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 [KTL] Les Soldats de S'Beron

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Minos
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MessageSujet: [KTL] Les Soldats de S'Beron   [KTL] Les Soldats de S'Beron Icon_minipostSam 26 Jan 2019, 07:00

Coucou tout le monde. Je me suis livré à un petit exercice de style dans la KTL (et oui !). Vulcain n'existe plus, les Vulcains eux-mêmes sont en danger d'extinction car seuls 10 000 d'entre eux ont survécu. Qu'est-ce que ce traumatisme peut induire comme conséquences sur eux ?


Colonie de Tar Pheson II, Quadrant Beta, 2259

John Adams posa son verre vide sur le comptoir.
– Un autre, Johnny ? demanda Burt, le barman.
– Non merci mon ami, je m’arrête là. Et tu le sais très bien.
Burt ricana.
– Tu étais meilleur client quand tu étais célibataire !
– C’est vrai. Sauf qu’avoir femme et enfant donne des responsabilités. Tu devrais le savoir !
– Je le sais parfaitement. Même si Tar Pheson II n’est pas l’endroit idéal pour élever des enfants…
Adams haussa les épaules.
– On fait ce qu’on peut. Ici, on arrive à survivre, et c’est déjà beaucoup. Tu ne m’as d’ailleurs jamais dit ce qui t’avait poussé à t’installer ici ?
– Plein de mauvaises raisons, j’en ai peur, bougonna Burt en s’attrapant un verre et une bouteille.
– Sûr ? demanda-t-il à Adams en montrant la bouteille, une fois son verre rempli.
Adams céda à la curiosité. Ce ne serait pas un drame s’il rentrait plus tard qu’à l’accoutumée à la maison, pour une fois. Adams fréquentait le bar de Burt – le seul de la colonie minière – depuis trois ans, et hormis les banalités quotidiennes entre client et barman, jamais ils n’avaient noué une amitié solide. Juste une bienveillance réciproque. Aussi tendit-il son verre, que Burt remplit, l’air satisfait.
– Tes ancêtres étaient américains, comme les miens, pas vrai ? commença Burt.
– En effet. De Pittsfield, Massachusets.
– La Terre était trop petite pour moi. Trop encadrée, trop civilisée, trop routinière. J’ai eu envie d’aventures, d’excitation, bref de retrouver la mentalité de nos ancêtres et de filer à la conquête de nouveaux horizons ! Et quoi de mieux que l’immensité de l’espace pour ça ?
– Je n’ai pas mieux à dire, acquiesça Adams après avoir trinqué. Je n’ai pas fait de grandes études sur Terre… ni même des petites, d’ailleurs, et personne ne m’y tenait en très haute estime. J’ai fait un peu de tout, un peu n’importe quoi, dans des domaines dont je ne suis pas très fier. Et un jour, j’ai moi aussi éprouvé le besoin de changer d’air, de faire mon trou le plus loin possible de chez nous.
– Hum… Te voilà désormais mineur sur Tar Pheson II, et plutôt bon dans ce que tu fais. Satisfait ?
– On ne va pas se le cacher, Tar Pheson II est un trou à rats et le sera toujours. Ce n’est pas ici qu’un endroit civilisé émergera. La plupart de mes chers camarades mineurs sont d’anciens repris de justice ayant éprouvé le besoin de se faire oublier. Ou de pauvres gens incapables d’évoluer et qui ont trouvé un bel endroit pour continuer à se saborder.
– Hum… Il me semble que tu t’intégrais bien à ce tableau il y a encore peu de temps…
– Oui, j’avoue, reconnut Adams en grimaçant un sourire gêné. J’ai vite compris qu’en fin de compte, je me suis retrouvé dans un cul-de-sac ici. La déprime gagnant et pollué par l’ambiance locale, qui aurait plutôt tendance à tirer quiconque vers le bas, je me suis plutôt bien fondu dans le décor, hélas.
Burt rit franchement.
– Jusqu’à ce que !
– Oui, opina Adams. Jusqu’à ce que.
– Un vrai coup de foudre à l’ancienne, pas vrai ?
– Oui. Et c’est bien le dernier endroit où j’aurais cru ça possible.
– Surtout avec une Vulcaine !
– Ma T’Dal est tombée du ciel, littéralement.
– Heureusement pour elle, elle a trouvé un prince charmant !
– Mouais. Je ne sais toujours pas ce qu’elle a vu, ce qu’elle a trouvé en moi mais je ne vais pas m’en plaindre ! Nous vivons ensemble depuis un an, nous avons une adorable petite fille depuis le mois dernier, et l’avenir s’annonce plutôt radieux pour nous.
– Oui, j’ai su que vous étiez tous deux pressentis pour intégrer le Conseil de Tar Pheson aux prochaines élections ?
– En effet. Étonnamment, alors que je ne me suis jamais préoccupé de politique, il semblerait que je sois bien vu car j’arrive à bien gagner ma vie. Et qu’avoir épousé une Vulcaine m’a fait gagner encore plus de points.
– Pas étonnant. Les Vulcains sont un noble peuple, et assez mystérieux pour focaliser l’attention.
