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 Code Trekkers: Pour les Trekkies amateurs de Code Quantum!

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Nostera
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MessageSujet: Code Trekkers - Episode 1 : Bas les Masques!    Dim 17 Aoû 2014, 19:52

Je vous ai formellement interdit l’accès à la base de données médicale… Je sais que vous avez certains problèmes, mais ce n’est pas d’un médecin que vous avez besoin…
- Pardon… ?
- Allez voir le Conseiller Troy.
- Mais…

La jeune femme en uniforme bleu ciel insista :
- Je sais que vous y êtes réfractaire, mais c’est l’ordre du médecin de bord. Sortez de l’infirmerie, j’ai des patients à soigner.
Ainsi éjecté de cette étrange pièce lumineuse, j’ai observé les alentours : de longs couloirs, des écrans monumentaux de chaque côté…

Où suis-je encore tombé ?
- Le Conseiller Troy… Mais où est ce Conseiller Troy ?
Le Conseiller Troy se trouve dans ses quartiers.
- Qui a parlé ?
Pas de réponse. Pourtant, j’étais sûr d’avoir entendu une voix…

Bon, remettons les choses en ordre… Je suis qui, d’abord ?
- Ah, Reg’, je vous cherchais !
Je me suis retourné : un homme de race noire portant une curieuse visière dorée m’avait tapoté l’épaule pour marquer qu’il s’adressait à moi.
- Ah oui, monsieur… ?

 

 

 

 

 

L’homme me dévisagea : malgré sa visière, je pouvais voir qu’il était surpris :
- Tout va bien, Reg’ ? Vous avez quitté la salle des machines si précipitamment…
Alors, je suis un ingénieur… Reg’ est probablement un surnom… Mais pour quoi ?
- A vrai dire, je… Je suis un peu fatigué…
- Bon, permission de rejoindre vos quartiers, vous avez travaillé sans relâche…

L’homme fit volte-face et repartit.
- Mes quartiers… Oui, c’est une bonne idée… Mais où sont mes quartiers ?
Veuillez suivre les instructions sur les panneaux de contrôle.
Encore cette voix… Quelles instructions… Et ça, qu’est-ce-que c’est ? On dirait une sorte de plan lumineux affiché sur l’écran géant du mur…

Et il semblerait que cela me montre un chemin…
- Bien… Suivons le guide…
J’ai tant bien que mal interprété les indications le long du chemin, croisant parfois quelques personnes - probablement employées dans ce bâtiment étrange.
- Ah… Ce sont mes quartiers… ?

La voix se fit entendre de nouveau :
Affirmatif.
- Ah, super… Mais comment ouvre-t-on les portes ?
Les portes basculèrent comme si j’accédais à un ascenseur.
- Ah bon… Pratique.

Le seuil passé, les portes se refermèrent d’elles-mêmes. Faisant un rapide tour d’horizon de la pièce à vivre plutôt sobre afin de récolter des informations sur l’homme que je remplaçais actuellement, je vis par l’unique ouverture sur l’extérieur, des milliards d’étoiles qui semblaient défiler en accéléré…
- Oh, bravo…



Tâchant de conserver mon calme, j’ai poursuivi mon investigation : il n’y avait que très peu d’informations sur la personne qui devait habiter ces quartiers… Il ne restait qu’à trouver un miroir pour savoir à quoi je ressemblais.
- Ah, on dirait une salle de bains…
Curieuse douche. Mais il y avait un miroir…

Des yeux marron, typé Européen - je dirais probablement Néerlandais -, les cheveux courts et plutôt bruns, l’air de porter la misère du Monde sur les épaules… Et cet uniforme jaune…
- Ce badge… On dirait un dispositif électronique…
J’en avais déjà vus qui remplissaient une fonction de géolocalisation… Peut-être était-ce le cas pour celui-ci…

Cela ne m’en disait pas plus sur celui que j’étais. Dans un soupir agacé, j’ai déclaré :
- Bon, alors, je suis qui, exactement ?!
Vous êtes l’Enseigne Reginald Endicott Barclay, Troisième du nom, affecté au Vaisseau de Classe Galactique Enterprise, sous le Commandement du Capitaine Jean-Luc Picard.
Bon, au moins, je savais à quoi m’en tenir.

Mais où était Al ?
- Al ? Eh, Al, tu m’entends ?
La porte virtuelle s’ouvrit à la place de la douche sans arrivée d’eau, et Al arriva, l’Interrogateur au poing comme s’il avait cherché à me localiser depuis quelques heures :
- Ah, te voilà Sam ! Je commençais à m’inquiéter !

J’ai soufflé, rassuré :
- Bon, Al, je n’y comprends rien…
- D’après Ziggy, tu es Reginald…
- Endicott Barclay, Troisième du nom, oui, ça je sais.
- Ah… Tu es ingénieur à bord d’un Vaisseau Spatial nommé Enterprise

Ce n’était encore jamais arrivé. Al acquiesça :
- Je crois qu’une erreur s’est produite lors du transport. Tu as été catapulté en plein espace, au vingt-quatrième siècle !
- Bravo… Et je suis censé faire quoi ?
- J’interroge encore Ziggy… C’est assez flou…

Tout comme ce qui se passait ici.
- Qui est ce Barclay ? J’étais à l’infirmerie devant une doctoresse qui m’a dit d’aller voir un conseiller nommé Troy, disant qu’elle avait des patients à soigner…
- Ah, oui, j’ai des données. L’Enseigne Barclay est connu pour souffrir de la phobie du téléporteur, hypocondriaque, arachnophobe, mais c’est un ingénieur brillant.

Au moins un point positif.
- J’ai des informations sur le Conseiller Troy… Ouuuuh… Intéressant.
- Quoi ?
- Eh bien, c’est une femme. Je ne sais pas ce qu’est une Bétazoïde, mais elle a ce qu’il faut où il faut.
- Et alors ? Pourquoi la doctoresse m’a-t-elle dit d’aller la voir ?

Al haussa les épaules :
- Je l’ignore, mais en tous cas, Conseiller serait une fonction assez similaire à celle du psychiatre.
- Génial, en plus je suis névrosé…
- Il semblerait que ce soit plus compliqué que ça… Je lis que l’Enseigne Barclay était secrètement amoureux du Conseiller Troy…

 

 

 

Voilà pourquoi ce Barclay préférait l’éviter : un officier amoureux de la psychiatre…
- Bon, si je suis ici, c’est qu’il y a une erreur à réparer.
- C’est plutôt vague. Il semblerait qu’un certain Geordi LaForge, le supérieur direct de Barclay, ait besoin de celui-ci pour une mission d’exploration…
- Ce Geordi, est-il noir avec une visière bizarre devant les yeux ?

Al interrogea Ziggy et acquiesça :
- Oui, en effet. Cette visière lui permet de voir, car il est en réalité aveugle, d’après les données.
- Je l’ai croisé tout à l’heure, il m’a dit qu’il me cherchait… En quoi consiste la mission ?
- Ils doivent aller explorer en navette un amas d’étoiles qui abriterait une planète… Rien de bien exceptionnel pour un Vaisseau dont le but est d’explorer l’Univers…

L’Interrogateur bipa, et Al parut plus inquiet :
- Il semblerait que la mission se solde par le décès de quelqu’un…
- Qui ? Moi ?
- Ziggy n’a pas encore d’informations sur le sujet.
- Que devrais-je faire, alors ? Refuser d’aller en mission ?

Al souffla, un peu dépassé sans doute :
- En admettant que c’est bien Barclay qui est en danger, cela aurait pour simple effet de te faire placer en quartiers restrictifs pour insubordination. Mais si c’est un autre membre de l’équipe d’exploration qui doit mourir, ton refus ne changerait rien à la situation.
- Donc, je dois accepter de partir…

Al acquiesça :
- Tu es là pour empêcher le décès prématuré de quelqu’un… Tu vas devoir veiller sur tous les membres de l’équipe d’exploration, aucun d’eux ne doit mourir lors de cette mission.
- Génial…
- Je te conseille de laisser les évènements se dérouler comme ils le doivent pour le moment…

Al me dévisagea comme pour chercher mon accord :
- Ziggy aura probablement plus d’informations ensuite.
Une sonnerie discrète se fit entendre.
- Ah, ça, c’est pour dire que quelqu’un souhaite entrer dans tes quartiers.
- Bien… Oui, entrez… ?

J’entendis les portes s’ouvrir, et le fameux Geordi LaForge se refléta dans le miroir :
- Je m’inquiétais, Reg’… Tout va bien ?
- Oui, oui… Je… Juste un petit coup de fatigue…
Il sortit brutalement l’appareil étrange qu’il avait à son côté :
- Eh, que se passe-t-il ?

Al grinça :
- C’est un phaser, une arme pouvant paralyser ou tuer…
- Il y a quelqu’un à-côté de vous, Reg’ ! Vous ne le voyez pas ?
- Quelqu’un, Monsieur… ?
- Oups…

Al disparut brusquement. Geordi LaForge abaissa son « phaser » :
- J’ai cru voir quelqu’un…
- Il n’y avait personne, Monsieur…
- C’est étrange… Je suis presque certain qu’il vous a parlé…
- C’est probablement la mission qui vous rend nerveux…



Il acquiesça :
- Oui… Je dois avouer que je ne sais pas trop à quoi m’attendre…
- Voudriez-vous que nous en parlions ?
- Eh bien… Volontiers, oui.
J’ai invité LaForge à s’asseoir.

Il eut un sourire curieux en me regardant :
- C’est drôle, vous êtes la dernière personne à qui j’aurais imaginé confier mes angoisses…
- Pourquoi cela ?
- Parce que c’est généralement plutôt l’inverse.
- Ah oui… Eh bien, il faut bien que je vous renvoie l’ascenseur, non ?

La Forge m’observa : cette expression n’était plus utilisée, ou quoi ?
- Bref… Nous n’avons que très peu de données sur l’amas stellaire que la navette doit traverser. Nos sondes ne sont pas toutes revenues…
- Vous pensez que quelque chose les a retenues ?
- Ou quelqu’un. Il pourrait bien y avoir des gens hostiles, là-dedans…

J’ai approuvé la théorie d’un signe de tête.
- Je n’aime pas mettre l’un de mes meilleurs ingénieurs en danger…
- De qui parlez-vous ?
- Allons, ne soyez pas aussi modeste, Reg’.
Ah, il parlait de moi…

Je fis semblant de subir une perte de mémoire :
- Au fait, je suis un peu distrait ces temps-ci…
- Ce n’est pas nouveau, Reg’.
- Oui, enfin… J’ai… Oublié qui devait nous accompagner…
- Personne, Reg’. Il n’y a que nous deux.

Bon, ça allait simplifier les choses.
- Ah oui, c’est vrai…
- Encore, ce serait un appareil alien égaré, je ne dirais rien… Mais nous n’aurons que nos phasers pour nous défendre en cas d’attaque, et l’armement de la navette est plutôt léger…
- Je suis d’accord avec vous.

LaForge eut un rire bref :
- Venant de vous, ça ne m’étonne pas. Qu’en pensez-vous, Reg’ ? Devrions-nous réclamer plus de membres ou d’armes ?
- Je pense que…
Je devrais penser quoi, en fait ?

Je pourrais proposer une liaison permanente avec le téléporteur, mais je suis censé souffrir de phobie à ce sujet…
- … Si nous voyageons léger, nous pourrons fuir plus rapidement.
- Vous envisagez déjà une attaque… Je n’en attendais pas moins de vous.
- Il faut tout envisager.

LaForge acquiesça :
- Vous avez raison. Alors, d’après vous, les choses doivent continuer comme elles sont ?
- En gros, oui…
- Bien. Au rapport dans une heure pour l’embarquement, Enseigne.
- Bien, Monsieur…



LaForge quitta les quartiers de Barclay.
- Al ! Al, tu peux m’expliquer ce qui s’est passé ?
La porte virtuelle divisa la pièce à vivre :
- Il est parti… Bien, je dois te prévenir, Sam : je ne pourrai pas t’aider tant que tu seras près de ce Geordi LaForge…

Mais je suis censé passer tout mon temps avec lui !
- Je sais, ce n’est pas réjouissant… Mais il semblerait que sa visière lui donne la possibilité de me voir aussi clairement que tu me vois, et il a dû lire sur mes lèvres...
- Donc, il te voit mais ne t’entend pas ?
- Exact. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi il ne t’a pas démasqué.

Je me suis senti blêmir :
- Comment ça ?
- Si sa visière lui permet de me voir, il devrait pouvoir traverser les hologrammes, dont celui qui te fait ressembler à Barclay… Et cela pourrait te mettre en danger, il faut que je demande à Ziggy plus d’informations sur cet appareil d’assistance à la vision.

