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 [post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...

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Chibi
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MessageSujet: Equinox, 20 ans après... [Star Trek Voyager, fic post série, alternate universe en partie, fic en cours]---chapitre 08   Mar 09 Aoû 2011, 19:17

Chapitre 8

Ce soir-là, l’air songeur de Virginia alerta Sela Dickinson. Elle vint s’asseoir auprès d’elle.
- « Encore cette affaire ? »
- « Oui : on m’a appelée pour que j’identifie Ransom mais, au lieu de ressentir cette peur et cette panique que j’éprouve toujours, j’ai ressenti cette fois une grande pitié en face de lui, en face de cet homme qui va tout perdre. C’est étrange, non ? » Elle s’interrompit un moment. « Cet homme a failli tous nous faire tuer, mais j’ai la bizarre impression que je ne peux pas entièrement juger, que je n’ai pas toutes les cartes en main. Après tout, je n’étais qu’une enfant à cette époque et, quelque part, je réfléchis encore avec cette âme d’enfant lorsque je me réfère à cette affaire… »
Sela retrouvait là la capacité d’auto raisonnement de Virginia. Elle avait toujours été capable de voir clair en elle-même, probablement parce qu’elle avait mûri beaucoup plus rapidement à cause de son enfance sur le Voyager.
- « Nous serons sur Terre demain, enfin tu pourras en finir avec tout cela… », fit-elle calmement.

* * * * *

Diana était assise dans le salon de l’appartement de ses parents, regardant la baie de San Francisco étincelant sous le soleil. Elle n’était pas en uniforme, étant officiellement en congé et en disponibilité, et se prenait à regretter son petit vaisseau. En effet, son frère était au lycée et ses parents travaillaient et elle était le plus souvent seule à la maison. Aussi fut-elle surprise lorsqu’elle entendit la porte d’entrée s’ouvrir et qu’elle vit son père arriver d’un bon pas dans le salon. Il lui sourit.
- « Mets ton uniforme, je t’emmène avec moi, j’ai besoin de tes commentaires… », lui enjoignit-il.
Des commentaires ? Mais sur quoi donc ? Voilà seulement un an qu’elle était sortie de l’Academy, quelle aide pouvait-elle donc apporter à un officier plus qu’expérimenté comme l’était son père ?
En quelques minutes, elle ressortit de sa chambre habillée de son uniforme, ses cheveux nattés en la plus stricte des coiffures réglementaires.
- « Très bien, enseigne Janeway, allons-y… », dit Chakotay, qui ne pouvait s’empêcher d’être fier.
Il l’emmena jusqu’aux pods qui amenaient aux spatiodocks. Là, ils furent contrôlés et, après la téléportation, Diana se retrouva sur le vaisseau qui avait vu les premières années de sa vie. L’enseigne qui se trouvait là les salua et Chakotay dit :
- « J’ai besoin de tes lumières et de tes compétences… »
Si l’intérieur du Voyager n’avait que peu changé, et ressemblait toujours peu ou prou à celui qu’elle avait connu, les capacités motrices du légendaire vaisseau avaient été augmentées, mais on n’avait pas touché à ses particularités ramenées du Quadrant Delta. L’une de ces particularités, justement, arpentait les couloirs en compagnie de son père, en se posant mille questions…