– Mouais. Profitons-en tant qu’il y en a, répondit Adams d’une manière plus abrupte qu’il ne l’aurait voulu.
Un ange passa, laps de temps durant lequel ils se souvinrent tous deux de la destruction de Vulcain par ce fou furieux de Nero. Il ne restait désormais plus qu’environ dix mille Vulcains à travers la galaxie, contre six milliards auparavant. Comment une espèce pouvait-elle espérer survivre en étant si peu ?
Adams n’avait jamais discuté de ce sujet avec T’Dal. Tout juste avait-elle admis que toute sa famille était morte sur Vulcain, qu’elle était la dernière de sa lignée. Mais jamais elle n’avait émis une quelconque opinion sur ce qui restait de l’État Vulcain, cette Confédération de Surak disséminée à travers la galaxie et dont e fer de lance était la colonie de la Nouvelle Vulcain.
Elle était brièvement entrée en contact avec cette « colonie-capitale » dans le cadre du recensement galactique organisé par elle pour retrouver la trace de tous les Vulcains survivants mais c’était tout. Elle n’avait pas éprouvé le besoin ni le désir de retourner auprès des siens.
Pourtant, elle aurait pu : ingénieure civile sur un navire marchand, son navire avait dû atterrir d’urgence sur Tar Pheson II. Mais une fois les réparations effectuées, elle était restée à ses côtés. Car entretemps, ils avaient sympathisé dans ce bar, par ailleurs le seul endroit à vocation sociale de la colonie. Même le Conseil de la colonie s’y rassemblait, une fois les portes fermées au public.
– Qu’est-ce que tu penses de notre colonie ? demanda Burt. Tu crois qu’elle sera amenée à perdurer et à se développer ?
– Difficile à dire. On trouve encore de l’ergonium, mais pour combien de temps ? Nos scanneurs ne sont pas capables de percer les entrailles de la planète. Tout au plus savons-nous d’un mois sur l’autre si les gisements ne sont pas épuisés. Tout pourrait s’arrêter demain… ou dans quatre cents ans, qui sait ?
– Dur de se projeter sur l’avenir dans ces conditions, murmura Burt.
– Oui. Ou alors il faudrait diversifier nos sources de revenus.
– De quelle manière ?
– Si seulement je le savais ! J’ai jeté un œil aux conditions pour accueillir des permissionnaires de Starfleet, par exemple. Et bien nous sommes loin d’être capables de remplir le cahier des charges ! En gros, dans tous les domaines où nous pourrions envisager de nous développer, le constat est le même : nous ne partons de rien, tout est à bâtir. Si l’ergonium vient à manquer, je crains que ce ne soit la fin.
– L’eldorado n’est plus ce qu’il était, soupira Burt en finissant son verre.
– En effet. On n’a rien sans rien, il faut beaucoup d’efforts pour construire quelque chose… tout en n’étant pas certain de réussir. En attendant, je mène une vie modeste mais j’en suis satisfait. Et toi, ça donne quoi de ton côté ?
– Hum… Un peu pareil que toi. Je gagne ma croûte, mais si j’envisageais de vendre pour m’installer ailleurs, je ne tirerais pas un grand prix de cette gargote. Bref, tout serait à refaire, je me retrouverais au même point que quand je suis arrivé ici. Donc pour l’instant, je préfère parier sur un développement de notre colonie, même si je reconnais que c’est du pile ou face.
– À l’avenir, conclut Adams en levant son verre avant de le vider d’un trait. Et bonne nuit, Burt.
– Bonne nuit, Johnny. À demain.
John Adams s’emmitoufla sous ses trois couvertures passées et trouées, mais encore acceptables pour affronter les sempiternelles tempêtes qui sévissaient à longueur de temps à la surface de Tar Pheson II. Il ajusta son masque respirateur et, après un dernier signe de main à Burt, entra dans le sas de sortie du bar.
L’atmosphère de Tar Pheson II était respirable pour les humains, mais les poussières soulevées par les vents violents obligeaient le port des masques dès qu’on mettait le nez dehors. À de rares exceptions près – de mineurs n’ayant pas les moyens de se le procurer –, tous les dômes d’habitations de la colonie étaient pourvus de ces sas. Ainsi, l’invasion des microparticules aériennes était freinée, limitée.
Adams ferma le sas intérieur, prit une profonde inspiration et appuya sur le bouton d’activation du sas extérieur. Il faillit être déséquilibré par le vent glacial qui s’engouffra aussitôt, tel un prédateur à l’affût de la moindre faille.
Il fit un pas dehors un attrapa le « poteau indicateur » à droite de la porte. Plusieurs cordes solides étaient accrochées dessus. Il compta à partir du haut et attrapa la cinquième, celle qui le mènerait à son quartier. Système rudimentaire de repérage et d’orientation mais ô combien précieux !