J’ai acquiescé vivement pour le presser à faire ainsi :
- Je n’ai qu’une heure pour savoir à quoi m’en tenir avec lui.
- Je ferai de mon mieux.
Al repassa la porte virtuelle, me laissant seul. L’angoisse me saisissait : la seule personne avec qui j’allais passer la totalité de cette mission était capable de voir Al, et pouvait me reconnaître…

 

 

 

 

L’on sonna de nouveau à la porte :
- Oui, entrez… ?
Les portes s’ouvrirent sur une femme en longue robe bleue et à la toison plus noire que ses yeux :
- Monsieur Barclay, je ne vous dérange pas… ?
- Euh… Non… Je me préparais pour la mission…

La femme s’avança :
- C’est à ce sujet que je suis venue. Le Capitaine tient à s’assurer que l’équipe d’exploration est dans une disposition psychique adéquate.
J’ai sourcillé :
- Vous êtes le Conseiller Troy… ?

La femme se figea, étonnée :
- Oui, c’est moi… Vous ne me reconnaissez pas ?
- Je… J’ai quelques pertes de mémoire, ces temps-ci…
- Je voudrais user de mon empathie… Il y a sûrement une explication à cela, et c’est assez préoccupant… Vous n’y voyez pas d’inconvénient ?

Je suis Barclay. Je suis amoureux de cette femme. Comment suis-je censé réagir face à cette requête bien mystérieuse ?
- Vous… Vous allez devoir me toucher ?
- Non, rassurez-vous… Les Bétazoïdes n’ont pas nécessairement besoin de contact physique.
Alors, ça voulait dire qu’elle allait sonder mon esprit ?!

Je me suis relevé brutalement, ce qui ne parut pas l’étonner :
- Non, Conseiller, désolé… Je suis sûr que… Ce n’est que de la fatigue…
- Cela ne vous ressemble pas…
- Je vous assure, je…
- Un instant, ce n’est pas normal… Qui êtes-vous… ?



Là, j’étais démasqué, ou elle feintait ?
- Que voulez-vous dire… ?
- Vous n’êtes pas Reginald Barclay. Vous lui ressemblez et vous avez sa voix, mais j’ai sondé votre esprit, et ce que j’en perçois ne lui correspond pas.
- Sam, tu ferais mieux de lui dire la vérité.

Al venait de réapparaître devant moi.
- Ziggy m’indique que les Betazoïdes sont une espèce extraterrestre douée de télépathie. Cette femme sait que tu n’es pas Barclay.
- Bien, vous avez raison… Je suis Samuel Beckett, je voyage à-travers le temps sans avoir le moindre contrôle. Je « remplace » Barclay car je dois corriger une erreur qui sera commise.

La Betazoïde ne parut pas surprise de mon récit : elle avait probablement connu plus étrange.
- Barclay reviendra quand j’aurai évité que l’erreur ne soit commise, et à cet instant, je serai de nouveau catapulté dans la vie de quelqu’un d’autre, afin de réparer une autre erreur.
- Et vous vivez ainsi depuis longtemps ?
- Assez, oui. N’en dites rien à personne, cela compromettrait mes actions.

La Betazoïde acquiesça :
- Vous avez une mission importante. Je sens beaucoup d’inquiétude… Votre vie est peut-être même en danger, je peux le ressentir…
- Il se peut que l’erreur soit la mort de Barclay lui-même, ou de quelqu’un d’autre…
- Je vois… Je vais donc vous laisser agir… Mais je vous surveille…

Elle se leva et quitta mes quartiers. Je me suis tourné vers Al :
- Qu’est-ce qu’elle voulait dire par « Je vous surveille » ?
- Je l’ignore. Mais elle est prudente, elle peut penser que tu es un imposteur venu nuire à son vaisseau, que tu détiens Barclay en un lieu secret, et que tu as inventé toute cette histoire pour qu’elle n’interfère pas avec ta mission.

J’ai haussé les épaules :
- Ce n’est pas mon souci principal… Tu as des informations sur la visière de LaForge ?
- Ziggy m’affirme que LaForge n’a pas une vision précise des choses. Sa visière particulière, appelée « Visor », lui transmet les ondes de toute nature, ce qu’il fait qu’il traverse en effet l’hologramme qui te donne l’apparence de Barclay, mais qu’il ne voit pas qui tu es en réalité.

C’était déjà ça de réglé.
- Cela explique pourquoi il m’a vu, entre autres : son « Visor » a détecté mes ondes.
- Comment faire pour qu’il ne te détecte pas ?
- Je n’ai pas assez d’informations sur le « Visor ». Tu devras te débrouiller sans moi tant que tu seras en présence de LaForge.

Il ne restait que dix minutes avant l’embarquement, j’avais plutôt intérêt à me préparer…
- Tu ne pourrais pas me dire où je dois aller pour rejoindre LaForge ?
- Attends, je consulte les plans du vaisseau… Ah, c’est le Hangar 6. Tu n’as qu’à demander à l’ordinateur du vaisseau où se trouve le Hangar 6, et il t’indiquera le chemin.
- L’ordinateur du vaisseau ?

Al acquiesça :
- Ce vaisseau est équipé d’une intelligence artificielle centralisée... Si tu poses une question à voix haute et si cette intelligence artificielle détient la réponse, elle traite ta demande et te répond.
- Ah, c’est donc ça, cette voix que j’ai entendue.
- Oui. Elle peut aussi ouvrir les portes sur demande et faire fonctionner les ascenseurs.



Impressionnant… En sachant cela, bien des choses allaient se simplifier…
- Et comment dois-je m’adresser à cette intelligence ?
- Dis simplement « Ordinateur », et pose ta question.
- Bien, essayons… Ordinateur, indique le chemin pour le Hangar 6.
Veuillez suivre les indications lumineuses sur les panneaux de contrôle.

Al m’emboîta le pas, s’assurant que LaForge ne croisait pas notre secteur :
- Cette intelligence centralisée est vraiment épatante. Ce vaisseau dispose d’appareils nommés « synthétiseurs », capables de reproduire n’importe quel objet ou nourriture, et il suffit juste de demander au synthétiseur pour obtenir l’objet… Tiens, demande-lui où est LaForge.
- Ordinateur, peux-tu localiser Geordi LaForge ?

L’Ordinateur tinta :
Le Commandeur Geordi LaForge se trouve actuellement dans le Hangar 6.
- Bon, on ne risque pas de le croiser par accident…
- Ordinateur, localise l’Enseigne Reginald Barclay.
L’Enseigne Reginald Barclay n’est pas à bord.

Al sourcilla :
- Ouhlà, ça, c’est pas bon…
Il disparut aussitôt, et LaForge arriva devant moi :
- Eh bien, nous vous attendions, tout va bien… ?
- J’ai eu un petit contretemps… Vous avez demandé à me localiser ? Pourquoi ?

 

 

 

 

 

 

LaForge sourit :
- Je ne voulais pas vous déranger. Le Conseiller Troy m’a fait part de votre état.
- Mon état, Monsieur… ?
- Oui, vous semblez un peu surmené, et vous avez des pertes de mémoire. Vous ne l’avez même pas reconnue quand elle est venue dans vos quartiers…

Il m’a fallu un instant pour comprendre : alors, la Betazoïde ne m’a pas trahie…
- Ce qui est étrange, c’est que l’Ordinateur n’ait pas pu localiser votre combadge…
J’ai ôté rapidement le badge sur ma poitrine, le cachant dans mon dos :
- Je… Je pense que je l’ai perdu au cours d’une mission… Je ne parviens plus à mettre la main dessus depuis quelques temps…

LaForge sourit :
- Venant de vous, ça ne m’étonne pas… Vous êtes très distrait.
Al apparut derrière LaForge : il devait avoir quelque chose d’urgent à me dire pour prendre le risque d’être de nouveau remarqué.
- Sam, le combadge tout comme l’uniforme que tu portes n’est qu’un hologramme !

J’ai discrètement acquiescé pour que LaForge ne se doute de rien.
- Il a pour fonction de permettre à ceux qui en portent de communiquer entre eux à distance, mais permet également la géolocalisation de son possesseur. Pour l’ordinateur de ce vaisseau, Barclay n’est absolument pas à bord.
Oui, ça allait compliquer certaines choses…

Al fit bruisser l’Interrogateur :
- Tu dois absolument éviter les situations où le combadge sera nécessaire. Reste près de LaForge, ta version des faits fera illusion le temps de ton séjour dans cette époque.
- Vous êtes prêt à embarquer, Reg’ ?
Il tourna la tête : je fixais probablement Al sans m’en rendre compte.



Mais Al était déjà reparti. J’ai vivement hoché de la tête :
- Oui, ça ira…
- Nous sommes tous inquiets vis-à-vis de cette mission, je vous comprends.
- « Nous » ?
- Le Conseiller Troy a demandé à nous accompagner.

D’accord… Elle ne comptait pas me lâcher aussi facilement dans la nature…
- Ah… Ah bon…
- Je sais que cela risque d’être un peu perturbant pour vous…
Oui, j’étais censé me languir d’elle, et LaForge semblait bien au courant.
- Je… Je ferai de mon mieux…

LaForge me donna un coup amical sur le bras et m’incita à le suivre. La navette nous attendait, face à l’immense cloison dont je devinais les contours…
- Tout est prêt pour l’embarquement, messieurs…
J’ai tourné la tête et tressauté :
« Mais c’est quoi, ça ?! »

La créature qui nous avait parlé n’était à l’évidence pas humaine, avec ces étranges sillons et arrêtes sur le front et le nez…
- C’est Worf qui vous fait peur, Reg’ ? Je sais, les Klingons sont impressionnants, mais je pensais que vous vous étiez habitué, depuis le temps…
- Je… Je suis un peu nerveux…

J’entendis soudain une voix dans ma tête :
« Je ne peux que croire votre version des faits. J’ai clairement ressenti que vous n’aviez pas la moindre idée de ce que Worf était. »
Le Conseiller Troy me dévisageait. C’était elle qui me parlait par télépathie ?
« Oui, c’est moi. Vous aurez besoin de mon intermédiaire, je n’en doute pas. »

Etait-ce pour cela qu’elle faisait maintenant partie de l’équipe d’exploration ?
« Au début, j’ai intercédé auprès du Capitaine en lui soutenant que vous aviez besoin d’une assistance psychiatrique au cours de la mission. Ainsi, je pouvais m’assurer que vous n’aviez nullement pour intention de mettre la mission en péril. Je constate qu’en effet, vous n’êtes aucunement de cette époque. »

J’ai haussé les épaules : ça me faisait une belle jambe, tiens…
« Je sais ce que vous pensez. Mais je n’ai pas trahi votre confidence. »
Merci, ça remonte le moral…
« Je vous en prie. Je dois assurer la sécurité de l’équipage. Et comme vous êtes ici dans un but similaire, je dois vous aider. »

LaForge pilotait la navette tandis que nous échangions en silence. L’engin stoppa net :
- Navette d’exploration à Enterprise. Nous sommes arrivés à la lisière de l’amas stellaire.
Ici la Passerelle. Bien reçu, commencez la mission. Picard, terminé.
- Allez, on y va…
Je pouvais sentir l’inquiétude dans le ton de LaForge.

Le Conseiller Troy acquiesça :
« Seules dix pour cent des sondes envoyées sont revenues… Il y a de quoi être angoissé. »
Ah d’accord… C’est un mauvais chiffre…
- Je pourrai repérer des volontés hostiles à distance.
- Oui, je l’avais presque oublié… Merci, Conseiller, je suis plus serein…



La navette traversa sans encombre l’amas d’étoiles sur notre passage, et nous arrivâmes en vue de la fameuse planète. LaForge sourcilla en calibrant quelque chose sur son tableau de bord :
- C’est assez curieux… Il y a de très nombreux satellites artificiels en orbite autour de la planète… Je procède à l’analyse des satellites…
Il se passa quelques secondes avant que LaForge ne bouge l’auriculaire.

Il se tourna vers moi :
- Venez, Reg’, vous n’allez pas le croire…
J’ai approché : je savais pertinemment que je ne comprendrais rien aux relevés d’analyse, mais je devais faire illusion… Je me suis penché sur les données, feignant la surprise :
- Oh, ça alors…

LaForge acquiesça :
- Il s’agit des sondes d’exploration qui ne sont pas revenues…
- Pourquoi sont-elles restées en orbite ?
- Je l’ignore. Mais nous pouvons déjà récolter les données qu’elles contiennent à la distance où nous nous trouvons…

Il pianota sur son tableau de bord :
- J’ai établi la connexion. Planète de Classe M. Azote 90%, oxygène 5%... Climat Polaire général.
LaForge se retourna vers nous, souriant :
- Habitée.
- Il y a des êtres vivants sur cette planète ?

 

 

 

 

 

 

LaForge acquiesça, l’air plus enjoué qu’au départ :
- Approximativement cinq-cent-cinquante-quatre signes de vie sur la surface habitable.
- De quelle nature ?
- Ce sont des êtres complexes, apparemment. Je dirais qu’ils sont assez peu évolués…
- Humanoïdes ?