Il l’emmena jusqu’à la passerelle, qu’elle avait rêvé d’arpenter pendant toute sa petite enfance et qui avait été entièrement repeinte, même si elle gardait les mêmes caractéristiques que l’ancienne. Sans se soucier des ouvriers qui travaillaient là, il amena sa fille auprès du poste de pilotage.
- « J’aimerais ton avis sur cette nouvelle console expérimentale… », demanda-t-il très sérieusement.
La nouvelle console n’avait plus rien de celle occupée par Tom Paris pendant tant d’années. Celle-ci était ronde, et les commandes n’avaient plus rien de commun avec celles qu’elle manœuvrait sur le Pasadena. Le tout était plus ergonomique, et probablement plus souple et simple à manœuvrer. Diana s’approcha, observa les commandes.
- « A première vue, même un enfant pourrait utiliser cela, mais je suppose que ce n’est pas pour cela que tu l’as fait installer ici… »
Le regard aiguisé de la jeune navigatrice parcourut chaque bouton, chaque commande, et elle comprit que cette console n’était pas seulement conçue pour le navigateur, on pouvait aussi d’elle diriger tout le vaisseau. Cela était incontestablement novateur.
- « Tu comprends maintenant pourquoi je t’ai dit de venir… »
Oui, elle comprenait. Son père savait parfaitement que, non contente d’être navigatrice de son vaisseau, elle se destinait au commandement. Cependant, comme tous les futurs officiers de commandement, elle commençait par la navigation avant de pouvoir monter en grade et intégrer la Starfleet Command School lorsqu’elle serait prête.
- « Mais pourquoi fais-tu installer cela ici ? », questionna la jeune fille, « tu crains une mutinerie ? »
Chakotay secoua la tête.
« Non, c’est un nouveau modèle mis au point récemment et je me suis porté volontaire pour le tester… »
Une vulcaine s’approcha alors. Il s’agissait de T’Hula, l’officier en second.
- « Voici le programme d’avancement des réfections… », dit-elle d’une voix impavide.
Le capitaine prit le PADD, le regarda et hocha la tête.
- « Merci, commander...”
- « Une vie longue et prospère, commander T’Hula… »
- « Une vie longue et prospère à vous, enseigne Janeway… » Répondit la vulcaine.
Entra alors B’Elanna Torres-Paris, qui ne vit d’abord pas sa filleule et conféra avec l’officier en second avant de la remarquer. Elle vint l’embrasser affectueusement.
- « C’est une demi surprise, mais je suis tout de même heureuse de te voir… », dit-elle, avant de préciser. « On m’a dit que le Yankee Clipper s’amarrerait aux docks terriens dans environ une heure, j’ai pensé que vous voudriez le savoir… »
Chakotay hocha seulement la tête. Ainsi la dernière pièce manquante, le vaisseau lui-même, serait à quai dans quelques heures et il se doutait que Virginia n’aurait rien de plus pressé que de débarquer pour s’éloigner de tout cela.
- « Vous avez deux secondes, B’Elanna ? J’aimerais vous parler en particulier, ainsi qu’à Diana… », dit-il.

