Opaka, c’était elle qui devait être le meilleur médecin de tout Bajor et, d’après ce qu’il en savait, elle avait réalisé pleinement ce programme.
Cependant, il doutait qu’elle fût là pour parler du bon vieux temps.
« A quoi dois-je votre visite ? », questionna-t-il.
Cedara s’effaça, et Julian put voir une couveuse à côté de laquelle se trouvait un autre vedek qui s’inclina en signe de salut.
« Bonjour, Julian… », lui dit-elle d’une voix venue du passé,  qui lui secoua le cœur.
Elle non plus n’avait guère changé, encore très belle mais aussi plus sereine, probablement d’avoir vraiment fait le bon choix autrefois en retournant au monastère pour y continuer ses études auprès de l’ordre des guérisseurs. Et pourtant, Dieu sait s’il l’avait aimée ! Il avait presque été prêt à renoncer à sa carrière pour elle, mais avec le recul, il se disait qu’elle avait bien fait de le conforter dans sa vocation.
Jalika lui sourit un instant mais son sourire se fana vite quand son regard revint sur la couveuse.
Julian s’approcha de la couveuse, et jeta un regard à l’intérieur. Un bébé maigre s’y trouvait, environné de tuyaux. Sa minuscule poitrine se soulevait à peine.
Cedara s’approcha :
« C’est pour elle que nous sommes venues. Elle a environ un mois, a été abandonnée dans un des orphelinats dont nous nous occupons, mais il est vite apparu qu’elle avait des problèmes pour se nourrir, elle vomit le lait qu’on lui donne, lait de nourrice ou lait maternisé, et elle est adynamique. De plus, nous avons remarqué autre chose de très particulier… »
Et elle lui tendit un padd. Bashir le parcourut et fut étonné ce qu’il y vit. Cette petite fille malingre était à demi humaine, chose somme toute de plus en plus courante sur la station mais encore rare sur Bajor.
Jalika reprit :
« Son hybridité explique qu’elle refuse le lait bajoran, du moins je le suppose, aussi nous avons décidé de te l’amener car tu es son dernier espoir. J’ai essayé plusieurs solutions pour la fortifier, mais malgré cela elle s’affaiblit de jour en jour… »
Le regard habitué et professionnel de Bashir tomba sur l’enfant étendue sur le dos. Ses membres grêles indiquaient une dénutrition, et la teinte jaunâtre de sa peau prouvait également que son foie fonctionnait mal. S’il ne faisait pas rapidement quelque chose, cette petite fille mourrait à plus ou moins brève échéance. Il n’hésita pas une seule seconde.
Il appela son assistante :
« Jena, transférez avec précautions ce bébé dans une de nos couveuses, faites-lui un examen complet et mettez-la sous solution saline pour l’instant… »
La Bajoranne hocha la tête, et Julian revint aux deux vedeks.
« Je vais faire mon possible pour la sauver. Est-ce qu’on sait qui l’a amenée ? Cela pourrait peut-être me permettre d’avoir des renseignements sur ses parents afin d’avoir ses antécédents… »
Mais les deux Bajorannes secouèrent la tête, et ce fut Cedara qui répondit :
« Elle a été déposée à l’orphelinat, nous vous avons amené tout ce que nous savions sur elle… »
Julian parcourut rapidement les données, supputant déjà ce qu’il allait faire. Mais il manquait une donnée essentielle.
« Comment s’appelle-t-elle ? », questionna-t-il.
Jalika répondit :
« Elle n’a pas été présentée au temple, donc elle n’a pas encore de prénom. Si elle survit nous le ferons et lui en donnerons un… »
Il se tourna vers elle, et elle lut la détermination dans ses yeux, la même détermination qu’il avait mise à sauver les victimes de fièvre des camps de la Kaladrys valley en 2370. Même avec huit ans de plus et de la sérénité supplémentaire, il restait celui qui essaierait tout ce qui serait en son pouvoir pour sauver la vie de cette petite fille.
« Nous devons repartir au temple à présent, dit Cedara, mais nous vous appellerons pour avoir des nouvelles régulières… »
Bashir hocha la tête, et eut un sourire pour ces deux femmes qui représentaient son passé.
« Je m’occuperai bien d’elle… », dit-il avec un sourire.
Jalika lui rendit son sourire, mais lui jeta un regard énigmatique, qu’il ne comprit pas. Cedara fit de même, mais elle ajouta :
« Je sais qu’avec vous elle sera en de très bonnes mains… »
Puis elles sortirent dans le silence, le laissant seul avec le bloc-notes en main. Il passa ensuite dans la salle où le bébé avait été installé, et questionna son assistante sur l’état de la petite fille.
« Elle est très faible, monsieur, son foie est en mauvais état, probablement par une cause congénitale, elle réagit à peine aux stimuli et ses tests de motricité sont mauvais… », répondit Burti Jena avec professionnalisme.
Julian put constater tout cela en lisant les constantes de la petite fille. Il importait déjà de la fortifier, donc de la nourrir, mais elle était si dénutrie qu’il faudrait procéder en douceur. De plus, si son foie fonctionnait mal, il était hors de la question de la nourrir de façon traditionnelle.
« Mettez-la sous perfusion de glucose, ordonna-t-il, et que quelqu’un reste près d’elle pour surveiller son état. Au moindre changement, en bon ou en mauvais, appelez-moi et je viendrai tout de suite… »
La Bajoranne hocha la tête, et Julian regagna ses quartiers pour essayer de se rendormir...

A suivre
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Chibi
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MessageSujet: Un curieux pied de nez du destin --- [fanfic post DS9 - en cours] --- chapitre 02   Ven 29 Avr 2011, 08:38

Et la suite !

Chap. 2

Malgré la fatigue, il n’y parvint pas vraiment, l’esprit occupé par la petite fille. Depuis sa sortie de Starfleet Medical School il ne comptait plus le nombre de patients qu’il avait soignés, mais cette petite orpheline dont la vie ne tenait plus qu’à un fil l’émouvait au plus haut point. Il avait toujours eu le défaut de s’impliquer un peu trop émotionnellement dans son travail, mais ses maîtres avaient souvent convenu que c’était aussi bien un défaut qu’une qualité.
Se levant, il s’approcha du réplicateur, commanda un café et vint s’abattre sur son canapé en simple caleçon et t-shirt. Il avait soigné nombre d’enfants depuis qu’il était ici, aussi bien humains que Bajorans ou d’autres nationalités, mais il ne comprenait pas pourquoi ce bébé provoquait en lui tant d’émotion. Peut-être cela le rappelait-il à la dure réalité, il était célibataire à trente-sept ans, sans enfants, avec juste son travail pour seul objectif. Peut-être aussi d’avoir revu Talis Cedara et Borilak Jalika avait-il provoqué en lui ce léger vague à l’âme.
Aussi agité qu’il fût, il finit par s’endormir et se réveilla plusieurs heures plus tard. Il ouvrit difficilement les yeux et vérifia rapidement l’index temporel. Il n’était pas en retard et, s’il l’avait été, l’un de ses collègues l’aurait appelé séance tenante. Être médecin-chef ne lui donnait presque aucun privilège sur les autres médecins composant son équipe, sauf peut-être celui de montrer l’exemple et d’assister aux briefings de commandement.
Il s’étira soigneusement, oubliant la douleur dans son dos causée par sa position inconfortable, puis alla prendre une douche et revêtir un uniforme propre. D’un geste automatique, il tenta de discipliner sa chevelure sombre et se rasa soigneusement. Vu l’heure qu’il était, il aurait le temps de passer prendre un petit déjeuner chez Quark avant de se rendre à l’infirmerie. Il bailla encore et sortit de ses quartiers pour gagner la Promenade. On était en fin de matinée, et elle fourmillait de monde, occupé à passer ou visiter les différentes boutiques. C’était le lieu de vie de la station et l’infirmerie principale, son lieu de travail le plus courant, donnait dessus.
Il tira d’un geste automatique sur sa veste d’uniforme et assura à son bras le sac chargé de plusieurs PADDs contenant les ordres du jour de sa réunion de section prévue en fin de journée. En tant que médecin-chef de cette station, il était responsable de toute la section médicale, et cela lui prenait énormément de temps pour faire tourner cette énorme machinerie. Après quelques tâtonnements au début, il avait pris l’habitude de réunir une fois par semaine toute son équipe, des médecins aux infirmières, pour des sessions d’échange, et cela lui permettait de savoir bien mieux ce qui se passait au sein des autres lieux de soins disséminés dans la station. Bien sûr, il lisait les rapports, mais il y en avait tellement qu’il ne pouvait en retenir que l’essentiel.
Il répondit distraitement aux salutations qu’on lui adressa et s’arrêta devant le réplicateur de chez Quark pour y prendre sa tasse de thé matinale. Il lui restait du temps, aussi s’assit-il et commença-t-il à lire l’un des PADDs qu’il avait amenés avec lui. Une voix féminine plus que familière le tira de sa lecture.
« Tu n’étais pas de garde cette nuit ? »
Les yeux bleus d’Ezri Dax le regardaient avec une expression à la fois amusée et préoccupée. Etant à présent premier officier du Defiant, elle venait de rentrer de mission de contrôle dans le quadrant gamma et observait le médecin-chef du haut de sa petite taille.
Il lui sourit et répondit :
« Si, mais je n’arrivais plus à dormir… »
Elle alla au réplicateur, demanda un raktajino et vint s’asseoir en face de lui.
« Toi, tu as quelque chose qui te préoccupe… », déclara-t-elle.
Il rit doucement.
« Il est décidément difficile de te cacher quoi que ce soit, tu me connais si bien… »
Il posa son PADD.
« On m’a amené une petite fille, un bébé orphelin d’un mois à peine, en très mauvais état général peu après la fin de ma garde de nuit. C’est une petite métisse humano-bajoranne, qui m’a été apportée par Talis Cedara et Borilak Jalika. Tu te souviens, je t’en avais parlé… », dit-il d’une voix calme.
Ezri perçut immédiatement qu’il ressentait plusieurs sentiments distincts qu’il ne parvenait pas vraiment à exprimer, mais son expérience à la fois du conseil et de Julian Bashir lui donnait la mesure du trouble ressenti par le médecin face à cette petite fille.
Elle but une gorgée de son raktajino – encore quelque chose qu’elle avait hérité de Jadzia-, et attarda son regard sur le médecin. Julian était en effet plus perturbé qu’à son habitude, mais elle connaissait son caractère relativement sensible. De plus, quand cela se surimposait à des événements, surtout sentimentaux, du passé, cela le touchait d’autant plus. Et pourtant, elle savait parfaitement qu’il ferait son travail de façon impeccable, c’était une de ses forces, il ne laissait que très peu ses sentiments personnels interférer, sauf s’il se trouvait sous pression, comme cela avait pu arriver pendant la guerre du Dominion.
Elle lui fit un sourire amical pour le décontracter un peu et l’interrogea :
« Mais ce bébé n’est pas en danger immédiat, n’est-ce pas ? »
Il secoua la tête.
« Non, du moins pas encore, mais elle est très faible et je ne peux pas faire autre chose pour l’instant qu’essayer de la fortifier. Avec tout cela, c’est une orpheline, sans prénom même, dont personne ne se soucie à part les deux femmes qui me l’ont amenée. C’est bien triste… »
Ezri lui dit :
« Elle a au moins trois personnes qui se soucient d’elle, c’est mieux que rien et ça l’aidera à survivre… »
Elle réussit à ramener le sourire sur le visage fatigué du médecin. Bien qu’elle soit désormais dans la section commandement, elle avait gardé ses aptitudes de conseiller et cela lui servait souvent à désamorcer certains conflits ainsi qu’accessoirement à aider ses amis quand ils en ressentaient le besoin.
Mais ses devoirs appelaient le médecin.
« Il est temps que j’y aille maintenant, il va être l'heure que je prenne mon service…à plus tard ! »
Il se leva d’un geste vif, déposa un baiser rapide sur la joue de la Trill en guise de remerciement et sortit rapidement du bar. Il se sentait mieux, rasséréné, et entra d’un bon pas dans l’infirmerie. Il posa les padds sur son bureau et alla immédiatement dans la petite salle où avait été déposée la couveuse. Il y trouva Michael Sheridan, l’un des techniciens médicaux, en train de relever les constantes de la petite fille. En entendant des pas, il se retourna et sourit au médecin-chef.
« Ah c’est vous monsieur…je surveillais les constantes de cette petite fille, comme les consignes m’en ont été transmise par Jena… »
Julian lui sourit seulement en hochant la tête et regarda les constantes du bébé. Le traitement semblait agir, elles étaient remontées, le cœur battait plus fortement et sa respiration était meilleure, même si le bébé était encore dans une sorte de coma. Si le processus continuait, dans un jour ou deux, il pourrait s’occuper de soigner voire remplacer son foie défaillant.
« Continuez à la surveiller, déclara-t-il ensuite, mais je crois qu’elle est sur la bonne voie… »
Il adaptait la dose de traitement nourricier lorsqu’il entendit une voix familière venir de la salle centrale.