LaForge haussa les épaules :
- Je n’en ai pas la moindre idée. Ils semblent très difficiles à repérer.
- Et si nous descendions leur faire une visite ?
- Reg’, vous oubliez la Directive Première ! C’est une civilisation pré-distorsion, les relevés l’indiquent très clairement, nous ne pouvons établir un premier contact avec elle !

D’accord… Alors, s’ils n’étaient pas censés atterrir sur cette planète, pourquoi quelqu’un est-il mort au cours de cette mission ?
- On va tenter une approche discrète. Il va falloir prendre sur vous, Reg’.
- Prendre sur moi… ?
- Oui. Nous devrons utiliser les téléporteurs pour que les indigènes ne repèrent pas la navette.

Les téléporteurs. Je suis censé en avoir une peur mortelle.
- Je… Je ne peux pas… Je…
- Je comprends parfaitement. Dans ce cas, c’est vous qui ferez fonctionner les téléporteurs pour que le Conseiller et moi-même puissions descendre et remonter.
Là, ça se corse… Comment vais-je pouvoir activer ces téléporteurs ?

Soudain, l’évidence m’apparut : c’est LaForge qui allait être tué au cours de la mission.
- Monsieur… Je tiens à y aller à votre place.
- Vous en êtes sûr ?
- Oui. Je veux y aller.
- Mais le téléporteur et vous…



J’ai croisé les bras pour marquer ma position :
- Tout ira bien. Et je tiens à y aller seul.
« Vous ne pouvez pas faire ça, vous vous mettez en danger ! »
« Ecoutez, je sais que c’est Geordi LaForge qui est censé mourir, c’est ça l’erreur que je dois réparer pour réussir ma mission. Je dois donc le remplacer. »

Le Conseiller Troy acquiesça :
« Pourquoi ne voulez-vous pas que je vous accompagne ? »
« Cela paraitrait bizarre que j’accepte sans sourciller, non seulement d’être téléporté, mais en plus de me retrouver sur une planète totalement inconnue en votre seule compagnie. »
« Je ne saisis pas l’étrangeté dans la seconde partie… »

Oups… Elle n’était donc pas au courant pour les sentiments de Barclay… ?
« Je vous demande pardon ? »
« Oubliez ça. »
« Non, vous pensiez à quelque chose à propos de sentiments… »
« Oubliez, s’il vous plaît… »

Plutôt difficile de conserver des secrets, avec elle… Il valait mieux qu’elle ne m’entende pas penser en permanence…
« Vous n’avez pas la moindre idée de ce que vous devez faire pendant cette mission. Si je vous accompagne, je pourrai vous le dire. »
« Bon, c’est vendu, vous pouvez venir… »

J’ai adressé un regard à LaForge :
- Finalement, le Conseiller Troy pourrait m’être utile pour connaître les intentions des indigènes.
- Bien, je ne poserai pas de questions… Je vais activer un hologramme primaire qui vous masquera à la vue des indigènes même lors des déplacements… La zone où vous allez arriver est très sauvage, ils vivent encore probablement dans la nature.

J’ai marqué mon entendement d’un signe de tête.
- Bon, préparez-vous à la téléportation, l’hologramme est activé. Tout ira bien, Reg’ ?
- Oui. Allez-y.
- Energie…
Un flux de particules m’enveloppa…

… Et je me suis retrouvé quelques secondes plus tard en pleine campagne Sibérienne.
- Bien, laissez-moi faire.
- Okay, m’dame…
Elle s’avança parmi les quelques conifères argentés sur notre passage. Leurs cimes enneigées dépassaient les nuages éternels…

Le Conseiller me dévisagea :
- Je ressens une présence. Les habitants de ce monde vivent probablement dans les arbres.
- Pas dans les sous-sols ?
- Non. Il n’y a rien en-dessous… Ces arbres sont probablement bien plus larges que nous ne pouvons le percevoir, et ils vivent par-delà les nuages…

Alors, comment allions-nous faire pour voir à quoi ces aliens ressemblaient ?
- Il va falloir escalader. Mais nous risquons d’être repérés en dépit de notre camouflage.
- Sam ! Ah, Sam, je te retrouve !
- Al ?
- A qui parlez-vous ?



J’ai soufflé :
- Pas le temps d’expliquer. Que se passe-t-il, Al ?
- Ziggy m’a donné les informations : c’est le Commandeur LaForge qui devait trouver la mort, après une longue poursuite par les indigènes, mais tu as modifié le cours des évènements…
Cela n’avait pas l’air d’une si bonne nouvelle.

Al acquiesça :
- Maintenant, si les évènements continuent à évoluer sur leur lancée, c’est Barclay qui va mourir à la place de LaForge…
- Oh, bravo… Et je suis censé mourir comment ?
- Ziggy a du mal à trouver des données sur cette époque, mais je fais mon possible !

La porte virtuelle scinda la neige.
- Eh attends, et comment je…
Il avait disparu.
- … Super…
- Docteur Beckett, que se passe-t-il ?

J’ai tapé du pied dans la neige :
- Je parlais à un hologramme censé m’aider dans ma mission. Et ce que j’ai fait a évité la mort du Commandeur LaForge, mais précipité celle de Barclay - autrement dit, la mienne -, et je n’ai aucune idée de la façon dont je peux me sauver.
- Vous devriez remonter à bord de la navette. Je saurai mener cette mission.

J’ai secoué la tête :
- Un homme averti en vaut deux. Je dois poursuivre la mission.
- Vous m’avez bien dit que quand vous aurez corrigé l’erreur, vous serez envoyé ailleurs…
- Oui, mais j’ai engendré une autre erreur, que je dois maintenant réparer.
- Ne serait-il pas plus simple de mettre Monsieur Barclay en sécurité ?

Non, ça n’était jamais aussi simple…
- Cette mission doit arriver à son terme prévu, mais sans provoquer la mort de quelqu’un.
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas. Eviter les évènements n’a jamais été la solution, voilà tout.
- Bien, commençons à escalader, alors…

Elle marqua sa position en prenant la première branche à sa portée.
« Bon… Comment je vais faire pour grimper… »
Je n’avais pas vraiment un entraînement militaire avancé… Barclay peut-être, mais moi…
- Vous pouvez y arriver, ayez confiance…
J’ai haussé les épaules : advienne que pourra.

J’ai posé les mains sur les branches, et engagé les premières poussées.
- Vous y arrivez très bien, continuez !
Sur ma lancée, j’ai même légèrement dépassé le Conseiller Troy :
- Soyez prudent, les prises ne sont plus aussi sûres qu’en bas !
Oui, c’est vrai… Et je suis censé mourir, alors autant ne pas prendre trop de risques…

Une fois en haut, nous avons découvert d’immenses ponts rudimentaires reliant les cimes les unes aux autres, et des aménagements s’apparentant à des habitations.
« Nous sommes arrivés… Soyons discrets, surtout… »
Elle entreprit de traverser le pont le plus proche. Il ne m’avait pas l’air très solide… Les créatures qui l’empruntaient devaient être bien plus légères que nous…



J’ai posé un pied devant l’autre comme si j’apprenais à marcher : chaque planche craquelait sur mon passage. J’étais à l’évidence bien trop lourd…
« Je ressens une présence à proximité… »
Je n’osais même pas regarder en bas : la distance était impossible à mesurer, comme nous nous trouvions au-delà des nuages.

Ce que je me demandais, c’était comment nous pouvions encore respirer correctement…
- Sam !
Je me suis retourné :
- Je dois être discret, Al, qu’y a-t-il ?
- Ziggy m’a envoyé le rapport d’autopsie de Barclay…

Donc, j’étais toujours censé mourir…
- Et que disent-ils ?
- Tu ne vas pas aimer ça… Empoisonnement lent à un gaz atmosphérique étranger.
- Quoi ? Tu veux dire que je suis en train de m’empoisonner ?
- Le rapport d’autopsie de Deanna Troy indique qu’elle a subi le même empoisonnement.

J’ai regardé Deanna : elle ne semblait pas plus en souffrir que moi.
- D’ici une vingtaine de minutes, si vous ne redescendez pas sous les nuages, vous aurez été suffisamment en contact avec le gaz toxique pour que les séquelles soient irréversibles.
- Je ne sens rien…
- Les premiers signes d’étouffement seraient survenus au retour sur le Vaisseau…

 

 

 

 

 

Al secoua la tête :
- Et Barclay ainsi que Troy seraient décédés dans les trois jours consécutifs.
- Ah, d’accord… Conseiller Troy !
- Soyons discrets ! Que se passe-t-il ?
- Nous sommes en danger ici. Je n’ai pas le temps de vous expliquer, venez !

Nous avons retraversé le pont, parvenant à l’arbre que nous avions escaladé, et j’ai pressé Deanna à descendre.
- C’est encore votre hologramme qui vous a parlé ?
- Oui, il y a un gaz toxique à cette altitude, nous ne devons pas rester exposés plus longtemps !
Une fois au sol, Al revint auprès de moi.

Son expression ne semblait pas indiquer que les choses s’arrangeaient :
- Deanna Troy doit encore mourir, Sam.
- Comment ?
- Une flèche imbibée d’un poison inconnu en plein cœur.
- Conseiller Troy ! Nous avons été repérés ! Nous devons remonter à bord de la navette !

Al secoua la tête :
- Mauvaise idée, Sam.
- Quoi ? Qu’est-ce-qui ne va pas avec cette option ?
- A-cause de la dose de gaz toxique que vous avez déjà inspirée, le téléporteur va subir une grave défaillance technique, et l’Enseigne Barclay n’arrivera jamais à bord de la navette.

Al interrogea Ziggy :
- Tu dois appeler LaForge pour qu’il vienne vous récupérer en personne. Sinon, Barclay sera décomposé molécule par molécule, et il ne sera jamais recomposé.
- Mais Troy n’aura rien ?
- Non, le téléporteur fonctionnera parfaitement pour elle.



Bien, alors il n’y avait qu’un moyen d’y arriver :
- Vous allez vous faire téléporter à bord. Dites à LaForge que le téléporteur risque d’avoir un problème mécanique grave, et qu’il doit soit le réparer, soit me récupérer avec la navette.
- Bien, je vous fais confiance…
- Merci. Croyez-moi, vous ne risquez rien…

J’ai souri :
- Et puis, Barclay n’aurait pas voulu mettre votre vie en danger…
- Vous m’intriguez, Docteur Beckett…
- Ecoutez, Barclay ne vous le dira jamais, mais vous le comprendrez.
- Je crois savoir de quoi il s’agit…

Le Conseiller Troy appuya sur son badge :
- Troy à la navette. Un à téléporter.
Un ? Tout va bien, là-dessous ?
- Oui, téléportez-moi seule, c’est tout.
Elle disparut dans le flux de particules, me laissant seul.

Sans badge pour communiquer, j’ignorais si tout s’était bien passé… Et il y avait du mouvement tout là-haut…
- Les indigènes !
De curieuses créatures quasi-humanoïdes aux multiples bras et jambes se déplaçaient telles des araignées sur les flancs des conifères.

 

 

 

 

 

 

L’une d’elles tenait un arc rudimentaire, une flèche dégouttant d’un liquide rouge pointée sur moi :
- Oh, bon sang !
Je me suis baissé juste à temps pour éviter que la flèche ne me touche, et courut pour échapper à mes agresseurs :
- Al ! Al, je suis censé être invisible, pourquoi me voient-ils ?

Al apparut et me suivit dans ma course :
- Apparemment, ils ont une vision qui va au-delà des hologrammes. Ce sont encore quasiment des animaux, et je te rappelle que les animaux peuvent me voir !
- Génial… Comment ça va finir, dis-moi ?
- Ziggy ne m’a encore donné aucune information…

Alors que j’étais encore en pleine course, je vis le même flux de particules m’entourer, et je fus presque instantanément à bord. Le Conseiller Troy accourut vers moi et m’enserra dans ses bras :
- Vous n’avez rien, j’étais si inquiète…
- Oui, oui, tout va bien, je…
Elle leva les yeux vers moi et sourit.

Comme nos regards se croisaient, elle posa ses lèvres sur les miennes, et aussitôt, je vis ma main se saisir d’une tasse de café noir.
- Vous devriez ralentir le café, Capitaine.
- Est-ce l’ordre du médecin de bord ?
- Disons plutôt un conseil amical, Chakotay…

J’ai pu observer mon reflet dans le synthétiseur dont j’avais retiré la tasse : cheveux mi-courts, uniforme rouge et noir…
- Tout va bien, Capitaine Janeway ?
Je m’étais bloqué sur mon faciès indubitablement féminin.
- Oh, bravo…
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MessageSujet: Code Trekkers: Pour les Trekkies amateurs de Code Quantum!   Dim 17 Aoû 2014, 19:56

Je suis heureuse de vous proposer l'épisode-pilote de Code Trekkers, intitulé "Bas les Masques!"