A suivre...


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Schmullus
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MessageSujet: Re: [post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...    Mer 17 Aoû 2011, 12:30

Chibi a écrit:

« A première vue, même un enfant pourrait utiliser cela...

Bien sur et pourquoi pas la fille de Bashir ? :mdr_10: :chez guinan 15

Merci Chibi ! dac
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Chibi
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MessageSujet: Re: [post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...    Mer 17 Aoû 2011, 17:40

@Schmullus: T'es un comique, toi Laughing
Non, Enata est encore trop petite...et j'ai autre chose de prévu pour elle wink
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Dax
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MessageSujet: Re: [post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...    Jeu 18 Aoû 2011, 14:55

Merci pour la suite Chibi cheers

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Chibi
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MessageSujet: Equinox, 20 ans après... [Star Trek Voyager, fic post série, alternate universe en partie, fic en cours]---chapitre 09   Mar 23 Aoû 2011, 20:48

Chapitre 9

Elles le suivirent jusqu’à son bureau et, une fois que la porte donnant sur la passerelle se fut refermée sur eux, commença.
- « J’ai reçu des instructions supplémentaires concernant la commission d’enquête : ils sont vraiment déterminés à ce qu’un coupable soit désigné et je dois avouer que cela m’inquiète quelque peu… »
Les yeux bleus de Diana s’étrécirent.
- « Tu penses que maman pourrait perdre son poste ? Et tout le monde avec elle ? »
Le regard sombre de Chakotay se posa sur sa fille aînée.
- « Je ne peux pas t’en dire plus, Diana, mais les derniers ordres parvenus de l’amirauté ne sont pas très encourageants. Vu l’extraordinaire complexité de tous ces événements, tout cela pourrait durer des mois… »
Il avait vécu cela de l’intérieur et savait parfaitement que, pour juger Ransom, il aurait fallu se trouver au moins une fois à sa place, coupé de sa base et sur un vaisseau en perdition parsemé de cadavres.
Le regard bleu de Diana ne vacilla pas.
- « Je témoignerai tout de même, je dirai avec honnêteté tout ce dont je me souviens mais je reste étonnée qu’ils nous aient convoquées, Virginia, Naomi et moi. Naomi c’est logique, elle était un peu plus grande, mais nous…nous avions quatre ans et demi… »
Chakotay eut un geste vague.
- « Je sais, mais ils l’ont décidé et vous devez vous y plier… » Il sentait la tension de sa fille ajouta avec un sourire :
« Allons, ne fais pas cette tête, essaie d’être un peu plus gaie, ta sœur a besoin de ça… »
B’Elanna, elle, était plongée dans ses pensées et n’avait encore rien dit. Elle aussi avait vécu de près les événements autour de l’Equinox. Elle regarda alors sa filleule.
- « Veux-tu nous excuser ? J’ai besoin de parler à ton père et je préfère que tu ignores encore certaines choses… »
Diana hocha la tête et sortit, laissant l’ingénieur et son supérieur seuls.
- « Vous savez qu’ils ne pourront pas juger et qu’ils vont charger Ransom… », dit la demi-klingonne calmement, « Ils ne tiendront pas compte de la situation qu’ils ne pourront pas mesurer pleinement puisqu’ils ne l’ont pas vécue…aucun de nous ne l’a vécu puisque nous avons eu une sorte de chance dans notre malheur… »