A suivre
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Chibi
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MessageSujet: Un curieux pied de nez du destin --- [fanfic post DS9 - en cours] --- chapitre 03   Ven 06 Mai 2011, 08:21

Ici, je suis toujours les livres en anglais post DS9
Spoiler:
 

Chapitre 3

Il vérifia rapidement qu’il ne s’était pas trompé dans le dosage et sortit. En effet, son ouïe ne l’avait pas trompé, il s’agissait bien de Kasidy Sisko, accompagnée de sa fille de deux ans, Rebecca. Il en était le médecin traitant depuis sa naissance, et appréciait la petite fille qui le lui rendait bien.

Kasidy lui sourit quand il entra :

« Oh, Julian, j’allais demander si vous étiez de service… »

Elle tenait dans ses bras sa petite fille, blottie contre son épaule.

« Elle ne veut pas manger, et elle est fiévreuse… »

Le médecin lui sourit pour la rassurer, et lui indiqua un biobed pour qu’elle y posât la petite malade, qu’elle débarrassa du haut de ses vêtements pour qu’il puisse l’examiner plus aisément. Rebecca suçait son pouce, et ses grands yeux sombres, agrandis par la fièvre, se posaient sur lui. Il l’examina rapidement, d’abord par lui-même, puis avec ses instruments comme le protocole médical de Starfleet le précisait.

« Elle a une bonne angine, voilà pourquoi… », finit-il par dire.

Il lui injecta un antipyrétique ajouté à d’autres produits et déclara avec un sourire :

« Elle sera sur pied dans un ou deux jours, tout devrait bien aller maintenant… »

L’inquiétude qui marquait le visage de Kasidy s’apaisa quelque peu et elle sourit même au médecin.

« Couchez-la, veillez à ce qu’elle boive beaucoup, mais il n’y a pas là de quoi s’inquiéter… », ajouta Julian en rangeant ses instruments.

Il sourit à l’enfant et lui caressa la joue.

« Ca va aller maintenant… », lui dit-il.

Rebecca lui sourit et passa sa petite main dans ses cheveux.

Kasidy rhabilla sa fille et la prit dans ses bras.

« Vous êtes vraiment très bien avec les enfants, quel dommage que vous n’en ayez pas, vous feriez un père formidable… », lui dit-elle.

Ce n’était pas la première fois qu’elle lui faisait la remarque, et il savait qu’elle avait raison.

« Je n’ai pas encore trouvé une inconsciente qui voudrait prendre le risque… », répondit-il en riant.

« Oh, ça peut s’arranger, fit Kasidy en riant, Ben et moi aurions pléthore de candidates à vous présenter… »

Julian partit d’un rire chaud.

« Encore ? Pitié ! »

Kasidy sortit avec sa petite fille à présent somnolente mais plus fraîche, et Bashir se remit à préparer sa réunion d’équipe. Autour de lui, la vie de l’infirmerie continuait, le chirurgien-chef, la bajoranne Gelen, sortait de sa salle d’opération, vêtue de sa casaque rouge, et conféra un moment avec son assistante personnelle, Keru Semi. Non loin de lui, Lela Kal, la Trill, travaillait sur un échantillon recueilli sur un patient. Tous ces bruits lui étaient familiers, et ne troublèrent pas sa concentration.

Une fois tout ce qu’il voulait dire soigneusement enregistré, il se leva et, traversant la pièce principale, alla se pencher une fois de plus sur la couveuse. La petite fille reprenait des forces, c’était indéniable, son métabolisme se stabilisait d’heure en heure. Cependant, tout n’était pas encore gagné, et son expérience de médecin lui avait appris à ne jamais crier victoire trop tôt.

Il considéra plus avant les traits de la minuscule petite fille. Elle avait les yeux fermés, mais sa peau était mate et les crêtes, plus discrètes bien que présentes, de son nez, prouvaient son métissage. Un toupet de cheveux sombres ornait le sommet de sa tête.

« Allez bébé, chuchota-t-il, il faut vivre maintenant… »

Il nota sur la fiche de lui faire faire un bilan pré-opératoire, puis alla prendre ses notes, la réunion allait commencer. Déjà, tout le monde se rassemblait dans la salle centrale. Les médecins, les techniciens médicaux et les infirmières y étaient déjà rassemblés. Des yeux humains, vulcains, trills, bajorans et rigellians se fixèrent sur lui dès qu’il entra.

« Très bien, nous pouvons y aller… », déclara-t-il.

Toutes les spécialités médicales étaient représentées ici, ainsi que toutes les sections médicales de la station, y compris le labo zero G, dirigé par le docteur Shandra Terdyt. Près de lui, Lela Kal, la Trill, était spécialisée en virologie, Gelen, la bajoranne, en chirurgie, T’Reni, la vulcaine, en médecine pathologiste, Tila Gerul, la Bétazoide, en psychiatrie, Lu Yin en médecine traditionnelle, Liam Jerry en cardiologie, Ali El Behar en chirurgie dentaire et orthodontie, Ganya Titov en exo-endocrinologie et Susan Gideon, la rigelliane, en neurologie. Ces médecins représentaient l’équipe stable médicale de la station, et la plupart d’entre eux étaient là depuis de longues années. Ils avaient vécu la guerre du Dominion et ses suites, épaulés par leurs assistants. C’était pour cela que Bashir n’avait jamais voulu quitter la station, parce qu’il avait là le meilleur poste et la meilleure équipe, malgré toutes les demandes qui lui avaient été faites par Starfleet Medical.

Tout y passa : les patients à problèmes, les installations commandées et pas encore reçues, le ravitaillement, les projets en cours, les relations houleuses avec le Bajoran Medical Order (dont Gelen était la représentante, ayant le double titre). Au milieu de tout cela, quelques plaies mineures que le docteur désigné, Titov, alla traiter dans l’autre salle de soins.

A la fin de la réunion, Susan Gideon lui lança :

« La rumeur court que vous seriez encore nommé pour le Carrington cette année, monsieur… »

Bashir, qui connaissait l’humour pince sans rire de la ressortissante de Rigel VII, sourit et prit un air catastrophé :

« Encore ? Quand comprendront-ils que je ne suis pas encore à l’âge de la retraite ? »

Il avait déjà été nominé une fois, et cela l’avait plongé dans la désolation parce qu’il ne comprenait pas pourquoi on voulait l’assimiler à ses vieux médecins dont le Carrington couronnait généralement la carrière. Là il en était encore loin, bien que plus âgé à présent, mais relativisait ce genre de choses.



A suivre
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MessageSujet: Un curieux pied de nez du destin --- [fanfic post DS9 - en cours] --- chapitre 04   Dim 15 Mai 2011, 20:44

Et la suite ! Merci à ceux qui lisent ^^

Chap. 4 :

Alors que toute l’équipe médicale retournait à ses tâches ou à son repos, il lut les dossiers des derniers patients et était encore en train de le faire lorsqu’on lui amena Kira Nerys. Elle se tenait le bras et était en tenue de springball.

« Ah, colonel, vous êtes encore mal tombée, je suppose ? », déclara-t-il en se levant.

Kira eut une grimace et un sourire contraint.

« J’ai glissé… »

Kira appréciait ce sport mais elle s’y blessait de temps en temps, c’était loin d’être la première fois qu’il la soignait. Il saisit un instrument et le passa sur le bras démis, qui cessa immédiatement de la faire souffrir.

« Interdiction de jouer pendant une semaine… », déclara-t-il sentencieusement.

Kira hocha la tête et lui dit :

« On m’a dit qu’on vous avait amené un bébé métis, la nuit dernière… »

Il acquiesça :

« Oui, ce sont deux de mes anciennes connaissances qui me l’ont amenée, elles sont vedeks. Elle est très fragile et j’ignore encoresi elle va survivre ou, si elle survit, si elle le fera sans séquelles… »

Le colonel fit bouger son bras avec précaution et lui dit :

« Tenez-moi au courant… »

Il hocha seulement la tête, et la laissa sortir en précisant bien qu’elle revienne si elle avait mal. Il s’étira alors un moment, massa un instant son cou douloureux et se remit à son travail de recherche. Il fallait qu’il avance s’il voulait publier, et ça avait toujours été son violon d’Ingres, une partie de son métier qu’il appréciait davantage. Son poste lui permettait d’en faire beaucoup, c’était là un luxe que beaucoup d’autres médecins-chefs lui enviaient. La régénération biomoléculaire était sa spécialité et il était connu dans le milieu médical pour cela. Il voulait d’ailleurs publier le résultat de ses nouvelles expériences dans le prochain exemplaire du Starfleet Medical Journal.

Il travailla plusieurs heures et finit par s’étirer, le cou douloureux. Il se massa un instant et interpella l’une des infirmières bajorannes qui se trouvaient là. Il s’agissait de Keru Semi, l’infirmière de bloc plus spécialement formée en chirurgie, l’assistante attachée au docteur Gelen mais qui travaillait aussi avec lui ou tout médecin utilisant la salle d’opération. Il voulait consulter le docteur Gelen à propos de la petite fille, pour son opération de remplacement du foie. En effet, Gelen était bajoranne et son avis serait précieux concernant les spécificités de l’organisme du bébé.

« Le docteur Gelen est-elle encore de service ? », interrogea-t-il.

L’infirmière le regarda et répondit :

« Oui, mais elle opère actuellement… »

Il hocha juste la tête.

« Très bien, vous lui direz que j’aimerais la voir quand elle aura un instant de libre… »

La bajoranne hocha la tête et Julian se retira de nouveau dans un coin de l’infirmerie, cette fois pour faire du travail administratif. En effet, chaque demande de ravitaillement envoyée à Starfleet Medical nécessitait sa signature et devait être faite en trois exemplaires. Il devait tout vérifier avant que cela soit envoyé sur Terre, au siège.

Il signait encore lorsque sa collègue bajoranne, encore en partie en tenue de bloc, vint se présenter devant lui.

« Vous souhaitiez me voir ? »

La chirurgienne n’était pas très grande, elle n’en imposait pas naturellement mais elle était largement capable d’effrayer qui que ce soit rien qu’en braquant sur lui ses yeux bleu foncé. Il ne connaissait pas toute sa vie mais il savait qu’elle n’avait pas toujours eu l’équilibre qu’elle avait atteint actuellement. Pourtant, c’était elle qui connaissait le mieux l’anatomie bajoranne parce qu’elle était la seule à être membre de l’ordre médical bajoran. Lui-même avait aussi les connaissances nécessaires mais moins pointues que les siennes malgré les années passées sur la station.

