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 Soufflé au réchaud 2017 : La critique d'Yves Raducka

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Schmullus
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MessageSujet: Soufflé au réchaud 2017 : La critique d'Yves Raducka   Mer 27 Sep 2017, 16:45

Les trois films du reboot abramsien (2009, 2013, et 2016) cumulaient un nombre record de travers, de défauts, et d’absurdités (inventoriés notamment dans mes trois critiques-fleuves publiées dans les colonnes d’Unif), mais ils possédaient malgré tout une qualité unique, véritable, et presque rédimante : ils prenaient officiellement place dans une réalité alternative, voire un autre univers, considéré comme tel en interne (c’est-à-dire dans l’histoire même) ! Un alibi qui avait le mérite de préserver intacte l’unité trekkienne de la franchise historique (1964-2005).
Eh bien voilà un état, non de grâce, mais de suspension qui a pris fin ! Dorénavant, le "sandbox" n’existe plus, le "bouclier" a été brisé. La nouvelle série Discovery n’a plus d’alibi à faire valoir… puisque ses auteurs cherchent absolument à convaincre le public qu’elle prend place dans la chronologie originelle de l’univers historique, et précisément en 2256, c’est-à-dire exactement deux ans après (et non avant) l’épisode pilote de La série originale, à savoir 00x01 The Cage (tourné en 1964).
Malheureusement, absolument rien de ce que mettent en scène les épisodes 01x01 The Vulcan Hello et 01x02 Battle At The Binary Stars ne pourrait réussir à convaincre qui que ce soit de la communauté d’époque, de ligne temporelle, et d’univers entre Discovery et La série originale.

Est-ce à dire que lorsque les producteurs contemporains de Star Wars ne cessent de démontrer (notamment avec Rogue One) qu’il est parfaitement possible de produire des œuvres au goût du jour respectant pourtant – à la virgule près – la continuité et le visuel de celles qui furent produites il y a déjà quarante ans... la nouvelle direction en charge de Star Trek depuis 2007 aurait totalement et définitivement jeté l’éponge ?!
Plutôt que de continuer à se creuser les méninges (comme avant 2006) pour trouver des biais créatifs afin de respecter l’intégrité visuelle, narrative, scientifique, et philosophique d’un univers préexistant (avant d’en reculer toujours davantage la "date de péremption"), les nouveaux auteurs-producteurs préfèrent utiliser leurs vastes ressources en communication pour convaincre le public (et ses influenceurs) que rien n’est plus has been que le respect de la continuité, réputée étouffer la créativité des scénaristes, et ne préoccuper que quelques "no life" méprisables !
Cette posture laisse tout de même un amer sentiment de gâchis lorsque l’on comprend que la caractéristique première de Star Trek jusqu’en 2005 – la caractéristique qui le définissait et le distinguait fondamentalement de tous les univers audiovisuels concurrents – était son degré inouï et inégalé de cohérence interne sur une période de production aussi longue (quarante ans).
Triste ironie que cette prérogative si trekkienne soit dorénavant devenue l’apanage des autres...

Tout au mieux, serait-il possible – sans trop d’autosuggestion – de se convaincre que Discovery prend en fait place dans l’univers parallèle du reboot de 2009, tant les similitudes contextuelles et stylistiques sont nombreuses (hormis le système de stardates) : une Fédération inquiétante et peu utopique, les "alvéoles éducatives" vulcaines, le recast très abramsien de Sarek, l’absence de traducteurs universels pour le Klingon, les sorties de distorsion explosives, le design et le gigantisme de tous les vaisseaux, la mise en scène tournoyante, les lens flares à foison...

Fi ! Puisque le viol est désormais le sort réservé à Star Trek, celui-ci a vraiment intérêt à être exquis.
Alors en lieu et place de la cohérence internaliste trekkienne, il serait maintenant question de vendre au spectateur une science-fiction formatée par la nouvelle référence intergalactique que serait Battlestar Galactica 2003, véhiculant parait-il une pleine "conscience" sociale et politique. Car oui, c’est à la mesure de son utilitarisme que la SF deviendrait intellectuellement estimable : elle doit absolument transposer dans son univers (ou du moins dans ce qu’il en reste vu que la cohérence interne est un truc complètement "dépassé") l’actualité du moment, pour mirrorer toutes les obsessions et les angoisses de son époque de production.
Très réducteur pour la SF - exploration de tous les possibles. Mais admettons.
Faut-il encore que ladite transposition commente intelligemment et éclaire pertinemment les actus dont le public est aujourd’hui sursaturé ; faut-il que par le prisme de la SF, les études de sociétés et de cas offrent une vraie plus-value aux problèmes humains contemporains, en apportant du sens, des nuances, de la complexité, un enrichissement… et non en simplifiant, en caricaturant, et en dénaturant grossièrement le réel.