B’Elanna Torres-Paris comprenait toujours rapidement les choses, et elle savait ce qu’en pensait Chakotay. Au-delà de l’horreur même de ce génocide qu’avait commis Ransom, il fallait mesurer le fait qu’il était perdu à 70000 années lumières de la Fédération, sur un vaisseau qui n’était pas fait pour les longs voyages. Il avait tenté de sauver son équipage. Au dessus de tout ça, il y avait la réaction de Janeway aussi. Elle avait été si horrifiée qu’elle s’était lancée dans une croisade personnelle contre Ransom qui, non content d’avoir exterminé des aliens pour avancer, avait également trahi sa confiance et celle de son équipage. Il y avait de quoi, dans tout cela, fusiller sa carrière en plus de celle de Ransom, des anciens membres de son équipage et de tous ceux qui avaient été impliqués de près ou de loin. Pour le coup, il aurait mieux valu laisser dormir le passé, s’en tenir à la dernière entrée de journal de bord enregistrée par Janeway et laisser Ransom vivre sa retraite quelque part. Mais non, ils avaient vraiment voulu faire cette commission et tout cela allait faire ressurgir des choses terriblement sombres.
Il sortit de ses pensées et regarda son ingénieur en chef.
- « Je sais aussi bien que vous, B’Elanna, que cela va tourner à la chasse aux sorcières et que nous pourrions tous y laisser des plumes. Rien de seulement comparable n’existe et je me demande sur quelle base ils pourront juger… » Il secoua la tête. « Dans cette affaire, nous sommes tous en sursis, peut-être pas vous mais Kathryn et moi… »
La demi-klingonne eut un geste explicite.
- « Ne comptez pas qu’on les laisse vous écharper sans rien faire. Nous vous défendrons tous sans hésiter, vous pouvez en être sûrs… »
Cela, Chakotay le savait. La fidélité de leur ancien équipage était légendaire. Tom Paris, Harry Kim, Tuvok ou encore Seven of Nine se seraient fait tuer sur place plutôt que de trahir leur ancien capitaine. Mais, même s’ils étaient convoqués pour déposer, leur témoignage serait probablement considéré comme sujet à caution. Et que dire de celui des anciens membres d’équipage de l’Equinox ? Savaient-ils déjà que leur capitaine avait survécu ? Non, vraiment, cette commission d’enquête ne présageait rien de bon.
L’attention du capitaine se focalisa de nouveau sur son ingénieur en chef.
- « Je sais, B’Elanna, je connais très bien chacun de vous, mais je ne vous laisserai pas faire n’importe quoi ni torpiller votre carrière… »
La demi-klingonne eut un geste éloquent.
- « Ma carrière ? Si je n’avais pas croisé le Voyager, elle n’aurait jamais existé… »
Elle voulait toujours avoir le dernier mot mais il répliqua :
- « N’imaginez même pas faire un scandale au milieu de tout cela, je ne vous pardonnerais pas… »
Les yeux de B’Elanna flamboyèrent.
- « Un scandale ? Mais je suis largement au dessus de ça maintenant. Je suis mariée avec un humain depuis près de vingt ans, il a un peu déteint sur moi. Non, je dirai la vérité telle qu’elle a été mais, s’ils commencent à chercher la petite bête, je me ferai un plaisir de leur dire leur fait… »
Chakotay savait parfaitement qu’elle en était capable. Même devenue madame Paris, mère d’une fille, son caractère était resté très vif.
La voix de Diana résonna alors dans le commbadge de Chakotay.
- « On vient d’avoir un appel, le Yankee Clipper va s’amarrer dans dix minutes… »