« Oui, j’ai besoin de votre avis pour un cas… »

Il l’emmena auprès de la couveuse et lui expliqua :

« Cette petite orpheline est métisse, et, d’après nos examens, son foie est abîmé. Je ne crois pas qu’elle soit encore en état de recevoir une transplantation, mais peut-être pourriez-vous m’aider à y voir plus clair… »

La bajoranne essuya ses mains moites sur sa blouse et observa attentivement d’abord le bébé perdu dans la couveuse puis ses constantes. Son regard bleu allait de l’un à l’autre et elle finit par livrer son diagnostic :

« Comme vous l’avez supposé, le meilleur moyen de remplacer son foie défaillant est une transplantation, mais, vu qu’elle est si petite, nous pourrions tester une méthode récemment mise au point par un collègue bajoran… »

En quelques mots, elle lui expliqua qu’il s’agissait d’utiliser une micro téléportation. Cela se faisait déjà au sein de Starfleet pour certains organes mais pas le foie, même si c’était possible et que Julian avait eu l’occasion de l’exercer quelquefois.

« Pourriez-vous le faire ? », questionna le médecin-chef.

Le regard aigu de la bajoranne se posa sur lui :

« Oui, mais je dois m’entraîner avant, je n’ai pratiqué cela qu’une seule fois quand j’étais à l’Academy et je dois étudier la technique mise au point par mon collègue. De toute façon, si nous l’opérions maintenant, cela la tuerait, elle doit encore se fortifier… »

Elle eut un léger soupir et déclara :

« Mais comment peut-on mettre au monde un si beau bébé et l’abandonner ainsi, surtout souffrante ? »

Ce n’était pas la première fois que Julian découvrait que derrière l’air sévère de la Bajoranne se cachait un cœur sensible, mais il ne releva pas, sachant qu’elle ne l’eût pas apprécié. Elle éteignit le padd des constantes et déclara :

« Faites-moi savoir ce qu’il en est, je passerai de temps en temps voir si elle va mieux et, dès qu’elle sera stable, nous programmerons l’intervention… »

Il la remercia et elle retourna vaquer à ses occupations, le laissant seul devant la couveuse. Il allait également retourner à son travail quand, à son grand étonnement, l’enfant ouvrit les yeux et le regarda, montrant des prunelles d’un bleu profond. Il sourit :

« Hé bien, bonjour, petite fille… », dit-il doucement.

Il s’attendait à ce qu’elle referme les yeux mais elle resta éveillée, à le regarder. Il se sentit terriblement émut et comprit qu’il était émotionnellement impliqué. Cela avait toujours été plus ou moins son souci, mais cette petite fille soulevait en lui énormément d’émotions diverses qu’il avait peine à réprimer. Il avait pourtant soigné beaucoup d’enfants mais cette petite orpheline avait quelque chose de particulier à ses yeux, il n’aurait su dire quoi.

Il jeta un dernier regard à la petite fille et sortit de la pièce, le cœur chaviré, mais il reprit rapidement sa contenance pour retourner à son travail…


A suivre...
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MessageSujet: Un curieux pied de nez du destin --- [fanfic post DS9 - en cours] --- chapitre 05   Dim 29 Mai 2011, 18:59

Chapitre 5


Plusieurs jours après

Quand il arriva au début de son quart, Bashir perçut une ambiance particulière à l’infirmerie. Ses subordonnés, bien que respectueux comme à leur habitude, lui jetaient des regards étranges dont il ne perçut tout d’abord pas la teneur. Il avisa Lela Kal, la Trill, médecin responsable à ce moment-là, et lui demanda :

« Puis-je savoir ce qui se passe ici ? »

Sans mot dire, elle lui tendit un PADD. Il comportait un examen ADN complet mais il faillit le lâcher quand il le lut avant de retrouver la parole.

« Ce n’est pas vrai, ça doit être une erreur ! »

La Trill secoua la tête.

« Il n’y a pas d’erreur, monsieur, nous avons effectué les tests trois fois… »

Sous le regard marron de Bashir ébahi s’étalait…son propre code ADN ! En effet, vu que la petite fille s’était bien fortifiée, il avait été question de la préparer pour la greffe de foie et, donc, il avait fallu lui faire un examen approfondi, d’où l’exploration de l’aspect génétique. Cet examen avait révélé que la moitié de ses gènes appartenaient à…Julian Bashir, d’où l’étonnement du médecin-chef qui ne comprenait pas comment son ADN avait pu arriver là. Voilà des années qu’il n’avait pas connu bibliquement la moindre bajoranne, ce n’était donc pas possible, pas concevable mais, comme l’avait dit le célèbre Spock voici des années, quand on écarte l’impossible, ce qui reste, fût-il illogique, doit être possible. Il regarda l’ADN de la mère de la petite : ADN inconnu, voilà qui n’allait pas l’aider à comprendre cet état de choses.

Il regarda le médecin trill.

« Examinez encore cet ADN et regardez si vous y trouvez une trace quelconque…je préfère que vous le fassiez vous-même, et je l’affirme : je ne comprends pas du tout comment mon ADN peut se trouver dans cette enfant mais nous devons savoir ce qu’il en est réellement… »

Il l’avait dit suffisamment fort pour être entendu par tous ses subordonnés aux regards narquois, mais il était sûr de lui. Il tenta de garder l’esprit clair et gagna son bureau pour faire son travail habituel mais il n’y parvint pas totalement. Si cela s’avérait exact, quelle que soit la façon, cela signifiait qu’il était donc le père génétique de cette petite fille. Il ne savait que penser et résolut d’attendre les résultats pour se livrer à ce genre de questionnements.

Il resta soigneusement claquemuré dans son bureau toute la matinée jusqu’à ce que sa collègue Gelen vienne frapper à sa porte.

« Je voulais vous informer que je pratiquerai l’intervention sur la petite fille demain matin, monsieur… », lui dit-elle seulement.

Les yeux bleus de la bajoranne le regardaient sans aucune expression particulière, et elle lui tendit l’examen préopératoire du bébé. Bashir le parcourut d’un œil habitué. En effet, l’état de la petite métisse s’était grandement amélioré. Ils avaient trouvé le bon dosage de lait en mélangeant du lait maternisé bajoran et humain et elle était nourrie au biberon depuis quelques jours.

Il lui rendit le PADD et dit :

« Vous me tiendrez au courant quand l’opération sera terminée… »

La chirurgienne acquiesça et sortit du bureau, laissant Bashir de nouveau seul. Lui qui détestait faire de la paperasserie s’en satisfaisait pleinement aujourd’hui tant cette affaire le perturbait. Cependant, il ne fut pas étonné de voir arriver, peu après midi, Ezri. Elle avait dû être alertée par un de ses collègues. Elle entra, s’assit en face de lui et lui demanda :

« Jusqu’à quand vas-tu te terrer ici ? »

Il posa le PADD qu’il tenait et soupira.

« Je ne me terre pas, je fais mon travail, c’est tout…j’ai confié à Kal tout ce qui concernait cette affaire… »

Ezri croisa tranquillement ses jambes.

« Tu as toujours réagi comme ça, je ne peux pas te blâmer vu la situation…mais tu oublies que cette petite fille a besoin de toi… »

Julian leva les yeux et expliqua :

« J’en suis conscient, personne n’en est conscient plus que moi mais je ne comprends pas comment elle peut avoir la moitié de mon ADN…depuis que nous nous sommes séparés, je n’ai connu personne… »

Ezri eut un mouvement de la main.

« Il n’en reste pas moins que ce bébé est la moitié de toi, quelle que soit la façon dont c’est arrivé. Je pense que tu as su dès le départ qu’elle avait quelque chose de particulier, parce qu’elle te touchait énormément, à présent tu sais pourquoi… »

Bashir soupira encore.

« Tu sais à quel point le sujet est sensible pour moi mais, depuis que je sais qu’elle porte mon ADN, je ne peux m’empêcher de penser que ce qui m’est arrivé autrefois a provoqué ses problèmes de santé… »

Ezri était bien sûr au courant du reséquençage d’ADN qu’il avait subi quand il était enfant, et elle resta silencieuse un instant.

« Pour l’instant, rien ne le prouve et, même si c’était le cas, tu ne peux pas te considérer comme responsable, tes parents ont pris cette décision autrefois pour toi, tu n’avais que six ans…non, à présent il te reste à décider de ce que tu vas faire vis-à-vis de cette petite fille… »

Il se laissa aller contre le dossier de son fauteuil et dit avec un soupir :

« Si je le savais ! Vu qu’elle est ma fille, génétiquement s’entend, je devrais m’en occuper, mais je ne sais pas même pas qui est sa mère… »

Ezri ressentait bien la confusion qui régnait dans l’esprit de Julian. Il y avait de quoi, pourtant, nul homme ne pouvait sortir indemne d’une soudaine paternité tombée du ciel. Mais elle le connaissait suffisamment bien pour savoir qu’une fois la nouvelle absorbée il rebondirait et prendrait la bonne décision. En attendant, il était encore sous le choc et il fallait lui laisser le temps d’y voir clair.

« Les nouveaux examens devraient t’apporter quelques réponses, je pense… »

Il hocha la tête pensivement et elle sortit, le laissant ainsi…



Julian interdit que la nouvelle sortît de l’infirmerie mais ne put résister, dans la journée, à rendre visite à celle qu’il devait bien appeler sa fille. Elle avait repris un peu de poids mais elle paraissait encore très fragile, perdue au milieu de la couveuse qui mesurait ses constantes automatiquement. Elle dormait et il vérifia instinctivement que ce n’était pas un début de coma. Sa peau avait encore des teintes jaunâtres à cause de son problème hépatique.

Il était si absorbé qu’il entendit à peine quelqu’un entrer et ne vit qu’il avait de la compagnie qu’en voyant son reflet dans le verre de la couveuse. Le docteur Kal se trouvait là, un PADD à la main.

« J’ai du nouveau, monsieur… », commença-t-elle.

Il se tourna vers elle, l’encouragea du regard et elle continua :

« En me plongeant plus avant dans son code génétique, j’y ai trouvé des marqueurs qui indiquent de source sûre que cette petite fille a été créée artificiellement au départ, même si elle a été portée ensuite par une mère… »

Le regard noisette de Bashir s’écarquilla. Voilà qui expliquait effectivement beaucoup de choses. Mais comment ceux qui avaient fait cela s’étaient-ils procuré son ADN ? Il avait toujours pris soin de le dissimuler le plus possible, y compris à Starfleet Medical. Surtout, qui avait créé cette petite fille pour l’abandonner ensuite ?

La Trill lui demanda alors :

« Qu’allez-vous faire, monsieur ? »

« Nous allons la soigner, coûte que coûte, puis je déciderai de ce qui sera bon pour elle… », dit-il fermement.

Ces mots dignes d’un père étaient sortis si facilement qu’il en fut lui-même étonné. Il ajouta :

« Pour l’instant, j’aimerais bien que rien de ceci ne sorte de l’infirmerie, j’en parlerai moi-même au colonel Kira… »

Kal hocha la tête et sortit pour aller remplir sa tâche. Julian continua à faire son travail administratif et à faire ses plannings de roulement d’équipes. Cela lui prenait toujours beaucoup de temps vu le nombre de personnel médical disséminé dans toute la station, il préférait largement tout ce qui était recherche mais, en tant que médecin-chef, cela faisait partie de ses attributions et il devait s’y plier.

Quand il sortit de son bureau, il était relativement tard mais il passa tout de même voir la petite fille. Elle avait ouvert les yeux et, malgré sa faiblesse générale, regardait ce qui se passait autour d’elle avec intérêt.