Il lui fallut un quart d’heure pour atteindre sa demeure, un quart d’heure de cécité et de bruits sourds mettant à rude épreuve ses protections auditives. Arrivé devant chez lui, il déverrouilla avec délectation le sas extérieur, et pénétra dans le sas intérieur. Ce n’est qu’à ce moment qu’il sentit une présence dans son dos, ainsi que le fil de la lame prête à lui trancher la gorge.
– Que… ?
– Ouvre ce sas et tout ira bien, énonça une voix grave.
Adams hésita, mais pas longtemps. Refuser n’aurait servi à rien : le dôme d’habitation de sa famille ne comprenait pas de système de sécurité particulier. Avec ou sans lui, les intrus – un coup d’œil derrière lui lui avait permis de voir qu’il avait affaire à quatre individus – pourraient pénétrer dans le dôme en pressant simplement le bouton d’activation du sas. Il obtempéra. Le sas extérieur se ferma, le système de ventilation évacua les poussières dans le sas désormais hermétique, et la porte intérieure s’ouvrit. Retenu par une main trop ferme pour être humaine, Adams entra.
T’Dal occupait sa place habituelle, dans un rocking-chair élaboré par Hermann, le menuisier de la colonie. Dans ses bras, leur petite fille dormait paisiblement. Adams était au bord de la panique mais refusa de la laisser le submerger. Il devait faire semblant de se soumettre, quelles que soient les intentions de ces types. Le moment venu, il se battrait pour sa famille.
T’Dal leva des yeux calmes vers le sas, et son expression changea du tout au tout quand elle vit la scène : son époux menacé par l’arme blanche tenue par l’un des intrus, et trois autres se déployant en éventail autour.
Elle se leva lentement, recula de quelques pas et posa délicatement sa fille dans son petit lit. Elle se positionna ensuite devant, en protection, et demanda :
– Qui êtes-vous et que voulez-vous ?
– Vous n’avez rien à craindre, T’Dal, fit l’être qui tenait Adams. Nous sommes juste venus vous parler.
– Baissez cette arme et je vous croirais peut-être, répliqua la Vulcaine.
L’intrus fit un signe à l’un de ses subordonnés, qui vint le remplacer pour garder de près Adams, jusqu’à sa propre lame pour menacer la gorge de l’humain.
– Veuillez pardonner ces précautions mais j’ai besoin que vous m’écoutiez, reprit le chef avant de rengainer son arme et d’ôter le casque intégral qu’il portait pour se protéger des conditions extrêmes de la planète. Il dévoila ainsi son visage. Vulcain.
– Je réitère ma question, fit froidement T’Dal : qui êtes-vous et que voulez-vous ?
– Je suis Sokel, fils de Savil. Vous n’êtes pas sans savoir que Vulcain n’existe plus, et que ce qui reste de notre peuple est disséminé aux quatre coins de la galaxie.
– Comment pourrais-je ne pas être au courant ?
– Vous n’êtes pas non plus sans savoir que nous autres Vulcains ne sommes plus que douze mille… contre six milliards avant la catastrophe ?
– Mes informations faisaient état de dix mille survivants, mais on dirait que les vôtres sont plus récentes… et plus encourageantes.
– Cela ne suffira pas. Notre pitoyable nombre rend la survie de notre espèce extrêmement difficile, à moins de prendre le problème à bras-le-corps.
– Il me semble que la Confédération de Surak s’occupe de cela, non ?
Sokel renifla de mépris.
– La Confédération de Surak est une imposture ! Vouloir regrouper toutes les colonies vulcaines sous l’égide de cette soit-disante confédération installée sur un trou se donnant le nom de Nouvelle Vulcain est une erreur monumentale !
– Et puis-je savoir en quoi ? demanda T’Dal, surprise par le ton vindicatif de Sokel, si peu vulcain.
– C’est évident. La Nouvelle Vulcaine est stupide : elle veut reproduire le mode de vie vulcain sur une nouvelle planète, mais elle n’a rien appris de ses erreurs passées. Notre monde a été détruit par des Romuliens, nous devons réagir !
