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 [post DS9] Médecin de guerre

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Chibi
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MessageSujet: [post DS9] Médecin de guerre   Jeu 03 Oct 2013, 22:08



Cette mini-fic met en scène mon personnage du JDR Star Trek Federation, qui a vécu la fin de la guerre du Dominion comme médecin d'active.

Médecin de guerre


USS Sovereign, infirmerie principale, 2377


Vaiata Mallory n’était pas une des célébrités de Starfleet Medical dont les noms garnissaient avec abondance les journaux médicaux. Elle régnait cependant sans partage sur l’infirmerie de l’USS Sovereign après en avoir été le médecin-chef adjoint pendant près d’un an et demi, et elle ne se serait vue nulle part ailleurs.

Tout en elle reflétait son caractère sévère et ordonné : uniforme parfait au grade de lieutenant-commander épinglé à son cou, cheveux sombres nattés dont aucune mèche ne dépassait. Ses yeux verts, incongrus avec sa peau mate et hérités de son père d’origine anglaise, scrutaient attentivement un PADD. Autour d’elle, sur les murs de son petit espace personnel vitré, on pouvait voir son serment d’Hippocrate encadré, une planche anatomique du XVIIème siècle, ainsi qu’une plaque de bois sculptée. Elle était d’origine maori par sa mère et une collectionneuse invétérée d’objets médicaux anciens. Sur le bureau parfaitement rangé, une pile de PADDs, une console et la photo encadrée d’un homme blond, seule concession à sa vie personnelle car il s’agissait de son fiancé, médecin-chef sur un autre vaisseau.  
Par la vitre de son bureau, elle pouvait voir tout ce qui se passait dans l’infirmerie principale du grand vaisseau. Le fonctionnement de son département était une mécanique bien huilée, prête à répondre à l’imprévu si nécessaire, et elle régnait dessus avec souplesse mais efficacité. Il fallait qu’il y ait toujours une équipe fonctionnelle à l’infirmerie, et les plannings lui donnaient parfois des maux de tête mais, bien qu’elle aimât moins l’aspect administratif de son travail, elle s’y livrait sans rechigner. Certains de ses camarades visaient plus haut, voulant des commandements. Elle aurait pu elle aussi, possédant le brevet nécessaire, mais elle se plaisait dans son infirmerie. Ce n’était pas par manque d’ambition, mais uniquement par amour du métier.

Vaiata s’était spécialisée en chirurgie durant ses études médicales, avait même fait sa thèse en chirurgie orthopédique. Son caractère calme et mesuré l’aidait beaucoup dans l’exercice de cette spécialité. Comme elle était sortie de la Starfleet Medical Academy durant la guerre du Dominion, elle faisait partie de ce que ses supérieurs appelaient à présent les « médecins de guerre ». En effet, durant le conflit, les promotions médicales avaient été formées à la médecine et à la chirurgie de guerre, et Vaiata avait eu ensuite l’occasion d’appliquer ce qu’elle avait appris sur le terrain. Mais l’apprentissage à grand renfort de simulation holographique ne reflétait presque pas la réalité.  

Elle se souvenait encore parfaitement de son premier contact avec les réfugiés issus de la ligne de front, des soldats blessés, de l’odeur de brûlé, de sang et d’humeurs diverses qu’ils avaient amené avec eux sur la starbase où elle avait fait son internat de chirurgie. Un vrai choc. Cela avait marqué à vie le jeune apprenti médecin qu’elle était alors. Cela avait été son premier contact avec la véritable souffrance, avec la mort, et elle avait vomi plus souvent qu’à son tour les premiers jours face aux plaies impressionnantes. Elle avait fait là ses premières amputations, ses premières véritables interventions d’urgence, sauvé des vies, prononcé des décès, réconforté des familles, comprenant ce qui faisait l’essence même de son métier : l’efficacité, la compassion et la justesse de réaction. Face aux familles, elle avait appris qu’il était parfois bon de laisser voir son émotion, tout simplement parce que c’était humain. Pourtant, elle avait été parfois à deux doigts, la fatigue aidant, de tout planter là et de rentrer sur Terre pour ne plus voir toute cette détresse, mais elle avait serré les dents.