« Il va te falloir un prénom… », dit-il doucement, « dors bien, demain tu seras opérée et tu iras mieux… »

Et il se détourna pour rentre chez lui. Malgré sa fatigue, il lui fallut du temps pour s’endormir…

A suivre
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MessageSujet: Un curieux pied de nez du destin --- [fanfic post DS9 - en cours] --- chapitre 06    Lun 06 Juin 2011, 20:41

Chapitre 6

Le lendemain, il insista pour préparer lui-même la petite fille à l’opération, puis la confia aux mains précises et compétentes du docteur Gelen qui commença immédiatement l’opération. Pendant ce temps, il monta à l’Ops et alla sonner au bureau de Kira. Le colonel lui signifia d’entrer et fut un peu surprise par son air grave.
« Que se passe-t-il, docteur ? »
Bashir s’assit et expliqua :
« En faisant des examens plus poussés, nous avons découvert que le bébé bajoran qu’on m’a amené était ma fille… »
Dire que Kira fut étonnée est un mot faible et, revenue de sa surprise, elle lui dit :
« Vous nous aviez caché cela, docteur… »
Bashir immédiatement éclaircit la situation :
« Mais, en fait, je ne sais pas qui est sa mère vu qu’elle est issue d’une manipulation d’ADN. Quelqu’un a eu accès à mon ADN, a créé cette petite fille en le mélangeant à celui d’une bajoranne inconnue et a fait porter l’embryon par une mère biologique. Mais vous savez ce qui est advenu quand j’étais enfant, et je pense que cela est la cause des problèmes de santé qu’a cette petite… »
Kira eut la même réaction qu’Ezri.
« Vous n’en êtes pas sûr et, pour l’instant, vous êtes ce qui est arrivé de mieux à cette petite fille. Que comptez-vous faire ? »
Bashir n’hésita pas.
« Elle est ma fille, génétiquement s’entend et, tant en tout cas que j’ignore où est sa mère et qui elle est, je suis responsable d’elle… »
Il ajouta :
« D’ailleurs, j’aimerais bien que vous me donniez des idées de prénoms… »
Là, la surprise de Kira fut à son paroxysme. S’il voulait un prénom, c’est qu’il comptait très probablement adopter la petite fille ou du moins assumer sa paternité biologique. Elle ne s’attendait pas à cela venant de lui mais dut reconnaître que les années avaient eu un effet positif sur lui. Après tout, finalement, c’était probablement le bon moment pour qu’il devienne père, les Prophètes avaient sûrement décidé pour lui.
Kira resta pensive un instant.
« Il faudra que je prévienne les autorités compétentes sur Bajor, cette affaire dépasse le cadre de la station. Si quelqu’un s’amuse à jouer les apprentis sorciers biologistes en se débarrassant ensuite de l’issue de ses recherches, il faut l’arrêter… »
Alors qu’il allait parler, elle l’interrompit.
« Soyez tranquille, votre nom ne sera pas prononcé tant que tout cela ne sera pas réglé… »
Bashir savait qu’elle tiendrait parole, il la connaissait depuis tant d’années qu’il savait pouvoir avoir confiance en elle.
« Merci, colonel… », dit-il.
Il ajouta :
« Permettez-moi de me retirer…ma fille subit actuellement une intervention par le docteur Gelen, je vais aller voir ce qu’il en est… »
Kira hocha seulement la tête et il sortit du bureau d’un pas vif. Quand il retourna à l’infirmerie, Gelen finissait d’opérer et, dix minutes après, elle vint frapper à la porte de son bureau, encore en tenue de chirurgien à l’exception du chapeau et des gants.
« L’intervention est terminée, les prochaines heures seront décisives mais tout s’est bien déroulé…j’ai laissé Keru Semi auprès d’elle dans la salle, elle y restera jusqu’à ce qu’elle se réveille et elle nous préviendra en cas de souci… »
Bashir hocha la tête.
« Merci pour elle… »
La bajoranne n’insista pas et se retira pour aller se changer. Bashir soupira et posa le PADD qu’il tenait. Se sentait-il déjà tellement père qu’il ne pût se concentrer ? Voilà une chose dont il faudrait qu’il parle à Miles la prochaine fois qu’il lui écrirait. Lui serait de très bon conseil vu qu’il était père deux fois.
La petite fille se réveilla au milieu de l’après-midi. Dès qu’il le sut, Bashir se rendit immédiatement à la salle de réveil et sourit en voyant la petite rescapée s’agiter dans son berceau de verre. Sa peau était presque à nouveau rose, signe que son nouveau foie fonctionnait. Il observa ses constantes par le menu et tout allait bien, elle n’avait pas souffert outre mesure de l’intervention mais il faudrait la surveiller.
Il se prit à lui sourire et resta là un bon moment jusqu’à ce qu’il vît l’image de Kira dans le verre du berceau.
« Voici ce que vous m’avez demandé… », dit-elle seulement en lui tendant un PADD.
Il le prit et vit dessus une liste de prénoms bajorans féminins.
« Merci… », dit-il avec un sourire.
Kira regarda un instant la petite fille.
« Elle est très mignonne, en tout cas, et il y a en effet un air de ressemblance…qui que soient ceux qui se sont amusés à la créer, nous les trouverons et ils paieront… »
Elle lui demanda alors :
« Comptez-vous alors la reconnaître ? »
Il hocha la tête.
« Oui, elle mérite d’avoir un nom et, vu qu’elle est la moitié de moi, je lui donne le mien… »
Kira acquiesça.
« Alors faites-moi savoir quand vous aurez décidé d’un prénom, je ferai établir les papiers nécessaires… »
Il hocha la tête et elle sortit, le laissant seul. Il vérifia encore les constantes de sa fille et retourna à son travail, l’esprit un peu plus clair. La décision n’avait pas été difficile à prendre malgré tout ce qu’il avait pu penser. Depuis son enfance, il s’était dit qu’il ne pourrait jamais être père, qu’il ne pourrait jamais prendre le risque de transmettre ses gènes modifiés, et il avait mis de côté ses désirs personnels pour ne se concentrer que sur sa carrière. Mais, décidément, le destin lui faisait un magistral pied de nez en mettant sur sa route cette petite fille qui était en réalité sa propre fille. En bon scientifique, il ne croyait pas à ce genre de notion, mais il lui fallait bien reconnaître qu’il y avait là quelque chose de troublant tout de même.
Il était parfaitement conscient de ce à quoi tout cela l’engageait, qu’il lui faudrait élever sa fille jusqu’à ce qu’elle soit en âge de vivre sa vie, mais cela ne lui faisait pas peur, il avait le discernement suffisant à présent pour y faire face. Il n’était pas sûr d’être un bon père, mais il estimait avoir la responsabilité de prendre soin de cette petite fille sans soutien…

A suivre
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MessageSujet: Un curieux pied de nez du destin --- [fanfic post DS9 - en cours] --- chapitre 07    Dim 26 Juin 2011, 22:27

Chapitre 7

De son côté, Kira n’avait pas laissé l’affaire en repos. Elle avait prévenu quelques personnes de confiance à des postes relativement haut placé sur Bajor, leur avait parlé du cas et demandé de passer en revue toutes les choses survenues récemment qui pouvaient leur sembler en rapport avec cette affaire. Pour l’instant, elle n’avait aucune réponse, il faudrait très probablement quelques jours.
Kira posa le PADD qu’elle tenait et tourna son siège vers le grand hublot qui se trouvait derrière elle. Cette histoire l’émouvait, c’était vrai, mais son instinct aiguisé lui dictait également qu’il s’agissait de quelque chose de plus grave que ce qu’elle avait pensé au départ. Quoi qu’il en fût, le docteur Bashir ferait un excellent père pour cette petite, elle en était persuadée. Les années et les épreuves lui avaient donné beaucoup de maturité, il restait peu en lui du blanc-bec qu’elle avait détesté dès son arrivée sur la station avant de découvrir qui se cachait vraiment derrière cette façade. L’âge allait vraiment bien à Julian et ce bébé n’aurait pu être en de meilleures mains. Et, si quelqu’un osait encore s’en prendre à lui, il la trouverait sur son chemin…

Le dicton qui dit que la nuit porte conseil se réalisa pleinement puisque, lorsque Julian s’éveilla tôt le lendemain matin, il avait décidé du prénom que porterait sa fille. En effet, il avait longuement lu le PADD donné par Kira avant de s’endormir et l’un de ceux-ci avait retenu son attention : Enata, un prénom court mais dont la sonorité douce lui avait plu. Et il fallait bien dire qu’Enata Bashir sonnait plutôt bien. Il resterait à prévenir ses parents de cette soudaine paternité, mais il pensait bien que sa mère serait ravie, elle qui lui réclamait si souvent des petits enfants !
Il se rendit avant le début de son quart à l’infirmerie et alla directement à la couveuse où se trouvait le bébé. Elle dormait encore et il regarda ses constantes. La greffe semblait avoir réussi. L’équipe de nuit avait très bien pris soin d’elle et respecté à la lettre ses recommandations.
Il prit le PADD posé contre la couveuse où était inscrit le dossier médical de la petite et inscrivit « Enata Amsha Bashir » en face du champ « nom ». C’était quasi officiel, enfin la petite fille orpheline avait une identité et il sourit, satisfait.
Elle dut l’entendre car elle se réveilla et remua ses petits membres. Il lui sourit :
« Bonjour, Enata…voilà, c’est ton nom maintenant… »
Si tout allait bien, il pourrait la sortir de sa couveuse sous peu et il faudrait qu’il entreprenne toutes les démarches d’adoption auprès du gouvernement bajoran.
Il entendit alors une voix familière derrière lui.
« Ainsi voici la petite miraculée… »
C’était Benjamin Sisko. L’ancien capitaine de la station à qui les Prophètes avaient redonné forme humaine était entré sans faire de bruit et contemplait la petite créature perdue dans ses tuyaux.
« Kira m’a dit ce qu’il en était réellement la concernant, vous avez beaucoup de courage, docteur…elle a eu beaucoup de chance de croiser votre chemin… »
La décision prise par Bashir n’étonnait pas du tout Sisko, qui le connaissait bien. Le médecin-chef était un homme de cœur et de responsabilité, donc rien d’étonnant.
« Elle l’a échappé belle, mon reséquençage d’ADN aurait pu lui être fatal… »
Le regard sombre de Benjamin Sisko se braqua sur lui.
« Oui, mais vous l’avez sauvée et elle sera bien auprès de vous… »
Bashir tourna la tête vers lui et lui parla à cœur ouvert.
« J’espère que je serai un bon père…être médecin m’aidera pour certaines choses, bien sûr, mais j’en ignore encore beaucoup… »
Sisko hocha la tête.
« Vous apprendrez, comme tous les pères le font, comme je l’ai fait…au fait, quel prénom avez-vous choisi ? »
« Enata, c’est un prénom bajoran signifiant « marquée par les Prophètes »… »
« Il lui va comme un gant… »
Bashir soupira.
« J’espère que ce prénom conviendra à sa mère, si cependant je la retrouve un jour…en attendant, je prendrai soin d’elle et je l’élèverai… »
« Elle était dans un orphelinat, n’est-ce pas ? Pour l’instant, vous êtes ce qui lui est arrivé de mieux…laissez Kira s’occuper du reste et découvrir le fin mot de cette histoire… »
Il ajouta :
« Si vous avez besoin de matériel de puériculture, Kasidy et moi pouvons vous en fournir…Rebecca est grande maintenant et cela nous ferait plaisir de vous aider… »
Bashir sourit.
« Je vous remercie beaucoup, je crois en effet que je vais avoir besoin d’un peu d’aide pour préparer sa chambre et tout ce qui lui faudra… »
Sisko lui rendit son sourire. Il trouvait que la paternité, même dans ces conditions, allait plutôt bien à Julian Bashir. Il devrait apprendre, c’est sûr, mais nul doute que la petite fille trouverait auprès de lui tout l’équilibre dont elle avait besoin après son départ chaotique dans la vie…

A suivre
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MessageSujet: Un curieux pied de nez du destin --- [fanfic post DS9 - en cours] --- chapitre 08    Dim 17 Juil 2011, 10:37