A suivre...


Dernière édition par Chibi le Mer 09 Oct 2013, 20:21, édité 1 fois
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Dax
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MessageSujet: Re: [post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...    Lun 05 Sep 2011, 18:05

bonne suite... j'ai hâte de voir le procès ou la commission d’enquête ..

beau boulot dac

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Chibi
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MessageSujet: Equinox, 20 ans après... [Star Trek Voyager, fic post série, alternate universe en partie, fic en cours]---chapitre 10   Jeu 29 Sep 2011, 19:21

Chapitre 10

Chakotay accusa réception et hocha la tête. Les dernières pièces du puzzle venaient de se mettre en place. Il tourna la tête vers Torres.
- « Venez-vous avec moi accueillir Virginia ? Je pense que cela lui fera plaisir… »
Il se doutait que le moral de sa fille cadette devait être assez bas, un peu de soutien ne lui ferait pas de mal. Il sortit sur la passerelle, dit quelques mots à T’Hula et rejoignit la salle de téléportation. Quelques secondes après, tous trois se matérialisaient sur le pad des docks et Chakotay questionna un enseigne pour savoir où était amarré le Yankee Clipper. Ils le trouvèrent et arrivèrent au moment où les membres d’équipage en permission commençaient à sortir. Ils attendirent quelques minutes et Virginia fit son apparition.
Son visage ordinairement hâlé était pâli et ses traits tirés, ce qui inquiéta immédiatement son père.
Un fantôme de sourire vint tout de même ensoleiller quelque peu ses traits lorsqu’elle vit sa sœur jumelle et son père.
Chakotay vint l’embrasser, Diana et Torres firent de même.
- « Je pense qu’une tasse de café ne te ferait pas de mal… », dit le capitaine à sa fille.
Tout le monde retourna sur le Voyager et alla s’attabler au mess. Les jumelles connaissaient par cœur cet endroit mais elles n’avaient pas vraiment envie de se réjouir. Être réunis dans ces conditions n’avait rien de drôle.
Virginia leva ensuite ses yeux bleus sur son père.
- « Papa, est-ce que maman et toi risquez votre carrière ? », questionna-t-elle.
Visiblement, la jeune fille avait beaucoup réfléchi et assez peu dormi ces derniers jours. Elle subodorait que cette affaire pouvait avoir des conséquences très graves et l’air très sérieux de son père la confortait dans son idée.
Pourtant, Chakotay tenait absolument à tenir ses filles le plus possible dans l’ignorance pour l’instant. Déjà pour préserver le secret de l’instruction, comme il lui avait été signifié par ordre venu de l’amirauté, mais aussi pour elles, pour qu’on ne puisse pas toucher à leur jeune carrière.
Son regard sombre se posa sur les deux jumelles.
- « Vous étiez trop jeunes pour vous souvenir de tout, mais croyez-moi, cela vous dépasse de loin. Alors dites-leur simplement ce dont vous vous souvenez, en toute honnêteté, ils n’en attendent pas plus… »
Virginia regarda ensuite B’Elanna mais celle-ci était du même avis.
- « Votre père a raison, et ne protestez pas, ce n’est vraiment pas le moment… »
Les jumelles se retinrent de faire la grimace. Depuis leur petite enfance, elles avaient toujours détesté quand B’Elanna, pourtant la marraine de Diana, leur faisait la leçon. A présent adultes, officiers de Starfleet comme leurs parents, elles pouvaient comprendre mais elles étaient déterminées à faire tout ce qu’elles pourraient pour sauver leur carrière.
Chakotay regarda alors l’aînée de ses filles.
- « Diana, tu vas ramener ta sœur à la maison, j’ai encore à faire ici. Vu l’heure, Alan devrait être rentré. Je vous rejoindrai plus tard… » Il déposa un baiser sur le front de Virginia.
- « Surtout, arrête de te soucier et essaie de te reposer, tu en as bien besoin… »
Il regarda ses filles partir et dit à B’Elanna :
- « Virginia a vraiment mauvaise mine, je suis inquiet mais je sais qu’elle a assez de force pour passer au dessus de tout cela… »
En effet, elle avait réussi à survivre alors qu’elle n’était qu’un très fragile bébé prématuré, cette épreuve n’était pas pire…

