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 Daphne Fisher

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Lourima
Capitaine de flotte
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Lourima

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MessageSujet: Re: Daphne Fisher   Daphne Fisher - Page 2 Icon_minipostMar 27 Juil 2021, 21:18

Ce septième chapitre m'a donné du fil à retordre ... et je ne suis pas arrivée là où je voulais aller.

Petit changement dans le langage non-binaire.
Je vais appliquer ces changements aux chapitres déjà postés.

L'article "lae" me donnait des petits soucis quant à sa prononciation, je l'ai changé en "li".
Ce qui me rappelle mon patois wink
Gardien étant masculin, je l'ai changé en Gardiann.
Pour ce qui est de du/de la, j'ai opté pour del
et au, à la fera al.

Question vocabulaire courant :
Diligence : hâte
Diligemment : sans tarder
ire : colère.

Chat pître VII


Dr Daphné Fisher, réveillez-vous !  … vous avez un appel urgent. Quelqu’un vous envoie un message subpatial …    Dr Daphné Fisher, réveillez-vous !  

Daphné et Tuvar émergèrent du sommeil en grommelant contre la voix de l’ordinateur qui répétait incessamment son message.

— Lol, je descends prendre l’appel, répondit-elle en passant rapidement une robe de chambre coupe kimono.

La voix de l’ordinateur se tut. Daphné descendit au salon tout en rabattant les pans de sa veste l’un contre l’autre. Elle dut synthétiser une ceinture pour les tenir en place car elle était descendue sans prendre celle d’origine.

— Lol ! Je suis là, avertit Daphné, une fois installée.

Le logo de Starfleet apparut sur l’écran puis fit place à la figure du Capitaine Picard.

— Bonjour Daphné. Je viens de te réveiller à ce que je vois.
— Bonjour Jean-Luc ! la voix rauque et les yeux ensommeillés. Il est arrivé quelque chose à William ?
— Non, non. Il ne s’agit pas de ça, la rassura-t-il. Will va bien.
— Je te manque à ce point pour que tu m’appelles en pleine nuit, quatre mois après ton départ ? plaisanta-t-elle.
— J’ai besoin de renseignements et c’est urgent. Que sais-tu de Neshin Iyr ?
— … Pas grand-chose. Il est bajoran. Un peu charmeur avec les dames, un peu grande gueule, plaisantin ou râleur. Le genre de gars qui tient le crachoir quand il est accoudé à un bar. Il sert parfois de coursier au réseau.
— Au réseau ?
— Au réseau Sources Ouvertes. La première fois que je l’ai rencontré, c’était à bord du cargo … Je ne sais plus comment il s’appelait … Il était commandé par une Acamarienne … Tresla ! … Et la dernière fois, c’était juste au moment où tu croisais dans le coin. Il m’a apporté un échantillon.
— Tu peux me donner la date ?
— Comme ça de mémoire ? … Oh, je dors encore ! Lol, envoie les coordonnées temporelles de l’arrivage de l’échantillon Epsilon 58 à mon correspondant, ordonna-t-elle à l’ordinateur.
— … Je l’ai, confirma Picard. Qu’est-ce que tu peux me dire d’autre ?
— Ben …  Rien de certain en fait. Il m’a dit qu’il voulait arrêter de faire le coursier et se retirer sur Bajor, avoir sa petite ferme.
— Quand tu dis « rien de certain », il y a des bruits qui courent ?
— Sur le cargo, il m’a laissé supposer que sa cargaison ne correspondait pas à ce qui était écrit sur le bordereau. C’était la façon ou plutôt le ton qu’il employait. Donc, il faisait peut-être de la contrebande. Mais de la contrebande de quoi ? … Pff !
— D’armes ?
— En pleine guerre ? Non je ne pense pas. Il aurait été moins bavard. Il déteste les Cardassiens et ne s’est jamais caché de sa sympathie pour le Maquis.  C’est un pléonasme quand on parle d’un Bajoran, je pense. Je le verrais bien fournir le secteur en bière romulienne. Mais ce sont de pures spéculations.
— Tu sais s’il franchit la zone neutre ?
— Je n’en sais rien. Vraiment rien du tout. La dernière fois qu’il est venu, on l’a obligé à se poser au spatio-port. Donc son vaisseau n’était pas en ordre pour se poser directement dans le coin. En général, c’est le cas quand le système de freinage n’a pas été révisé.
— Qu’est-ce qu’il vaut comme pilote ?
— … Le Réseau n’emploie pas des bras cassés.
— Qui l’a engagé au sein du Réseau ?
— Le Réseau est une toile.  Je ne m’occupe jamais de logistique et je serais incapable de te dire qui le fait.
— Il y a quand même bien quelqu’un qui organise les transports.
— Oui, mais je ne sais pas qui. On est très discret sur le sujet.
— Enfin, s’écria Picard, si tu dois envoyer quelque chose à quelqu’un, comment est-ce que tu t’y prends ?
— Je contacte Neirua-Le 31 sur Deneb II. Guinan sait peut-être de qui il s’agit …
— Qu’est-ce que Guinan vient faire là-dedans ?
—  Lis Neirua-Le de droite à gauche.
— … D’accord. Si les El-Auriens s’en mêlent, on n’est pas sorti de l’auberge. J’ai une autre question. Est-ce qu’il y a des Romuliens qui font partie du réseau ?
— …
— … Daphné ?
— … C’est délicat.  Pas en subspatial.
— Je te rappelle que notre communication est cryptée.
— Oui, cryptée par Starfleet ! … Tu as toute ma confiance, Jean-Luc. Mais ce n’est pas le cas pour ceux qui t’emploient. Je ne peux pas me fier à une organisation qui a cautionné l’emploi d’armes chimiques et bactériologiques.
— Chimique, je vois de quoi tu parles, mais bactériologique ?
— Le Métamorphe de Deep Space Nine a été infecté par la Fédération pour qu’il infecte à son tour ceux de son espèce.
— … Tu es sûre de tes sources ?
— Kyra Neiris.

Il y eut un blanc.

— Je peux savoir le pourquoi de toutes ces questions sur Neshin ? relança-t-elle.
— Un incident à la frontière de la zone neutre. On a trouvé un appareil romulien à la dérive et son équipage inconscient. Selon eux, cela s’est produit après avoir croisé la route d’un petit vaisseau censé appartenir à ton coursier.
— Tu veux dire : Pouf ! ils ont rencontré son rafiot et ils sont tombés dans les pommes ?
— En gros, c’est ça. Ils ont été sédatés avec un gaz soporifique.
— Curieux ! … Je ne le vois pas faire ça. Et surtout dans quel but ?
— Ton bonhomme est introuvable et il faut calmer le jeu au point de vue diplomatique. Et puisque tu parles de rafiot : est-ce qu’il lui serait possible de s’occulter ?
— …  Il y a des Klingons dans le réseau. Donc théoriquement possible mais hautement improbable. Ça consomme trop d’énergie.
— Tu vois autre chose à me dire ? … un détail qui pourrait m’aider ?
— Là, comme ça, non.
— Si quelque chose te revient, appelle-moi.

La transmission prit fin. Daphné était bel et bien réveillée. Elle préféra s’habiller pour de bon et rejoindre son laboratoire, plutôt que de se recoucher. Aussi, sa journée se termina-t-elle en début d’après-midi.  Sentant l’effet du manque de sommeil, elle partit en promenade avec sa fille T’ara jusqu’à l’atelier.

— Alors, on vient dire bonjour à Tonton Tom ? salua joyeusement Thomas.

Il s’accroupit pour se mettre au niveau de la petite. Elle courut joyeusement vers lui en babillant. Une fois dans ses bras, il se mit à la faire virevolter dans les airs pour le plaisir de l’entendre rire. Cela amusa beaucoup ses parents.

— Tu viens nous donner un coup de main, demanda Tuvar ? Il n’y a pas beaucoup de travail pour le moment.
— J’ai terminé ce que je faisais, expliqua Daphné, je voulais me dégourdir les jambes et passer un moment avec T’ara.

Ils n’eurent pas le temps d’échanger longtemps. L’aéroglisseur de Zifraôh s’arrêta près de l’atelier quelques minutes après leur arrivée. Le Gardiannn se dirigea vers Daphné.

— Saluût, Daphné ! Je suis venu te demander un petit serrrviîce.
— Salut et bonne santé, Zifraôh ! Que puis-je pour toi ?
— Il faudrrrait que tu … rrrépondes à quelques questions.
— A quel sujet ? demanda-t-elle tout en le suivant un peu à l’écart.
— Une cerrrtai-ène conversation que tu as eu-u cette nuiiit. L’Administrrration centrrrale a consigné les rrrenseignements que tu as pu donner surrr l’individu. Mais il faudrrrait des éclairrrcissements.
— … À la demande de la Fédération, je suppose ?
— Tu supposes bien ! … Puisssque l’individuû s’est déjà posé surrr notrrre sol, il serrrait bon, pourrr notrrre sécurrrité, d’avoirrr en main toutes les carrrtes.
—  Je ne vois pas très bien ce que je pourrais ajouter à … l’échange de cette nuit. Tu passes chez moi ?
— …  Eh bien … l’Administrrration centrrrale m’a adjoint un consultant … en sécurrrité.  Tu peux le rrrrecevoir ?
— À condition que ça ne s’éternise pas. Je suis assez fatiguée.

Zifraôh l’accompagna jusqu’au dispensaire où, fait exceptionnel, le consultant fut téléporté.

— Docteure Fisher, M.Noldan ! dit li Gardiann en faisant les présentations.

Ils se saluèrent. Noldan était typé vulcain, mais Daphné qui avait vécu assez longtemps en leur compagnie comprit tout de suite qu’il était un hybride.

— Si vous voulez me suivre, nous allons au salon, proposa Daphné.
— Je vous attendrrrai dehorrrs., répondit Zifraôh.

Une fois installé au salon, Noldan sortit sa tablette et commença sur un ton très formel.

— Nom, prénom, date de naissance ? commença Noldan.
— Daphné, Jutta, Liesel Fisher, Terre, Stuttgart, 2 juillet 2339.
— Date stellaire ?
—  Il y a des convertisseurs.  J’aimerais qu’on fasse au plus vite.
— Oui, mais je dois vérifier votre identité et …
— Scan oculaire ? ADN ? A votre convenance.

Noldan procéda au scan oculaire à l’aide du tricordeur qu’il portait à la ceinture.

— Quand êtes-vous arrivée dans le système Ghwenrhaâdy ?
— Le 15 de la huitième lune du cycle 20 de l’ère Taâgdaly.  Vous disposez certainement de mon dossier. Tous ces éléments s’y trouvent. Voulez-vous que je vous en transfère une copie ?
— Non, ce ne sera pas nécessaire, répondit-il avec un sourire narquois. Je l’ai ici.

Il montra sa tablette.