Chapitre 8

Les jours qui suivirent furent assez éprouvants pour Bashir qui, non content de devoir réorganiser ses quartiers pour y installer le matériel dont aurait besoin sa fille, dut remplir les papiers faisant de lui le tuteur légal de la petite Enata auprès du gouvernement bajoran, chose qui lui prit énormément de temps.
« Quel intérêt de me demander ma taille et mon poids dans un formulaire comme celui-ci ? », demanda-t-il à Ezri, assise en face de lui.
La jeune Trill le regarda, avala une gorgée de son raktajino avant de se décider à lui fournir une réponse.
« Ils veulent peut-être s’assurer que tu as la carrure nécessaire… »
A ce moment-là, Benjamin et Kasidy Sisko les rejoignirent.
«Encore en train de faire des papiers ? », demanda Benjamin à son ancien médecin-chef.
Bashir leur fit signe de s’asseoir près de lui.
« Oui, je dois avouer que je serai bien content quand j’aurai fini… »
Il ajouta :
« Merci pour l’installation du matériel, en tout cas… »
Kasidy sourit.
« C’était normal, nous ne pouvions pas laisser ainsi un jeune père en détresse… »
Elle reprit.
« Au fait, comment va Enata aujourd’hui ? »
Un sourire vint flotter sur les lèvres du médecin.
« Elle va de mieux en mieux. Demain, les deux vedeks qui l’ont amenée viendront la voir… »
En effet, il les avait appelées deux jours auparavant pour leur expliquer la situation. Dire que les deux prêtresses avaient été surprises était un mot faible mais elles avaient fini par dire que la main des Prophètes se trouvait là-dedans. Bien que Julian ne partageât pas leurs croyances, il se disait qu’il y avait en effet un drôle de hasard…à moins qu’il n’eût été provoqué par ceux qui avaient créé la petite fille. Cette éventualité n’était pas à repousser, bien au contraire, Kira l’avait même évoquée lorsqu’il lui en avait parlé la veille. Pour l’instant, rien de suspect n’avait été trouvé mais la planète était grande, l’enquête était loin d’être finie.
En tout cas, Bashir, bien qu’encore quelque peu perturbé, se sentait vraiment porté et entouré par ses amis dans sa démarche. Tout le monde semblait avoir cédé au charme d’Enata, y compris Ezri qui venait la voir tous les jours. Pourtant, le médecin savait que ce ne serait pas si simple, il pouvait arriver beaucoup de choses à un bébé fragile et il était bien placé pour le savoir au vu de sa formation. Savoir gérer l’aspect médical était une chose, donner une bonne éducation en était une autre. C’était ce qu’il craignait le plus, en fait, mais il ne doutait pas qu’O’Brien ou Sisko soient de bon conseil.
Il allait falloir aussi qu’il se décide à appeler ses parents pour leur annoncer la nouvelle, mais il voulait attendre qu’Enata pût sortir de la couveuse pour la leur présenter directement.
Une fois le couple Sisko partit, Julian vit une expression rêveuse dans les yeux bleus d’Ezri.
« Tu penses à quoi ? », lui demanda-t-il.
Elle cilla et ramena ses yeux sur lui.
« Je pense à ce que tu me disais, que tu ne voulais pas d’enfants pour éviter de leur transmettre une tare génétique, et te voilà père…comme quoi il ne faut jamais présumer de rien… »
Julian la regarda, une expression amusée dans son regard noisette.
« On en avait beaucoup parlé, c’est vrai…mais rien ne t’empêche à présent de rattraper cela en jouant les marraines auprès d’Enata…elle n’a pas de mère mais elle t’aura toi… »
De la surprise se peignit sur le visage rond d’Ezri.
« C’est...c’est vrai ? »
Julian sourit.
« Mais oui, c’est vrai ! Je ne voyais personne d’autre que toi dans ce rôle… »
Ezri se sentit submergée par l’émotion. Ce qu’il lui offrait était non moins qu’un rôle de mère de substitution, en quelque sorte d’élever avec lui la petite fille. Quand ils étaient ensemble, l’idée de faire un enfant lui avait traversé l’esprit, mais elle s’était heurtée à un mur. Pourtant, le destin le rattrapait et lui prouvait qu’il pouvait être père, même si la petite fille était née victime d’une déficience et dans des conditions encore inconnues.
Ils échangèrent un long regard complice. Ils s’étaient séparés mais il demeurait quelque chose de très fort entre eux. Elle avait un statut à part à ses yeux, bien qu’il eût une confiance très forte en ses autres collègues, probablement parce qu’ils étaient liés par autre chose que de l’amitié.
Mais la réalité les rattrapa impitoyablement.
« Oh, j’ai un débriefing sur le Defiant, je vais être en retard… », s 'écria Ezri.
Elle se leva précipitamment et partit en courant vers le turbolift le plus proche alors que Julian éclatait de rire. Elle était à présent en paix avec les vies précédentes de son symbiont mais il restait en elle cette once de confusion perpétuelle, cette impulsivité, cette fraîcheur qui n’avaient pas grand-chose à voir avec Jadzia mais qui appartenaient à ce qu’avait été Ezri Tigan.

A suivre


Dernière édition par Chibi le Sam 27 Aoû 2011, 18:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [post DS9]Un curieux pied de nez du destin    Dim 17 Juil 2011, 13:04

Merci c'est bien écrit et très intéressant.
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Chibi
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MessageSujet: Re: [post DS9]Un curieux pied de nez du destin    Dim 17 Juil 2011, 15:57

Merci beaucoup de ton commentaire, c'est gentil. J'essaie d'offrir aux lecteurs éventuels des histoires de qualité.
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MessageSujet: Un curieux pied de nez du destin --- [fanfic post DS9 - en cours] --- chapitre 09    Dim 24 Juil 2011, 18:22

Chapitre 9

Il finit ses papiers, les transmit directement sur Bajor, acheva sa tasse de thé et retourna à l’infirmerie. Une pile de caisses impressionnante était empilée au milieu, gênant le passage.
Il héla Susan Gideon :
« Ce sont les nouveaux équipements zero-G ? »
En effet, il y avait six mois qu’ils avaient été commandés et, au vu des lenteurs de Starfleet Medical, il n’espérait plus les recevoir.
La rigelliane acquiesça et il reprit :
« Ils auraient pu les laisser dans une cargo bay, ça ne va pas être possible ici…mais à quoi ils ont donc pensé ? »
Ce genre de joyeusetés administratives arrivait de moins en moins souvent avec les années, mais il y en avait encore et cela avait le don de l’énerver.
« Appelez le docteur Terdyt, dites-lui que son matériel est là et qu’il le fasse transporter le plus vite possible dans son laboratoire… »
Comment travailler dans ces conditions ? Il allait devoir faire avec mais les années lui avaient appris à gérer ce genre de situation sans s’énerver. Après tout, il avait connu bien pire lorsqu’il était arrivé dans une infirmerie encore partiellement en ruines.
Il gagna son bureau et prit le premier PADD posé sur la pile qui en ornait toujours le coin. Des rotations d’équipage, ce qu’il aimait le moins mais qui faisait pourtant partie de son travail de médecin-chef. Sur une station aussi grande, il y avait beaucoup d’équipes à coordonner et cela lui prenait pas mal de son temps. Il devait faire en sorte que chacune des infirmeries auxiliaires soit approvisionnée en personnel et en matériel en permanence, sans parler des exercices pratiques à organiser à intervalles réguliers pour que ses équipes ne perdent pas leur rapidité d’intervention. Dieu merci, son système tournait plutôt bien et il était rare qu’il ait à y retoucher, mais les rotations d’équipage nécessitaient son aval et sa signature toutes les deux semaines. Avec le temps, il n’y prêtait plus tellement attention, c’était devenu routinier. Pourtant, trouver un planning qui satisfasse tout le monde et qui soit suffisamment souple était très difficile, même s’il avait fini par comprendre comment faire avec les années. Il y passa plusieurs heures et, une fois fini, il décida de s’accorder une pause. Il se rendit auprès de la couveuse où se trouvait sa fille. Elle était réveillée et remuait ses petits membres. Il vérifia ses constantes : tout était bon, elle respirait bien et ses examens de sang étaient bien meilleurs. Elle se nourrissait bien aussi, très régulièrement, ce qui faisait qu’elle s’était bien fortifiée. Son système immunitaire était bien meilleur également et sa composition sanguine se normalisait.
Elle tourna la tête vers lui, et sembla le reconnaître. Elle esquissa une grimace qui ressemblait à un sourire. Il écouta un moment le bruit des instruments et décida de tenter de la sortir de sa couveuse, c’était le bon moment, elle respirait seule et son métabolisme général s’était rééquilibré. Il interpella son assistante.
« Jena, venez un instant s’il vous plaît et amenez-moi un linge stérile… »
Il alla également chercher un plateau de réanimation pédiatrique, on ne savait jamais et il ne voulait prendre aucun risque. Il enfila une paire de gants et, doucement, alors que son assistante tenait devant elle le linge stérile, il sortit avec précautions la petite fille de son abri chaud. Elle gémit légèrement et il la déposa sur le linge que l’infirmière replia sur elle pour qu’elle n’attrapât pas froid. Elle cessa assez vite de geindre et l’infirmière bajoranne, avec un sourire, la tendit au médecin-chef. Pour la première fois, Julian Bashir tint dans ses bras sa fille. Il ne comptait plus le nombre de bébés qu’il avait tenu ainsi, mais cette fois l’émotion était si forte qu’il aurait pu se mettre à pleurer.
Les yeux bleus de la petite fille se plongèrent dans les siens et il en oublia presque tout, ajoutant à la magie de la scène. Pourtant, cela ne dura pas et il réagit de nouveau en médecin. Doucement, il posa la petite fille près du plateau de réanimation et l’examina avec précautions. Sa chaleur était normale, sa peau élastique et correctement vascularisée. Elle ne présentait plus de marques suite à l’intervention subie. Son abdomen était souple, ses mouvements normaux. Il semblait qu’enfin elle fût tirée d’affaire, mais il ne voulait pas encore crier victoire, tant de choses pouvaient arriver !
« Amenez un berceau, nous allons faire un test…habillez-la chaudement, nous allons voir comment elle se comporte à l’air libre. Qu’elle reste cependant sous monitoring complet, je ne veux aucune surprise… »
Il avait depuis longtemps amené des vêtements en prévision de sa sortie de la couveuse, et Jena s’empressa de les lui enfiler avant de la déposer dans son berceau. Enata protesta quelque peu mais ne tarda pas à se rendormir.
Julian sourit. Si elle parvenait à dormir dans son berceau sans aucun problème, cela signifiait qu’elle pourrait bientôt sortir de l’infirmerie. Malheureusement, tant qu’il n’aurait pas sa garde officielle, elle ne pourrait pas vivre avec lui, mais Kira lui avait assuré qu’elle ferait accélérer le plus possible le processus auprès des services sociaux bajorans…

A suivre...
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Chibi
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MessageSujet: Un curieux pied de nez du destin --- [fanfic post DS9 - en cours] --- chapitre 10   Jeu 11 Aoû 2011, 08:36

Chapitre 10

Le lendemain matin, il accueillit les deux vedeks guérisseuses en tenant Enata dans ses bras. La petite fille avait passé la nuit dans son berceau sans aucun problème et, donc, il avait été décidé qu’elle ne réintègrerait pas sa couveuse. Elle était cependant assez couverte mais ce ne serait que le temps qu’elle s’adapte à une température normale.
« Comme la paternité vous va bien… », dit Cedara après l’avoir examinée.
Julian sourit en rhabillant sa fille.
« Je l’espère, je vais devoir apprendre comment faire… »
Jalika intervint.
« Vous avez fait un vrai miracle, vous avez à la foi rendu une vie et une famille à cette petite orpheline… »
Julian rit franchement.
« Je suis médecin, pas faiseur de miracles…mais cette petite est indéniablement ce que j’ai fait de mieux ! »
Cedara vit à quel point il était à présent à l’aise avec l’idée d’être père, même si ce n’était pas dans des conditions tellement normales. Comme si tout cela comblait quelque chose de profond en lui, quelque chose dont il n’avait jamais vraiment pris conscience avant de s’y trouver confronté.
Elle s’approcha de lui et posa sa main sur le front du bébé en signe de bénédiction. Son regard croisa celui de Bashir et il y lut une grande émotion ainsi que de la reconnaissance. Cedara était peut-être à présent une moniale mais elle restait très sensible, ce qui faisait d’elle un excellent médecin. Elle prit dans sa main l’oreille de Julian.
« Comme je le savais déjà, votre pagh est particulier, tourné vers les autres mais je note tout de même un changement, vous avez fortement évolué ces derniers temps… »
Cela, Julian n’aurait pu le nier, c’était parfaitement vrai. L’arrivée d’Enata dans sa vie l’avait transformé, même s’il ne mesurait pas encore totalement à quel point.
Jalika demanda alors :
« Si les services sociaux bajorans vous accordent sa garde, désirez-vous qu’elle soit présentée au temple ? »
Julian y avait déjà réfléchi. Si la petite fille était la moitié de lui-même, elle était aussi à demi bajoranne et il estimait qu’il était important qu’elle connaisse aussi cette partie-là.
« Oui, je le ferai… »
Enata, fatiguée, commença à pleurer et il alla la déposer dans son berceau avec des gestes doux, lui donna sa tétine et la recouvrit doucement. Les deux religieuses se regardèrent et il leur fit signe d’aller jusqu’à son bureau.
« Je ne sais pas si les autorités bajorannes décideront de me faire confiance, mais je veux vraiment m’impliquer dans l’éducation d’Enata, lui donner tout ce qu’elle n’a pas reçu à la naissance et la guider dans la vie… », expliqua-t-il.
Jalika lui sourit :
« Je ne doute pas que vous réussissiez, vous êtes favorisé par les Prophètes et nul doute que votre intention les convaincra également… »
Le médecin sourit à son ancienne conquête et Cedara se leva :
« Nous devons retourner à notre monastère à présent, nous reviendrons dès que nous le pourrons. Donnez-nous des nouvelles d’Enata et je tiens à faire les bénédictions moi-même si vous la présentez au temple… »
Julian acquiesça :
« Bien sûr, j’en serais honoré… »