C’était là aussi qu’elle avait pu voir pour la première fois tout ce que pouvaient faire les Jem’Hadars. Bien sûr, durant sa formation théorique sur Terre, on lui en avait parlé, mais ça n’avait rien à voir. Ils étaient des machines à tuer, redoutablement efficaces et ceux qui en réchappaient étaient souvent dans un état tel qu’ils ne survivaient pas longtemps, ou pas sans séquelles. Les soldats qu’ils prenaient en charge, même expérimentés, étaient encore terrifiés et traumatisés par ce qu’ils avaient vécu et elle avait vite compris que les médecins devaient panser aussi, avant l’intervention des conseillers, les plaies mentales. Il fallait faire preuve d’empathie sans trop s’impliquer, écouter les soldats parler du front, des leurs camarades morts là-bas, de la sauvagerie des troupes du Dominion. Ils disaient que certains s’enfuyaient, d’autres se suicidaient pour ne pas tomber vivants aux mains des Jem’hadars. Même les plus aguerris essayaient de sauver leur vie à tout prix. Ces descriptions terribles lui avaient causé des cauchemars durant de nombreux mois.

Là-bas, bien que jeune interne, elle avait été logée à la même enseigne que les médecins  accomplis : peu de repos, des quarts à rallonge et pas assez de matériel. Après un mouvement de révolte face à la situation et quelques jurons intérieurs pour les ronds de cuir du quartier général, elle avait appris à en tirer parti comme le faisaient tous ses collègues. Vu la taille de la ligne de front, Starfleet Medical peinait à ravitailler et les réplicateurs ne fonctionnaient pas toujours. Il y avait même eu plusieurs fois où elle avait dû faire une suture à l’ancienne. C’était là que sa capacité à rester posée et calme lui avait servi le plus. Il fallait rester sereine, agir pour sauver des vies, même lorsqu’on se sentait si mal intérieurement qu’on avait envie de hurler face à l’horreur, ou qu’on se sentait tellement fatigué qu’on avait peine à garder les yeux ouverts. Starfleet Medical ne faisait pas de sentiment en envoyant ses jeunes internes au contact direct de la zone de guerre. Tant de médecins étaient décédés dans les combats que les jeunes en formation suffisaient à peine à les remplacer. Vivre avec l’idée de la mort lui avait aussi été très difficile, aussi bien la sienne que celle de ceux qu’elle soignait. Au-delà des conditions de travail, c’était ce qui lui avait paru le plus rude à gérer. Les médecins de là-bas avaient un adage simple mais percutant : « parfois la vie continue, parfois elle ne continue plus ». La mort était omniprésente, aussi ils avaient réussi à en quelque sorte à l’apprivoiser, à la voir comme un ennemi à combattre mais contre lequel, parfois, il fallait accepter de perdre.

Cet apprentissage avait été beaucoup empirique, car les médecins étaient tellement débordés qu’ils n’avaient pas vraiment le temps d’enseigner et à peine celui de superviser les internes. Leur devise concernant l’apprentissage était « regarde, apprends, fais ensuite et surtout débrouille-toi ». Si les trois-quarts se souciaient fort peu des états d’âme des internes, il y en avait quelques-uns qui prenaient toujours le temps de les écouter. Elle se souvenait plus particulièrement d’un médecin andorien, Reneb. Il était un peu rude mais avec une étonnante qualité d’écoute pour quelqu’un de sa race. Il appliquait cela aussi bien avec les patients qu’avec les médecins ou les internes. Il l’avait beaucoup aidée durant les deux ans et demi qu’elle avait passés là-bas, aussi bien au niveau professionnel que personnel. Alors qu’elle pleurait, seule, à l’écart, après avoir perdu son premier patient sur la table d’opération, il l’avait cherchée et s’était assis à côté d’elle. Sans mots de réconfort superflus, il lui avait dit ceci : « Tu n’as pas donné cet homme à la mort, tu t’es battue contre elle et tu as perdu cette fois. Il te reste à apprendre comment déjouer ses pièges et la battre à son propre jeu en percevant quand tu ne peux plus rien faire… ».