* * * * *

Quand les jumelles arrivèrent à l’appartement, il n’y avait encore personne. Virginia posa son sac près de son lit, dans la chambre qu’elles partageaient, et dit à sa sœur :
- « Franchement, tu te souviens de beaucoup de choses, toi ? »
- « Pas énormément, c’est surtout des images peu claires, des sensations, rien qui ne leur soit tellement utile, je pense. Mais en tout cas, cette affaire est assez grave vu tout le secret qui l’entoure… » Répondit Diana en haussant les épaules.
- « J’ai rencontré Ransom, comme je te l’avais dit, il n’a absolument pas changé, il est toujours tel que nous l’avions vu quand nous étions petites. Je pense qu’il y a eu quelque chose de temporel là-dedans, en plus du reste… »
Diana ramena une mèche de sa longue natte auburn derrière ses oreilles.
- « Tout cela ne me plaît pas du tout, j’ai l’impression qu’ils vont en profiter pour pouvoir régler leurs comptes avec l’équipage du Voyager parce qu’ils n’ont pas pu le faire pendant la première commission d’enquête. Certains des amiraux voulaient la démission pure et simple de maman et que papa fasse une peine de prison… »
Les yeux de Virginia s’écarquillèrent.
- « Comment tu sais ça ? »
- « Je sais ça parce que je l’ai entendu dire à l’Academy, voilà. Quoi qu’il en soit, aucun faux pas ne sera pardonné à nos parents, leurs décisions dans cette affaire seront passées au crible ainsi que toutes les actions des autres membres d’équipage, sans parler de celles de Ransom. Je pense qu’il y a encore énormément de choses sombres là-dedans… »
Elle n’eut pas le temps de continuer car la voix de son frère l’interrompit.
- « Salut, Virg ! »
Elle se leva et vint embrasser son jeune frère. Une lueur d’inquiétude passa dans le regard sombre d’Alan.
- « Tu n’as vraiment pas bonne mine. Décidément, cette affaire est en train de rendre tout le monde à demi-fou… »
- « Ne t’inquiète pas pour ça, il en faudra plus pour me rendre folle… »
- « Tu es trop cartésienne pour ça ! »
Cela ramena un peu de sourire sur les lèvres de Virginia et lui rappela la période où, sans être inséparables, elles étaient très complices. L’éloignement n’avait pas brisé le lien particulier donné par leur gémellité et leur frère ne comprenait pas tout parfois.
Il suffit de cela pour désamorcer un peu la situation et la fratrie resta là à deviser jusqu’au retour de leurs parents. L’amiral Janeway, rentrée avant son mari, embrassa sa seconde fille et s’inquiéta elle aussi de sa mine défaite.
- « Ca va, maman…je suis juste un peu déroutée par ça, c’est tout… », Grommela Virginia, qui détestait que sa mère la couve.
Janeway regarda ses trois enfants.
- « Bon, puisque vous êtes tous là je tiens vraiment à ce que nous sortions dîner, je vais appeler votre père pour savoir quand il rentre… »
Elle aimait encore, quand elle le pouvait, mener sa petite famille à la baguette et les jumelles se regardèrent avec un sourire…
La soirée fut gaie mais, lorsque chacun se retira pour la nuit, Janeway regarda son mari.
- « Tu as vu la tête de Virginia ? Cette affaire lui fait beaucoup de mal, et je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est ma faute… »
Chakotay, déjà en pyjama court, s’assit près d’elle sur le lit.
- « Arrête de te culpabiliser, tu n’y peux absolument rien. Virginia a, comme nous, besoin de faire la paix avec tout cela. Elle se trouve malgré elle au milieu de cette affaire et je comprends que cela la perturbe beaucoup, mais tu ne dois pas t’en vouloir… »
Elle se laissa aller contre lui, tentant de retrouver son calme. Elle était prête à assumer ses décisions devant une commission d’enquête, même si elle n’en était pas fière, mais que sa fille cadette en souffrît, pas question ! Elle percevait aussi que Diana, malgré son apparence désinvolte, cachait elle aussi quelques blessures mal refermées.
Chakotay referma ses bras sur elle et ils restèrent un moment ainsi. Dans cette épreuve, ils savaient compter l’un sur l’autre, même si Kathryn savait qu’il devrait relater le fait qu’il s’était opposé ouvertement à elle et qu’elle l’avait relevé de ses fonctions. Ils en étaient conscients tous les deux mais cela ne déteignait pas sur leur couple, ils étaient mariés depuis près de quinze ans et solidaires dans cette affaire.
- « Essaie de dormir… », finit-il par lui dire en se glissant dans le lit.
Même blottie contre lui, dans ses bras, elle ne parvint qu’à demi à trouver le sommeil et il était tard dans la nuit quand elle s’endormit vraiment. Lui était un peu plus calme qu’elle, mais il ne sommeilla que par à coups.



Dernière édition par Chibi le Mer 09 Oct 2013, 20:24, édité 1 fois
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Dax
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MessageSujet: Re: [post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...    Sam 01 Oct 2011, 16:19

tu me tiens en haleine... c'est cool cheers vivement la suite

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Chibi
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MessageSujet: Re: [post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...    Sam 01 Oct 2011, 19:37

Merci Dax d'avoir lu...et de prendre le temps de toujours suivre ce que j'écris, ça me fait très plaisir et ça me touche beaucoup...
La suite arrivera bientôt, dès que "un curieux pied de nez du destin" sera envoyé à la correction ^^
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Schmullus
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MessageSujet: Re: [post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...    Ven 21 Oct 2011, 22:15

Le suspens est parfaitement maîtrisé dans cette fic, les épisodes sont coupés aux bons moments. On se croirait presque dans Perry Mason qu'on n'en boufferait tous les jours Very Happy

Merci Chibi dac
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Schmullus
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MessageSujet: Re: [post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...    Ven 21 Oct 2011, 22:28

Qu'elle belle image que d'essayer de deviner la belle Kathryn dans les bras de Chakotay en pijama.