En regardant un épisode de "Star Trek: Enterprise", j'ai eu l'idée de ce crossover entre les deux univers:

Rappelez-vous: Samuel Beckett et Le Capitaine Archer sont incarnés par le même acteur!

Donc, le Docteur Beckett sera envoyé directement au 24e siècle...

Nouveau temps, nouvelles moeurs... Et surtout, des entités insoupçonnées...

Beckett parviendra-t-il à mener à bien sa mission?

EDIT DU 30 Août:

L'Episode 2 de Code Trekkers est terminé!

Régalez-vous!!!
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MessageSujet: Re: Code Trekkers: Pour les Trekkies amateurs de Code Quantum!   Lun 18 Aoû 2014, 20:35

si bon que sa en devien adictife
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MessageSujet: Code Trekkers - Episode 2 : Problèmes d'Hologrammes   Sam 30 Aoû 2014, 15:39

Capitaine… ?
J’ai acquiescé :
- Oui, Docteur ?
J’ai bu une première gorgée du café pour me remonter…
- Tiède…


J’ai posé la tasse sur la table où mes interlocuteurs étaient assemblés, prenant la seule chaise vacante : c’était vraiment écœurant, un café tiède…
- Je peux vous le réchauffer, Capitaine, donnez-moi la tasse !
Je me suis retourné : une créature au teint jaune se trouvait derrière le comptoir.
- Ehm… Oui, pourquoi pas…

J’ai laissé ma tasse au comptoir, et l’individu au visage tatoué parut étonné :
- La dernière fois que Neelix a voulu réchauffer un bol de lait, il a pratiquement fait sauter le mess.
- Pratiquement ? Vous voulez rire, j’ai eu au moins vingt blessés dans mon infirmerie !
- Vous êtes méchants, les circuits bio-neuraux n’étaient pas calibrés correctement.
- Bon, ça suffit. J’ai donné mon café à réchauffer à Neelix, c’est tout.

Je me suis rassis :
- Et puisque vous êtes là, Docteur, si je suis totalement irradié en buvant le café, vous pourrez toujours me soigner…
- Comme d’habitude, je dois pallier à l’inconscience des autres…
La créature nommée Neelix me rendit la tasse.

 

 

 

 

 

Elle avait l’air parfaitement normale. J’ai touché l’anse avec appréhension sous les regards de « mon équipage » :
- Vous êtes sûre de vouloir tenter l’expérience ?
J’ai bu une première gorgée en songeant que ça ne pouvait pas être aussi dangereux…
- Hmmm… C’est bien meilleur ainsi.

L’individu tatoué sourit :
- Toujours prête à tenter l’inconnu.
- C’est pour cela que nous sommes ici, n’est-ce-pas ?
- Pas vraiment.
- Ne sommes-nous pas des explorateurs ?

Le Docteur haussa les épaules :
- A l’origine, ce vaisseau doit explorer, oui… Mais notre but est avant tout de regagner notre quadrant dans les plus brefs délais possibles.
Regagner notre quoi… ?
- Oui, je sais. J’essaie seulement de m’en distraire…

L’individu tatoué acquiesça :
- Je vous comprends. Cette situation est pesante pour nous tous.
- Personnellement, je n’ai jamais récolté autant de substances curatives inconnues que depuis ces cinq derniers jours ! Cette zone du quadrant Delta regorge de curiosités !
Quadrant… Quadrant Delta… Qu’est-ce que cela voulait dire… ?

Je me suis levé après avoir achevé mon café :
- En attendant de regagner notre quadrant, je regagne mes quartiers.
- Un bon repos vous fera le plus grand bien : je vous trouve un peu ailleurs, Capitaine.
- Merci pour l’approbation, Docteur…
Je suis sorti de ce qui devait être le « mess ».



J’ai levé les yeux :
- Ordinateur, indique le chemin pour mes quartiers.
Veuillez suivre les indications lumineuses sur les panneaux de contrôle.
- Parfait…
Je suis parvenu aux quartiers de Janeway : ici au moins, je pourrai être tranquille.

L’intérieur était assez sobre, une fois de plus. Un écran trônait sur l’unique bureau :
- Tiens, qu’y a-t-il là-dedans…
On dirait une sorte de journal… Cela pourrait m’en apprendre plus.
- Ordinateur, lecture du journal de bord du Capitaine.
Lecture initialisée.

Je me suis assis au fond du fauteuil : confortable…
Nous venons de passer la Ceinture de Comètes. J’ignore encore si ce détour est bien perçu par l’équipage…
- Ordinateur, arrête la lecture, et remonte aux pages plus anciennes.
Cela ne m’apprenait pas grand-chose.

L’ordinateur tinta :
Entrées antérieures affichées.
J’ai lu le journal : apparemment, ils avaient été envoyés à des milliers d’années-lumière de la Terre par une entité extra-terrestre supérieure qu’ils nomment Pourvoyeur, et ils essaient de rentrer…
- Bravo…

La porte virtuelle s’ouvrit soudain, laissant passer Al :
- Sam ! Je te retrouve !
- Al, c’est une folie, ici ! Je ne comprends rien à ces histoires de date stellaire !
- D’après Ziggy, tu te trouves juste quelques décennies après la mission où Barclay a permis à l’Enterprise de découvrir une « civilisation arachnéenne pré-distorsion »…

Il sourcilla :
- Il aurait été touché à l’épaule par une de ces flèches empoisonnées lors d’une nouvelle excursion. Il s’en est tiré à bon compte, mais son ADN semble s’être détérioré et… Modifié ?!
- C’est très intéressant, tout ça, mais là, je suis Katrhyn Janeway, pas Barclay !
- Oui, oui, je cherche… C’est de plus en plus difficile de trouver des informations…

L’Interrogateur semblait littéralement brûler dans sa main :
- Ohlà… Techniquement, revenir sur Terre prendrait 75 ans à vitesse maximale…
- Je ne suis tout de même pas censé trouver un moyen de ramener ce vaisseau sur Terre ?
- Je me base sur les spécifications techniques du vaisseau. Je vais te faire le point de la situation : tu commandes un vaisseau de Classe Intrépide nommé Voyager.

Il regarda son Interrogateur :
- J’ai la fiche des Officiers Supérieurs : ton second est un… Vulcain. Oui, c’est ça, il s’appelle Tuvok. Tu as aussi un adjoint humain nommé Chakotay.
- Il n’aurait pas des tatouages sur la figure ?
- Oui, j’imagine que tu l’as déjà rencontré.

J’ai soupiré :
- Rassure-moi : je suis bien humaine…
- Oui, Kathryn Janeway est originaire de la Terre.
- C’est déjà ça. Tu as quelque chose au sujet de ce « Vulcain » ?
- J’essaie de trouver les spécificités de l’espèce, mais Ziggy n’a rien…



Une fois de plus, je navigue dans le flou total :
- Ecoute, la dernière fois, je me suis trouvé en face d’une espèce télépathe qui m’a presque immédiatement démasqué. Je tiens à savoir si les autres aliens de ce vaisseau sont capables…
L’on sonna à la porte.
- Bon, je te laisse, il vaut mieux ne pas prendre de risques.

Il disparut par la porte virtuelle.
- Oui, entrez… ?
Un homme de race noire aux oreilles étrangement pointues s’avança :
- Je ne vous dérange pas, Capitaine… ?
- Non, je faisais le point sur… Le contournement de la Ceinture de Comètes…

L’homme aux oreilles pointues n’affichait aucune expression. L’avais-je convaincu ?
- Je viens justement vous faire le rapport de la situation.
- Le rapport de la situation ? Que pense l’équipage ?
- Comme d’accoutumée, il est assez peu réjoui de vos détours d’exploration.
- Nous avons une mission avant tout. Quoi d’autre ?

Il me tendit une tablette numérique :
- Tout est consigné ici, Capitaine. Je vous laisse en prendre connaissance.
J’ai lu les informations : peut-être cela allait-il m’en apprendre plus sur « mon équipage ».
- Je vois pourtant quelqu’un de réjoui, ici…
- Il s’agit du Docteur, Capitaine. Cet arrêt impromptu a été d’un grand intérêt scientifique.

 

 

 

 

 

Le Docteur…
- Pourquoi n’indique-t-il pas son nom ici ?
- Parce qu’il ne s’est toujours pas choisi un nom, Capitaine.
J’ai feint la surprise :
- Toujours pas ?

Une note attira mon attention :
- « Ce détour était profondément illogique en dépit de son aspect informatif majeur… ».
- Cela n’est que mon opinion parfaitement subjective, Capitaine. Mais je tenais à vous en faire part.
Alors, Tuvok, c’était lui…
- Vous avez bien fait, Tuvok. Je préfère connaître l’avis de mon second.

Je lui ai rendu la tablette :
- J’y attache une très grande importance.
- Je le sais, Capitaine.
- Vous pouvez disposer.
- Bonne journée, Capitaine.

J’ai soufflé : apparemment, ce Vulcain ne représentait aucun risque pour moi… Mais mieux valait être sûr de mon avantage…
- Ordinateur, que peux-tu me dire au sujet des Vulcains ?
Les Vulcains sont une espèce extra-terrestre originaire de la planète Vulcain. Leur force et leur agilité dépasse celle des êtres humains, en raison des conditions sur leur planète d’origine.

L’ordinateur tinta :
Les Vulcains ont acquis le contrôle de leurs émotions, privilégient la logique, et sont exclusivement végétariens. Ils sont également télépathes, avec la restriction suivante : ils doivent établir un contact physique direct.
Ah, d’accord… Mieux vaut éviter que ce Tuvok ne me touche…



Avec cet ordinateur du futur qui m’offrait sans broncher toutes les informations sur qui je souhaitais, ma mission ici allait probablement être facilitée…
- Ordinateur, affiche sur mon écran toutes les entités télépathes à bord du Voyager.
J’ai consulté le registre : il était plutôt court, mais il semblait y avoir un Bétazoïde de plus.
- Je pense avoir peu de chances de le rencontrer…

Et cela ne m’avançait pas plus : j’ignorais encore totalement ce que j’étais censé faire ici.
- Ordinateur, quel est le cap enregistré ?
Cap enregistré : Quadrant Alpha.
- Y a-t-il des… Perturbations détectées sur le chemin ?
Précisez la nature des perturbations.

Je ne connaissais pas les trois quarts des perturbations possibles dans le secteur…
- Fin de la demande.
L’on sonna à la porte :
- Entrez.
Le Docteur s’avança vers moi pour me serrer la main.

Je lui ai accordé la poignée de main :
- Que me vaut cette visite en privé, Docteur ?
- Je vous ai trouvé un peu fatiguée, Capitaine. Je connais déjà la réponse, mais accepteriez-vous que je vous examine ?
J’ai hésité : s’il m’examinait, son scanner allait probablement dévoiler mon imposture…

 

 

 

 

 

Mais Janeway se soumettrait-elle ou non à un examen médical ?
- J’apprécie votre intérêt, Docteur, mais je manque seulement de sommeil.
- Je m’en doutais. Même couverte de brûlures de plasma, vous refuseriez un simple examen…
Il n’avait même pas pris la peine de sortir un quelconque appareil médical.
- Et pour votre nom, avez-vous avancé ?

Le Docteur parut surpris :
- C’est à mon tour d’apprécier votre intérêt, Capitaine. Comme toujours, vous souhaitez que l’on me considère comme une vraie personne… Mais j’avoue n’avoir pas choisi…
Une « vraie » personne ?
- C’est naturel, Docteur. Vous êtes aussi important que n’importe quel membre de cet équipage.

Le Docteur parut profondément touché.
- B… Bien, je vais… Retourner à l’infirmerie… Merci, Capitaine…
- Je vous en prie, faites donc…
Il passa les portes. J’attendis un peu, intrigué : une « vraie » personne ?
- Ordinateur, de quelle espèce est le Docteur ?

L’Ordinateur tinta :
Dénomination « Docteur » attribuée au programme H.M.U. affilié au vaisseau Voyager.
- Un programme H.M.U. ? Ordinateur, définis H.M.U.
H.M.U., Hologramme Médical d’Urgence.
Alors, j’avais eu affaire à un hologramme ?

Pouvait-il voir Al ?
- Sam ! Sam, Ziggy vient de me communiquer des informations sur le « Docteur », tu devrais entendre ça, c’est épatant !
- Je sais, Al, le Docteur est un programme holographique.
- Comment tu as appris ça ?



J’ai haussé les épaules :
- Cette intelligence centralisée me donne toutes les informations que je lui demande sur le personnel de ce vaisseau sans me poser la moindre question.
- C’est formidable, ça !
- Ziggy t’a-t-il dit pourquoi je suis là ?

Al eut un tic de bouche plus loquace que lui :
- Pas vraiment. Ta mission semble étroitement liée au « Docteur ».
- C’est programme informatique… Que peut-il lui arriver ?
- Je n’en sais rien. Ziggy a du mal à établir des connexions, mais il semble que le programme original du « Docteur » ait été largement modifié pour bien autre chose que la médecine.