– Et que suggérez-vous ?
– La logique a été utile à notre peuple pendant longtemps, elle nous a préservé de l’extinction. Mais aujourd’hui, ce n’est pas de logique dont ont besoin les Vulcains : c’est de force… et de la montrer !
– La Confédération de Surak a vocation de veiller sur les nôtres, que vous faut-il de plus ?
– La vengeance. Et que retrouvions le plus vite possible notre place au firmament des espèces qui comptent dans cette galaxie.
– Les Vulcains ne se vengent pas. Et je ne doute pas que notre population augmentera peu à peu jusqu’à retrouver le niveau d’avant, peut-être même plus encore : on pourrait considérer que la croissance démographique vulcaine était limitée par la disponibilité des terres et des ressources de notre planète. Des limitations qui n’ont plus court de nos jours… par la force des choses.
– Les Vulcains d’avant Surak se vengeaient. Ils étaient même très forts pour cela. Quant à notre croissance démographique… les prévisions des meilleurs experts estiment que dans le meilleur des cas, il faudra des dizaines d’années pour être simplement certains de voir notre espèce survivre. Et cela est inacceptable.
– Cela ne me dit toujours pas qui vous représentez et ce que vous me voulez.
– Nous faisons partie d’un groupe estimant que le Haut Conseil Vulcain a échoué dans sa tâche à nous diriger. Et qu’il n’est pas question qu’il recommence au sein de la pseudo-Confédération de Surak. Nous rejetons son autorité, qui ne nous a rien apportés.
– Nous avons contribué à créer la Fédération des Planètes Unies, ce n’est pas rien. Aujourd’hui, elle nous aide à notre tour et...
– Nous avons perdu tout pouvoir ! explosa Sokel. Le Haut Conseil a décidé de nous asservir à la Fédération quand nous avons signé sa charte ! Nous y avons perdu notre identité. Et d’ailleurs, quelle est notre identité ? Celle que Surak nous a imposés ? Réfréner en permanence nos émotions car nous savons qu’elles peuvent être dévastatrices ? Ce n’est pas notre vraie nature, celle-ci existait bien avant Surak. Et elle s’appelle la violence. Il est grand temps que les Vulcains s’en souviennent !
– Mais… que comptez-vous faire de cette violence ?
– Nous en servir contre les Romuliens, responsables de la destruction de notre planète ! Ils sont comme nous, le contrôle des émotions en moins. Si nous mettons notre logique et notre contrôle des émotions au service de notre violence latente, nous serons supérieurs aux Romuliens ! Nous, les Soldats de S’Beron, avons déclaré la guerre à l’Empire Romulien. Une guerre qui ne s’arrêtera qu’avec leur éradication ! Depuis très longtemps, certains militent pour une réunification avec ces lointains cousins. Il n’en est pas question : depuis qu’ils se sont exilés de Vulcain, ils n’ont fait que nous nuire, conspirer contre nous. Il est grand temps que cela cesse. Par leur destruction ! Et quand notre but aura été atteint, leurs planètes seront à nous. Ce qui sera un juste retour des choses…
T’Dal ne répondit pas, sous le choc. Avant la révolution spirituelle instillée par Surak, bien des seigneurs de guerre avaient sévi sur Vulcain, parfois auréolés d’une cruauté sans bornes. L’un des pires dont l’histoire avait gardé le souvenir et dont le nom n’était jamais prononcé bien que connu de tous était S’Beron le Sanguinaire. Les guerres ayant ravagé Vulcain avaient plus d’une fois conduit l’espèce à l’extinction, et toutes les études historiques étaient unanimes : S’Beron avait été le plus proche de réussir ce triste exploit.
Entendre quelqu’un se revendiquer de ce personnage monstrueux était très effrayant pour un Vulcain moderne.