A suivre
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MessageSujet: Re: [post DS9]Un curieux pied de nez du destin    Mer 17 Aoû 2011, 12:21

Merci Chibi dac
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MessageSujet: Un curieux pied de nez du destin --- [fanfic post DS9 - en cours] --- chapitre 11   Dim 28 Aoû 2011, 16:27

Chapitre 11

Le lendemain, Kira se trouvait dans son bureau quand un appel urgent de Bajor lui arriva. Il s’agissait de Katal Esem, un de ses anciens camarades de résistance qui était maintenant officier de police dans l’une des provinces reculées du nord de Bajor.
« Esem ! Cela fait tellement longtemps ! Que puis-je faire pour toi ? »
-« Nerys ! Tu en as fait du chemin, depuis ces années ! Mais je ne t’appelle pas pour parler du bon vieux temps, mais parce que j’ai trouvé ce que tu recherchais…
-« Tu as quelque chose pour moi ? »
-« Je pense, oui. Voici quelques temps, un de mes adjoints, lors d’une ronde de routine, a trouvé le corps d’une femme à demi enterré. Les pluies diluviennes l’ont probablement fait réapparaître. Personne ici ne la connaissait, mais on a procédé à une autopsie de ce qui restait d’elle. Il est apparu que cette pauvre femme avait accouché récemment, et on a trouvé dans les tissus des restes d’un poison qui était sans aucun doute la cause de la mort. Quand j’ai signalé ce cas à ma hiérarchie, on m’a envoyé ton avis de recherche avec la séquence ADN…et la comparaison est positive ! »
-« As-tu une idée de son identité ? »
-« Non, son profil ADN ne correspond à rien dans nos bases de données, mais c’est bien la femme que tu recherches, cela il n’y a aucun doute… »
-« Je te remercie beaucoup. Envoie-moi les rapports d’autopsie, les analyses d’échantillons, tout ce que tu as sur cette affaire… »
-« Bien sûr, je suis chargé de l’enquête de toute façon et, de là où tu es, tu pourras peut-être identifier cette pauvre femme… »
-« Je vais tout faire pour, rassure-toi…merci de m’avoir appelée, pour ton aide aussi… »
-« De rien, ravi de pouvoir t’aider. Quand tu descendras sur notre planète, viens ici, cela me ferait plaisir de te voir… »
-« Compte sur moi, dès que j’en aurai le temps… »
Et l’écran s’éteignit, laissant Kira songeuse. Ainsi la mère de la petite Enata avait été retrouvée, mais le pire des scénarii envisagés était arrivé. Heureusement qu’il lui restait son père. Nul doute qu’à présent les autorités bajorannes accorderaient la garde de la fillette à Bashir. Mais Kira avait bien l’intention de savoir ce qui s’était passé, et cela impliquait qu’elle fasse lire le rapport d’autopsie à son médecin-chef. Lui verrait si quelque chose avait échappé au légiste bajoran dans les analyses…

Le lendemain, en arrivant tôt le matin avant son quart, Julian trouva Ezri occupée à donner le biberon à Enata. Elle lui souriait et ses yeux bleus à l’expression tendre pétillaient de joie. Elle ne s’aperçut pas qu’il la regardait tout de suite, toute occupée par sa maternelle mission.
« J’avais le temps, et elle avait faim, alors... », tenta d’expliquer la Trill, embarrassée, quand elle le vit.
Il secoua la tête.
« Non, ne te justifie pas, tu as bien fait… »
Il vint s’asseoir près d’elle et caressa la main de sa fille :
« Bonjour, joli bébé… », murmura-t-il.
Enata acheva son biberon, éructa de façon sonore et sourit à son père. Ezri l’assura dans ses bras d’un geste sûr et remarqua l’air sombre de Julian ainsi que son évident manque de sommeil.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
Il soupira.
« Kira m’a contacté hier soir : ils ont retrouvé le corps de la maman d’Enata. Elle m’a également transmis les résultats de l’autopsie. Il est apparu qu’elle avait été assassinée avec un poison moins d’une heure après la naissance, la baisse d’hormones n’avait pas encore eu lieu…ceux qui ont créé Enata se sont débarrassés de sa mère…l’enquête d’identification est toujours en cours… »
Il avait vu beaucoup dans sa carrière, fait toute la guerre du Dominion, mais cela le choquait énormément, probablement parce qu’il était impliqué.
« Vu les circonstances, les services sociaux m’ont accordé la garde d’Enata, elle est officiellement ma fille à présent… »
Ezri pouvait sentir tous les sentiments qui le tenaillaient mais elle ne le brusqua pas, il avait besoin d’assimiler tout cela, tous ces événements qui lui étaient arrivés en si peu de temps. Elle aussi se sentait quelque peu remuée par tout cela, et elle berça doucement la petite fille en la serrant davantage contre sa poitrine. Enata ne protesta pas, comme si elle sentait l’émotion de sa marraine.
« Tu l’as déjà dit à tes parents ? », questionna la jeune Trill.
Il secoua la tête.
« Non, j’attendais que ça soit officiel mais je les appellerai ce soir... »
Ezri eut un sourire en coin.
« Je parie que tu appelleras Miles juste après… »
Julian caressa le petit crâne de sa fille qui venait de s’assoupir et rit doucement.
« Tu me connais trop bien… »
Ezri se leva et, avec précautions, alla mettre Enata dans son berceau.
« Je dois y aller, je dois partir en mission de patrouille ce matin… »
Il lui fit un signe de la main et elle fila en courant alors qu’il se penchait sur le berceau pour tirer la couverture sur les petites épaules de sa fille. Puis il la laissa reposer car son travail l’appelait. Le docteur Titov s’approcha alors de lui :
« J’aimerais votre aval pour ce projet que le docteur Gideon et moi voulons mener… »
Et il lui donna un PADD. Julian le parcourut rapidement, il s’agissait d’une étude sur divers déficiences des glandes endocrines sur plusieurs races. A vue de nez, le projet avait l’air solide mais Julian voulait prendre son temps pour le lire et le juger.
« Merci, je vais l’examiner et je vous ferai savoir ma réponse au plus tôt… »
Le médecin hocha la tête et Julian gagna son bureau. Il examinerait le projet plus tard, ses propres recherches le requéraient. En collaboration avec un médecin bajoran, le docteur Senam, il faisait une étude sur l’influence de certains micro-organismes sur le métabolisme général des Bajorans. Il lui avait envoyé la veille les derniers résultats, mais il n’avait pas encore eu le temps de les examiner. Que de travail ! De plus, il allait devoir élever Enata en même temps, mais il n’avait pas accepté sans réfléchir, loin de là. Sa fille avait besoin de lui et il avait bien l’intention d’assumer son rôle de père du mieux possible. Mais, en attendant, son travail nécessitait toute sa concentration et il se plongea dedans jusqu’à l’heure de sa réunion de service.
Quand il sortit de son bureau, son équipe toute entière était réunie pour la réunion mais, au lieu de s’asseoir, comme d’habitude, ils restèrent debout et son assistante bajoranne s’avança vers lui, tenant un gros paquet.
« Nous avons acheté ça pour vous mais nous attendions que ça soit officiel… »
Bashir prit le paquet et l’ouvrit. Il contenait un tapis complet de jeux avec un parc démontable.
« Merci, c’est…c’est trop… », dit-il, terriblement ému du geste de son équipe.
Lela Kal expliqua :
« Elle est encore trop petite pour aller dessus, mais cela vous servira dans l’avenir… »
Le médecin tenta de ne pas se laisser aller à son émotion.
« Merci pour elle… », dit-il seulement en posant le paquet près de lui, « je suis reconnaissant pour tout ce que chacun de vous a fait pour Enata et ça me touche énormément… »
Conscient que tout le monde allait se mettre à pleurer s’il continuait, il parvint à se reprendre et sourit à son équipe.
« Au travail, maintenant…il y a d’autres petits miracles à accomplir… »

A suivre...
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MessageSujet: Un curieux pied de nez du destin --- [fanfic post DS9 - en cours] --- chapitre 12   Mar 04 Oct 2011, 18:24

Un nouveau chapitre...mais je suis désolée de vous dire qu'on n'en est même pas à la moitié de la fic !


Chapitre 12

En fin d’après-midi, alors que son quart se terminait, il vérifia une dernière fois la santé de sa fille et lui dit :
« Tu vas rentrer à la maison avec moi ce soir… », lui dit-il doucement.
Entretemps, il avait appelé la crèche de la station qui, vu les horaires décalés de certains personnels, fonctionnait vingt-quatre heures sur vingt-heures, et y avait déjà réservé la place de sa fille. Comme il n’avait pas encore les papiers officiels d’Enata, il leur avait envoyé la notification d’attribution de la garde et ils avaient accepté. Tout était prêt depuis quelques jours à ses quartiers. Il espérait avoir pensé à tout…