Elle n’avait jamais oublié ces mots, ils resteraient à jamais gravés dans sa mémoire et elle y repensait parfois quand, malheureusement, elle perdait un patient. Elle avait fait la dernière année de la guerre du Dominion en tant qu’officier d’active et elle avait pu mesurer à quel point tout ce qu’elle avait appris dans la douleur et le sang pendant son internat lui avait été utile. Quand les Jem’hadars avaient failli prendre l’USS Sovereign, elle s’était retranchée dans son infirmerie en activant les champs de force de quarantaine, protégeant ses patients et continuant à les soigner en étant prête à vendre chèrement sa peau. Sa main n’avait pas tremblé en achevant les soins, même si elle mourait de peur intérieurement.

Ces épreuves étaient gravées en elle mais elle savait qu’elles avaient contribué à faire d’elle celle qu’elle était actuellement. Cela lui avait appris à travailler dans toutes les conditions et à ne pas perdre pied dans l’adversité. D’aucuns disaient qu’elle était un peu trop sévère et une maniaque de l’ordre, mais Vaiata savait à quel point l’asepsie était nécessaire pour avoir eu à travailler sans forcément pouvoir appliquer les grands principes d’hygiène. Il arrivait que les champs de force chirurgicaux tombent en panne et, là, il ne fallait pas avoir peur d’être sale. Vaiata avait aussi vécu une situation similaire sur Deep Space Nine, où elle avait même eu la responsabilité temporaire de l’infirmerie. Cela aussi lui revenait parfois en mémoire, elle se revoyait encore faire son rapport en pyjama de chirurgie jetable maculé de taches d’humeurs diverses tant son uniforme d’origine n’était plus mettable. Pas très glorieux, mais c’était le travail qui comptait…
Il avait aussi fallu opérer la jambe du docteur Bashir, qui avait été pris dans l’explosion terroriste qui avait soufflé une partie du bar de Quark et son environnement immédiat, dont l’infirmerie, diriger ses équipes qu’elle ne connaissait pas et faire face à l’afflux de blessés qui ne s’était tari que plusieurs heures plus tard. C’était un de ses pires souvenirs mais également son titre de gloire, ce qui l’avait fait connaître aux autres médecins de la vingt et unième flotte et avait probablement incité son capitaine à lui octroyer le titre de médecin-conseil de la flotte un peu plus tard.

Pourtant, elle avait parfaitement conscience que sa façon d’exercer la médecine était conditionnée par ce qu’elle avait vécu autrefois, aussi bien les bobos de routine que les catastrophes à grand échelle. Là, elle savait donner un semblant d’organisation à tout cela et faire en sorte que les équipes médicales se donnent à fond. C’était cela aussi son rôle de médecin-chef : créer une émulation, aussi terrible que soit la situation. Bien qu’entraînées, ses équipes pouvaient perdre pied, il fallait toujours qu’elle-même tienne le coup pour donner l’exemple, aussi difficile que soit l’épreuve. Et, pour cela, avoir été sur le front lui était indéniablement utile.
Parfois, elle avait des nouvelles de certains de ses camarades de promotion. Même s’ils n’en parlaient qu’à mots couverts, certains avaient été soignés pour des pathologies de stress post-traumatique tant ce qu’ils avaient vu et vécu sur la ligne de front était difficile. Certains non plus n’étaient jamais revenus des batailles. Ils avaient beau se dire que « c’était la vie », c’était tout de même quelque chose de difficile à gérer. Mais ne disait-on pas que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ? C’était un des adages majeurs de Vaiata et c’est ce qui lui avait servi aussi à garder sa santé mentale face à l’horreur. Elle était passionnée par son métier mais cela ne suffisait pas toujours. Quand il lui arrivait de se sentir mal (ce qui était assez rare), elle se réfugiait dans son hobby : les instruments médicaux anciens. Classer et documenter ces choses anciennes, dont certaines auraient fait dresser les cheveux sur la tête à un Andorien, lui permettait de regagner sa sérénité.
Parce que c’était là qu’était sa place, au milieu de son infirmerie, sur le terrain aussi quand c’était nécessaire, pas sur une passerelle de vaisseau. Elle se moquait bien d’avoir de l’avancement, tout ce qu’elle voulait c’était exercer son métier et découvrir de nouvelles choses. Si elle avait voulu un métier facile, elle aurait pu largement avoir un poste tranquille dans le complexe médical de Starfleet, à San Francisco, mais elle ne regrettait absolument pas son choix, même avec le recul.