– Alors… vous reniez les enseignements de Surak, demanda T’Dal ?
– Oui. La logique n’a jamais servi qu’à masquer notre vrai visage. Il est grand temps de nous dévoiler tels que sommes à la face de la galaxie. Nous sommes des aigles et Surak nous a coupés les ailes. Aujourd’hui est venu le temps d’un nouveau départ, du renouveau vulcain !
– Qu’ai-je à voir là-dedans ? demanda froidement T’Dal.
– Les Soldats de S’Beron veulent voir la population vulcaine augmenter le plus vite possible. Nous tenons des registres généalogiques pointus afin d’éviter toute consanguinité, mais il est très important que toutes nos femmes soient mobilisées pour perpétuer notre espèce.
– Et à quel moment comptez-vous demander leur avis à ces femmes ?
– Aucun. C’est un devoir sacré. Je suppose que désormais, vous avez compris pourquoi nous sommes là. Vous repartez avec nous, nous allons vous attribuer un partenaire sexuel avec qui vous pourrez concevoir un enfant Vulcain. Il est très important que toute Vulcaine procrée tant qu’elle en a l’âge, et le plus tôt sera le mieux. Il faut démultiplier les naissances urgemment. La Confédération de Surak se moque de notre pérennité, elle n’est pas dérangée par le fait que des Vulcaines perdent leur temps à enfanter des bâtards comme vous l’avez fait ! Personne ne comprend-il donc que c’est la survie de notre peuple qui est en jeu ?
– Et vous, ne comprenez-vous donc pas la notion de libre-arbitre ? fit T’Dal, plus froide que jamais.
– Les circonstances sont trop graves pour permettre à chacun de décider librement de son destin. Vous n’avez pas le choix, vous allez nous suivre.
Sinon ?
– Votre… mari et votre… bâtarde ne survivront pas.
T’Dal cacha soigneusement le choc engendré par ces paroles pourtant bouleversantes.
– Alors on en est là ? Du chantage ! Si je ne vous suis pas, vous tuez ma famille ? Vous n’êtes pas des Vulcains, ni modernes, ni anciens, vous n’êtes que des monstres !
– Peu importe, nous avons raison et l’Histoire elle-même sera d’accord avec nous. Venez avec nous de votre plein gré ou nous vous emmenons de force. Voilà le choix qui s’offre à vous.
T’Dal n’eut pas longtemps à réfléchir. Se sacrifier pour sauver les siens s’imposa très vite comme une évidence. Que John et T’Liz survivent était tout ce qui comptait à ses yeux. C’est le message muet qu’elle tenta de faire passer d’un regard à l’intention d’Adams, qui opina du chef.
– Lâchez mon mari, je vous suis.
– C’est une bonne décision, dit Sokel en souriant.
Un sourire méchant qui interpella et T’Dal et John à double titre. Les Vulcains ne souriaient jamais, et encore moins à la manière de carnassiers.
T’Dal se dirigea vers les quatre Vulcains renégats. La poigne d’acier qui enserrait John Adams se relâcha, juste avant qu’il ne sente des doigts agripper la jointure de son cou. Il s’écroula : la prise vulcaine venait de prouver son efficacité une fois de plus.
Allons-y, dit Sokel. Enfilez votre combinaison protectrice.
T’Dal s’exécuta, lentement. Quand elle fut prête, elle balaya du regard l’intérieur du dôme qui lui avait servi de foyer cette dernière année. Elle s’attarda sur T’Liz, innocente petite créature dormant du sommeil du juste. Puis sur John, un humain si ordinaire de prime abord, mais qui avait su gagner son cœur.
– Longue vie et prospérité, mon époux, dit T’Dal à son mari évanoui. Prends soin de toi et de notre fille.
Elle tourna les talons pour suivre ses ravisseurs. C’était la seule chose à faire pour protéger les siens. Les Soldats de S’beron venaient de briser sa famille, le centre de son existence. Quelles chances avait-elle de retrouver John et T’Liz un jour ? Elle renonça à terminer le calcul dès qu’elle comprit comme les probabilités jouaient contre elle.