Hélas, rien, mais alors absolument rien de tel ne transparait dans le show convenu, plat, et hautement ennuyeux que propose pour le moment Discovery.

Les deux premiers opus de la série s’articulent autour d’un antagonisme manichéen et sans finesse entre Starfleet et… les Klingons ! Une configuration à peu près aussi originale que Kirk contre Khan dans Star Trek Into Darkness.
Sauf que cette espèce extraterrestre construite progressivement durant quarante années de créativité trekkienne, forte d’une authentique culture extraterrestre bien à elle, et culminant par ses problématiques méta-shakespeariennes… se voit réduite dans Discovery à une pantomime risible directement sortie d’une série Z produite par The Asylum. Désormais métamorphosés en Uruk-hai tolkieniens difformes (avec des masques en latex particulièrement voyants que jamais un Michael Westmore n’aurait laissé passer !), rigides et sinistres comme des morts-vivants, récitant à grand-peine (et de façon ultra-saccadée) un Klingon laborieux (et pourtant les traducteurs universels existaient déjà un siècle avant dans la série Enterprise !)… le spectacle imposé est plus que pathétique. Que reste-t-il donc de ces Klingons flamboyants, donnant corps à l’über-mensch nietzschéen, dionysiaques dans leurs tripes à chaque instant de leur vie et jusqu’à leur dernier souffle ? Que reste-t-il également du Klingon Augment Virus révélé par la saison 4 d’Enterprise et expliquant (en internaliste) l’aspect physique (et le comportement) très humanisé des Klingons dans TOS ? Et puis, qui a eu l’exécrable idée de faire jouer toutes les scènes klingonnes de Discovery en VO ? (Elles en deviennent quasiment irregardables !)
Et la métamorphose klingonne – presque gore - que nous inflige Discovery ne frappe pas seulement une obscure "ethnie préhistorique" jamais mise en scène auparavant dans la franchise, mais visiblement les 24 Maisons composant l’Empire, c’est-à-dire en gros l’ensemble de la civilisation klingonne !
Le pire est pourtant ailleurs. Il tient à ce discours affligeant que les auteurs prétendent faire tenir aux Klingons… avec l’attention avouée (dixit Aaron Haberts) de caricaturer le populisme de Donald Trump (bien qu’il soit plus tentant encore d’y voir un pastiche de Daesh) ! Loin de transposer équitablement deux visions du monde (pas forcément incompatibles d’ailleurs) qui s’affrontent aujourd’hui (le mondialisme vs. l’identité), d’en révéler avec empathie et humanisme les paradoxes et les causalités aussi nombreuses que complexes pour déconstruire et faire réfléchir, les auteurs optent pour la facilité du simplisme et du manichéisme. Ces "Klingons new-look" deviennent ainsi la caisse de résonance vulgaire des pires trolls qui hantent les égouts des réseaux sociaux et du web, la somme de tous les clichés et de toutes les idées reçues. Faisant de ces pseudo-Klingons des "bad guys" encore plus prétextes et plus creux que Nero (Star Trek 2009 et Krall (Star Trek Beyond) réunis !
Et même si l’intention dénonciatrice - et donc possiblement militante - des auteurs est peut-être louable, l’expérience a montré que des procédés aussi primaires sont en général très contreproductifs au sein des œuvres réputées "sérieuses". Il est d’ailleurs intéressant de noter que l’une des critiques de presse états-unienne les plus virulentes contre la série Discovery provient justement de CNN, le média qui s’oppose pourtant le plus frontalement à Donald Trump (et réciproquement).
Sur le terrain souvent casse-gueule de la transposition, Discovery est à des années-lumière de Battlestar Galactica 2003. N’est pas Ronald D. Moore qui veut.