"Essaie de dormir..."

Je n'y arrive pas moi non plus Kathryn ! Tu m'empêches de dormir !

:mdr_10:

Merci Chibi dac
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Chibi
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MessageSujet: Equinox, 20 ans après... [Star Trek Voyager, fic post série, alternate universe en partie, fic en cours]---chapitre 11   Jeu 03 Nov 2011, 21:40

Chapitre 11

Virginia, épuisée et apaisée quelque peu par le fait de se retrouver dans son lit, s’était endormie lourdement et il faisait largement jour quand elle émergea de son sommeil. Elle s’assit dans son lit, se frotta les yeux et vit le visage goguenard de sa sœur jumelle.
- « Eh bien enfin ! »
- « Il est quelle heure ? » Demanda Virginia d'une voix pâteuse.
- « Presque onze heures, maman et papa m’ont dit de te laisser dormir, ils sont partis depuis longtemps… »
Virginia se leva et, à demi encore dans le sommeil, alla dans la cuisine et se versa une tasse de café. Cela l’aida à se réveiller et elle leva un regard bleu un peu plus clair sur sa sœur jumelle.
- « Pas de contrordre sur la commission d’enquête ? »
- « Non, elle commence bien dans quatre jours, quand ils auront fini de passer l’Equinox au peigne fin… »
- « Quatre jours à attendre leur bon plaisir. Dire que j’ai souhaité une permission, mais dans ces conditions… »
- « Même si on est là dans des circonstances un peu spéciales, on peut quand même essayer d’en profiter, non ? »
Elle avait toujours eu la capacité de voir le positif même au milieu du pire, et c’était une qualité que sa sœur lui enviait. Virginia avala une autre tasse de café et entreprit de se rendre présentable. Une douche plus tard, elle apparut dans une simple robe en coton et questionna sa jumelle.
- « On fait quoi ? »
- « Je propose d’aller nous promener dans le Golden Gate Park, un peu de verdure nous fera du bien… » Répondit Diana à sa jumelle.
Cette idée souriait bien à Virginia, qui n’avait respiré aussi que de l’air en boîte depuis des mois. Le parc n’était pas loin, leurs parents habitant assez près du complexe de Starfleet Command. Il faisait beau mais un vent soufflait de la mer, apportant des effluves salés. Les jumelles marchèrent un long moment sans parler, respirant l’air frais et l’odeur de la nature. Grâce à leur père, elles en avaient toujours été très proches et avaient appris à la respecter.
En guise de repas de midi, elles achetèrent un sandwich à un marchand ambulant et mangèrent assises sur un banc. A part leur ressemblance physique liée à leur gémellité, leur style vestimentaire était totalement différent, ce qui avait toujours surpris leurs parents. Elles avaient été peu fusionnelles sur ce plan, juste quelques années dans leur petite enfance. Et pourtant, malgré leur différence de caractère, elles étaient demeurées très proches, et elles appréciaient ce moment calme, assises ensemble à l’ombre des arbres, au son du chant des oiseaux.
Ce fut le son du communicateur de Diana qui brisa cette tranquillité. C’était leur père, qui se demandait où elles étaient et qui proposait de les rejoindre. Elle le lui indiqua et, une fois la communication coupée, se mit à rire.
- « Papa ne changera jamais… »
- « On est majeures, mais il veut encore nous couver… » pouffa Virginia.
Et c’était vrai. Chakotay avait toujours été proche de ses filles depuis leur naissance, au point quelque peu de les surprotéger, ce qui faisait rire Kathryn. Pourtant, de l’opinion des jumelles, leur mère ne valait guère mieux.
Le capitaine du Voyager finit par rejoindre sa progéniture et s’assit sur le banc. Il eut un sourire goguenard pour la cadette de ses filles.
- « Tu as fini par te réveiller ? »
En effet, il avait appelé en milieu de matinée et Virginia dormait encore.