Modifié ?
- Tu peux être plus clair ?
- Disons qu’il intègre presque toutes les caractéristiques d’un véritable être humain. C’est toujours un flux de particules lumineuses, mais il a de nombreux centres d’intérêt…
- C’est une bonne ou une mauvaise chose ?

Al ne parut pas pouvoir le déterminer :
- A vrai dire… Sa base de données serait surchargée, provoquant une erreur système fatale…
- « Serait » ? Tu veux dire que ça va arriver, ou que ça peut arriver ?
- L’un comme l’autre, en fait. Il se peut que ce soit ça, le but de ta mission : empêcher la surcharge. J’ignore encore ce que cela peut entraîner, à part la destruction du programme du « Docteur ».

 

 

 

 

 

 

C’était triste… Une entité artificielle qui tente de devenir plus humaine…
- Le Capitaine semble beaucoup l’estimer. Ce serait une grande perte pour le vaisseau.
- D’après les données de Ziggy, le « Docteur » est actuellement le seul médecin à bord.
- Ah, génial… Donc, ma tâche est de veiller sur un programme informatique qui tend à s’améliorer trop vite, et qui accessoirement est la seule entité capable de soigner tout un équipage ?

Al parut désolé pour moi :
- Basiquement… Oui, c’est ça ta mission.
- Bon…
Je me suis dirigé vers un synthétiseur :
- Une tablette numérique.

Le synthétiseur m’offrit précisément ce que je voulais.
- Ordinateur, charge les plans du vaisseau dans la tablette que je viens d’obtenir.
Copie des plans effectuée.
- Transfère la commande vocale à la tablette. Code d’activation… Sam.
Commande vocale activée.

Al me dévisageait comme si j’étais un… Vulcain ? Bétazoïde ? Rien de terrien, en tous les cas.
- Eh ben, tu as l’air de bien te débrouiller dans ce siècle…
- Je te remercie. Sam, indique-moi le chemin de l’infirmerie.
Les plans du vaisseau bougèrent sur ma tablette, me localisant d’abord, puis traçant la voie vers la destination réclamée.

C’était fantastique… Plus de technologie que je n’en avais tenue dans toute une vie…
- Bien, allons-y, Al. D’après mes informations, seul le Docteur pourrait te voir.
- C’est une bonne chose. Je ne tiens pas à tomber sur un autre LaForge…
J’ai suivi les indications de « Sam », Al sur mes talons.
- Ordinateur, peux-tu donner à l’hologramme « Al » l’apparence d’un membre d’équipage ?



Al revêtit alors un uniforme ressemblant à celui que portait « Tuvok », les galons en moins.
Apparence de l’Hologramme « Al » reconfigurée selon les paramètres requis.
- Très astucieux. Comme ça, si quelqu’un peut me voir, il croira que je t’assiste dans ton travail !
- C’était le but, et je pensais surtout au « Docteur ». Je commence à m’y faire…
- L’infirmerie est juste au bout de ce couloir…

Le plan sur « Sam » me l’indiquait en effet. J’ai passé les portes :
- Bonsoir, Docteur.
- Capitaine ?
Le « Docteur » s’était relevé précipitamment, l’air surpris de me voir.
- Je ne vous dérange pas ?

Le « Docteur » secoua la tête :
- Pas du tout, Capitaine ! Juste quelques précipités à… Oh, mais qui est-ce ? Je ne l’avais encore jamais rencontré…
- C’est… L’Enseigne Albert Calavicci. Il est en salle des machines, vous savez…
- C’est curieux, il n’est jamais venu à la visite médicale…

Je pressentis qu’il faisait des recherches sur Al. J’ai murmuré, plaquant « Sam » sur ma poitrine :
- Sam, ajoute le profil d’Albert Calavicci sur la liste des ingénieurs à bord du Voyager, et précise une date d’embarquement similaire à celle de Janeway.
- A qui parlez-vous… ?
- A personne, je fais état de la dernière mission à moi-même…

 

 

 

 

 

Le « Docteur » se pencha sur sa console et sourcilla :
- Tiens, c’est pourtant vrai, il a embarqué comme tout le monde à l’inauguration du vaisseau…
- Je suis de ceux que l’on ne voit pas, Docteur…
- Vous devriez venir aux visites médicales. Nous sommes constamment exposés à des bactéries inconnues potentiellement létales… Si nous commencions ?

Il sortit son scanner et le tendit vers Al.
- Sam, suspends le programme H.M.U.
Le « Docteur » se figea, scanner en main. Al souffla :
- C’était moins une… Il n’a rien enregistré, apparemment…
- Je vais profiter de ce sursis pour analyser son programme.

C’était assez compliqué de décrypter cette base de données : quel fouillis, là-dedans ! Musique, théâtre, peinture, botanique, étude des minéraux, photographie...
- Sexe ?!
- Pas si fort !
- Sérieusement, Al, cet hologramme s’est ajouté un sous-programme relatif à la sexualité !

Al haussa les épaules :
- Probablement à des fins médicales, les interactions intimes avec des créatures étrangères…
- J’avais déjà extrapolé cette possibilité, mais regarde de plus près…
Al s’approcha et sourcilla :
- C’est la panoplie complète… Ferme-moi ça, et accède plutôt à sa mémoire…

Les fichiers mémoriels ne furent pas difficiles à trouver, mais…
- C’est encrypté…
- Il y a un code pour ça… ? Probablement pour éviter qu’un intrus ne trafique la mémoire du seul médecin à bord. Ils ont peut-être déjà eu ce genre de problèmes…
- Je vais tenter de contourner le système…



Finalement, seule une partie précise de la mémoire du « Docteur » était encryptée, ce qui me permit d’accéder à des informations assez importantes :
- Il compte ajouter des sous-programmes cognitifs complexes. Je ne sais pas de quoi il s’agit.
- Il doit déjà disposer de programmes très complets pour analyser et comprendre une situation, pourquoi aurait-il besoin d’autres sous-programmes ?

J’ai secoué la tête :
- Je n’en sais rien… Ce fichier-mémoire parle d’extrapolations fantaisistes sur des faits réels…
- La base de données contient-elle déjà ces sous-programmes ?
- Il en a téléchargé des ébauches… Ce n’est pas la totalité, je pense… Mais ces fichiers pourraient être à l’origine de la surcharge fatale de son programme…

Al acquiesça :
- Il faudrait savoir en quoi ils consistent exactement, pour déterminer s’ils sont dangereux ou non.
- Il nous faudrait un cobaye pour ce genre d’expérimentation…
Al s’aperçut que j’avais levé la tête vers lui et se recula :
- Ohlà ! Je pourrais être totalement réduit en microsoudures, tu y as pensé ?!

J’ai haussé les épaules :
- Tu es le candidat idéal, pourtant… Ordinateur, isole les sous-programmes cognitifs chargés dans la base de données du H.M.U. et transfère-les à l’hologramme « Al ».
- Eh, je peux donner mon avis ?!
Transfert effectué.

 

 

J’ai acquiescé :
- Donne-le.
- Laisse tomber.
- Ordinateur, active les sous-programmes cognitifs transférés à l’hologramme « Al ».
Sous-programmes activés.

Al attendit quelques minutes sans prononcer un mot, les bras croisés. Il haussa les épaules, l’air profondément dubitatif :
- Il ne se passe absolument rien.
- Peut-être qu’ils ne sont pas compatibles avec la technologie qui t’anime…
- L’ordinateur du vaisseau ne semble pas de cet avis, il a fait ce que tu lui as dit.

Il baissa les yeux :
- Ziggy affirme que les sous-programmes ajoutés sont actifs… Mon Dieu !
- Que se passe-t-il ?!
- Sam, il faut filer d’ici, ça va exploser !
J’ai regardé autour de moi : tout avait l’air parfaitement normal.

Al courait pourtant vers l’extérieur, en panique. Je l’ai suivi, par curiosité, laissant le « Docteur » figé dans son infirmerie.
- Al, il n’y a rien du tout là-dedans…
- Ce Vaisseau tremble de partout ! Il va se désintégrer !!!
Rien ne bougeait.

J’ai sourcillé :
- Ordinateur, désactive les sous-programmes transférés à l’hologramme « Al ».
Al cessa brutalement de courir et secoua la tête :
- Je… Je ne comprends pas… Tout a l’air normal…
- Je crois que ces sous-programmes t’ont fait halluciner.



Al haussa les épaules, me raccompagnant à l’infirmerie :
- Pourquoi un hologramme voudrait-il de sous-programmes qui le font halluciner ?
- Je n’en sais rien, mais il y a forcément une explication logique…
- Peut-être veut-il expérimenter l’effet des psychotropes pour mieux soigner les drogués…
- Je crois que ses aspirations sont au contraire très éloignées de la médecine…

Je regardais le « Docteur », toujours immobile.
- Alors, à quoi pensait-il quand il a chargé ces sous-programmes ?
- A mon avis, c’est du travail artisanal, pas des sous-programmes créés par des professionnels… Ces sous-programmes ne sont probablement pas encore au point. Je vais fouiller ses fichiers pour savoir à quoi ils devaient servir…

La recherche me prit plusieurs minutes, pendant lesquelles Al resta à l’entrée pour s’assurer que personne ne venait. Je lui avais donné l’apparence du « Docteur », et l’on avait caché celui-ci, juste en cas d’urgence médicale…
- Tu trouves quelque chose… ?
- Je crois que j’ai un début d’hypothèse… Notre « Docteur » veut pouvoir rêvasser.

Al sourcilla :
- Rêvasser ? Il s’ennuie probablement pour avoir tellement besoin de ce genre de divertissements, c’est absolument cauchemardesque !
- Quoi qu’il en soit, ces programmes en l’état actuel sont une menace pour lui et pour le vaisseau… Je vais tenter de les rééquilibrer… Ordinateur, redonne son apparence précédente à « Al ».

 

 

 

 

 

Après avoir retravaillé les codes des sous-programmes, y intégrant un accès externe afin de parer à toute éventualité, j’ai effacé des fichiers-mémoire du « Docteur » pour qu’il ne se souvienne pas de ce qu’il allait faire et retransféré les sous-programmes améliorés à sa base de données :
- Ordinateur, remets en route le programme H.M.U.
- Capitaine ?

J’ai souri :
- Je ne vous dérange pas, Docteur ?
- Pas du tout, juste quelques précipités à… Oh, mais qui est-ce ? Je ne l’avais encore jamais rencontré…
- L’Enseigne Albert Calavicci. Ingénieur, il est trop occupé pour des visites médicales.

Le « Docteur » remarqua qu’il avait son scanner en main :
- Eh bien, puisque vous êtes ici, je propose que…
J’ai posé la main sur le scanner :
- J’ai dit : « Il est trop occupé pour des visites médicales. »
- Ah… Bien, Capitaine… Pourquoi êtes-vous ici tous les deux, alors ?

J’ai feint l’innocence :
- Simple inspection des équipements médicaux. Comme vous le savez, nous avons encore du chemin à faire, et je tiens à m’assurer que tout fonctionne selon des paramètres optimaux avant qu’une nouvelle catastrophe ne nous tombe dessus.
- Vous avez raison ! On n’est jamais trop prudents, j’ai d’ailleurs effectué un autodiagnostic.

J’ai sourcillé :
- Un autodiagnostic ? Pour quelle raison ?
- Eh bien, je… Disons que j’expérimente de nouveaux sous-programmes, et je tenais à m’assurer que sa simple présence dans mes fichiers n’allait pas perturber ma matrice…
- Et comment cela se présente-t-il ?



Le « Docteur » haussa les épaules :
- Tout est en ordre. Je pense qu’ils sont prêts à être activés.
- Si ces sous-programmes vous posent le moindre problème, n’hésitez pas à m’en parler.
Le « Docteur » me dévisagea, l’air un peu étonné :
- Votre intérêt me touche beaucoup, Capitaine…

Je n’ai rien répondu, quittant l’infirmerie avec Al.
- Bien, tu as remis de l’ordre dans ces sous-programmes.
- Je suppose que cela ne suffira pas, sinon je serais déjà reparti. Ziggy ne te dit rien sur l’évolution de la situation… ?
- J’essaie de savoir ce que ton action a changé… Ziggy a du mal à me répondre…

Al se redressa soudain, laissant l’Interrogateur chuter sur le sol, et s’enfuit en hurlant.
- Al ? AL ?!
Par réflexe, je voulus ramasser l’Interrogateur, mais évidemment, je ne pouvais même pas l’effleurer du bout des doigts…
- Oh, bravo… On dirait que les sous-programmes se sont réactivés chez Al…

Cela ne pouvait vouloir dire qu’une chose…
- Laissez-moi passer ! Le Vaisseau est en grand danger !
Le Docteur venait de passer devant moi, courant si vit que j’ai tout juste eu le temps de le reconnaître : il semblait suivre la même trajectoire qu’Al.
- Bien, mieux vaut les prendre en chasse…

 

 

 

 

 

Je me suis mis à courir, redemandant régulièrement à « Sam » de localiser le « Docteur » afin de ne pas le perdre. Finalement, je les ai retrouvés en Salle des Machines…
- Eloignez-vous, Enseigne Calavicci ! Je sais exactement quoi faire !
- Vous ne comprenez pas ? Ce truc va exploser, on est foutus !!!
- Ressaisissez-vous, Enseigne !