— Vous me semblez bien pressée, ajouta-t-il.
— Ma nuit a été courte, je suis fatiguée.
— Désolé. J’ai tendance à oublier que les humains ont une piètre résistance à la fatigue.

Elle ne répondit pas mais lui adressa un regard peu engageant.

— … par rapport à d’autres espèces, ajouta-t-il. C’est scientifiquement prouvé.
— Les scientifiques n’emploient pas des termes comme « piètre résistance ». Cela n’est pas objectif.
— Désolé, je ne voulais pas … vous vexer ni perturber votre équilibre émotionnel, dit-il avec une pointe de condescendance.
— Pouvons-nous nous en tenir à l’objet de votre visite ? Quelles sont vos questions ? répondit-elle.
— Bien sûr. Avez-vous des connaissances dans le Maquis ?
— Le Maquis n’existe plus.
— Je reformule : connaissez-vous d’anciens Maquisards ?
— Thomas Riker a été mon patient et nous sommes restés en bon terme.
— C’est tout ?
— Comme ça, je ne vois pas …
— … M. Velekh ?
— Je l’ai vu trois ou quatre fois.
— Quatre fois.
— Vous posez des questions dont vous connaissez les réponses. Pouvez-vous vous concentrer sur le but de votre visite ?
— Quel est le nom de votre contact sur Romulus ?
— Pour la sécurité de mon contact, je m’abstiendrai de le révéler.
— Vous avez conscience qu’une telle attitude vous rend … ?  
— Me rend … ? … Suspecte ? Suis-je l’objet d’une enquête ?
— Non. Pas pour le moment.  Pour quelle raison avez-vous quitté Starfleet ?
— Parce que … euh … Ma lettre de démission se trouve dans mon dossier. Avez-vous de vraies questions à me poser ?
— Fisher, je vous rappelle que …
— DOCTEURE Fisher !
— Réaction émotionnelle ! Ts ! je ne vous imaginais pas si attachée aux marques de déférence ! … Au fait, je vous rappelle que c’est MOI qui mène l’interrogatoire.
— L’interrogatoire ? s’étrangla-t-elle. Mais il n'a jamais été question de ça !

Daphné bondit de son siège et fit un pas en arrière en appuyant sur son épinglette.

— LOL ! cria-t-elle. Alerte d’intrusion ! Vérification d’identité … examen d’audition !

Le rideau d’un champ de force s’abattit devant elle.

— Cessez ce manège, grogna Noldan, en se levant, c’est tout à fait ridicule.
Vérification d’identité terminée. Noldan, trente-sept ans, huit mois, sept jours, romulo-vulcain, consultant en sécurité en service sur Ghwenrhaâdy depuis sept lunaisons et vingt-deux jours. Examen d’audition en cours…
— Maintenant que vous savez que c’est moi, vous pourriez …
… Violation aggravée des protocoles. Procédure invalidée. Contact avec les autorités en charge.

Fleeza 2 se matérialisa alors que Zifraôh débarquait le salon, avant même que l’ordinateur n’ait terminé sa phrase.

— Noldan, sorrrrtez immédiatement ! intima-t-iel.
— M. Noldan, Vous n’avez ni mandat de perquisition ni mandat d’amener, renchérit l’HMA. Veuillez sortir.

Au même moment, le consultant recevait une communication via son Brassc.

M. Noldan votre accréditation est suspendue. Sortez immédiatement du bâtiment et attendez-nous dehors.

Fleeza 3 était apparue de l’autre côté du rideau énergétique.

— Daphné, tu vas bien ? Assieds-toi. Tivol est en route.
— Ça va aller, dit-elle soulagée. Il ne fallait pas le déranger.
— Tu es en sécurité. Li Gouverneur sera ici dans quelques minutes.
— Li Gouverneur ?

Noldan sortit en protestant.

— Je peux savoir à quoi tout ça rime ?
— Votrrre identité a été mise en doute dans un bâtiment de sécurrrité de classe B, répondit sèchement li Gardiann.
— C’est ridicule, je viens d’être identifié et …, s’énerva Noldan.
— Oh ! Rrréaction émotionnelle !  gronda-t-il. VOUS VOUS CRRRROYEZ OÙ ? AU TAL SHIARRR ?

La chevelure de Zifraôh se frisa brusquement raccourcissant du même coup sa longueur de trente centimètres. Ses doigts se ridèrent et s’allongèrent de longues griffes. Iel était hors d’ellui. Le consultant suspendu rongea son frein pendant qu’iel déversait son ire.

— JE NE VOUS PERRRMETS PAS, JE NE PERRRMETS À PERRSONNE DE TRRRAITER MES ADMINISTRRRÉS COMME VOUS VENEZ DE LE FAIRRRE, MÊME AU NOM DE LA SÉCURRRITÉ TERRRRITORRIALE ! EST-CE CLAIRRR ?  

Un groupe se téléporta devant le dispensaire au même moment, offrant quelques secondes de répit à Noldan. Khaarney, li Gouverneur de Frhôh, li Professeur Efhraÿos, une jeune romulo-klingonne élancée et le Dr Tilov, andorien se matérialisèrent alors que Tuvar accourait vers sa maison.

— Je peux savoir ce qui se passe ?  demanda-t-il à Zifraôh.
— Moi, je n’y comprends rien, marmonna Noldan.
— LA FERRRME ! tonna Zifraôh. VOUS PARRRLERRREZ QUAND VOUS Y SERRREZ INVITÉ. Daphné est en sécurrrité, Tuvar.

Khaarney s’approcha de Noldan pour lui confirmer sa décision.

— Vous êtes suspendu pourrr deux jourrrs. Votrre identité a été miîse en doute, parrce que, dans l’exerrcice de vos fonctions, vous avez vioôlé le prrotocole à quatrre rrreprrises. Vous ne pouvez pas prrrocéder à un interrrogatoirrrre sans inforrrmer l’interrrogéë qu’iel a drrroit à l’assistance d’an avocax.
— … Mais … mais elle le sait ! Elle …
—   Vous n’avez pas rrrespecté la prrocédurrre, coupa sèchement li gouverneur.  Hormis le fait qu’on vous a envoyé prrrocéder à une collecte de rrrenseignements et pas à un interrrogatoirre. Cela seul vous vaut un jourrr de suspension. Un second jourrr est ajouté parrce que vous n’avez pas tenu compte de l’état de santéé de l’interrresséë qui vous a signalé sa fatîgue, vous vous êtes perrrmis des allusions spécio-discrrimantes …
— Pardon ?
— … rrrracistes ! et parrrce que vous vous êtes livrrré à de l’intimidation de témoin. Je ne vous autorrrise pas à ouvvvrir la bouche autrrrement que pourrrr des excuses et les forrrmules de politesse d’usage.

Pour pouvoir pénétrer dans le bâtiment, li gouverneur, li professeur, la romulo-klingonne et le Dr Tilov durent se soumettre à un scan d’identification dans le hall du dispensaire. Ce n’est qu’alors que l’alerte d’intrusion fut levée que le champ de force fut désactivé.

Tuvar resta tranquillement à l’extérieur en compagnie de Zifraôh et ne se priva pas de toiser Noldan désormais condamné au silence.

— Je ne voudrais pas être à votre place, lui glissa-t-il, non sans ironie… Je pense que … vous allez devoir suivre une mise à niveau … au sujet de la législation ghwenrhaâdê … et sur les usages qui ont cours ... Ça ne rigole pas avec les vices de procédure, par ici … C’est important de tenir compte de la culture locale, si je puis me permettre … Consultant en sécurité ? … Mm Mm ! … j’ai connu … comment dire … des agents de renseignements plus subtils … Déclencher une alerte de sécurité dans les annexes d’un laboratoire de classe B ! Ts ts ! … Non, je ne voudrais pas être à votre place.

Noldan rongeait son frein. Répondre à Tuvar aurait prolongé sa suspension d’un ou deux jours supplémentaires.  Li Gardiann trouvait cette intervention jouissive et ses cheveux se défrisèrent progressivement.

A l’intérieur, Tilov examinait Daphné.

— Niveau d’adrénaline et de cortisol élevé, déclara-t-il.
— On ne va pas en faire tout un plat ! répondit-elle.
— 12h de repos complet. Ordre du médecin, déclara-t-il.  Fleeza 2, il faudra administrer 3 cc de …
— Non ! … s’il te plaît ! intervint-elle. On peut éviter la médication ? Je peux me mettre en stase.
— … Va pour la stase, concéda-t-il. Mais si tu n’es pas rentrée dans ton sarcophage dans une heure, je viendrai moi-même te sédater.

La romulo-kligonne s’approcha à son tour.

— Permettez-moi de me présenter : Me Fréézyr. Me Fraykhaâl est empêchéë, et si vous m’y autoriser, j’aimerais représenter vos intérêts dans cette affaire.
— Oui, bien sûr. C’est très aimable de votre part d’avoir fait le chemin jusqu’ici.
— C’est la prrrocédurrre, répondit gentiment li gouverneur.
— A propos de procédure, demanda Daphné, par quel prodige ce cow-boy est-il arrivé jusqu’ici ?

Li gouverneur soupira.

— Notrre prroprre serrrvice de rrrenseignement est beaucoup plus perrforrmant mais … la Fédérration a parrfois du mal à nous prrendre au sérrieux. Alorrs, l’Administrration centrraâle a voulu … fairre un geste diplomatique.
— Question diplomatie … commenta Daphné, j’ai connu mieux.
— J’espèrrre que cela n’entraverrra en rrrien notrrre collaborrration, déclara timidement li Pr Efhraÿos. Je serrrais trrrès peiné si … si … notrrre prrrojet devait avorrrter. Je suis rrrassurréë de voir comment votrrrre prompte rrrréaction à la moindrrrre menace de danger a … a … assurrré la sécurrrité du laborrratoire.
— Rassurez-vous, professeur, pour le moment, je n’envisage pas de déménager.
— Estimée, Docteurrre Fisherrr, reprit Khaarney, au nom de l’Administrration centraâle, au nom de la Gouverrnance de Frrhôh et en mon nom prroprre, je vous prrésente humblement mes excuûses pour le comporrrtement déplacé de M.Noldan. Sachez que des mesurrres disciplinairrres ont été prrrise à son encontrrre et qu’il devrrra rrrepasser un examen apprrrofondi avant de rrretrrrouver son accrrréditation.
— Très estiméë Khaarney, Gouverneur de Frhôh, j’accepte vos excuses et vous assure de ma parfaite reconnaissance pour la diligence avec laquelle vous avez assuré la protection de ces lieux et la défense de mes droits constitutionnels.
— Zifraôh ! fit li Gouveneur en contactant li Gardiann par l’épinglette connectée. Nous attendons M.Noldan, nous lui offrrrons générrreusement la possibilité de venirrr s’excuser.