Dans son berceau, T’Liz remua et fronça les sourcils. Quelque chose n’allait pas, elle le sentait confusément. Le besoin de sommeil fut le plus fort. Elle se rendormit.

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MessageSujet: Re: [KTL] Les Soldats de S'Beron   [KTL] Les Soldats de S'Beron Icon_minipostSam 26 Jan 2019, 08:30

Hé ben dis donc tu nous a dégotté un sacré salopard!
J'ai déjà envie de le buter, pauvre T'Dal
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MessageSujet: Re: [KTL] Les Soldats de S'Beron   [KTL] Les Soldats de S'Beron Icon_minipostSam 26 Jan 2019, 20:32

Cette histoire est prévue pour être un one shot, une nouvelle, mais je trouve le thème très intéressant : quelles sont les conséquences de la destruction de leur planète pour les Vulcains ? Il est possible que j'écrive d'autres choses sur le sujet...

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MessageSujet: Re: [KTL] Les Soldats de S'Beron   [KTL] Les Soldats de S'Beron Icon_minipostMer 01 Avr 2020, 16:36

Finalement, j'ai décidé que ma nouvelle Les soldats de S'Beron pouvait donner lieu à une histoire au long cours. Alors voici un bout de suite (le style est pas top, mais je n'ai pas écrit depuis longtemps, je suis un peu rouillé : c'est un premier jet pas retravaillé).



Colonie de la Nouvelle Vulcaine, un mois plus tard

John Adams, sa fille dans les bras, sortit de la navette et posa avec soulagement le pied sur la Nouvelle Vulcain. Le voyage avait été très pénible, de transport en transport, de monde en monde, surtout avec une enfant en bas âge. Heureusement, elle semblait plus tenir des Vulcains que des humains, aussi bien par son apparence – ses oreilles en pointe étaient là pour en attester – que par son caractère : elle avait été d’un calme impressionnant tout le long, au grand soulagement d’Adams.

Les Vulcains de la Confédération de Surak avaient trouvé une planète dont les conditions étaient trop proches de Vulcain. Chaleur étouffante, air sec et ciel rougeâtre. Tout cela était assez déconcertant pour Adams, surtout après avoir passé tant de temps sur Tar Pheson II, dont le ciel invisible était caché par de sempiternelles tempêtes. L’impression d’avoir été plongé dans un four en débarquant se prolongea d’autant plus que Tar Pheson II était un monde glacial. Il faudrait du temps à son corps pour s’habituer à ces nouvelles conditions… si tant est qu’il y reste. Cela dépendrait de ses prochaines conversations avec les Vulcains.

Le spatioport de la capitale était réduit à sa plus simple expression : des emplacements circulaires ou rectangulaires pour atterrir, de diverses tailles, disposés autour d’un vieux croiseur antédiluvien, peut-être andorien, et qui semblait servir de bâtiment administratif pour le spatioport : des navettes ne cesser d’en décoller et d’y atterrir. Entre les parcages d’atterrissage et l’antique croiseur reconverti, des pistes vaguement dessinées dans la poussière rougeâtre au sol, délimitées par des spots lumineux disséminés tout le long.
Adams fit comme tout le monde et marcha vers le croiseur, suant déjà à grosses gouttes et regrettant de ne rien avoir pour se protéger le crâne du redoutable soleil. Il n’avança pas beaucoup, avant que les gens le précédant, tous en file indienne, ne s’arrêtent. Visiblement, chacun était contrôlé à l’entrée du bâtiment, ce qui prenait du temps… et laissait les suivants comme lui cuire dans la fournaise.
Ce n’était guère important à ses yeux. Seul comptait le confort de T’Liz. Endormie dans ses bras, elle n’avait pas du tout l’air dérangée par la chaleur, ce qui le rassura. Il n’avait pu s’empêcher d’être un peu déçu de constater, à la naissance de la petite, qu’elle tenait bien plus de T’Dal que de lui-même. Aujourd’hui, il s’en réjouissait.