Une jeune femme au faciès étrangement dessiné les approcha :
- Heu, excusez-moi, mais que faites-vous ici ?
- Lieutenant Torres, vous arrivez bien ! Le Cœur du Réacteur va entrer en fusion ! Il faut absolument l’éjecter d’urgence !
- Numéro Un : le Cœur du Réacteur fonctionne très bien…

Elle hurla à l’adresse des deux hologrammes :
- NUMERO DEUX : ICI C’EST MON DOMAINE, ET JE NE SAIS PAS QUI EST CET HOMME, ALORS SI VOUS VOULEZ FAIRE MUMUSE, IL Y A UN HOLODECK POUR CA !!!
- Ehm… Bien, Lieutenant… Nous… Nous allons partir…
- J’entends bien, oui.

Elle repartit à ses occupations, et les deux hologrammes vinrent vers moi. Le « Docteur » releva les yeux et nota ma présence :
- Capitaine… ?
J’ai acquiescé :
- J’ai tout vu, Docteur.

Il parut perdu. Al souffla :
- Sérieusement, pourquoi vouloir s’amuser de la sorte ?!
- Oh… Je ne comprends pas…
J’ai posé la main sur l’épaule du « Docteur » :
- Suivez-moi, quelque chose ne va pas avec vos nouveaux sous-programmes…



Alors, vous venez du passé, cet homme est un hologramme qui vous accompagne, et vous avez testé mes nouveaux sous-programmes sur lui pour savoir s’ils n’étaient pas dangereux…
- J’ai de bonnes raisons de croire qu’ils vous causeront de graves problèmes plus tard.
- Dire que je voulais seulement connaître la rêverie… Etre plus humain…
- Je comprends parfaitement, Docteur…

J’ai tapoté son épaule :
- Voyez-vous, cela fait un certain temps que je n’ai pas réellement de vie à moi. Je ne fais que passer d’une personne à une autre, à tenter de « rectifier des erreurs », puis à repartir encore…
- Cela doit être déroutant.
- Pas aussi déroutant que lorsque j’ai atterri dans ce siècle.

Je me suis remis derrière la console :
- Bien, nous allons tenter de contrôler ces sous-programmes.
Nous avons travaillé pendant plusieurs heures, laissant le « Docteur » gérer les urgences médicales qui se présentaient : il n’était pas essentiel pour ma manœuvre qu’il reste inactif. Il donnait comme raison à ma présence ici -ou plutôt celle du Capitaine-, que j’effectuais une vérification globale.

A ceux qui s’étonnaient que le Capitaine s’en charge, on leur montrait qu’un ingénieur qualifié, en l’occurrence Al, me secondait dans ma tâche.
- Je viens de retirer les programmes de ta base de données. J’avais omis de les retirer, c’est pour ça qu’en s’activant chez le « Docteur », ils se sont aussi activés chez toi.
- Et pour moi ? Pourrai-je conserver ces sous-programmes ?

 

 

 

 

J’ai souri :
- Avec un peu de doigté, je devrais pouvoir les rendre parfaitement stables…
- Merci infiniment, Capitaine… Je veux dire, Docteur Beckett…
- Ne vous inquiétez pas. Si ces sous-programmes sont la raison de ma venue, vous retrouverez votre chère Capitaine Janeway en moins de deux.

Le « Docteur » soupira.
- J’ai dit quelque chose de déplacé ?
- C’est-à-dire que…
Il secoua la tête :
- Non, rien…

J’ai poursuivi ma stabilisation des sous-programmes : c’était un vrai travail de fourmi…
- En réalité… J’aimerais le confier à quelqu’un qui ne risque pas de…
- Confier quoi ?
- Non, ce n’est pas une bonne idée…
- Dites toujours, j’ai pratiquement terminé.

Le « Docteur » soupira encore :
- Vous allez bientôt partir, et vous retrouver n’importe où… Vous ne pourrez pas lui dire…
- Dans l’absolu, je ne pourrai rien répéter à qui que ce soit… Enfin, tout dépend de qui ne doit pas l’entendre, bien entendu…
- Le Capitaine Janeway.

J’ai sourcillé, me détournant de mon activité un instant :
- Qu’a-t-elle ? Est-elle malade ?
- Non, non, je… Ecoutez… Je sais que ce n’est pas à elle que je m’adresse en ce moment, alors…
Il ferma les yeux, semblant prendre une profonde respiration alors que j’achevais mon travail :
- Il y a longtemps que je le dissimule, mais… Je vous aime, Kathryn Janeway, et…



Ne devrions-nous pas contourner cette nébuleuse ?
- Hmmm ?
Je me suis redressé, un peu hagard : où était le tableau de commandes ?
- Je… Je…
Apparemment, j’étais sur la Passerelle d’un de ces vaisseaux spatiaux…

Mais il était évident que je n’étais pas le Capitaine : celui-ci trônait sur son siège, et avait l’air plutôt inquiet :
- Etes-vous sûr que tout va bien… ?
- Je… Je demande la permission… D’être relevé quelques minutes…
- Permission accordée.

J’ai quitté la Passerelle : j’avais besoin de faire le point. Qui suis-je, maintenant ?
- Ordinateur, indique-moi le chemin de mes quartiers.
Veuillez suivre le fléchage lumineux.
Bon, c’était déjà ça. Le vaisseau avait l’air moins avancé que l’Entreprise ou le Voyager, mais au moins, il y avait cet Ordinateur qui pourrait tout me dire…

Je suis parvenu aux quartiers de la personne que je remplace, décidant de trouver un miroir…
- Bon, voyons ça…
Quand j’ai aperçu mon reflet, je n’ai pu m’empêcher de remarquer mon teint étrange, entre le vert et le jaunâtre, mes sourcils arqués, ma coupe au bol…
- Mais c’est quoi, ça ?!

Sous le peu de cheveux à cet endroit, je pouvais voir mes oreilles… Et elles n’étaient pas rondes… J’ai dégagé mon cou : visiblement, ça poussait un peu plus que d’habitude…
- J’ai… Des oreilles pointues ?!
Des oreilles pointues… Non…
- Ordinateur…

Je me suis assis, essayant de me calmer :
- Peux-tu me préciser… A qui sont ces appartements… ?
Appartements actuellement attribués à l’Officier en Second de l’Entreprise, Mr. Spock.
- Spock…
Pas un nom humain…

J’ai soufflé, craignant la réponse :
- De quelle espèce Mr. Spock est-il exactement ?
L’Ordinateur tinta :
Vulcain.
- Oh, bravo…
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MessageSujet: Code Trekkers - Episode 3 : Pour une partie d'Echecs   Mar 16 Déc 2014, 22:41


- Al, tu m’entends ?
- Je viens d’arriver, tu n’as pas idée, tu viens de remonter le temps !
- Je suis dans le passé ?
- Oui, tu es maintenant au vingt-deuxième siècle. J’imagine que tu sais déjà qui tu es…
- Spock, oui… Un Vulcain, et Officier en Second de ce vaisseau.

Al consulta l’Interrogateur :
- Ziggy dispose d’assez peu d’informations sur cette époque. Il semblerait que la courbe normale du temps ait été rompue…
- Tu veux dire que je me trouve dans une réalité alternative ?
- Oui, ça pourrait expliquer en partie les difficultés de Ziggy depuis quelques temps…

Oui, tous les évènements que j’ai vécus dans ce futur lointain découlent logiquement de cet infléchissement de la courbe temporelle… Rien de tout ça n’aurait dû arriver…
- Et mon but, c’est d’éviter ce qui a brisé le déroulement du temps ?
- Possible. Ziggy ignore encore si la rupture a eu lieu ou aura lieu.
- Me voilà renseigné…

On sonna à la porte de mes quartiers.
- Je te laisse, à plus tard !
Al disparut dans la sortie virtuelle.
- Oui, entrez ?
- Ah, Spock, je m’inquiétais… Tout va bien ?

Le jeune blond que j’avais vu sur le siège du Capitaine venait d’entrer.
- Tout est en ordre.
- Vous êtes mon ami, nous pouvons tout nous dire, n’est-ce-pas…?
- En effet. Mais je vous assure que tout est en ordre.
- Bien… Vous êtes donc prié de revenir au plus vite sur la Passerelle.

J’ai acquiescé :
- Bien, Capitaine.
Il s’en vint, me laissant à mes considérations. J’ai alors commandé un pad au synthétiseur :
- Ordinateur, décris précisément les attributions de l’Officier Spock, et renvoie-les sur mon pad.
Transfert effectué, Officier en Second Spock.

Tiens, étrange : ce vaisseau s’appelle aussi l’Entreprise…
- Ordinateur, indique-moi le chemin vers la Passerelle.
Je suivis le tracé comme j’en avais pris l’habitude : toute cette technologie allait me manquer, au prochain saut temporel vers un passé plus proche de mon époque…
- Monsieur Spock, une communication pour vous sur le canal de la Fédération.

J’ai brièvement opiné du chef :
- Je la prends.
Aussitôt, une créature assez âgée aux oreilles pointues comme les miennes se montra à la place des étoiles entre lesquelles le vaisseau fendait l’espace :
- Monsieur Spock…

Il était probablement Vulcain, lui aussi. J’ai murmuré :
- Identifie l’émetteur de la transmission.
J’ai attendu un peu, et la tablette dans mes mains fut formelle. J’ai relevé la tête, souriant comme si tout était parfaitement normal :
- Bonjour, monsieur Spock…




- Tu me dis que tu as parlé à une version plus âgée de ce Spock ? Ils ont des téléphones intertemporels, ou je ne comprends plus rien à ce qui se passe ici…?
- Non, ce Spock plus âgé vient bien à la même époque que celle où nous sommes. Ziggy n’a rien sur ce qui aurait pu amener un être du futur à voyager dans le passé ?
- Hmmm… Il semble que sa présence soit liée à cette rupture dont je t’ai parlé.

Al me dévisagea :
- Tu sais, je ne suis pas loin de penser qu’ils ont redécouvert le voyage dans le temps… Mais qu’ils ne le maîtrisent pas plus que nous.
- Je vais vite savoir ce qu’il en est. S’il s’est produit un événement aussi important que le voyage dans le temps, les archives de ce vaisseau en parlent sûrement.

J’ai alors fouillé le journal de Spock, pour ne pas me faire remarquer, et curieusement, c’était rempli de compte-rendu de missions, comme si ce Spock ne donnait jamais son opinion…
- Ici ! J’ai trouvé, Al !
- Un orage cosmique… Une mutinerie… Je ne saisis pas…
- Spock affirme ici que l’orage cosmique était en réalité une distorsion spatiotemporelle.

Al acquiesça :
- Et un gigantesque vaisseau a débarqué du futur à-travers cette distorsion…
- Oui. Et ce n’est pas tout : le Spock plus âgé est arrivé plusieurs années plus tard…
- … A-travers le même orage cosmique.
- Et il est resté bloqué dans le passé depuis ce jour.

Al souffla :
- Tout ça dans de simples rapports de mission. Ce jeune gars a vécu des aventures vraiment extraordinaires, pour son âge…
- Que veux-tu dire ?
- Un vulcain peut facilement vivre plus de deux siècles, et ce Spock n’a que vingt-huit ans…

Vingt-huit ans…
- Et le Spock que j’ai vu sur l’écran ?
- Eh bien, il semblerait que son âge tourne autour des…
Il siffla :
- Cent-cinquante ans !

Je ne comprenais rien : la rupture avait eu lieu depuis longtemps déjà, et il semblerait que Spock ne soit pas destiné à mourir avant des siècles… Alors, pourquoi étais-je ici ?
- Al, Ziggy t’a donné une idée de ce qui va se passer ?
- Eh bien… Ce Vaisseau est en mission d’exploration pour plusieurs années… Ils vont traverser des zones étrangères nommées « quadrants »…

J’ai sourcillé :
- Comme le quadrant Alpha ou Delta ?
- Alors, le quadrant Alpha, c’est celui où se trouve la Terre, et le quadrant Delta… Eh bien, il n’existe pas encore pour eux… Cette Janeway était vraiment très loin de chez elle…
Je savais ce que ça faisait…

Je me suis relevé :
- Bien, demande à Ziggy d’établir les risques pour chaque membre de l’équipage, et essaie d’en savoir plus avec le Spock dans notre salle d’attente. J’imagine qu’il n’est pas angoissé, il en vues d’autres, d’après ce que j’ai lu…
- Oui, il a plutôt bien encaissé le choc, c’est assez rare. Je reviens aussi vite que possible.