Li Gardiann fit signe à Noldan de l’accompagner et Tuvar ferma la marche.

— C’est le moment de montrrrer … un contrrrôle parrrfait de vos émotions, ne put s’empêcher de lui dire Zifraôh.

Noldan poussa un très long soupir.

— Les usages veulent que vous commenciez par vous excuser auprès de ma compagne, expliqua Tuvar à mi-voix. Ensuite al gouverneur, puis conjointement al professeur Efhraÿos et au Dr Tilov pour le dérangement occasionné et vous terminerez par Zifraôh. Mais n’oubliez pas que les excuses vous lui présenterez s’adressent aussi à ses administrés.
— Merci du conseil, répondit Noldan, sans enthousiasme.
— Essayez d’y mettre un semblant de conviction si vous voulez éviter l’escalade, murmura Tuvar. Donc pas de soupir ou de regard fuyant.
— Je ferai mon possible.

Pour éviter tout impair, Noldan demanda humblement la permission de consulter de temps à autre sa tablette. Il présenta ses excuses comme le protocole lui demandait. Mais Daphné ne lui épargna pas une vacherie de son cru. Et elle était de taille. Quand li Gouverneur et sa suite se furent téléportés, elle salua Zifraôh en li remerciant pour la façon qu’iel avait pris soin d’elle puis elle se tourna vers Noldan.

— Noble Messer Noldan, en ces mots, je prends congé de vous en invoquant sur vous le lumineux souvenir del granz Ferkek li emperaire d’heureuse mémoire. Et selon les termes bénis de nos ancians, elleux qui fondirent Ghwenrhaâdy, le ventre de notre vie et qui la propagèrent sur Frhôh, li ensoleilléë, Frhîh li venteuss, Frhéh li caverneuss et Frhâh, li fertil qui resplendit d’arbres, de champs et d’animaux aux chants joyeux, il me revient d’appeler sur vous les souhaits d’un heureux retour chez vous.
Que le sol sous vos pieds soit ferme et sans danger, que la poussière vous épargne.
Que le vent vous pousse dans la direction qui hâtera votre voyage, afin que vous puissiez diligemment trouver repos en votre demeure.
Que le soleil vous éclaire sans vous brûler comme le feu, son enfant vous réchauffe sans vous détruire.
Que la pluie vous rafraîchisse sans vous faire transir.
Que l’Esprit ancian qui engendre toutes bénédictions vous préserve de tous dangers et éloigne ce qui pourrait vous être hostile par malveillance ou par inconscience.
Qu’iel vous épargne maux, malheurs et maladies.
Qu’iel vous rende féconss et fasse prospérer vos champs.
Paix sur votre demeure, votre société, celleux que vous chérissez et celleux à qui vous avez pardonné.
Bon voyage à vous !
Bon voyage à vous !
Bon voyage à vous !


Elle s’inclina trois fois. Noldan, décontenancé, consulta sa tablette et s’inclina à son tour, trois fois devant elle. Puis il s’efforça de répondre à cette longue formule qui n’était plus en usage que dans des coins reculés du système et qu’on réservait à des personnages de haute importance. Il ne pouvait rien faire d’autre que lui rendre cette politesse et en y mettant « un minimum de conviction »

— Noble et estimée Docteure Fisher, par ces dernières paroles, je prends congé de vous en invoquant sur vous  par le lumineux souvenir del granz Ferkek li emperaire d’heureuse mémoire, Et selon les termes bénis de nos ancians, elleux qui fondirent Ghwenrhaâdy, le ventre de notre vie et qui la propagèrent sur Frhôh, li ensoleilléë, Frhîh li venteuss, Frhéh li caverneuss et Frhâh, li fertil qui resplendit d’arbres, de champs et d’animaux aux chants joyeux, je réponds reconnaissant pour votre chaleureuse hospitalité à vos souhaits et à vos bénédictions.
Que le sol sous vos pieds soit ferme et sans danger, que la poussière vous épargne.
Que le vent vous apporte rafraîchissement et garde debout votre demeure afin que vous y couliez d’heureux jours.
Que le soleil vous éclaire sans vous brûler comme le feu, son enfant vous réchauffe sans vous détruire.
Que la pluie vous rafraîchisse, féconde vos champs sans envahir vos biens.
Que l’Esprit ancian qui engendre toutes bénédictions vous préserve de tous dangers et éloigne ce qui pourrait vous être hostile par malveillance ou par inconscience.
Qu’iel vous épargne maux, malheurs et maladies.
Qu’iel vous rende féconde et fasse prospérer vos champs.
Paix sur votre demeure, votre société, celleux que vous chérissez et celleux à qui vous avez pardonné.
Restez dans la paix !
Restez dans la paix et la joie !
Restez dans la paix, la joie et le bonheur !

Il s’inclina à nouveau trois fois puis suivit Zifraôh qui avait beaucoup de mal à ne pas éclater de rire. Se cheveux s’agitaient dans tous les sens et faisaient des moulinets. Tuvar les regarda s’éloigner et quand il fut sûr qu’on ne pouvait plus l’entendre, il ne contint plus son hilarité.

— Tu vas te remettre ? lui demanda-t-elle, plaisamment. Allez, je vais aller embrasser T’ara, je dois me mettre en stase, sinon Tilov va rappliquer pour me faire la leçon.
— Moi, je vais m’en remettre, mais lui … Enfin, il s’en tire à bon compte : deux jours de suspension avec tout le déménagement qu’il a occasionné …
— … et une cuisante humiliation.
— Allez ! Bisous à T’ara et au dodo !

Quand Daphné sortit de stase, elle trouva Tilov à son chevet.

— Parfait, déclara-t-il en consultant les données du Brassc.
— J’aime te l’entendre dire. Mais tu t’es dérangé pour rien, Fleeza aurait pu s’en charger.
— Protocole ! Le branle-bas de combat d’hier exigeait la présence d’un second médecin.
— Protocole et branle-bas de combat pour aboutir à deux petits jours de suspension du cowboy, dit-elle en s’étirant.
— Il a embarqué pour Ghwenrhaâdy, hier soir. Khaarney a fait comprendre à l’Administration Centrale qu’iel n’en voulait plus sur Frhôh.
— … Ah oui ? Et tu crois qu’iels vont s’en débarrasser pour de bon ?
— Probablement pas. Mais iels vont le tenir en laisse, certainement. En laisse ou à la niche. Iels l’auront à l’usure.
— J’en suis moins sûre que toi.
— Tu vas aller manger ? Veille à avoir un apport suffisant en protéines.
— Il est un peu tôt, je vais attendre que tout petit monde se réveille.
— Je suis déjà debout ! … mais si tu veux paresser au lit …, fit une voix familière.

Daphné se retourna et aperçut Tuvar dans l’ouverture de la porte.
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Lourima
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MessageSujet: Re: Daphne Fisher   Daphne Fisher - Page 2 Icon_minipostJeu 05 Aoû 2021, 19:16

Chapitre huit.

Daphné s’installa devant son écran pour recevoir une communication en visioconférence.

— Nurvun ! quelle bonne surprise, s’écria-t-elle.
— Est-ce vraiment une surprise ? demanda l’El-Aurien de type eurasien.
— Eh bien … quelqu’un m’aurait parlé de toi, hier soir. Et cela m’a laissée perplexe.
— Dis-moi.
— Un Tellarite qui voulait me parler en tête à tête et qui m’a servi un tel charabia que je n’y ai rien compris.
— Rien ?
— J’ai même cru à une mauvaise blague, jusqu’à ce qu’il me dise que la personne qui l’avait chargé de ce message était le 5e mari d’un tas de photons.

Nurvun sourit.

— Que t’a-t-il dit ? demanda-t-il.
Seize a pompé le Vésuve, avant son irruption … le galet fait rare à Kartak … Hannibal ne l’a pas vu … ça doit être la seule phrase qui ait un peu de sens, d’ailleurs.
— Ce n’est pas Seize qui a quitté Pompéi avant son éruption. La galère faisait rame vers Carthage. Si tu vois ce que je veux dire.
— Non … pas comme ça … laisse-moi réfléchir … Au fait, de qui te méfies-tu comme ça pour me parler en énigme ?
— Tu comprendras quand tu auras saisi le cœur du message. J’ai quelque chose à ajouter. Hermès a décidé de rejoindre l’Olympe, alors il a laissé son paquet aux Spartiates, ils doivent le déposer au jardin des Hespérides.
— Hermès, c’est clair, les Spartiates aussi … mais le paquet … Où te trouves-tu pour le moment ?
— A Ghwenrhaâdy.
— Pourquoi ne viens-tu pas me rendre visite ?
— … J’ai une affaire à régler. Plus tard, peut-être.
— Pourquoi me parles-tu d’Antiquité gréco-romaine ?
— Celse aura peut-être besoin de toi !
— Celse ? … Ah ! … Ah oui, bien sûr, dit-elle, en comprenant brusquement de quoi il lui parlait.

Une fois la transmission terminée, Daphné contacta Jean-Luc Picard en subspatial. Il apparut devant elle en pyjama.

— Je t’ai réveillé ou tu t’apprêtais à te mettre au lit ? demanda-t-elle.
— Je viens juste de sortir du lit.
— Je viens de recevoir un message codé, de la part d’une connaissance. Je te le transmets tel que je l’ai reçu. Je pense que tu pourras le déchiffrer.
Celse a quitté Pompéi avant l’éruption du Vésuve. Sa galère faisait rame vers Carthage mais Hannibal ne l’a pas vu. Hermès a préféré rejoindre l’Olympe. Il a confié son paquet aux Spartiates. Ils doivent le déposer au jardin des Hespérides.
— Tu es parvenue à le déchiffrer ?
— Je le pense. Mais je n’ai pas de certitude absolue.  D’ici quelques jours, nous allons rendre visite à Velekh, l’ami vulcain de Thomas. J’essaierai d’en savoir plus sur … le pilote disparu. Je te laisse bonne journée !
— Bonne journée, Daphné.


Picard appuya sur son combadge.

— Numéro Un, M. Data, je vous attends dans ma cabine dans un quart d’heure.

Lorsque ses officiers l’eurent rejoint, le Capitaine Picard leur exposa la situation et leur soumit l’énigme.