La chaleur ne réussissait pas à Adams. Il étouffait de plus en plus, avait du mal à reprendre son souffle. Il sentait l’épuisement le gagner, ses muscles se relâcher. Il était enfin arrivé au terme de son voyage, il allait pouvoir mettre sa fille en sécurité et trouver de l’aide. Du moins l’espérait-il. Mais y aurait-il quelqu’un pour l’écouter ?
Adams avait l’impression de vivre un drôle de rêve, entre l’environnement hostile et les gens qui l’entouraient dans la file. Tous Vulcains. D’un calme irréel et très disciplinés, la plupart semblaient absorbés par leurs pensées. D’autres pianotaient leurs datapads. D’autres encore parcouraient leur nouvelle planète avec attention, comme s’ils en prenaient la mesure.
Un grand peuple, se dit tristement Adams. Si noble et si fier. Ce serait tellement dommage de le voir disparaître…

Le Vulcain qui le précédait dans la file faisait partie des curieux scrutant le paysage. Son regard s’attarda quelques secondes sur Adams et sa fille, et il hocha la tête en guise de salut. L’humain répondit de la même manière. Le Vulcain commença à se retourner, hésita, puis revint vers Adams.
– Vous sentez vous bien, humain ? demanda-t-il.
– Et bien… oui, je vous remercie.
– En êtes-vous certain ? J’ai servi dans Starfleet auprès de beaucoup de vos semblables, or à vous voir transpirer abondamment et avoir un teint si rubicond, j’ai le sentiment que vous êtes au bord de l’insolation.
– Peut-être est-ce mon teint naturel ? répondit un Adams sur la défensive, ne souhaitant pas montrer de signe de faiblesse.
– J’en doute fort. Sinon vos mains auraient la même coloration. Je suis médecin. Vous devriez passer devant tout le monde avant de vous évanouir.
– Je ne réclame aucun passe-droit.
– Laissez votre orgueil de côté, humain. Ne soyez pas aussi borné qu’un Vulcain. Vous allez défaillir d’ici peu de minutes, à ce que je vois, et en défaillant, vous allez lâcher l’enfant, qui risque de se blesser. Est-ce réellement ce que vous désirez ?
– Je tiendrai, Vulcain. Et la véritable expression c’est « être borné comme un Terrien ».
– Mon nom est Sulik. Longue vie et prospérité, fit le médecin en se fendant d’un salut vulcain.
– Enchanté. John Adams. Et voici ma fille, T’Liz.
Sulik ne fit aucun commentaire. Il quitta la file et la piste balisée, et attendit. Il ne fallut que quelques secondes avant qu’une barge à répulseurs n’émerge du vieux croiseur et se porte à sa hauteur. La barge était occupée par trois Vulcains à l’uniforme martial, fuseurs et tricordeurs à la ceinture. L’un d’eux prit la parole :
– Veuillez regagner la file, je vous prie.
– Je refuse. Je suis le docteur Sulik, et l’humain derrière moi va se trouver mal d’ici peu. Merci à vous de le prendre en charge et de l’emmener à l’abri au plus vite.
Le garde regarda Adams avant de pointer un tricordeur sur lui.
– Le docteur Sulik ne se trompe pas. Veuillez monter à bord, humain.
Adams grogna une réponse indistincte, l’œil noir, mais monta tout de même. Il détestait susciter de la pitié. Mais le bien-être de sa fille passait avant toute chose… et ce bien-être dépendait du sien. N’étant ni idiot ni ingrat, avant que la barge ne reparte, il dit au médecin :
– Merci, Sulik. Je vous revaudrai ça à l’occasion.
– C’est noté, monsieur Adams.