Une heure après, il franchissait la porte de ses quartiers, Enata soigneusement enveloppée dans ses bras.
« Nous voici arrivés… », lui dit-il.
Il l’emmena dans sa chambre et désigna l’étagère au dessus de son lit sur laquelle était posé un nounours usé.
« C’est Kukalaka, il était à moi et maintenant il veillera sur toi… »
Réveillée, Enata bougeait ses bras et ses jambes et regardait son père. C’était un moment de sérénité rare qu’ils partageaient, et il lui sourit.
« Si on te présentait à papy et mamy ? », lui demanda-t-il.
Il valait le faire à présent, tant qu’elle était éveillée. Il s’assit devant sa console de communication et composa le code de la maison de ses parents. Ce fut sa mère qui répondit.
« Oh, Julian, quel plaisir ! Comment vas-tu ? », dit Amsha Bashir à son fils.
Il assura Enata dans ses bras et répondit :
« Plutôt bien, maman…mais je ne t’appelle pas pour te parler de ma santé mais pour te présenter ta petite-fille, Enata… »
La mâchoire d’Amsha se décrocha sous l’effet de la surprise et elle resta silencieuse un bon moment avant de dire :
« Comment…comment ça ? Mais…tu…qui ? »
Il leva sa main.
« Maman, calme-toi…Enata n’est pas née d’une façon tout à fait classique mais elle est bien ma fille… »
Des larmes embuèrent le visage d’Amsha et elle ne put rien répondre. La venue de cette petite comblait ses désirs les plus secrets, et cela arrivait au moment où elle ne l’espérait plus. Au-delà de l’émotion, cependant, sa curiosité se fit la plus forte.
« Tu dis qu’elle n’est pas née d’une façon classique…qu’entends-tu par là ? »
En quelques mots, il lui expliqua ce qu’il savait et sa mère pleura encore à l’évocation du triste destin de la maman d’Enata.
« Pauvre petite, elle n’a que toi…mais tu as toujours été un homme bien… », dit fièrement Amsha.
Il sourit.
« Quoi qu’il en soit, quelle que soit la façon dont ils se sont servis de mon code génétique, Enata est ma fille et je vais l’élever…je risque d’avoir besoin de ton aide parfois… »
La vieille dame se sécha les yeux, se retourna et appela son mari.
« Richard, viens vite ! »
Le père de Julian apparut derrière son épouse, s’assit près d’elle et leva un sourcil en voyant la petite fille.
« Bonsoir, Julian…tu travailles dans tes quartiers, maintenant ? »
Amsha lui donna un coup de coude.
« Qu’est-ce que tu es bête ! Tu ne vois pas à quel point elle ressemble à Julian ? »
Richard Bashir regarda Enata, puis son fils, puis son épouse avant de dire :
« Mais…ce n’est pas…sa fille, quand même ? »
Julian se mit à rire.
« Mais si, c’est ma fille, je vous appelle pour vous la présenter… »
Il caressa la joue velouté du bébé et dit à son intention :
« Tu vas vite découvrir à quel point papy Richard est farceur… »
Encore sous le choc de la nouvelle, Richard Bashir écouta son fils tout lui expliquer avant de dire après un moment de silence :
« C’est ce qui pouvait lui arriver de mieux et je ne suis pas étonné que tu aies pris tes responsabilités…j’espère qu’ils vont retrouver ceux qui l’ont ainsi créée sans états d’âme…nous l’aimerons de notre côté suffisamment pour qu’elle puisse grandir harmonieusement, elle le mérite…je lui souhaite la bienvenue au sein de notre famille… »
Ému par ce que son père venait de dire, Julian cilla, resta silencieusement un moment et finit par dire :
« J’espère que vous pourrez venir la voir bientôt… »
Amsha sourit.
« Prends bien soin d’elle…envoie-nous des photos souvent… »
L’heureuse grand-mère pleurait encore, et son mari mit son bras autour de ses épaules.
« Nous sommes très heureux pour toi, Julian mais nous ne nous imposerons pas, Enata et toi avez besoin de vous retrouver tous les deux pour faire connaissance… »
Julian insista :
« Venez quand vous le voudrez, vous serez les bienvenus, je vous assure… »
Il n’était pas personnellement très proche de sa famille, mais il mettait ses propres sentiments de côté, sa fille avait le droit de connaître ses grands-parents.
Enata vagit, et Julian dit :
« Je crois qu’elle a faim, je vais aller la nourrir…rappelez-moi quand vous voulez… »
Les grands parents firent un geste de la main, et l’écran s’éteignit. Il alla au sac qu’il avait ramené de l’infirmerie, sortit le sac isotherme et en sortit un biberon encore chaud alors qu’Enata commençait à pleurer. Il s’installa dans un fauteuil et entreprit de nourrir sa fille affamée.
« Pas trop vite, bébé, pas trop vite… », dit-il en souriant.
Une fois Enata sustentée, il composa le code du domicile de la famille O’Brien, qui habitaient San Francisco. Ce fut Keiko qui répondit.
« Oh, Julian, cela fait longtemps ! Comment allez-vous ? »
Il lui sourit.
« Je vais bien, très bien même…Miles est-il par là ? »
Un peu étonnée, Keiko appela son mari qui vint en s’essuyant les mains car il réparait quelque chose. Il sourit à la vue de son meilleur ami.
« Salut, Julian, content de te voir… »
Le médecin-chef ravi dit alors fièrement :
« Keiko, Miles, je vous présente ma fille, Enata… »
Le couple O’Brien, surpris par la nouvelle, resta muet un moment puis Keiko s’exclama :
« Mais qu’elle est donc mignonne ! Je vous félicite ! »
Miles, lui, resta plus dubitatif. Julian entreprit alors de lui expliquer d’où venait Enata. Le professeur à l’Academy, qui adorait les enfants, en fut profondément touché, et Keiko en eut la larme à l’œil.
« Pauvre petite ! Comment a-t-on osé faire ça à un bébé sans défense ? », s’exclama l’ingénieur, outré.
Julian abaissa le regard sur sa fille, qui bâillait.
« Nous ne savons pas encore tout, ni comment ils ont eu mon ADN ni le reste, Kira continue d’enquêter et tu sais à quel point elle est efficace. Enata restera avec moi désormais et j’aimerais que tu sois son parrain… »
Miles resta bouche bée avant de répondre :
« Oui, bien sûr, je serai son parrain…c’est vrai qu’elle est mignonne… »
Et il ajouta d’un ton goguenard :
« Si elle te ressemble un tant soit peu, on n’a pas fini… »
Julian fit semblant de s’offusquer.
« Mais elle me ressemble, je te prie de le croire ! Regarde-la ! »
Malgré l’éloignement, la complicité entre les deux amis était encore présente, plus que jamais.
« Bienvenue dans le monde chatoyant de la paternité…on en bave toujours un peu mais ce n’est rien à côté des satisfactions que nos enfants nous procurent… »
Keiko alors lui envoya un coup de coude.
« Tu n’as pas toujours dit ça… »
Miles rit et dit à son ami :
« A ton tour d’avoir un peu de joie dans ta vie, je sais qu’Enata t’en apportera beaucoup… »
Julian lui rendit son sourire.
« Je n’en doute pas, en tout cas je ferai tout pour qu’elle soit heureuse… »
Le couple O’Brien se regarda et Miles dit encore :
« A présent, j’ai encore plus hâte que les vacances arrivent, pour que nous puissions faire sa connaissance lors de notre visite… »
En effet, bien qu’ils vécussent à présent sur Terre, les O’Brien revenaient de temps en temps sur la station où beaucoup de leurs meilleurs amis étaient restés.
Un cri d’enfant se fit alors entendre derrière Miles et Keiko, et elle se leva pour aller probablement jouer le juge de paix entre Molly et Kirayoshi. Miles eut un sourire gêné.
« Tu vois, rien ne change vraiment, c’est toujours pareil avec les enfants… »
Julian hocha la tête.
« Oui, je vois ça…je ne vous dérange pas plus longtemps, je vous donnerai des nouvelles bientôt…
-Nous les attendrons avec impatience, je peux te l’assurer…à bientôt, Julian, portez-vous bien tous les deux… »
Et l’écran s’éteignit. Enata avait peine à garder les yeux ouverts, aussi lui mit-il son pyjama et la mit-il au lit en se préparant psychologiquement à passer une nuit courte. En effet, elle se réveillait encore beaucoup la nuit, ce qui était normal vu qu’elle n’avait à peine que deux mois. Il l’allongea dans son lit, sur le dos, l’embrassa et éteignit la lumière, laissant la veilleuse. Enata se mit à pleurer mais il ne céda pas et elle finit par se calmer. Il resta assis sur son canapé, s’y endormit et fut réveillé aux alentours de minuit par les hurlements de sa fille.
« Oui…oui…j’arrive », grommela-t-il en mettant à chauffer le biberon, puis il alla prendre Enata qui se calma un peu. Il s’assit et lui fit avaler méthodiquement son biberon, dont elle laissa une partie en se rendormant dans ses bras. Il la remit dans son lit et se coucha lui-même avant d’être réveillé de nouveau une deuxième fois vers quatre heures du matin. Malgré son habitude des nuits courtes et des réveils en fanfare, il présuma que ça allait être franchement difficile mais ne regretta pas pour autant son choix…même quand son équipe rit sous cape de le voir bâiller toute la journée le lendemain. Il faudrait attendre qu’Enata fasse ses nuits, d’ici là il n’aurait pas fini d’avaler des tasses de café…

A suivre...
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MessageSujet: Re: [post DS9]Un curieux pied de nez du destin    Ven 21 Oct 2011, 22:00

Beaucoup de douceur, de sentiments tendres et maternels. On sent que l'auteur a pris plaisir à écrire cet épisode qui sent bon la famille... Laughing

Merci Chibi dac
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MessageSujet: Re: [post DS9]Un curieux pied de nez du destin    Ven 21 Oct 2011, 22:47

hihihihi la mâchoire qui se décroche Lol

Hey papy viens voir ta ptite fille qu'elle bougre celui là alors MDR.

Sinon je trouve que le comportement du couple O'brien est bien celui auquel on aurait pu assister, il y a souvent du froid dans les relations sociales avec les O'brien.

Merci Chibi Very Happy
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MessageSujet: Re: [post DS9]Un curieux pied de nez du destin    Jeu 03 Nov 2011, 21:50

J'ai tenté d'être fidèle aux personnages, et j'avoue que j'aime bien le couple O'Brien. Ils semblent si peu faits pour être ensemble, et pourtant il y a quelque chose de très fort entre eux.

Oui, je dois avouer, je me suis un peu amusée avec les Bashir. Ils avaient fait le deuil d'avoir des petits-enfants depuis un moment, normal que ça les surprenne aussi...

Merci d'avoir lu Smile

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Chibi
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MessageSujet: Re: [post DS9]Un curieux pied de nez du destin    Jeu 03 Nov 2011, 21:50

de rien ^^
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MessageSujet: Re: [post DS9]Un curieux pied de nez du destin    Jeu 03 Nov 2011, 21:53

Je suis si transparente que ça ? Oui, il y a certaines choses qu'on aime plus écrire que d'autres, c'est vrai, notre "zone de confort" en tant qu'auteur, et ceci en fait partie...

Merci d'avoir lu Smile
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MessageSujet: Un curieux pied de nez du destin --- [fanfic post DS9 - en cours] --- chapitre 13   Dim 11 Déc 2011, 18:07