— Ça n’a pas de sens, capitaine, commença M.Data.  Celse est mort en l’an 50, de l’ère terrestre occidentale, vingt-neuf ans avant l’éruption du Vésuve. Quant à Hannibal, il était déjà décédé depuis deux siècles.
— Elle ne vous a pas mis sur la piste ? demanda Riker.
— Non. Il va falloir jouer aux devinettes. Il est évident que les noms et les situations sont des allusions allégoriques. Celse ?
— Un auteur latin, surtout connu pour un ouvrage de médecine : De Medicina, expliqua M.Data.
—  … Latin, romain, romulien , se risqua Riker …  Un médecin ? Un scientifique romulien qui se sentait menacé et qui a quitté sa planète ? L’éruption du Vésuve symboliserait une situation périlleuse, quelque chose capable de l’anéantir.
— C’est fort possible, approuva Picard. Passons à la galère. En français cela suppose des ennuis, une situation très pénible. Mais si on reste dans le domaine de l’Antiquité gréco-romaine, la galère est un navire à voile et à rames.
— Les galères avaient d’abord un usage commercial mais on s’en servait aussi comme navire de guerre, explicita Data.
— Le scientifique se serait enfui à bord d’un oiseau de proie ? avança Numéro Un.
— Si on rapproche cela de l’incident au sortir de la Zone Neutre, il est possible qu’il ait été transféré sur le vaisseau fantôme de Neshin Iyr, supposa Picard.   Puisque Carthage et Hannibal étaient les ennemis de Rome, cela pourrait représenter l’espace de la Fédération.
— Hermès était le messager des dieux, mais aussi le dieu des carrefours, des commerçants, des voyageurs, des voleurs … poursuivit Data.
— Ce serait donc Neshin Iyr, mais il aurait décidé de revenir sur l’Olympe, le séjour des dieux, donc, dans son cas, à Bajor, ajouta Picard.
— Les Spartiates, un peuple guerrier qui avait un code d’honneur militaire … je parie pour les Klingons, avança Riker.
— Neshin aurait confié son paquet, peut-être Celse, le romulien, à des Klingons, fit Picard songeur.
— Les Hespérides étaient des nymphes, filles du titan Atlas et de la nymphe Hespéris, l’heure du soir ou de Nyx la nuit, expliqua Data. Elles séjournaient à l’extrême occident. Selon certains sur les côtes de l’Afrique, selon d’autres leur verger était dans un espace océanique inaccessible aux mortels.
— Cela ne nous est pas d’une grande utilité, répondit Picard.
— Les confins de la Fédération ? suggéra Riker.
— Mais lesquels ? demanda Picard.
— Le système Ghwenrhaâdy est à la frontière de la Fédération, fit remarquer Data.
— C’est probable mais ça n’est pas sûr.


A l’approche d’un prochain départ, Daphné ne faisait plus que du travail de routine. Pas question de lancer un processus délicat et de longue haleine. L’atelier de Tuvar était à peu près au même régime. L’atmosphère était détendue et Daphné avait improvisé un petit pique-nique entre amis.

— Tu peux me traiter de parano, dit-elle à Tuvar.  A côté de Nurvun et ses messages codés, je fais figure de perdreau de l’année.
— Il craint quoi ? les agents doubles ? Le Tal Shiar ? demanda Thomas.
— Les deux, je suppose, répondit-elle. N’empêche qu’un vrai agent de renseignement passe inaperçu. Ça pourrait être n’importe lequel d’entre nous. Comme Chmok ou même Tuvar.
Heuuu heuu hi hi hi !  s’esclaffa Chmok. Heuuu heuu hi hi hi !  
— Merci du compliment ! s’exclama Tuvar.
— Ça expliquerait pourquoi j’ai mis si longtemps à te séduire, plaisanta-t-elle.
— Quoi ? … mais dix jours après notre première rencontre, on était ensemble ! Et … toi, à la deuxième rencontre, tu y allais déjà avec les doigts !
— Roooh ! La petite polissonne ! s’esclaffa Thomas.
— Thomas ! Les doigts comme ça, expliqua Daphné en tendant l’index joint au majeur et en repliant tous les autres et en les dirigeant vers la main de son compagnon.
— La cour à la Vulcaine, tout en subtilité, commenta-t-il.  Au fait, quel est le rapport entre Nurvun et le 5e mari d’un tas de photons ?
—  Avant qu’on ne supprime certains traits de caractère un peu trop dénobulien, Fleeza 2 lui faisait du rentre-dedans en lui disant qu’il ferait un cinquième mari idéal. Tu peux rire Thomas !  Les Dénobuliennes sont très entreprenantes.
— Moi, je sais qui est l’agent du renseignement, déclara abruptement Chmok.

Difficile de savoir si elle était sérieuse ou si elle plaisantait.

— Ah oui ? Et qui est-ce ? demanda Daphné.
— Franzyn, li secrétaire de Zifraôh.
— C’est un bon profil pour être un agent de renseignement, convint Tuvar. Le genre de personne qui a accès aux sources, entend tout sorte de choses et que personne ne remarque.
— Iel traine ses oreilles partout dans des endroits pas possibles, ajouta-t-elle.
— … que tu fréquentes, acheva Thomas.

Chmok se contenta de hocher la tête.

Quelques jours plus tard, Daphné, Tuvar et T’ara accompagnèrent Thomas dans son voyage vers Kazok. Ils prirent un premier spacio-ferry vers Ghwenrhaâdy puis un autre transport vers Kazok, un planétoïde à plus d'un jour de là en Distorsion 5 qui comprenait une implantation vulcaine.

Après avoir déposé leur bagage à l’hôtel, ils se rendirent en navette aéroglissante au le temple de She'rak. C’est le lieu qu’avait élu Velekh pour se rétablir. Depuis leur dernière visite, l’ami vulcain de Thomas avait fait des progrès. Il formait des phrases entières, même s’il les entrecoupait de silence.  Tuvar et Daphné laissèrent Thomas seul avec lui pendant un moment et allèrent se promener aux alentours. Il n’y avait pas grand-chose à voir. Le paysage rappelait celui de la planète native : des étendues rocailleuses et désertiques.  Une fois revenu de leur courte promenade,  ils trouvèrent les deux amis assis sur le bord d’un mur de pierre. Velekh aborda Tuvar avec une question très directe.

— Auriez-vous … une place pour … un ingénieur dans votre atelier … dans six ou sept mois ?
— … Dans mon atelier, peut-être … De toute façon, mais il y a toujours de la place sur Fhrôh pour une personne avec vos compétences.
— Je vous remercie.
— M. Velekh, tenta Daphné. Je voudrais vous poser une question… Aavez-vous connu un Neshin Iyr, quand vous étiez dans le Maquis ?
— Neshin Iyr est mort … il y a … neuf ans et … dix mois.
— Alors, il doit s’agir d’un homonyme.
— Non … Quand Neshin Iyr est mort … dans une escarmouche … son frère d’armes … Miran Iyr … a pris son identité… Ils partageaient déjà le même prénom … Miran a pris les affaires de Neshin … il a mit les siennes à la place … Puis il a brûlé son corps … pour brouiller les pistes … Les Cardassiens … n’allaient pas chercher … à établir avec certitude … l’identité d’un Bajoran.
—  Miran avait intérêt à se faire oublier ?
— … Il disait … que Neshin continuerait à vivre … à travers lui … Neshin avait vu toute sa famille … massacrée et sa ferme … brûlée par les Cardassiens … Ils l’avaient laissé pour mort.

Velekh se tut un moment puis reprit.

— Miran s’était … séparé de sa femme … parce qu’elle voulait … entrer dans l’ordre des Védeks … et que lui … ne croyait pas … aux prophètes … Il a rejoint le Maquis … quand la Résistance bajorane … a perdu sa raison d’être.
— Étrange histoire ! Merci beaucoup, M. Velekh.
— … Daphné Fisher !
— M. Velekh ?
— Votre esprit est … préoccupé.
— C’est vrai. Je me fais du souci pour une personne que j’apprécie.
— Vous permettez ?

Il tendit la main vers elle ; elle avança la sienne, intriguée. Il la saisit par le poignet, un très bref instant puis la relâcha.

— Frrrrrhêh ! dit-il en roulant les R comme le faisaient les Ghwenrhaâdên.

Un frisson la parcourut.

— Là se trouve la réponse à votre question …, ajouta-t-il. Permettez-moi maintenant de me retirer … Je suis las.

Daphné, éberluée, réfléchit un moment puis demanda à parler à un des moines.


A bord de l’Enterprise, M. Data derrière sa console se retourna vers Jean-Luc Picard.

— Capitaine, un message urgent pour vous, en subspatial. Un message écrit, de la part de la Dr Fisher.
— Et que dit-il ?
— C’est incompréhensible. Ça n’a aucun sens. G, dette ou du, 9, faucon, ceux-ci, chemin, V. …
— Ce sont les termes employés par la Dr Fisher ?
— Dr Devinette ! plaisanta Riker.
— Non, capitaine. Je viens de le traduire, le message est en français, à part le dernier mot.  
— Alors, lisez-le tel qu’il est écrit.
G du 9, faucon, ceux, voie, V. A. cool.

Le capitaine eut du mal à se retenir de rire.

— Français phonétique, M.Data : j’ai du neuf, faut qu’on se voit. Je vais à … par contre, cool, je ne vois pas de quoi elle parle …
— Cool, c’est frais en français, répondit Data.
Je vais à Frhêh ! s’exclama Riker.
— Bravo, M. Data, vous apprenez vite. Origine du message ?
— Le courrier NV-375 qui part dans treize heures pour Ghwenrhaâdy.
— Recontactez-les. Je prends la communication dans mon bureau.

Picard dût patienter vingt bonnes minutes. Daphné avait quitté le bâtiment et elle n’est pas revenue à son hôtel. À force de persévérance, Data parvint à la retrouver.

— On vient de s’installer, expliqua-t-elle. Quand je suis sortie du vaisseau, Tuvar m’attendait avec bagages et compagnie. Il avait préféré de changer d’hôtel. Il ne le sentait pas. Tuvar n’a pas … une capacité extra-sensorielle extraordinaire. Pour qu’il en vienne à prendre cette décision, c’est que ça sentait mauvais.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
— L’employée m’avait fait des difficultés quand j’ai voulu te joindre en subspatial. Elle voulait que je passe par Starfleet et pendant que j’étais partie, le directeur a convoqué Tuvar dans son bureau.

Picard écarquilla les yeux.

— Comme un gamin à l’école ! continua-t-elle.  C’est au directeur à se déplacer, pas au client. Alors, ils ont fait leurs bagages et ils sont allés à ma rencontre.
— Ils ?
— Tuvar, T’ara et Thomas.
— Ah oui ! Et maintenant que nous nous voyons face à face, que voulais-tu me dire ?
— Euh … Tu sais que je préférerais te le dire en face plutôt que par écran interposé.
— Arrête de faire des mystères. Encore une fois : les communications sont cryptées et je ne garde pas les informations que tu me donnes pour moi tout seul.
— Bon … Hier, nous sommes allées voir Héphaïstos … (1)
— Docteure Fisher … je vous en prie ! s’exclama Picard, légèrement agacé.
— Héphaïstos, l’ami de Numéro-bis (2) ! … Ils étaient tous les deux en Corse. (3)
— En Corse ? … Ah oui ! Je vois ce que tu veux dire !
— Donc, je lui ai demandé s’il n’avait pas connu Hermès du temps où il était en Corse. Hermès est mort il y a dix ans.
— Pardon ?
— Notre Hermès, ce n’est pas son vrai nom.
— Et comment s’appelle-t-il ?
— … Mm … Mon premier est l’impératif du verbe qui a donné le mot miroir …
— … je l’ai.
— Mon second est un prénom féminin qui ressemble à un animal qui brait.  Notre miroir-baudet s’est disputé avec sa moitié parce qu’il la trouvait trop pieuse, pieuse au point de prendre le voile.