Elle retourna son siège pour regarder les étoiles réduites à un simple trait à travers le petit hublot qui se trouvait derrière elle alors que le vaisseau filait vers sa prochaine mission. Leur vue l’apaisait toujours lorsque la pression se faisait trop forte. La coutume du peuple de sa mère, les maori, disait qu’il s’agissait en réalité des âmes des morts suspendues au ciel pour éclairer le cheminement des vivants et, même si son esprit scientifique savait que ce n’était pas le cas, elle aimait parfois à se raccrocher à cette réalité poétique. C’était la capacité de pouvoir se rattacher à de petites choses dans ce genre-là qui lui avait probablement évité le stress post-traumatique, même si elle savait que personne n’en était vraiment à l’abri. Ces médecins de guerre dont Starfleet Medical se méfiait un peu maintenant comme de vraies bombes à retardement étaient au contraire un avantage particulier. S’ils étaient capables de soigner les bobos les plus bénins en temps normal comme n’importe quel autre médecin, ils révélaient toute leur valeur durant les situations de crise, et elles n’avaient pas manqué ces dernières années. La paix était instable et, vu la zone où évoluaient l'USS Sovereign et la vingt et unième flotte dont il était le flagship, il était déjà arrivé plusieurs fois des situations nécessitant une organisation médicale particulière où Vaiata et ses semblables s’étaient révélés un atout majeur. Et à ce moment-là, les huiles de Starfleet Medical qui quittaient rarement San Francisco ne s’étaient pas posé la question de s’assurer si les personnels concernés étaient sur le point d’exploser émotionnellement, il fallait faire le travail et peu leur importait. Mais le dossier de Vaiata, soigneusement mis à jour, attestait de sa parfaite santé mentale. Si son passage comme premier officier temporaire gérant en même temps le département médical l’avait déstabilisée et fait douter d’elle-même car elle avait l’impression de n’y pouvoir pas donner son maximum, son retour à plein temps à l’infirmerie avait restauré sa confiance en elle-même. Sur la passerelle, elle avait l’impression d’être comme un poisson hors de l’eau, de ne jamais savoir quoi faire pour chaque situation malgré sa formation SCS alors que, mise en face d’une blessure, d’une intervention chirurgicale, elle savait toujours comment agir. Son capitaine lui avait dit qu’on lui avait demandé de passer son brevet SCS à cause justement de sa rapidité de décision, mais encore fallait-il savoir quoi décider, surtout face des situations diplomatiques compliquées ou d’engagements de batailles. Cela pouvait paraître étrange, voire morbide pour certains, mais elle se sentait vraiment chez elle à l’infirmerie, qu’elle soit calme comme maintenant ou remplie de blessés avec les Jem’hadars à la porte, comme elle l’avait connue avant la fin de la guerre du Dominion. Parce que, quelle que soit la dénomination qu’on lui donnait sur le papier, elle était médecin avant tout.

D’un geste vif, elle retourna son siège et son regard se posa un instant sur la pièce principale en face d’elle où l’équipe beta prenait son poste. Le médecin de garde transmettait ses informations au nouveau médecin de garde selon une mécanique bien huilée. Les équipes de l’infirmerie vivaient plus ou moins leur vie propre, même si elle en gérait les plannings et les entraînements périodiques, mais n’oubliaient jamais qui les dirigeait. Il y avait une confiance réciproque entre eux et elle et elle était fière d’avoir réussi à instaurer ce lien particulier. Elle prit le PADD où elle écrivait un article pour le Starfleet Medical Journal et reprit son travail dans l’ambiance feutrée de son bureau avec un léger soupir d’aise. Là était sa place.

FIN
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MSatler
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MessageSujet: Re: [post DS9] Médecin de guerre   Mer 09 Oct 2013, 16:57

Encore ! Encore ! Encore !aplo 
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Chibi
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MessageSujet: Re: [post DS9] Médecin de guerre   Mer 09 Oct 2013, 17:10

Encore ? scratch 
En fait...prie pour que le salon de Velaine me donne de l'inspiration (c'est presque toujours le cas depuis trois ans) et que je trouve le temps d'écrire après...
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MSatler
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MessageSujet: Re: [post DS9] Médecin de guerre   Mer 09 Oct 2013, 17:14

je l'espère bien. je vais même allumer un cierge à l'église !! :mdr_10: 
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