Non content de multiplier les incompatibilités flagrantes avec la Prime timeline (par exemple la passerelle de l’USS Shenzhou – avec ses interfaces tactiles, ses afficheurs tête haute, et ses robots – est encore plus futuriste et désincarné que dans le reboot abramsien, les producteurs s’imaginant qu’il suffit d’ajouter quelques bruitages sonores tirés de la série originale pour contenter le geek nostalgique), Discovery multiplie également les incohérences envers elle-même :
- opération de reconnaissance en thruster pack à 2 000 km en moins de 20 minutes (impliquant de dépasser largement les g qu’un corps humain peu encaisser),
- jeunesse entière passée sur Vulcain sans même savoir comment les Vulcains avaient réussi à se faire respecter des Klingons au cours de leur longue Histoire,
- concept du preemptive strike sonnant bien peu vulcain, à moins de suggérer que c’est le Romulien V’Las qui a toujours été à tête de la société vulcaine,
- balise lumineuse klingonne (présentée symboliquement comme une "nouvelle étoile") qui fait rappliquer en distorsion la flotte klingonne en seulement quelques minutes chrono alors que sa lumière (limitée à c) ne pouvait atteindre les systèmes solaires voisins avant plusieurs années,
- condamnation totalement disproportionnée (à perpétuité !) de Michael Burnham par le tribunal d’une Fédération aussi dystopique que dans Star Trek Into Darkness, alors que le "devoir de désobéissance" s’inscrit dans la charte de Starfleet, et que la mutinerie de "number one" fut rétrospectivement en grande partie légitimée par les événements qui ont suivi.
Ces points concrets (et de nombreux autres) pourront être développés dans une critique détaillée au terme de la première saison de Discovery...

À l’exception de la belle Sonequa Martin-Green qui compose un personnage presque aussi sensible que dans The Walking Dead, l’interprétation demeure fade dans son ensemble, au point de laisser les spectateurs assez indifférents aux destins parfois funestes des personnages dans un pilote qui se présente comme le prequel du prequel (l’USS Discovery et le capitaine Gabriel Lorca n’y apparaissant pas encore).
Comment se fait-il que jamais je n’ai vibré lorsque Michael Burnham a (souvent) frôlé la mort ? Comment se fait-il que le trépas violent de la capitaine Georgiou (interprétée pourtant par l’excellente Michelle Yeoh) m’ait laissé totalement de marbre ?
Peut-être parce que finalement, comme dans le reboot abramsien, l’enchaînement des événements (conduisant à la guerre avec les pseudo-Klingons et à la condamnation de Michael Burnham à des fins de rédemption et de surérogation dans la suite de la série) parait scénaristiquement bien trop rapide, trop téléphoné, et trop prétexte. Et c’est ainsi que meurt... la si fragile suspension d’incrédulité... avant même d’avoir pu naître.

Le générique – signature s’il en est de Star Trek – s’avère lui aussi particulièrement décevant. Curieux générique d’ailleurs, plus externaliste qu’internaliste, totalement "orienté objet", fétichisant les goodies les plus kitsch, singeant maladroitement celui de Westworld... sur une musique d’ascenseur vaguement inspirée par le thème de Game Of Thrones.