— … D’accord. Tu fais travailler mes méninges. Pourquoi veux-tu aller à Frhêh ?
— Héphaïstos dans … un présage, m’a laissé entendre que les Spartiates y ont laissé le fils de louve.(4)
— … le fils de la louve ?
— On parle d’Antiquité latine, non ?
— … Oh ! s’exclama-t-il. Oui bien sûr. Dans combien de temps seras-tu là-bas ?
— Le vaisseau part dans douze heures et quelques minutes. Le trajet jusque Ghwenrhaâdy   va durer environ vingt-six heures et je ne sais pas quand j’aurai une correspondance. Ça va dépendre un peu de qui se présente.  En général un vaisseau part de la planète-mère toutes les cinq ou six heures. Et pour la longueur du trajet, ça dépend si on a bon courrier express ou un cargo qui prend son temps.  Il faut compter entre vingt et trente heures.


Alors qu’elle patientait dans le spatio-port de Ghwenrhaâdy  avec ses compagnons de voyage, Daphné vit Nurvun venir vers elle. Il était vêtu d’un ensemble safran, un pantalon serré et une tunique dont l’encolure et le pan principal asymétriques s’agrafaient à gauche.  

— Tiens, qui voilà ! s’exclama-t-elle. Nurvun ! Je suis heureuse de te voir !
— Moi aussi. Je t’attendais. On peut faire quelques pas ensemble … aux oreilles du vent ?
— Si tu veux … !

Les deux amis allèrent se promener à l’air libre.

— Tu retournes chez toi ? demanda-t-il.
— Je vais sur Frhêh.
— Qui t’a dit ?
— Velekh. Il a semblé percevoir l’appel du fils de la louve à travers moi.  Les moines disent que si le fils de la louve a renoué avec les habitudes de ses ancêtres, la méditation, il a pu développer certaines facultés oubliées. Velekh aurait fait en quelque sorte, office de relais.
— Je n’ai pas confiance dans les Spartiates à qui Hermès l’a remis. D’ailleurs, je ne connais pas les circonstances dans lesquelles le transfert c’est fait, d’une galère à l’autre. Mais je sens que quelque chose ne s’est pas bien passé. Hermès abonde dans ce sens.
— Tu m’accompagnes au jardin des Hespérides ?
— Oui. Et mieux que ça : je t’offre le transport. On peut partir dans une heure, si tu veux.
— Il va falloir que je convainque Tuvar de ne pas m’accompagner.
— Ça vaudrait mieux.

Tuvar renâcla mais finit par se plier face à la décision de sa compagne. Il devait veiller sur T’ara et Thomas. Ils se résignèrent à rejoindre Frhôh sans elle. Nurvun disposait de son propre vaisseau, petit mais performant.

— Tu te souviens encore de tes rudiments de pilotage ? demanda-t-il à sa passagère.
— Ce n’est pas mon métier ni ma tasse de thé, dit-elle en s’installant sur un des sièges. Oui … j’ai des notions de base comme tout qui est passé entre les mains de Starfleet.
— Je le pilote bien tout seul, rassure-toi.
— Tu peux le pousser jusqu’où, ton petit trésor ?
— Distorsion 8.
— Quoi ? ! s’étrangla-t-elle.
— Je te rappelle que je suis ingénieur et El-Aurien dit-il en amorçant les manœuvres de décollage.
— Amen !
— Il y a urgence, je vais le pousser à fond. La distance n’est pas grande, ça va nous faire gagner quelques heures, dit-il.
— Je voudrais passer un petit message en subspatial pour prévenir Jean-Luc.
— Qui ?
— Jean-Luc Picard, capitaine de l’USS-Enterprise.
— Tu veux vraiment qu’on ait Starfleet dans les pattes ? dit-il en prenant de l’altitude.
— Pas Starfleet, un ami susceptible de nous donner un coup de pouce.
— Quand tu en auras fini avec ton courrier, pense à télécharger Fleeza 2 sur une barrette de stockage.
— Tu as des holo-émetteurs à bord ?
— Oui, mais pas amovibles.
— Dommage. Il faudra qu’on se procure ça au sol. Je vais prendre contact avec l’Administration de Frhêh. Tu sais déjà dans quel district tu vas atterrir ?
— On va voir ça une fois en orbite.  Mais l’unique spatio-sport se trouve dans le district nord-est.
— Bien reçu !

Une fois le message envoyé à Picard, Daphné contacta li Gardian de la Cité portuaire.

— Heureux soleil et fraîcheur ombragée !
— Oui, c’est ça ! répondit li Gardian sur un ton peu affable. Qu’est-ce que vous voulez ?

Daphné sursauta. C’est la première fois qu’elle rencontrait an Ghwenrhaâdê désagréable.

— Je suis la Dr Daphné Fisher, citoyenne de Frhôh. Notre vaisseau se dirige vers votre planète. Nous pensons arriver d’ici quatre à cinq heures. Une fois à terre, nous aurions besoin d’holo-émetteurs mobiles …
— Pour que faire ? demanda sèchement li Gardian.
— J’y viens. Pour activer le HMA.
— Le quoi ? … Ah oui ! Ben … on a ce qu’on a besoin comme médecinss ici.
— Me laisseriez-vous achever ce que je tente de vous expliquer ?
— C’est ça ! Achevez !
— Nous cherchons un collaborateur du projet Bêta Zayn 47.
— Quoi ? !
— Bêta … Zayn … 47, sous la supervision del Pr Efhraÿos. Notre collaborateur est porté disparu, mais nous avons des raisons de croire qu’il se trouve sur Frhêh. C’est un Romulien …
— On n’a pas signalé d’arrivée de Romulien !
— … Il est sans doute arrivé par des moyens peu réglementaires. Il est probablement blessé et le HMA est la médecienne la plus appropriée pour le soigner.
— Oui, bon, ben … enfin, s’il est arrivé sans se signaler, illégalement…
— Messer li Gardian, je pense que vous ne m’avez pas comprise : il s’agit d’un réfugié.
— C’est ce qu’ils disent tous ! Fhrêh n’est pas une poubelle.
— Le Dr Merrik n’est pas un déchet, répliqua sèchement Daphné. Merci pour votre compréhension et votre amabilité. Que l’esprit ancian vous le rende en bénédictions et rende féconz votre société. Fin de transmission.
— Tu as toujours eu l’art de fermer le bec aux blaireaux tout en restant polie, commenta Nurvun.
— A se demander si c’est bien ellui, li Gardian ! Je vais contacter le poste médical portuaire.
Elle entra en communication avec la Dr Jodelle Sardok, humano-bajorane, bien plus aimable et compréhensive que li fonctionnaire. Elle lui résuma la conversation qu’elle venait d’avoir avec li Gardian et réitéra sa demande.

— Oui, je sais ! Malheureusement, iel n’est pas très accueillanss avec les étrangers. Frhêh a pas mal de problèmes avec des incursions de trafiquants en tout genre. Je vais voir ce que je peux faire pour les émetteurs mobiles. Vous auriez plus de chance si vous passiez par l’Administration Centrale.
— C’est ce que je vais faire. Je les contacte tout de suite. Bonne journée ! Fin de transmission.
— Tu as un appel en attente, lui annonça Nurvun.
— C’est ce que je vois. Je prends.

A sa grande surprise, Daphné vit li Gardian peu aimable s’afficher sur l’écran.

— Dites, là … je viens de voir votre projet … là … euh … on risque la contamination ? … parce que … Si votre Romulien est là pour semer ces petits microbes en cas de danger …
— Je vous répondrai quand vous m’aurez rendu mon salut.
— Ah … Ah oui ! Euh … que les astres guident votre route et bienvenue sur notre planète. Bon alors, on fait quoi, maintenant ?
— Il n’y a pas de danger …
— C’est pas ce que me disent mes renseignements. Vous travaillez sur une maladie … euh …
— Non, je travaille sur un vaccin. Appliquez le protocole sanitaire B 25 et contactez li supervisaire du projet pour de plus amples renseignements.
— C’est quoi, là, le protocole B 25 ?
— Excusez-moi, je pensais avoir affaire al Gardian. De toute évidence, je me suis trompée.
— Mais je …
— …Vous lui direz d’appliquer le protocole sanitaire B25 et de contacter li supervisaire, li Pr Efhraÿos.  
— … Mais c’est quoi, ce ..
— … Et que les esprits des cavernes bénissent votre société …
— … j’en ai rien à faire des esprits, je vais savoir c’est quoi le …
— …  et multiplient le nombre de vos enfants ! Fin de transmission.

Daphné poussa un gros soupir.

— Ça, s’accroche, la vermine ! commenta Nurvun … Tu sais qu’elle insiste.
— Iel !
— Ses ovocytes vont bientôt arriver à maturité.
— Ça n’empêche pas ses spermatozoïdes d’être actifs.
— Patiente un peu … voilà … je crois que tu peux joindre l’Administration Centrale sans retomber sur li Gardian mal embouchéë.
— … jamais vu quelqu’an d’aussi peu compétenss à un poste à responsabilité dans le système.
— Il y a une première fois à tout.

Cette fois, Daphné tomba sur an fonctionnaire poli et patient à qui elle exposa la situation.