Chapitre 13

Cinq mois plus tard…

« Enata ! Regarde par ici ! »
La petite fille, vêtue d’une robe rose à volants, appuyée contre un coussin, riait gaiement, remuant ses petits membres. Julian essayait avec peine de la photographier pour envoyer la photo à ses parents mais la tentative semblait vouée à l’échec. Enfin, avec un peu de patience, il parvint à prendre une photo. La robe avait été offerte par sa mère, il voulait qu’elle la voie avec. Amsha avait beaucoup pleuré lorsqu’elle avait enfin rencontré véritablement sa petite-fille, deux mois auparavant, et Enata avait achevé sa conquête sans coup férir. C’était un bébé très gai, qui riait souvent et dont le rire était terriblement communicatif. Son début chaotique dans la vie ne semblait pas avoir affecté beaucoup son caractère. Julian aimait à dire en voyant la vivacité de sa fille que c’était le côté bajoran qui s’exprimait ainsi. Elle avait été dûment bénie à l’âge de trois mois par Cedara et Julian tenait à ce qu’elle connaisse aussi la langue bajoranne, aussi utilisait-il les rudiments qu’il en avait pour qu’elle commence à l’entendre.
Il posa l’appareil photo, saisit la fillette, son sac et sortit de ses quartiers pour aller la déposer à la crèche avant son travail. Après un grand moment de flottement, où il avait peine parfois à ne pas s’endormir lors de ses sessions de paperasserie vu les nuits courtes qu’il faisait, sa vie avait repris un équilibre. Être père célibataire était un véritable défi mais il avait la chance d’être aidé régulièrement par Ezri ou par le couple Sisko ainsi que par Kira, qui adorait Enata. Quark, bien qu’il ait trouvé au départ le bébé d’une laideur repoussante (sans parler du fait que c’était une femelle !), avait fini par tomber sous son charme.
Il déposa sa fille à la crèche et marchait vers l’infirmerie lorsque Kira le rejoignit.
« Avez-vous deux minutes, docteur ? », lui demanda-t-elle d’un air grave.
Julian acquiesça et l’amena à son bureau lorsqu’il fut arrivé à l’infirmerie.
« Que se passe-t-il, Nerys ? »
« C’est l’enquête concernant Enata…ils ont fait une découverte macabre : un laboratoire abandonné et, à l’intérieur, plusieurs corps momifiés d’embryons non viables. Ils y ont aussi découvert votre ADN et très probablement le matériel qui a permis de créer votre fille… »
Une sueur froide traversa la colonne vertébrale du médecin, mais il se força à demander :
« Sait-on qui est le responsable de tout cela ? »
Kira acquiesça et lui tendit un PADD.
« Ils ont passé l’endroit au peigne fin. Tout avait été nettoyé soigneusement mais ils ont pu retrouver quelques empreintes, dont celles de cet homme, Kival Sunen… »
Julian lut la biographie et retint de justesse un frisson. L’homme, un biologiste bajoran, avait collaboré ouvertement avec les Cardassians pendant l’occupation et mis à profit ses talents pour d’horribles expériences dans les camps de réfugiés.
« L’a-t-on retrouvé ? », demanda-t-il une voix froide qui ne lui ressemblait pas.
Kira secoua la tête.
« Non…il est recherché depuis la fin de l’occupation mais on n’avait jamais réussi à mettre la main sur lui…la pauvre Enata est la preuve qu’il a repris ses sinistres expériences… »
Julian posa le PADD sur son bureau.
« S’il court toujours et qu’il sait que ma fille a survécu, elle est en danger… »
Une lueur passa dans le regard noisette du colonel.
« Ro a son profil ADN, elle a déjà augmenté les contrôles à l’entrée de la station… »
Elle ajouta :
« Il faudrait déjà qu’il découvre qu’elle est ici…s’il ose venir, nous mettrons la main sur lui… »
Julian connaissait Kira depuis tellement longtemps pour savoir qu’il pourrait compter sur elle.
« Si vous l’arrêtez, j’aimerais le rencontrer…j’aimerais savoir pourquoi il a fait cela… », dit-il d’une voix redoutablement calme.
Kira hocha seulement la tête. La demande du médecin était légitime, après tout il était une victime dans cette affaire, même si finalement il y avait gagné un équilibre personnel supplémentaire. Enata l’avait transformé positivement, tout le monde s’accordait à le dire, il ne laisserait personne y toucher. Bashir avait peut-être un physique chétif, mais elle le savait capable de se battre comme un lion pour ce à quoi il tenait.
« Je continue l’enquête, je vous tiendrai au courant… », conclut le colonel avant de se détourner pour sortir.
Bashir la retint.
« Nerys ? »
L’officier bajoran, surprise de l’emploi de son prénom, se tourna vers lui.
« Merci… », dit seulement le médecin-chef. 
Elle hocha la tête et sortit, laissant Julian pensif. Un homme avait tenté de jouer avec la science en se prenant pour Dieu, et il se trouvait ravi de s’être trouvé là pour mettre un grain de sable dans l’engrenage. Mais combien de Mengele de ce type se cachaient encore sur Bajor, impunis de leurs forfaits ?
Mais pour l’instant il se devait de faire confiance à Kira et à Ro pour assurer la sécurité d’Enata. Il était un père mais également un médecin, et il avait toujours assuré son devoir. Il regarda rapidement l’index temporel : une opération de remplacement de valvule mitrale l’attendait ce matin et, si tout allait bien, il aurait le temps de s’accorder une demi-heure de pause pour manger et passer voir sa fille…

Quelques temps après, en la reprenant le soir à la crèche, il remarqua qu’elle était fiévreuse. Elle ne pleurait pas franchement, mais ses joues étaient bien rouges et elle était de mauvaise humeur. Inquiet tout de même, il fit un crochet par l’infirmerie et l’examina. Une inspection de la bouche du bébé confirma son diagnostic.
« Que voilà une jolie dent presque là, Enata… », dit-il en souriant à sa fille.
Susan Gideon, qui était de garde, confirma son diagnostic et dit en riant doucement :
« Je pense que vous vous préparez quelques nuits blanches, monsieur… »
Julian haussa les épaules.
« J’ai survécu à l’internat et à ses premières nuits avec moi, ça ne peut pas être pire…je ferai les soins nécessaires pour la soulager et d’ici quelques jours elle ira mieux… »
Le docteur Gideon caressa la petite main d’Enata.
« Tu as de la chance d’avoir un papa médecin, toi… »
Bashir rhabilla sa fille et la ramena à ses quartiers. Mais elle n’avala presque rien de son repas du soir, même pas son biberon, et se mit à pleurer. Le médecin prit les choses en main, massa sa gencive douloureuse avec du gel froid, lui donna un léger antipyrétique. Il put enfin se coucher, mais elle le réveilla plusieurs fois dans la nuit, ce qui fit que, lorsque le réveil sonna, il eut beaucoup de mal à s’extraire de son lit.
« Courage, Julian, tu as signé aussi pour ça… », se dit-il en voyant sa mine aux yeux cernés dans le miroir de sa salle de bains.
Après l’avoir déposée à la crèche et avoir précisé qu’il fallait l’appeler si l’état d’Enata se dégradait, il fit un crochet par chez Quark où il demanda un raktajino très fort. C’est là que le trouva Ezri, qui se rendait à sa prise de poste.
« Tu as une tête horrible. Enata est malade ? », questionna-t-elle.
Il secoua la tête d’un air las.
«Non, elle fait ses dents, elle a pleuré une partie de la nuit… »
Ezri n’hésita pas.
« Je ne suis pas de quart de nuit, je viendrai te relayer… »
Il allait protester mais elle l’empêcha de parler.
« Je suis sa marraine, je dois aussi m’en occuper et tu pourras te reposer…je l’ai déjà fait quand elle ne faisait pas ses nuits, je peux le refaire… »
Et elle ajouta d’un ton amusé :
«Et tu sais bien que j’ai plusieurs vies remplies d’expériences de maternité et de paternité… »
Julian céda.
« Très bien, j’accepte ton aide… »
Il se savait capable de travailler en ayant dormi peu, mais c’était toujours un risque supplémentaire pour ses patients. Enfin, s’il ne se sentait pas capable de faire une opération, il demanderait à Gelen, elle le remplacerait efficacement. C’était l’avantage d’être médecin-chef, il pouvait déléguer si nécessaire. Il avait tellement donné à son travail ces dernières années qu’il pouvait se permettre de le faire.
Ezri finissait son thé en face de lui, regarda son chronomètre et se leva.
« Le colonel m’attend, on se retrouve ce soir… »
Il hocha la tête et, finissant son raktajino, gagna son infirmerie où son assistante se précipita vers lui :
« J’allais vous appeler : l’hôpital central de Bajor nous envoie un cas chirurgical : double rétrécissement aortique, ils ne sont pas équipés pour opérer un tel cas… »
« Je suppose que c’est le docteur Gelen qui va s’en occuper ? »
 "Oui, mais elle n’y suffira pas… »
Julian n’avait plus le choix.
« Très bien, je vais me préparer, j’opèrerai avec elle… »
L’adrénaline le maintiendrait réveillé, mais il savait qu’il paierait cela fort cher plus tard dans la journée. Qu’importe, sa vie privée ne devait pas empiéter sur son travail et quelqu’un avait besoin de lui. Il alla se changer et, alors qu’il sortait du vestiaire, il vit arriver le patient, escorté par le docteur Gelen.
« Jena vous a mis au courant, je suppose ? » questionna directement la bajoranne.
Il hocha la tête et ils emmenèrent l’homme dans le bloc. Gelen lui tendit un PADD :
« Voici les résultats des examens préopératoires… »
Bashir les examina rapidement. Pas bons du tout, en effet. Le taux d’oxygénation du sang était très mauvais et le cœur était en bradycardie. Le patient était sous assistance respiratoire et en syncope. Il fallait permettre de nouveau la circulation au niveau du cœur par l’aorte et, malgré la technologie, c’était une opération délicate.
« Il va falloir faire vite, en effet… »
Keru Semi, l’assistante personnelle et infirmière de bloc de Gelen, préparait déjà le patient. Julian était concentré à l’extrême. Il était un chirurgien expérimenté mais ce genre d’opération délicate demandait toujours beaucoup d’attention. Il échangea un regard avec Gelen, installée en face de lui, et chacun d’eux saisit un scalpel. L’objectif était que chacun des deux chirurgiens s’occupe d’un rétrécissement, ainsi l’opération serait plus sûre et on éviterait les risques d’arrêt cardiaque.
Dans ces conditions, les deux médecins perdirent la notion du temps et il leur fallut près d’une heure trente pour effectuer l’opération. Une fois l’aorte débouchée et assouplie, le rythme cardiaque redevint normal.
Laissant le docteur Gelen terminer, il sortit de la salle d’opération, jeta ses gants dans une poubelle et eut un long soupir. Il sentit toute la fatigue lui peser sur les épaules comme une chape de plomb et s’étira en baillant pour oxygéner ses cellules. Il n’était pas encore midi, la journée allait être encore longue mais il se sentait satisfait parce qu’il avait contribué à sauver une vie. C’était pour ça qu’il était devenu médecin. Il alla se changer, reprit une douche et enfila à nouveau son uniforme.
Il avait à peine fini qu’il vit arriver Kasidy Sisko, tenant Rebecca dans ses bras.
«C’est la date de rappel de ses vaccins… », expliqua l’ancienne capitaine de cargo.
Julian acquiesça, appela sur son PADD le dossier de Rebecca pour vérifier et prépara l’injection. Il lui donna un jouet pour la distraire et lui fit l’injection. Elle geignit à peine. Il lui caressa la joue.
« C’est bien, Rebecca, tu es courageuse… »
Kasidy sourit en le voyant. Il avait toujours été doué avec les enfants mais, depuis qu’il était père lui-même, il avait encore plus d’empathie avec eux.
« Il se peut qu’elle ait un peu de fièvre. Si tel était le cas, ramenez-la, je ferai le nécessaire… », dit-il à la fin.
Kasidy reprit sa fille dans ses bras et demanda :
« Comment va votre petite merveille ? »
Julian sourit.
« Très bien, merci…elle sera contente de vous voir dimanche… »
Kasidy et Benjamin avait invité leurs amis dans leur maison de campagne sur Bajor le dimanche suivant, et Julian faisait partie du nombre. Ce serait la première fois qu’Enata retournerait sur sa planète natale.
« Nous aussi nous serons contents de la voir, c’est une si jolie petite fille… »
Rebecca, blottie contre sa mère, suçait son pouce et Kasidy, après avoir salué le médecin, la ramena chez elle.
L’après-midi fut plus calme et, dès que son quart fut fini, il repassa à la crèche. Enata était un peu grincheuse mais elle n’avait plus tellement mal, même si elle mordillait avec énergie l’anneau de dentition qu’il lui avait offert.
« Hé bien, tu as l’air d’avoir passé une bonne journée, mon cœur… », dit-il en embrassant le petit crâne aux cheveux clairsemés.
Il sourit. Ezri dirait qu’il était un papa gâteau mais était-ce un crime que d’aimer sa fille ? Il l’installa dans son fauteuil transportable et la ramena à ses quartiers.
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Dax
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MessageSujet: Re: [post DS9]Un curieux pied de nez du destin    Lun 19 Déc 2011, 15:16

Hoooo intéressant ! je pense que quand tu as publié le premier chapitre je n'avait pas encore fini la saison 7 de DS9. La je vois bien le contexte.


Et le plus cool dans l'histoire c'est que je n'ai pas à attendre pour la suite :clin d_oeil:

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MessageSujet: Re: [post DS9]Un curieux pied de nez du destin    Mer 21 Déc 2011, 15:11

ÇA fun d'avoir de lire une histoire de DS9 avec référence des personnages disparut. C'est presque la seule manière de pouvoir être en contact avec eux de façon nouvelle.

allez j'y retourne pour le chapitre 3 Very Happy

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MessageSujet: Re: [post DS9]Un curieux pied de nez du destin    Mer 21 Déc 2011, 15:17

du bonbon... miam miam


et hop pour le quatrième chapitre

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MessageSujet: Re: [post DS9]Un curieux pied de nez du destin    Mer 21 Déc 2011, 15:22

suite intéressante. que je suis contente d'avoir accès au chapitre 5

Ton écriture est vraiment fluide, c'est cool, ça se lit bien

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