En vérité, Discovery est une série qui préfère tricher plutôt que d’assumer, pour tenter d’avoir à la fois le beurre, l’argent du beurre, et le cul de la crémière, quitte à s’aliéner une partie des spectateurs (et notamment des trekkers de longue date) qui ont bien des raisons de se sentir floués voire manipulés.
Discovery prétend prendre place dans une timeline et dans un timeframe déjà largement explorés auparavant et donc parfaitement balisés… mais sans en respecter la chronologie, les structures, les technologies, les designs, les espèces... et l’ambiance.
Discovery prétend vouloir réactualiser tous les marqueurs trekkiens, s’émanciper d’une continuité réputée être un frein à la créativité, se démarquer des séries précédentes en introduisant de nouvelles espèces, de nouveaux personnages, et de nouvelles problématiques… mais plutôt que de se projeter avec logique et naturel dans un lointain futur (des siècles après ST Nemesis) ou dans une autre trame temporelle (comme le reboot de 2009), elle s’inféode toute seule aux contraintes inextricables de la période la plus typée, inimitable, et rétrofuturiste de la chronologie trekkienne, afin de profiter de la "branchouillardise vintage" – et donc vendeuse – de La série originale.
Discovery prétend innover avec une espèce extraterrestre radicalement nouvelle, tant par l’aspect physique que par le comportement, plongée en sus dans la sémiotique de la fantasy… mais la série n’est pas pour autant prête à renoncer commercialement à l’icônisme (désormais ultra-galvaudé) des Klingons, au risque d’une disparité inconciliable entre la dénomination et la matérialisation.
Discovery prétend (via ses bandes-annonces et les interviews des auteurs) offrir un commentaire social et politique sur notre temps… sauf qu’elle propose pour seul "fond" les clichés les plus réducteurs et les idées reçues les plus simplificatrices (donc trompeuses) sur les antagonismes et les enjeux contemporains.
Discovery prétend enfin aller là où aucune série Star Trek n’est allée avant elle, mais hormis son budget pharaonique (de 7 millions de dollars par épisode) et ses effets spéciaux de blockbusters ciné, elle se contente d’aligner des "déjà vus" plus prévisibles et soporifiques les uns que les autres. Ainsi :
- Un piège tortueux qui se transforme en casus belli : déjà vu avec les Xindis (Enterprise) et les Romuliens (The Next Generation).
- Une bataille spatiale qui se termine mal pour Starfleet : déjà vu avec Wolf 359 (The Next Generation / Deep Space Nine) et avec la bataille de Vulcain (Star Trek 2009).
- Une guerre avec les Klingons : déjà vu dans Enterprise et surtout dans Deep Space Nine.
- Un personnage (Michael Burnham) recueilli dans sa jeunesse par une autre espèce après l’assassinat de sa famille : déjà vu avec le Klingon Worf et le couple humain Sergey et Helena Rozhenko (The Next Generation).
- Un personnage tiraillé entre plusieurs cultures et réussissant en faire finalement la synthèse : déjà vu avec Spock (La série originale) et avec B’Elanna Torres (Voyager).
- Un personnage qui désobéit à son supérieur direct au nom de ses intimes convictions et/ou de l’intérêt général : déjà vu dans chaque série Star Trek précédente.
- Une stratégie d’attaque préventive pour éviter une guerre : déjà vu contre les Romuliens (La série originale) et contre le Dominion (Deep Space Nine).
- Un personnage (toujours Michael Burnham) condamné sévèrement par la justice de Starfleet et plus ou moins réhabilité ensuite : déjà vu avec James T. Kirk (The Voyage Home) et avec Tom Paris (Voyager).
- Une séance spectaculaire de "space diving" : déjà vu dans Voyager, Star Trek 2009, et Star Trek Into Darkness.
- Des discours identitaires et belliqueux (le pseudo-Klingon T’Kuvma) face à la "trop séduisante" Fédération : déjà vu et entendu un nombre incalculable de fois dans La série originale, La nouvelle génération, et Deep Space Nine mais sous des formes incomparablement plus subtiles et signifiantes qu’ici.
(…)
Il serait en fait possible de poursuivre ainsi l’énumération longtemps, car il n’existe pas une scène, pas un ressort des deux premiers épisodes de Discovery qui ne plagie ce qui a déjà été fait (et fort bien fait) auparavant dans la franchise, mais en troquant la complexité et la crédibilité contre le superficiel et le spectaculaire.

In fine, la série Discovery prétend faire du Star Trek pour profiter de toute la dynamique d’appel commerciale que véhicule ce nom (devenu marque et label)... mais elle se garde bien d’en respecter les véritables préalables, corollaires, et implications. Du coup, si Discovery ne se réclamait pas ostentatoirement de "Star Trek", elle ne bénéficierait probablement d’aucun soutien critique ni d’aucun succès d’audience. De quoi questionner la sincérité de toute cette opération...
Une situation à opposer au grand mérite de The Orville (de Seth MacFarlane et Brannon Braga), qui réussit à magistralement faire honneur à l’esprit trekkien sans pour autant être autorisé à en porter les couleurs officielles. Après quarante ans "d’hellénisme trekkien", serions-nous finalement entrés dans la "période héllénistique" de Star Trek ?