— Pourquoi ne pas nous avoir contactés plus tôt, Dr Fisher ? demanda li secrétaire.
— Parce que je viens seulement de l’apprendre. J’aurais peut-être dû vous contacter vous avant li Gardian ou cellui qui se fait passer pour ellui.
— Malheureusement, il s’agit bien del Gardian. Nous avons quelques petits problèmes administratifs à régler sur Fhrêh. Que savez-vous avec exactitude ?
— Nurvun ? lança Daphné par-dessus son épaule. Qu’est-ce qui est du domaine factuel ?
— Merrick a quitté Romulus et a été pris en charge par le dit Neshin Iyr, répondit-il. Il l’a transféré sur un vaisseau klingon ou avec un équipage à dominance klingonne. Neshin a laissé entendre que Merrick avait été blessé lors du transfert. Le vaisseau klingon ou pseudo-klingon faisait route vers le système Ghwenrhaâdê.
— Vous avez entendu ? s’assura Daphné, à l’adresse de san interlocutaire.
— Oui, j’ai bien entendu.  Mais pourquoi ne pas nous avoir contacté quand ce Vulcain vous a parlé de Frhêh ?
— Ce n’est pas du factuel mais de la connaissance extra-sensorielle et le Vulcain a très bien pu se tromper.
— Mais vous avez mis le cap sur Frhêh.
— Affirmatif ! Par acquis de conscience.  Et entretemps Nurvun qui est el-aurien l’a perçu également. Sa perception est plus … plus sûre que celle d’un Vulcain en convalescence. Pas seulement plus fiable mais plus précise. Il espère qu’une fois en orbite, il pourra percevoir la région où Merrick a atterri.
— C’est plus clair comme ça. Avez-vous pensé à une possible contamination bactériologique ?
— Biologique ? C’est hautement improbable. Et dans ce cas, c’est bien que j’y aille en personne parce que mon système immunitaire a été stimulé et qu’un HMA ne risque rien. Pour cet aspect des choses, il faut voir avec le Pr Efhraÿos. Dites-vous bien que les Réseau a pris ses précautions avant de collaborer avec un Romulien.
— La garantie s’appelle l’Ambassadeur Spock, ajouta Nurvun.
— Eh bien … tu viens de me l’apprendre, s’exclama Daphné. Vous avez entendu ? demanda-t-elle al secrétaire.
— Oui, oui. Pour le moment, je ne vois pas d’autres questions. Je vais faire le nécessaire et je vous recontacterai ultérieurement. Faites-nous savoir quand vous serez à un quart d’heure de Frhêh. Nous nous occupons des équipes locales. Ne contactez plus li Gardian. Que les astres guident votre chemin vers une terre accueillante.
— Et que les éléments vous soient propices et favorables. Fin de transmission.

Daphné se leva pour se faire un thé.

— Tu veux quelque chose à boire ? demanda-t-elle.
— Non, pas pour le moment. Tu sais quoi ? … La petite vermine, elle s’accroche.
— Li Gardian ? Attends, je vais lui répondre par écrit.

La Dr Daphné Fisher a contacté l’Administration Centrale qui vous fera part de ses instructions. Défense nous a été faite de traiter le problème directement avec vous. Veuillez contactez l’Administration Centrale pour de plus amples renseignements. Nous vous rappelons que le protocole sanitaire B 25 s’applique en toute situation de menace d’épidémie ou de pandémie. Contactez à ce propos le poste médical le plus proche. La Dr Daphné Fisher a contacté l’Administration Centrale qui vous fera part de ses instructions. Défense nous a été faite de traiter le problème directement avec vous. Veuillez contactez l’Administration Centrale pour de plus amples renseignements. Nous vous rappelons que le protocole sanitaire B 25 s’applique en toute situation de menace d’épidémie ou de pandémie. Contactez à ce propos le poste médical le plus proche. La Dr Daphné Fisher a contacté l’Administration Centrale …

— Vingt-cinq fois le même message, tu crois que ça va li calmer ? dit-elle en pouffant.
— Vilaine fille !



--------------
1. Héphaïstos, pendant grec du dieu romain Vulcain
2. Numéro-bis, le clone de numéro 1, Thomas.
3. La Corse, île où on trouve un maquis, une formation végétale caractéristique des régions au climat méditerranéen.
4. Fils de la louve, selon la légende, une louve a allaité les jumeaux Romulus et Remus, les fondateurs de Rome.


Dernière édition par Lourima le Ven 06 Aoû 2021, 21:43, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Daphne Fisher   Daphne Fisher - Page 2 Icon_minipostJeu 05 Aoû 2021, 19:19

Bon, je ne suis pas encore arrivée là où je voudrais en venir ... j'ai encore des aventures à écrire.
J'espère que le thème devinettes ne va pas lasser li lectaire !
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MessageSujet: Re: Daphne Fisher   Daphne Fisher - Page 2 Icon_minipostVen 06 Aoû 2021, 08:48

Je n'ai pas encore trouvé le temps de lire le 7ème chapitre, mais je rattraperais mon retard dès que je pourrais Smile

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MessageSujet: Re: Daphne Fisher   Daphne Fisher - Page 2 Icon_minipostJeu 19 Aoû 2021, 13:29

J'espère ne pas avoir trop laissé d'erreurs ou de coquilles, pour le moment, je dors debout.


Chat pitre neuf.

— Eh ben, ton joujou tient bien la route, dit remarquer Daphné en apportant un jus de fruits au pilote.
— C’est de la qualité ! … J’ai poussé à huit point cinq.
— Waw ! … Tu as quand même dû te creuser pas mal la cervelle pour transposer tes messages en allusions à l’antiquité gréco-latine. Tu t’es penché sur une culture qui n’est pas la tienne …
— Tu sais quel âge j’ai ?
— 384 ans ?
— 387 ! Eh oui ! Le temps passe !
— Tu es un gamin par rapport à Guinan.
— Je suis assez vieux pour avoir le temps de m’intéresser à d’autres cultures que la mienne.
— C’est vrai.

Ils continuèrent à tuer le temps dans une conversation à bâtons rompus, jusqu’à ce qu’ils soient suffisamment proches de Fhrêh.

— On sera sur orbite dans dix-huit minutes, annonça Nurvun.
— Je vais contacter l’administration centrale.
— Un moment ! … quelqu’un d’autre essaie de nous joindre.
— Je le prends … Ah … le logo de Starfleet !

Picard apparut sur l’écran.

— Où es-tu en ce moment ? demanda-t-il
— A dix-huit …
— Dix-sept, corrigea Nurvun.
— Dix-sept minutes de Fhrêh.
— Nous allons vous rejoindre.
— On ne va pas les attendre, répliqua Nurvun …  J’ai un pressentiment négatif.
— Tu entends ? demanda Daphné.
— Oui, j’ai entendu. On va pousser les moteurs pour être là en même temps que vous.
— Vous voyagez en 9.9 ? s’étonna Daphné.
— 9.9 quand même pas, mais on n’en est pas loin, admit Picard.
— Bon, je vais devoir arrêter la transmission et contacter l’Administration Centrale comme convenu. Je peux vous recontacter après.

Une fois le message terminé, elle se tourna vers Nurvun.

— Je me demande bien dans quel secteur ils croisaient pour être là aussi vite.
— Le système bajoran, répondit l’El-Aurien.
— Tu l’as senti d’aussi loin ? plaisanta-t-elle.
— Mouais, et puis réfléchis : ils sont à la recherche de Neshin-Miran. Où veux-tu aller le chercher ?
— Ça m’étonne qu’ils veuillent nous rejoindre.
— Ce n’est pas toi qui disais que tu ne serais pas contre un petit coup de pouce ?
— Je ne m’attendais pas à ce qu’ils soient si réactifs. Bon, il est l’heure pour l’Administration Centrale.

Daphné établit le contact. Elle ne pouvait pas donner plus de précisions quant à l’endroit où Nurvun comptait atterrir, il ne le savait pas lui-même. Tout ce qu’il savait c’est que plus il approchait, plus il pressentait le danger que courrait Merrick. L’Administration Centrale avait dépêché une équipe sur place, prête à intervenir quand le vaisseau atteindrait Frhêh.  Le seul souci rencontré était les holo-émetteurs mobiles. Les modèles présents sur le planétoïde n’étaient près de l’obsolescence.

Il était prévu que le vaisseau de Nurvun reste un moment en orbite avant de se poser, mais le pilote changea d’avis au dernier moment.  Daphné eut juste le temps de s’asseoir et de s’arrimer au siège qui faisait face au terminal de télécommunication.  

— Enterprise ? Enterprise, vous me recevez ? lança-t-elle.
— Ici le capitaine Picard de l’USS-Enterprise, vous êtes sur écran.
— Nurvun a amorcé l’atterrissage plus tôt que prévu, dit-elle alors que la passerelle s’affichait face à elle.
— Quel est votre position ?
— … Atterrissage prévu à vingt-cinq point six sur trente-deux point huit.  
— On vous rejoint.
— Pouvez-vous prévenir l’Administration Centrale ?  Au cas où je ne parviendrais pas à le faire à temps.
— Bien reçu. Autre chose ?
— Des holo-émetteurs mobiles, configuration minimale B32.
— Je vois ça avec M. Laforge.
— Fin de transmission. A tout de suite ! … Nurvun, vas-y doucement. Ça secoue !
— Désolé, mais il faut faire vite si on veut le retrouver vivant.
— Oh … purée ! … On se croirait dans une fête foraine !  … Heureusement que je n’ai plus rien mangé depuis quatre heures.
— Au lieu de me raconter ta vie, essaie de contacter les locaux !
— … Administration Centrale ? … Administration Centrale ! … La réception est mauvaise et pourtant tout est dégagé.
— Il y a des signaux de brouillage … probablement des contrebandiers … J’ai besoin de toute l’énergie disponible, je ne peux pas renforcer la transmission. On verra ça au sol.

Nurvun fit atterrir son vaisseau dans un des seuls endroits planes du secteur principalement recouverts de massifs rocheux au relief accusé. Dès que le véhicule fut à l’arrêt, Daphné se défit de sa ceinture et sauta sur la trousse médicale encastrée dans l’une des parois.

— Tiens dit l’El-Aurien en lui tendant un petit cercle réfléchissant. Fixe ça sur ta ceinture, pour l’éclairage.
— Il est dans les cavernes ? demanda-t-elle en se dirigeant vers la porte qui venait de s’ouvrir.
— Et bien caché.  C’est par là ! dit-il en pointant le doigt.  
— Y aller sans Fleeza, c’est risqué.
— Et sans phaseur non plus, ajouta-t-il.
— Tu m’en diras tant ! s’exclama-t-elle.

C’est à ce moment qu’un détachement de l’Enterprise se téléporta non loin d’eux : Riker, Laforge et deux jeunes enseignes. Geordi se dirigea vers elle, trois petits bâtons à la main.

— Dr Fisher, on n’a plus de B32 depuis longtemps. Ce sont des C18, derniers modèles.
— Magnifique. Je vais déjà introduire le stick du programme. Est-ce qu’il est possible d’assurer la liaison avec l’Enterprise ?
— Certainement.
— Nurvun m’a parlé de brouillage de transmission.
— On va régler ça, ne vous en faites pas.

Un second détachement se téléporta sur ses entrefaites. Il était composé de deux Ghwenrhaâdên, d’une Napéo-Trill, d’une cardassio-klingonne et d’un vulcano-romulien que Daphné avait déjà rencontré : Noldan. Alors que les représentants locaux s’approchaient de l’équipage de l’Enterprise, Daphné murmura :

— Pas ce cow-boy dans les pattes !
—  Mon traducteur fonctionne très bien, Dr Fisher, dit Noldan à voix haute. Je peux vous assurer que je n’ai jamais gardé de vaches.

Riker réprima un sourire.

— Salutations sincères, Messers les représentanz de Frhêh, répondit Daphné.
— Il faut y aller, insista Nurvun. On ne peut pas traîner ou on va retrouver un cadavre. Daphné, un phaseur !
— Commander Riker, permission d’avoir un phaseur réglé sur paralysie.