Escorté par un garde, Adams entra dans ce qui fut la soute du navire. Une rangée d’une douzaine de tables s’alignait en points de contrôle avant d’accéder au reste du navire. À chacune d’elle, un Vulcain pianotait sur un écran, sans doute pour vérifier et archiver ce que chaque visiteur assis en face avait à dire.
Le garde fit signe à Adams de le suivre, et ils se retrouvèrent devant les files d’attente délimitées par des cordons. Très gêné d’être passé devant tout le monde, il n’osa pas se retourner. Sur Terre, il se serait pris quelques remarques acerbes. Ici, peut-être les Vulcains n’en pensaient-ils pas moins, mais ils avaient la politesse, la discipline ou les deux, de n’en rien laisser paraître.

La prochaine chaise de libre fut pour Adams.
Le Vulcain face à lui leva un sourcil en le voyant, ainsi que le bébé.
– Je m’appelle John Adams, et voici ma fille T’Liz. Fille de T’Dal.
– À quel clan appartient T’Dal ? demanda le Vulcain, à nouveau impassible, tout en rentrant les informations dans son ordinateur.
– Je l’ignore. Mais vous avez forcément la trace de T’Dal dans vos archives : elle a pris contact avec Nouvelle Vulcain il y a quelques temps déjà, dans le cadre du grand recensement galactique des Vulcains.
– Correct, approuva son interlocuteur. J’ai la référence sous les yeux. Que peut Nouvelle Vulcain pour vous, monsieur Adams ?
– Je dois parler au Haut Conseil. C’est important.
– À quel sujet ? Les Conseillers sont des gens très occupés, et vous n’imaginez pas le nombre de personnes qui sollicitent un entretien avec eux.
– Peu m’importe. Si je vous dis que c’est important, c’est que ça l’est, insista Adams qui tentait de réfréner la moutarde qui lui montait au nez.
– Je crains que sans autre argument, votre requête soit rejetée, monsieur Adams.
L’humain s’approcha et chuchota :
– C’est à propos de Vulcains qui se font appeler les Soldats de S’Beron. Et sur le fait qu’ils ont des hommes infiltrés ici. Ça vous suffit, comme raisons ?
Sans répondre, le Vulcain pianota de nouveau son ordinateur. Une fiche plastifiée en sortit. Il la tendit à Adams :
– Voici votre pièce d’identité provisoire pour la Nouvelle Vulcain. Merci de tourner votre fille vers l’ordinateur, que je puisse également faire une photo d’elle.
Prêt à exploser, Adams se contint pourtant et obéit.
Le Vulcain lui tendit la fiche de T’Liz et ajouta :
– Contentez-vous de plaquer les fiches sur vos vêtements et elles s’y accrocheront. Voici en outre une liste qui devrait vous être utile : la logistique pour obtenir un appartement, les ressources humaines pour trouver une activité utile qui vous siérerait, la crèche, si vous avez besoin d’être déchargé de votre fille. J’y ai ajouté l’adresse du quartier humain de la Nouvelle Vulcain. Il s’avère que les différentes espèces aiment souvent vivre entre elles. Mais avant toute chose…
Il fit signe à l’un des gardes derrière lui de se rapprocher.
– Veuillez escorter monsieur Adams jusqu’au général Sipel. Monsieur Adams, Sipel est le chef de notre sécurité. Il saura quoi faire de vos informations.
– Merci, bredouilla Adams, quelque peu incrédule. Lorsque le Vulcain avait commencé à égrener sa liste, Adams avait eu peur de n’avoir pas été pris au sérieux, d’être considéré comme un simple réfugié cherchant du travail.

Adams s’était rendu sur la Nouvelle Vulcain pour y trouver des alliés : les soldats de S’Beron étaient une abomination aux yeux des Vulcains suivant l’enseignement de Surak, à savoir tous… normalement. En toute logique, ils devaient lui prêter main-forte. Et s’ils se refusaient à le faire, Adams avait prévu de leur laisser la petite. Avant de repartir en quête de sa femme.

Avec ou sans aide, il la retrouverait.

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[KTL] Les Soldats de S'Beron

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