Alors, certes, le premier épisode Discovery 01x01 The Vulcan Hello (diffusé gratuitement sur CBS à la façon d’un "appât" pour pousser à souscrire à la nouvelle plateforme CBS All Access) a engrangé, au terme d’une campagne de pub quasi-orwellienne, 9,6 millions de téléspectateurs aux USA (le pilote de la série Enterprise en avait toutefois recueilli pas moins 12,54 millions en 2001 sur UPN – hors différé !).
Et, certes, les critiques de presse sont très majoritairement dithyrambiques (82% sur l’agrégateur RottenTomatoes).
Pourtant, il est symptomatique de constater que le bilan critique est bien moins positif du côté des téléspectateurs eux-mêmes ! Énormément d’avis négatifs s’expriment sur les réseaux sociaux, sur les charts en ligne, et sur les forums ; les souscriptions à CBS Access sont décevantes ; Discovery ne reçoit qu’un modeste 7,3 sur IMDb (la note la plus faible jamais reçue par une série Star Trek)… Ce décalage frappant entre les réactions du public réel et les "avis autorisés" de la presse conduisent à questionner l’indépendance et la représentativité des grands médias.
Plus gênant encore : se dessine une inquiétante cyber-tendance aux USA à vouloir culpabiliser voire diaboliser la large composante du public qui ose critiquer Discovery et/ou ne pas y reconnaître l’esprit, la forme et le fond du Star Trek qui l’a rendu trekker. Oui, diaboliser pour marginaliser ou bâillonner, en convoquant tout le ban et l’arrière-ban de la dialectique "social justice warrior", et en suggérant que le manque de popularité de Discovery serait imputable à ses seules prétendues "audaces" tokénistes autoproclamées... par CBS au titre d’arguments promotionnels (une femme de couleur en tête d’affiche, une capitaine asiatique, des personnages humains gay, etc.).
Seulement, lorsqu’une audace devient un argument de vente, il ne s’agit plus d’une audace mais juste d’un conformisme parmi d’autres. Et en 2017, il n’y a rien de plus banal et anodin à l’écran que des héroïnes féminines et des personnages gays. Quant à la franchise Star Trek historique de Gene Roddenberry et de Rick Berman, elle n’a pas attendu Discovery pour être socialement audacieuse et en avance sur son temps. Cela fait même un demi-siècle qu’elle précède et influence les normes sociales et les vogues. Et aucun univers d’anticipation audiovisuel ne fut plus fluide et plus unificateur que Star Trek en termes d’espèces, de races, et de genres… en évitant toute forme d’indexation, d’exhibition, de revendication, de ségrégation, et de communautarisme identitaire… comme il se doit dans une société futuriste foncièrement inclusive, donc par définition post-tokenist (à l’inverse de notre humanité contemporaine).
Alors n’en déplaise à tous les hystériques de la Doxa, il demeure encore permis de pas apprécier Discovery pour une infinité de raisons différentes, y compris et surtout au nom des valeurs, des idéaux, et des spécificités trekkiennes, sans pour autant se voir affublé des qualificatifs infamants (et godwiniens) de "sexiste", "raciste" ou "homophobe".
Reste que Discovery réussit à diviser le public, mais cette fois non d’une façon constructive telle une célébration de la diversité et de la pluralité, mais d’une façon déstructurante et désunificatrice, donc assez anti-trekkienne.

Et dans le cadre ce que ses deux premiers épisodes laissent à voir (et entrevoir de la suite), Discovery ambitionne de se servir de l’Héritage (Legacy) plutôt que de le servir. Ce qui n’est guère bon signe pour un prequel digne de ce nom, et assez loin de l’esprit trekkien.

Puissent les épisodes suivants me donner tort, c’est bien le vœu pieux que je formule présentement.
Hélas, l’évolution – ou plus exactement l’involution – prise par Star Trek depuis l’éviction de Rick Berman en 2006 autorise le plus grand pessimisme.
Et chose impensable il y a encore un an, le reboot de JJ Abrams n’est pas forcément ce qui pouvait arriver de pire à Star Trek…
La "mésaventure continue", et peut-être même en version 2.0.

Source Borg : http://www.unificationfrance.com/article50148.html
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Schmullus
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MessageSujet: Re: Soufflé au réchaud 2017 : La critique d'Yves Raducka   Sam 30 Sep 2017, 13:08

Yrad a écrit:
En vérité, Discovery est une série qui préfère tricher plutôt que d’assumer, pour tenter d’avoir à la fois le beurre, l’argent du beurre, et le cul de la crémière, quitte à s’aliéner une partie des spectateurs (et notamment des trekkers de longue date) qui ont bien des raisons de se sentir floués voire manipulés.

Et ta colonne chez Unif? Vous ne vous intéressez peut-être pas au cul de la crémière avec vos râpes à gruyère? Ne me dis pas le contraire ou je te ponds une critique océan sur tes critiques fleuves. :chez guinan 19:



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Soufflé au réchaud 2017 : La critique d'Yves Raducka

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