Al partit par la porte virtuelle, me laissant avec mes interrogations : dans un espace totalement étranger, loin de sa planète natale, un équipage était constamment en danger. N’importe lequel de ceux que je croisais dans les couloirs ces prochains jours pouvait mourir…
- Oh, Bonjourr, monsieur Spock…
Curieux accent…

J’ai regardé son badge :
- Bonjour, Enseigne Chekov.
Ce garçon m’avait l’air encore plus jeune que le Spock que j’incarnais, et il était incroyablement bavard. Avec lui, j’en apprenais mille fois plus qu’avec les rapports de mission de Spock :
- Nous ne vous saluerons jamais assez pour votre efficacité ce jour-là, Enseigne Chekov.

Chekov me regarda, surpris :
- Merrci, monsieur Spock.
- J’ai fort à faire, à-présent. Bonne journée, Enseigne Chekov.
- Bon jourrné, monsieur Spock…
Je suis monté seul dans cet ascenseur particulier qu’ils appelaient turbolift.

J’ai demandé à revenir à mes quartiers. Dans les jours qui suivirent, je n’eus pas la moindre nouvelle d’Al et bien sûr de Ziggy. M’avaient-ils oublié ? Arrivaient-ils encore à établir la liaison avec moi…?
- Et alorrs, il lui a dit : « De quoi, vous crroyez que c’était un cheval ? ».
J’ai ri aux éclats : ce Pavel Chekov était vraiment impayable.

Chekov sourit :
- Il est inhabituel d’entendrre un Vulcain rrirre…
- Je ne suis pas un Vulcain comme les autres, vous l’avez dit vous-même.
- Da, c’est vrrai.
Al apparut soudain.

J’ai soupiré :
- Enseigne, je dois à-présent me préparer pour mon service. Merci pour votre agréable compagnie, peut-être souhaiteriez-vous disputer une partie d’échecs ce soir ?
- Contrre vous ? Ce serrait un honneurr, mais je ne suis pas à la hauteurr…
- Pas de discussions, je tiens à un match amical.

Je réussis à me défaire, un peu à contre-cœur, du jeune Chekov, et les portes se refermèrent.
- Ah, te voilà ! Mais tu sais que je n’ai pas eu de nouvelles pendant six jours ?
- J’ai glané quelques informations.
- Alors, Ziggy a du nouveau ?
- Eh bien, il est question d’un tout jeune membre d’équipage. De nationalité Russe, il s’appelle…

J’ai secoué la tête :
- Al… Dis-moi que ce n’est pas Pavel Chekov.
- Ah, tu le connais déjà ?
- Que va-t-il lui arriver ?
- Ziggy a découvert une défaillance dans la salle de téléportation.

Al frappa violemment l’Interrogateur :
- Mais tu vas marcher ?! Ah, et il se trouve que ce Chekov se charge des téléportations. D’après Ziggy, il y a 99,78 pour cent de chances pour que la défaillance qu’il a repérée provoque le décès prématuré de Pavel Chekov… Oh… Je suis désolé, Sam, mais tu peux oublier la partie d’échecs… Chekov doit mourir ce soir, un peu avant dix heures dix…




J’ai remis mon uniforme en place :
- Dans ce cas, je n’ai qu’à l’empêcher d’accéder à la salle de téléportation.
- Cela ne servira à rien, tu ne ferais que retarder l’accident.
- Alors, il faut réparer ce qui ne fonctionne pas !
- Le problème, c’est que Ziggy ignore comment l’accident s’est produit.

Donc, si je cherchais à sauver Chekov, je pouvais risquer d’envoyer un autre membre d’équipage à la mort, alors que lui aussi devait vivre…
- Je vais le faire.
- De quoi ?
- Je vais réparer moi-même.

Al me suivit dans le couloir :
- Tu ne sais même pas de quel appareil il est question ! Et tu ne connais pas assez la technologie de ce siècle pour arriver à la réparer !
- Je suis physicien, je trouverai un moyen de la comprendre.
- Pourquoi es-tu si pressé ?

J’avais entrepris de plus grandes enjambées : le corps de ce Vulcain m’avait l’air si puissant que j’en tirais un avantage certain.
- Tu as dit que Chekov allait mourir avant dix heures dix. Et si j’en crois mon interprétation du temps tels qu’ils le définissent, il est déjà neuf heures quarante-cinq.
- Sais-tu au moins où se trouve la salle de téléportation ?

J’ai regardé l’un des nombreux plans situés dans les couloirs :
- Bien sûr, ce serait difficile de se perdre ici.
- Vraiment épatant…
J’ai encore forci l’allure. J’ai trouvé la salle de téléportation : quelques techniciens y faisaient des essais sur les téléporteurs.

Du moins, je me suis dit qu’il devait s’agir de téléporteurs, puisque les objets qu’ils y plaçaient disparaissaient soudain dans un fantastique rayon de lumière bleue.
- Un problème sur les téléporteurs, messieurs ?
- Nous avons détecté un dysfonctionnement mineur, monsieur. Nous essayons de comprendre d’où il provient, nous serons alors en mesure de réparer.

J’ai croisé les mains dans le dos :
- Très bien. Où est l’Enseigne Chekov ?
- Sur la planète, en train de procéder à la réception des objets que nous téléportons.
- Il a utilisé les téléporteurs ?
- Bien sûr que non. Une navette l’a déposé là-bas.

Mais il reviendra sûrement par la téléportation une fois le problème résolu… Et si c’était ainsi que le fameux accident s’était produit ? Si en réalité, le dysfonctionnement était toujours présent en dépit des efforts de ces techniciens ?
- Je tiens à superviser les réparations.
- Bien, monsieur…

Je me suis rapproché, autant pour la curiosité du chercheur en face d’une nouvelle merveille de technologie, que pour le besoin d’aider cet équipage.
- Nous apprécions beaucoup que vous nous prêtiez main-forte, monsieur.
- C’est… Logique. Je dois veiller à la sécurité de mon équipage, comme le Capitaine.
- Vous avez repéré le problème ?




J’ai acquiescé :
- Oui, c’est le téléporteur neuf.
- Sam, fais gaffe ! Ziggy affirme que rien n’a changé, et que Chekov va tout de même mourir ce soir lors d’un accident dû au téléporteur…
- Neuf ?

Al confirma d’un signe de tête :
- Le neuf.
- Il suffirait de le faire revenir depuis un autre téléporteur…
- Vous avez raison, monsieur ! Je vais en aviser Chekov !
- Non, Sam, tu te goures ! Revenu ici, il sera tout de même en danger !

Al refit tous ses calculs :
- Si Chekov revient dans la salle de téléportation, l’accident a encore 95 pour cent de chances de se produire, et de lui être fatal !
- Je lui ai promis une partie d’échecs, je ne compte pas manquer à ma parole !
- C’est bien Vulcain, ça, le souci de la vérité…

Le Capitaine s’était présenté à l’entrée de la salle de téléportation :
- Sans être indiscret, à qui avez-vous promis une partie d’échecs ?
- A l’Enseigne Chekov.
- C’est James Tiberius Kirk, le Capitaine du Vaisseau.
- Oui, je sais ça !

Kirk sourcilla :
- A qui parlez-vous ?
- Chekov ne doit pas être ramené en salle de téléportation, par aucun moyen que ce soit. Et cette salle devrait être close pour risque d’accident fatal.
- L’on ne m’a avisé que d’un dysfonctionnement mineur…

J’ai secoué la tête :
- Il ne l’est pas. J’ignore comment, mais ce petit dérèglement pourrait tuer n’importe quel membre de cet équipage, s’il n’est pas pris au sérieux.
- Il a raison, Capitaine…
Je me suis tourné : l’un des techniciens à l’œuvre était plus pâle que la Lune.

Kirk s’avança vers lui :
- Que se passe-t-il, exactement ?
- Eh bien, le téléporteur neuf a subi une avarie qui va se répandre aux circuits des téléporteurs voisins, et tout ce qui passera par téléporteur sera réduit à l’état d’atomes… A tout jamais.
- C’est très grave. Je veux un rapport toutes les vingt minutes, et que l’on fasse revenir Chekov.

J’ai suivi le Capitaine comme il m’ordonnait de le faire par un signe de la main. Il monta dans le turbolift le plus proche et se tourna vers moi :
- Que pensez-vous de cette avarie, Spock ?
- Qu’elle pourrait bien ne pas affecter que les téléporteurs.
Al venait d’apparaître à-côté de moi, l’Interrogateur à la main.

J’ai répété son affirmation :
- Qu’elle pourrait bien ne pas affecter que les téléporteurs.
- Vous pensez qu’elle peut se répandre à tout le vaisseau ?
- Oh oui, Sam, et c’est ce qui arrivera dans moins de deux heures. L’accident de Chekov ne sera que le premier événement d’une réaction en chaîne qui aboutira à la destruction de ce vaisseau…




- Merci pour vos conseils, Spock. Je vais faire surveiller les circuits vitaux.
Il me laissa dans le turbolift.
- Dis, tu n’as pas l’air en forme…
- Soit j’arrive à stopper l’avarie, soit ce vaisseau part en fumée avec moi dedans, sinon tout baigne, je nage dans l’euphorie ! Pourquoi Ziggy ne l’a-t-il pas dit plus tôt ?

Al haussa les épaules :
- Nous n’avions pas assez de données, et l’avarie n’avait pas encore une forme très précise.
- Au moins une nouvelle encourageante, s’il-te-plait…
- Eh bien, il semblerait que Chekov soit de retour, sain et sauf, sur l’Entreprise…
- Je ne sais pas si c’est une si bonne nouvelle…

Al soupira :
- Il sera tout de même le premier à mourir.
- Tu veux dire que j’ai fait tout ça pour rien ?
- Tu as un tout petit peu modifié le cours des choses : Chekov mourra à-cause d’un objet contaminé aux radiations… Je ne connais pas ces radiations-là, tiens…

Peu importait : ces radiations étaient sûrement un indice.
- Ordinateur, où se trouve l’Enseigne Chekov ?
L’Enseigne Chekov se trouve dans ses quartiers.
- Très bien. Indique le chemin vers les quartiers de l’Enseigne Chekov.
Itinéraire calculé.

Le turbolift continua sa course et s’ouvrit :
- Bien, je n’ai plus qu’à suivre le tracé lumineux. Al, combien de temps reste-t-il ?
- Environ vingt minutes.
- Le temps presse, alors.
J’ai couru, profitant de la célérité Vulcaine une fois encore.

J’ai alors sonné à la porte de Chekov.
- Da, j’arrriv…
Il ouvrit et parut surpris de me voir :
- Monsieur ? Je crroyais que la parrtie devait se dérrouler chez vous ?
- Nous aurons notre partie, Enseigne Chekov.

J’ai observé l’intérieur de la cabine : tout paraissait normal.
- Vous comptiez faire quelque chose de particulier en attendant ?
- Oh non… La mission a été un peu éprrouvante… Le climat surr la planète était plutôt rrude, même pourr moi, sans vouloirr me vanter…
- Je vous crois sur parole. Puis-je entrer ?

Chekov se décala :
- Bien sûrr, monsieur.
J’ai fait deux pas dans les quartiers.
- Sam, je détecte un fort taux de radiations inconnues. Elles sont pour l’instant confinées dans le blindage d’un appareil dans les environs proches…

Mon regard se porta alors sur le synthétiseur :
- Vous comptiez boire quelque chose, Enseigne Chekov ?
- Oh, juste un bon grrog… Vous voulez quelque chose ?
- Non, merci. Je pense d’ailleurs que vous feriez mieux de ne rien commander à cet appareil.
- Sam, vous devez foutre le camp d’ici, le taux de radiations explose !




J’ai incité l’Enseigne Chekov à me suivre à l’extérieur :
- Et si nous allions disputer cette partie ?
- J’en serrais rravi, monsieur.
Je me suis tourné vers les portes closes de la cabine :
- Ordinateur, verrouille ces quartiers et établis un champ d’isolation maximal.

Chekov me dévisagea, visiblement angoissé :
- Mais que faites-vous ?
- Simple mesure de précaution.
- Y aurrait-il un prroblème avec les synthétiseurrs ?
- On ne peut rien vous cacher, à vous.

J’ai alors appuyé son mon badge :
- Capitaine, j’ai détecté un taux de radiations anormal dans les quartiers de l’Enseigne Chekov. J’ai fait verrouiller et isoler la zone afin que personne ne risque une exposition fatale : j’ai toutes les raisons de penser que ces radiations sont en lien avec l’avarie du téléporteur neuf.
- Bien reçu, monsieur Spock. Rendez-vous à l’infirmerie pour un examen complet.