Alors que Riker contactait l’Enterprise pour qu’on lui téléporte l’arme, l’an des Ghwenrhaâdê faisait les présentations.

— Je suis Orfrok, secrétaire del Gouverneur de Frhêh, voici Messer Malsreÿr attachéë à la sécurité, les agentes Ezam Vaar et Maki Liak et Noldan notre consultant.

Riker ramassa le phaseur qui venait d’être téléporté, vérifia le réglage et le tendit à Daphné.

— Avec votre permission, dit-il pour la forme au détachement Ghwenrhaâdê.
— Nous sommes là pour vous escorter et garantir votre sécurité, assura Malsreÿr.
— Daphné doit y aller seule et vite, insista Nurvun.  Je sais où il se trouve, je vais la guider, continua-t-il tout en se mettant en route.  L’endroit est truffé de contrebandiers, il faudrait assurer nos arrières et prévoir du renfort.
— Et si elle tombe nez à nez sur… , objecta Orfrok.
— Ça n’arrivera pas, je sais où ils sont, répliqua Nurvun en pressant le pas.
— Comment ? Mais …, s’inquiéta Maslreÿr.
— Nurvun est extra-sensoriel, répondit Daphné qui courait plus qu’elle ne marchait.

Ils avançaient au pas de gymnastique. Nurvun guidait Daphné à travers le dédale des couloirs naturels, demandait aux officiers qu’on monte la garde à tel ou à tel embranchement, jusqu’à ce que Daphné se trouve dans un cul de sac.

— Il est là ! Là derrière ! murmura l’El-Aurien.
— Comment veux-tu que j’y arrive ? On peut me téléporter mais …
— Par là … par cette faille, répondit-il en désignant une anfractuosité dans la roche. Attends ! Fixe ton épinglette à l’intérieur de ton vêtement … Je vais te guider.
— Tu es sûr de ton coup ? Je ne vois pas où on arrive … et si je reste coincée ? dit-elle en essayant de se glisser au travers de cette fente sinueuse.
— Une fois que tu y seras, installe d’abord les holo-émetteurs. Tu as compris ?
— Oui, oui, dit-elle en contorsionnant entre les pans de roches.

C’était moins difficile qui n’y paraissait au premier abord. Daphné craignait surtout de perdre une partie de son matériel au passage et de ne pas pouvoir le récupérer car elle ne pouvait passer qu’en position debout.  Elle déboucha très rapidement dans une petite salle où menait un couloir. Elle entendit respirer presque gémir. Merrik gisait sur le sol, les yeux mi-clos.

— Dr Merrik, je suis là, c’est Daphné Fisher, dit-elle en disposant les deux premiers holo-émetteurs sur le sol.
— Docteure … Fisher …, fit-il d’une voix faible.
— Je suis là, dit-elle en se penchant pour poser le dernier émetteur.

Il s’agrippa à elle et lui serra le bras.

— Dr Merrik … il faut me lâcher. Je dois déposer le dernier émetteur.
— Non … non … personne ne … ne doit savoir … que … je suis là.
— Je vais m’occuper de vous, mais il faut me lâcher maintenant.
— … Ils vont … me retrouver … et me … tuer, haletait-il, paniqué.
— Desserrez votre main … s’il vous plaît … Dr Merrik ! … Dr Merrik ! … Vous me faites mal ! … lâchez-moi, maintenant !

Les deux mains de Merrick s’étaient crispées autour de ses avant-bras comme des étaux. Elle ne voyait pas comment se dégager.

— Respirez profondément …, conseilla-t-elle. Concentrez-vous sur votre respiration … Voilà … Maintenant … vous allez me laisser vous examiner … d’accord ?

L’une de ses mains relâcha sa prise. Elle se dégagea rapidement, encore retenue par l’avant-bras gauche et fixa le dernier émetteur.

— Vous vous souvenez que je vous ai parlé d’une collègue holographique ? Je vais l’activer.
— … Ne dites à personne … à personne … marmonna-t-il.
— C’est juste un hologramme, le rassura-t-elle.

Fleeza 2 se matérialisa. Elle avait suffisamment de force pour dégager l’avant-bras de Daphné de l’étreinte de Merrik. Une fois libre, la biologiste ouvrit la petite mallette de secours pour prendre le tricordeur médical. Elle comprit tout de suite pourquoi Nurvun l’avait tant pressée. Merrik souffrait de graves brûlures sur le côté droit, mais le plus inquiétant était le cœur qui était en train de lâcher.

— Je n’ai pas de stimulateur avec moi, chuchota-t-elle.
— Ça va arriver, assura l’HMA.

La Forge avait certainement réglé les problèmes de brouillage de communication car l’I.A. connectée au système informatique de l’Enterprise avait demandé, par ce biais qu’on téléporte le dispositif manquant. Il apparut un peu plus loin dans la petite salle. Fleeza 2 s’occupa de le lui placer tandis que Daphné examinait la brûlure. L’épinglette se mit à grésiller.

— J’écoute !
— Sécurise l’accès, fit la voix de Nurvun. Une semi-klingonne en approche.

Daphné se releva et se dirigea vers le couloir par lequel on accédait à la salle.

— Eteins la lumière, conseilla Fleeza 2.

L’HMA utilisait l’écholocalisation et pouvait agir dans l’obscurité complète. La Dr Fisher baissa l’intensité de sa lampe au minimum tout se saisissant du phaseur.  Ses poignets étaient endoloris mais elle pouvait surmonter cet inconfort face au danger de la situation. Dès qu’elle entendit quelqu’un approcher, elle se plaqua contre la paroi rocheuse, retint son souffle et éteignit complètement la lumière. Etrangement, elle se sentait plus confiante qu’elle ne l’avait été lors de ses entrainements dans un passé lointain, alors qu’elle était encore membre de Starfleet. Tout se passa très rapidement. Elle pointa le phaseur d’une main, alluma la lampe à pleine puissante de l’autre, puis tira, en une fraction de seconde.

Eblouie, la contrebandière perdit cette précieuse fraction d’instant qui donna l’avantage à Daphné. Elle s’écroula sur le sol. Daphné revint au pas de course sur ses pas.

— Prêts, lui lança Fleeza 2
— Deux à téléporter, fit Daphné en activant l’épinglette. Et n’oubliez pas les holo-émetteurs.

La téléportation fut immédiate. Elle se retrouva à l’infirmerie, à bord de l’Enterprise, mais les holo-émetteurs n’étaient pas de la partie et Fleeza 2 manquait à l’appel. Pas pour longtemps. En jetant un coup d’œil circulaire, elle vit s’approcher les Dr Crusher et Selar, ainsi qu’un infirmier.

— L’HMA n’est pas là et je ne sais pas ce qu’elle lui a fait.
— Ordinateur, lança Beverly, activation de l’HMA Fleeza 2.

Le programme et les tâches qu’avait effectuée l’I.A. avaient été relayés à l’ordinateur de bord. Fleeza réapparut sous forme corporelle. Pendant ce temps, l’équipe médicale installait le Dr Merrick sur l’une des tables d’examen.  Daphné resta en retrait, laissant agir un personnel plus compétent qu’elle.

— Il est toujours conscient, demanda-t-elle.
— Je l’ai sédaté avant la téléportation, répondit Fleeza 2.
— Pas une dose de cheval, j’espère ! soupira Daphné.
— Juste une dose de Romulien, répondit l’HMA.
— Il va s’en sortir ?
— Trop tôt pour le dire, répondit Beverly. Vous seriez arrivées quelques minutes plus tard et nous n’aurions pu rien faire. Le cœur est instable et la brûlure sévère.
— Daphné ? lança Fleeza 2. Tu devrais faire réparer ton Brassc.

Elle jeta un coup d’œil à son dispositif et vit qu’en effet, le boîtier était fêlé. C’est à ce moment que Riker entra à l’infirmerie.

— Dr Fisher, tout va bien ?
— Le patient est dans un sale état, répondit-elle.
— Et vous ?
— Moi, ça va. J’ai juste un peu soif … le contre-coup du stress.
— Vous serez contente d’apprendre que vos amis Ghwenrhaâdên sont en train de réussir un joli coup de filet, dit-il en allant lui chercher un verre d’eau au synthétiseur. Les trafiquants sont pris dans une souricière.  Iels ont appelé du renfort et nous ont fait comprendre qu’iels réussiraient ça tout seuls sans l’aide de Starfleet. S’il vous plaît !

Il lui tendit le verre d’eau qu’elle avala par petites gorgées.

— Magnifique ! répondit-elle. Vous savez qui pourrait me réparer mon Brassc.
— Venez ! je vous accompagne à l’ingénierie.
— Il faudrait peut-être que je salue d’abord le capitaine.
— Il est occupé pour le moment. Il vous demande de bien vouloir l’excuser, il vous rejoindra dès que possible. C’est par ici.

Elle le suivit jusqu’à l’ingénierie où il la confia à M. Data.

— M. Data, je suis heureuse de vous revoir, le salua-t-elle. Vous pourriez faire quelque chose pour mon Brassc, dit-elle en en défaisant le bracelet.  
— Dr Fisher, votre poignet ? s’étonna M.Data.

Daphné vit la marque de quelques ecchymoses.

— Mon patient m’a serrée un peu fort, répondit-elle.
— Il faudrait faire voir ça à l’infirmerie, dit-il en plaçant le Brassc dans un réplicateur de réparation.
— Tout à l’heure, dit-elle. Je voudrais d’abord passer quelques messages. D’où puis-je le faire ?
— La salle d’observation astronomique.

Une fois qu’elle eut récupéré son Brassc, elle se rendit à la salle d’observation pour envoyer ses messages.  Il s’agissait d’abord de rassurer Tuvar. Il avait déjà pris place dans le vaisseau qui le ramenait à Frhôh.  Un simple message vocal suffit. Elle joignit ensuite l’administration ghwenrhaâdê pour introduire une demande de mise sous protection sociale pour Merrick. A son grand étonnement, elle apprit que la démarche avait déjà été faite. Le programme de Fleeza 2 s’était servi des ressources de l’ordinateur de bord pour faire ce qu’il aurait fait automatiquement s’il s’était trouvé dans son cabinet médical.

Le capitaine Picard vint alors la rejoindre.

— Ah Daphné ! M. Data vient de me dire que je te trouverais ici.
— Je viens juste de terminer.
— Les deux Ghwenrhaâdên sont à bord, iels voudraient te rencontrer.
— Ah bon ? Et l’opération policière en cours ?
— Iels ont envoyé des renforts, je pense que c’est terminé ou ce le sera bientôt. Ah oui … il y a une sorte de Romulien avec eux.
— Noldan ! soupira-t-elle. Vulcano-romulien. Ou plutôt un demi-Romulien qui joue au Vulcain.