J’ai secoué la tête :
- Je vais bien, mais l’Enseigne Chekov a été potentiellement plus exposé que moi.
- C’est faux, Sam.
J’ai continué de marcher vers l’infirmerie.
- Ziggy affirme que Spock tombera gravement malade en même temps que Chekov.

J’ai acquiescé pour montrer à Al que je l’écoutais.
- Mais le vaisseau sera détruit environ une heure après. Tu as été affecté par ces radiations au même titre que Chekov, tu dois être soigné !
- Non, ça attendra.
On risquait de me démasquer, si je passais au scanner…

La seule solution était de les laisser traiter Chekov, et trouver comment arrêter cette maladie qui gagnait déjà tout le vaisseau :
- Combien de temps ?
- Environ une heure et quarante-deux minutes. Mais tu devrais ressentir les premiers symptômes de l’irradiation d’ici moins d’une demi-heure.

Alors, je devais prendre le mal de vitesse.
Ceci est un message de votre Capitaine. Interdiction formelle de commander tout objet ou aliment aux synthétiseurs. Eloignez-vous-en jusqu’à ce que le scan complet du vaisseau soit effectué afin de déterminer les zones irradiées.
- Un scan complet du vaisseau ?

Al secoua la tête :
- Sam, on est mal ! S’ils font ce scan, il y a 86 pour cent de chances pour qu’ils te repèrent, et…
Alerte. Un intrus a été détecté à bord.
- Je dois faire quoi, maintenant ?!
- Te battre. D’après les estimations de Ziggy, tu es capable de te défendre contre vingt terriens.

Vingt à la fois…?
- Ohlà, y a du grabuge ! Laisse-moi un instant, je reviens !
- Al ! Oh, bravo…
Une troupe accourait déjà vers moi, et elle n’avait pas l’air très amicale :
- C’est l’imposteur, attrapez-le !




Je me suis défendu tant bien que mal : malgré la force herculéenne de ce Vulcain, le surnombre de mes assaillants me faisait vaciller.
- Sam ! Regarde-moi !
Al était derrière l’un des gardes de la sécurité, et il appliquait ses doigts d’une curieuse façon sur l’épaule de celui-ci, répétant le geste comme pour m’intimer de l’imiter.

J’ai alors saisi une occasion pour attaquer…
- Oh bon sang !
D’une simple pression de mes doigts, le garde s’était écroulé.
- Pas de panique, il est juste dans les vapes ! Continue !
J’ai obéi aveuglément, espérant vraiment que Al avait raison.

Débarrassé de mes agresseurs, j’ai fui à-travers les couloirs :
- Sérieusement, Al, c’était quoi cette prise de karaté ?
- Vulcaine, la prise. C’est une technique propre à Spock lui-même. Tu aurais dû voir la folie que c’était là-haut, Spock est devenu très violent et a commencé à mettre tout le monde au tapis avec cette prise spéciale !

Je me suis réfugié dans ce qu’ils appelaient un « tube de jefferies », là où j’étais sûr qu’ils ne se risqueraient pas, étant donné la contagion radioactive qui s’installait déjà.
- Eh, Sam, ça va…?
- Je ne sais pas… Combien de temps avant les premiers symptômes…?
- En fait, le délai est déjà passé de deux minutes…

Génial… J’étais donc malade, dans un foyer potentiel d’irradiation, et traqué par la sécurité d’un navire qui menaçait d’exploser en plein espace…
- Et Chekov…? Ils l’ont soigné ?
- Je vais voir ce que ça donne…
Al resta absent dix longues minutes.

Il revint l’air effaré :
- C’est la panique totale ! L’infirmerie est surchargée de malades, les engins explosent de partout, l’équipage entier va bientôt être irradié à mort !
- Dans ce cas… Je tiens ma chance…
Je me suis relevé, ignorant ma soudaine fatigue.

Comme je l’avais prévu, personne ne m’arrêta plus dans ma progression.
Alerte rouge. Alerte rouge.
L’ordinateur scandait ces deux mots en continu, avec la froideur et la lenteur typiques des machines programmées sans la moindre mesure de leurs propres paroles.
- Mais où vas-tu ?!

Au téléporteur neuf. J’avais la conviction que je pouvais trouver la solution là-bas…
- Ordinateur, ouvre les portes.
Zone sous quarantaine. Ouverture impossible.
- Très bien… Hmpf…
- Tu ne crois tout de même pas que tu vas réussir à ouvrir à mains nues ces…

Le blindage grinça affreusement, et je parvins à écarter suffisamment les deux portes pour passer entre elles, Al sur mes talons :
- C’est dingue ! Ces Vulcains sont vraiment une force de la nature !
- Le journal de la téléportation… Il y a sûrement une explication…
M’efforçant de mettre de côté mes nausées, je me suis acharné sur la table de commandes.




Je n’y avais pas pensé plus tôt, mais c’était évident à-présent : quelque chose d’étranger avait été téléporté ici, et infecté les circuits du téléporteur. Une chose portant de puissantes radiations mortelles que leur technologie, pour avancée qu’elle puisse être, n’avait pu repérer sur le moment : ils étaient désormais capables de la repérer, cela signifie que…
- Des caissons blindés… Ils ont téléporté des caissons blindés de la surface d’une planète déserte.

J’ai poursuivi l’enquête sur cette piste :
- C’est ça ! L’avarie s’est produite environ cinq heures plus tard, j’en déduis qu’il y avait une fuite soit dans le blindage d’un caisson, soit dans un champ d’isolement… Ordinateur, localise les caissons téléportés à bord il y a dix heures et vingt-cinq minutes par le téléporteur neuf.
- On ne bouge plus.

Le Capitaine me tenait en joue :
- Je ne sais pas qui vous êtes, mais vous ressemblez furieusement à Spock. Qu’avez-vous fait de lui, et qu’avez-vous fait à mon Vaisseau ?
- Ecoutez, je ne suis pas responsable de ce qui arrive ici… Vous avez téléporté des caissons au contenu hautement radioactif sans le savoir, et vous les gardez ici depuis plus de dix heures…

Kirk parut enclin à m’écouter :
- Très bien… Je suppose que vous êtes un envoyé…
- De la Fédération. Je devais agir en secret pour ne pas affoler la population. La Fédération compte sur votre silence dans cette affaire. Où gardez-vous les caissons ?
- Dans le hangar.

J’ai acquiescé :
- Et depuis, quelqu’un est-il tombé malade ?
- Une bonne partie du personnel permanent du hangar a été victime de nausées…
- Vous devez vous débarrasser de ces caissons et trouver le moyen de décontaminer le vaisseau. Nous ignorons l’origine et la nature de ces radiations.

Kirk parut gober mon histoire d’agent secret :
- Depuis combien de temps êtes-vous à bord… ?
Je voulus répondre, mais je me suis penché sur le côté de la table de commandes.
- Vous êtes malade aussi ?
- J’ai été irradié en même temps que l’Enseigne Chekov…

Kirk me prêta son épaule pour m’appuyer :
- Je ne peux que vous croire, dans votre état…
- Vous devez absolument faire le nécessaire pour sauver ce vaisseau… Les radiations vont le gagner en entier et le détruire, avec tous ses occupants…
- Je vous mène à l’infirmerie, vous devez être soigné d’urgence.

Il semblait se préoccuper sincèrement de mon sort.
- Vous savez où est Spock ?
- Je…
Al secoua vivement la tête.
- Non…

Il m’allongea sur un lit :
- Prenez soin de lui, Bones, il doit absolument être guéri au plus vite.
- Jim, on est débordés ici !
- C’est un ordre !
Kirk disparut dans le couloir.




Al pressait l’Interrogateur de lui livrer des informations supplémentaires :
- Ah, ton intervention a changé les choses. James T. Kirk va concentrer les recherches sur les radiations qui se sont échappées des caissons.
- Ils vont trouver… Un moyen…
- Ils réussiront à identifier et neutraliser les effets des radiations.

J’ai tourné la tête : Chekov était allongé juste à un lit du mien.
- Et Pavel Chekov…?
- Les informations ne sont pas très claires à son sujet.
- Il va survivre, au moins ?
- Aaaaagh !

Il venait d’avoir un spasme thoracique violent. Je me suis relevé de mon lit pour écouter son cœur :
- Ses voies respiratoires sont obstruées ! Vite ! Il ne peut presque plus respirer !
- Vous, le gobelin au sang vert, restez au lit.
Le médecin surnommé « Bones » s’occupa de Chekov.
- Je suis désolé, Sam, je ne peux encore rien t’affirmer à son sujet.

Je me suis laissé aller sur le matelas : la maladie gagnait mes dernières résistances.
- Ses voies respiratoires sont débloquées. C’était une simple inflammation.
- Merrci, monsieur…
- Je vous avais promis une partie d’échecs…
- C’est vrrai…

« Bones » grogna :
- Vous ne voulez tout de même pas que je vous amène un échiquier ici ?
- C’est peut-être notre dernière nuit à tous. Alors, oui, amenez-nous un échiquier.
Il obéit plus au grade qu’au « gobelin » que j’étais pour lui, et je découvris un curieux plateau à deux étages semblant tout droit sorti d’un feuilleton un peu fantasque de science-fiction.

Al analysa le plateau et siffla, admiratif :
- Il s’agit d’échecs tridimensionnels. J’ai téléchargé les règles depuis l’ordinateur du vaisseau, tu n’as qu’à regarder là-dessus.
Je me suis instruit quelques instants, prétextant une méditation curative -typiquement vulcain, m’avait assuré Al-, et j’ai souri à l’adresse de Chekov.

Parfois, je remerciais le ciel d’avoir une mémoire photographique aussi performante, même si ma mémoire était globalement aussi emplie de trous noirs que le Quadrant entier.
- Pouvons-nous commencer, monsieur ?
- Absolument.
J’ai avancé ma pièce le premier.

Nous avons joué pendant ce qui me parut être des heures. Al, qui n’en pouvait plus de nous fixer, attrapa l’Interrogateur et ouvrit des yeux ronds :
- Sam, le délai est passé ! Ziggy affirme que tout danger est écarté ! Chekov va vivre, et l’équipage entier sera sauvé de l’irradiation !
- Mais alors, pourquoi suis-je encore ici ?

« Bones » intervint alors :
- Je dois vous administrer le remède.
- Sérieusement, Sam, je n’en sais rien…
« Bones » me prit le bras, et Chekov avança son cavalier :
- Echec et mat, monsieur…

***


Cycle de régénération complet.
J’ai ouvert les yeux sur ce qui semblait être un hangar. Comme je semblais reprendre conscience après ce qui avait été une longue nuit parfaitement calme, je sentis quelque chose chatouiller ma nuque et le creux de mes épaules :
- Des cheveux…?

Des cheveux un peu trop longs, par ailleurs… J’ai baissé les yeux, rencontrant un obstacle assez particulier entre mes yeux et mes pieds :
- Oh non, pas encore une femme…
Je me suis redressé :
- Ordinateur, localise mon combadge.

Votre combadge se situe dans le hangar 3.
C’était bien un hangar.
- Qui occupe ce hangar ?
Vous.
- Un nom ! Je veux un nom !

L’ordinateur répondit :
Nom de naissance inconnu.
- Suis-je ou non membre de l’équipage de ce vaisseau ?
Données incomplètes.
- Je suis vraiment désolée, je ferai modifier les données vous concernant.

Elle était là, devant moi, la véritable Janeway…
- Capitaine ?
- Vous n’avez pas l’air dans votre assiette… Pourtant, votre cycle de régénération s’est déroulé sans aucun incident…
- Capitaine… Qu’est-ce-que je suis, exactement ?

Elle me sourit :
- Je sais que votre identité est encore un problème pour vous… Pour moi, vous êtes aussi humaine que je peux l’être. Mais je ne vais pas vous mentir : pour bon nombre de personnes à bord, vous êtes un simple drone sorti de la Ruche. Il faut leur laisser le temps…
- Un drone…

Le Docteur avait vu juste à son sujet : elle était vraiment compatissante, et aidait les gens qui se sentaient différents à aller mieux…
- Il est difficile d’être ce que je suis.
- Je ne peux que l’imaginer…
Elle se releva.

Je n’arrivais pas à croire que je rencontrais Janeway, probablement peu de temps après ce qui s’était passé avec le Docteur… Alors qu’elle passait les portes, elle m’adressa un regard entendu :
- Je ne suis pas particulièrement fanatique de la technologie Borg, mais je serais ravie que vous m’en appreniez un peu plus à votre sujet, Seven… Disons, dans une heure, à mon bureau…
Et elle quitta le hangar.

Je suis descendu d’une curieuse estrade pour trouver un miroir : ces noms de « drone », « Borg », et compagnie, ne me disaient vraiment rien qui vaille. J’ai inspecté mon corps puis, en soulevant une mèche de cheveux, j’ai remarqué une sorte d’implant métallique tout autour de mon œil. Apparemment, j’étais devenu une entité moitié mécanique, moitié biologique…
- Oh, bravo…
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