Tout en rejoignant l’espace où devait avoir lieu la rencontre, elle raconta ses mésaventures avec le conseillé à la sécurité.

— Il vaudrait peut-être mieux que j’assiste à l’entrevue, proposa Picard. A moins que ça ne te mette mal à l’aise.
— Pas du tout.  D’ailleurs, je préfère que tu sois là.

Ils entrèrent dans la pièce où les attendait la délégation ghwenrhaâdê. Orfrok, Malsreÿr leur adressèrent un sourire bienveillant tandis que Noldan levant sur eux des yeux distraits les baissa tout aussi vite pour se pencher sur la tablette qu’il tenait à la main.

— Docteurrr Fisherrr, commença Malsreÿr, ceci est un entrrrretien inforrrmel. Il ne s’agiît pas d’un interrrrogatoirrre.
— Vous pourrrez l’interrromprrrre quand vous voudrrrez, ajouta Orfrok.
— J’apporte à votre aimable attention que vous pouvez demander à répondre par écrit et à être assisté d’an avocax dans toutes démarches administratives sur le système, récita Noldan en détachant à peine les yeux du texte qu’il parcourait.
— Nous voudrrrrions juste savoirrr pourrrquoi avez-vous tant tarrrder à vous téléporrrter ? demanda Malsreÿr.
— Pardon ? s’étonna Daphné.
— Pourrrquoi ne vous êtes-vous pas téléporrtés dirrectement aprrrès avoirrr trrouvé le Docteurrr … Docteurrr … euh ?
— Merrick !  acheva Noldan.
Primum non nocere, répondit Daphné.
D’abord, ne pas nuire au patient, traduisit Noldan sans lever les yeux.
— Si j’avais fait ça, nous téléporter tous les deux directement, j’aurais ramené un cadavre. Je devais d’abord l’examiner pour déterminer ce dont il avait besoin.
— Mais une fois que celaâ a été fait … ? insista Orfrok.
— Le cœur était en train de lâcher, il fallait un stimulateur cardiaque. … Vous savez « mourir de peur », ce n’est pas qu’une expression.
— Oui, mais vous avez d’abord prrrris le temps d’installer l’HMA, fit remarquer Orfrok.
— Heureusement ! Et avec peine ! J’ai eu du mal à me dégager de l’étreinte de Merrick. Si l’HMA n’était pas venue m’aider, je …

Noldan posa sa tablette et bondit de son siège.

— Fisher, rellll … ! Docteur Fisher, voudriez-vous relever vos manches ? … svp ? dit-il en s’approchant d’elle.
— S’il n’y a que ça pour vous faire plaisir ! répondit-elle en s’exécutant.
— Protocole 27, Messers, lâcha Noldan. On arrête tout.
— Vous avez bien appris vos leçons, ironisa Daphné.

De fait, les doigts puissants de Merrick avaient laissé de belles traces noires sur la peau.  Les avant-bras portaient des marques d’hématomes.

— Pourquoi n’as-tu rien dit ? s’étonna Picard.
— J’avais un peu mal, mais je ne me rendais pas compte que c’en était à ce point. L’adrénaline a sans doute augmenter le seuil de résistance à la douleur.  Je vais aller à l’infirmerie.
— Non, conseilla Noldan. Restez assise.
— Je ne pense pas tourner de l’œil.
— Je … préférerais un avis médical avant que vous ne vous déplaciez.

Picard avait déjà contacté les praticiens et la Dr Selar était en route.  Les deux Ghwenrhaâdên s’approchèrent d’elle pour l’entourer de leurs mèches de cheveux compatissantes. Daphné trouvait qu’iels en faisaient vraiment trop. Autant par leurs questions suspicieuses que par cette marque de compassion empressée. Étrangement, Noldan dont elle n’attendait rien, ou plutôt rien de positif, adopta la bonne attitude en lui proposant un verre d’eau à boire.  Elle avait la gorge sèche.

La Dr Selar l’examina rapidement au tricordeur et lui demanda de la suivre. Une fois à l’infirmerie, elle s’allongea sur la table d’examen et laissa la Dr Selar lui poser un implant synthétiseur.

— Vous êtes légèrement déshydratée, votre radius gauche est fêlé et vous avez des hématomes sur les membres supérieurs, expliqua la médecienne.  Vos taux d’hormones liées au stress sont trop élevés. Je vais soigner la fracture et vous placer sous régénérateur de tissus.
— Merci.
— Je vais devoir vous administrer un léger tranquillisant.
— D’ordinaire, je n’aime pas trop ça, mais je vous fais confiance.

La Dr Selar appliqua le consolidateur osseux à l’endroit de la fracture puis plaça Daphné sous une espèce de cloche au niveau du torse. Elle se sentit tout d’un coup très détendue et s’endormit. Elle se réveilla une heure plus tard en pleine forme. La Dr Selar l’examina pour faire le bilan et la déclara apte à quitter l’infirmerie.

— Comment va le Dr Merrick ? demanda Daphné.
— Pronostic réservé.
— Il n’a pas repris conscience ?
— Votre HMA l’a bien endormi.
— Fleeza a toujours eu la main lourde avec les sédatifs, soupira Daphné.
— Tant qu’il est sédaté, il ne subit pas de stimuli négatifs.
— Vous permettez ? demanda-t-elle en se dirigeant vers le lit de Merrick.
— Je vous en prie.

Daphné s’approcha de son confrère romulien et posa la main sur la sienne.

— Merrick ! … Evok Merrick ! … C’est moi ! C’est Daphné, Daphné Fisher, chuchota-t-elle. Vous êtes en sécurité. Nous prenons soin de vous … Vous êtes en sécurité … Tout va très bien se passer … Il faut tenir le coup… Tenez le coup.

Elle sortit de l’infirmerie sans savoir où se rendre puis se résolut à rejoindre l’Abordage. Mais chemin faisant, elle croisa le capitaine Picard.

— Tu vas bien ? lui demanda-t-il.
— Remise sur pied ! On est toujours en orbite ?
— Non, on a mis le cap sur Ghwenrhaâdy. On doit y déposer la délégation.
— L’Enterprise est devenu un navire de croisière ? plaisanta-t-elle.  
— Un taxi, répondit-il sur le même ton. Un réseau de trafiquants vient d’être démantelé sur Frhêh grâce à ton ami Nurvun. Cela dit, ton ami a préféré prendre la poudre d’escampette plutôt que de répondre aux questions des Ghwenrhaâdên.  

Daphné ne put s’empêcher de rire.

— Je suppose que ces Messers veulent reprendre l’entretien là où on l’a laissé.
— Eh bien, je n’en suis pas sûr, répondit Picard.  Noldan leur a dit qu’iels faisaient une montagne avec une taupinière et que tu n’avais fait que suivre le protocole médical à la lettre.  Avec la prise qu’iels viennent de faire, une bonne centaine de contrebandiers, ça m’étonnerait qu’iels te cherchent encore des histoires.
— Il a bien retenu ses leçons, Noldan.
— Je me suis renseigné sur son compte. Il a suivi une formation d’enquêteur.

Daphné pouffa.

— Oui, je sais ce que tu penses, approuva Picard. Mais, fais attention quand même. Il a suivi sa remise à niveau, il connaît les codes, les limites … on ne l’a pas choisi comme consultant sur base de ses impairs.
— Tu parles de qui ? Des Ghwenrhaâdên ou de la F.U.P. ?
— De la Fédération.
— Message reçu !  Tu sais quand on arrivera ?
— Dans trois à quatre heures. Data pourrait te répondre à la minute près.
— Ce ne sera pas nécessaire.

Picard dût laisser Daphné pour rejoindre la passerelle où il était attendu. Elle continua son chemin vers l’Abordage et fut rejointe par Orfrok.

— Dr Fisherrr ! J’espèrrre que vous êtes bien rrrétablie.
— Oui, merci, je vais bien. Je vais à l’Abordage, le bar-salon du vaisseau. Vous m’accompagnez ?
— Trrrès cerrrtainement. Figurrrez-vous que li Gardiann de la zone porrtuairre a intrroduit une plainte contrrre vous. A cause du message rrrépétitif.
— Et combien de temps devrais-je passer aux fers, à fond de cale ?

Orfrok la regarda, interloquéë, avant de saisir qu’elle plaisantait et de se mettre à rire.

— … Pourrr une « malheurrreuse errreur de manipulation » ?  Voyons, Docteurrr Fisherrr !

Vu le ton employé, iel n’avait pas vraiment l’air à croire à l’erreur de manipulation.

— À cause de cette plainte, expliqua-t-iel, nous avons écoutéé l’enrrregistrrrement  de vos échan-anges. En mon nom prrroprrre et en celuiî de l’Administrrration de Frhêh, je vous prrrésente mes sincèrrres excuses pourrr les manièèrrres trrrès peu polies del Gardiann de la Cité aéroportuairrre.  Iel a été suspendu pourrr trrois jourrrs. Nous ne pouvons pas toléérrrer qu’an fonctionnairrre ne rrréponde pas à un salut ni qu’iel se moque ouverrrrtement des esprrrits ancians.
— Je pensais que la plupart d’entre vous étaient athées.
— … Plutôt agnostiques. Mais cerrrtainement … superrrstitieux. Nous avons des trrrès grrros prrroblèmes surrr Frrrhêh pourr trrrouver des perrrsonnes compétentes. Cet incident s’ajoute à bien d’autrrres et c’est que nous attendions pourrr lui assigner an adjoinx qui li seconderrra jusqu’à la fin de son mandat. Seconder …, ajouta-t-il sur un ton dubitatif, c’est une façon de parrrler. Li Garrrdiann n’aurrra plus qu’un rrrôle rrreprrrésentatiif.
— Ah fichtre ! … oui, en effet. Mais comment est-iel parvenu à se faire élire ?
—  La conjonction de plusieurrrs facteurrrs : un sentiment d’insécurrrité, la difficulté d’assurrrer un serrrvice d’orrrdre perrrforrrmant à cause de la baise démogrrraphique, un envirrronnement peu hospitalier. Iel a fait campagne surrr le thème sécurrritairrre. … Fhrrrêh a d’aborrrd été colonisée pourrr ses ressources minièrrres. Une fois celles-ci épuisées … qu’est-il rrrresté ? Des déserrts … des caverrrnes … rrrien qui attirrre ou qui rrretient une population stable. Le milieu idéal pourrr les trrrafiquants et les contrrrebandiers, pourrr se cacher ou cacher de la marrrchandise.  C’est un grrros soucis pour l’Administrrration centrrraâle. Notrrre colonie devrrrait se trrrouver de nouveaux buts, de nouvelles orrrientations. Mais lesquelles ? Et qui voudrrrait s’établirrr sur notttre caillou rocheux ?
— Je comprends fort bien

Iels rentrèrent ensemble à l’Abordage où Orfrok tint à offrir un verre à Daphné.
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Daphne Fisher

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