- « C’est carrément plus facile de dormir ici que dans un dortoir avec quatre personnes… », répliqua la jeune fille à son père.
Chakotay rit plus franchement. Ah, les joies d’être enseigne ! Il avait presque oublié, depuis le temps.
Son regard sombre alla de l’une à l’autre de ses filles. Quand elles étaient nées, il avait eu peine au départ à mesurer le changement qu’elles allaient apporter dans sa vie, mais à présent il pouvait être fier d’elles, du chemin qu’elles avaient parcouru. Leur naissance dans le quadrant Delta n’était pas un désavantage, loin de là, cela avait fait d’elles ce qu’elles étaient aujourd’hui. Elles avaient vécu un nombre élevé d’alertes rouges avant d’avoir atteint l’âge de trois ans, ce qui faisait qu’elles réagissaient de façon relativement calme par rapport à cette terreur des cadets.
Malgré leur décontraction apparente, il sentait la tension chez les jumelles. La commission d’enquête approchait et pesait sur leur humeur juvénile. Et pourtant, il ne pouvait rien leur dire. A quoi cela aurait-il servi ? Elles devaient pouvoir juger en leur âme et conscience.
- « Allez, ne faites pas cette tête, profitez plutôt de cette belle journée…un peu venteuse mais agréable… », dit-il en souriant.
Il ferma les yeux, laissant le vent caresser son visage au teint mat mais une voix lui fit ouvrir les yeux au bout d’un moment.
- « Je vois que ça travaille dur… »
Alan se tenait devant eux et son regard sombre amusé dévisageait ses sœurs aînées et son père. Ses cheveux noirs en désordre volaient au vent léger. Ils étaient toujours trop longs aux yeux de son militaire de père mais il les trouvait bien comme ça. Des trois enfants Janeway, c’était lui qui avait hérité le plus de Chakotay, même s’il revendiquait une liberté de pensée très personnelle. Lui d’ailleurs ne voulait pas intégrer Starfleet, ayant plutôt l’ambition de monter sa propre entreprise de systèmes informatiques civils. A sa décharge, il n’avait pas vécu sur un vaisseau toute son enfance, comme ses sœurs aînées, ceci expliquait probablement cela.
Le cadet de la famille s’assit sur l’herbe, à côté du banc, et sortit de son sac une bouteille de soda dont il avala quelques gorgées et qu’il proposa à ses sœurs et à son père. Il expliqua qu’il était sorti plus tôt du lycée et qu’il les avait croisés par hasard en passant par le parc pour rentrer.
- « Tu n’as pas de devoirs à faire ? », questionna Chakotay.
- « Papa, je ne suis plus un bébé, je suis capable de gérer tout seul cet aspect de ma vie… » soupira l'adolescent.
Les jumelles se regardèrent avec un sourire en coin. Leur frère, vu qu’il était seul à la maison maintenant, faisait l’objet de l’attention toute particulière de leurs parents. Heureusement, vu qu’ils travaillaient beaucoup tous les deux et que son père était absent très souvent, il disposait de plages de liberté fort appréciables dont il profitait au mieux.
Chakotay alors regarda à nouveau sa progéniture et proposa :
- « Bon, puisque j’ai un peu de temps et que vous êtes tous là, je vous offre un verre… »

A suivre...


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MessageSujet: Re: [post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...    Jeu 03 Nov 2011, 21:42

Arrête de fantasmer Laughing
Non, trêve de plaisanterie, merci d'avoir pris de ton temps pour lire ^^
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Dax
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MessageSujet: Re: [post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...    Dim 18 Déc 2011, 14:01

Petit opus printanier... frais et ludique,

mais qu’est-ce que j'ai hâte à a la commission d’enquête

C'est drôle aussi, j'aurais aimé pouvoir voir les jumelles. Si on avait un dessinateur à bord on aurait pu lui faire une commande spécial: dessiner les jumelles Janeway/Chakotay

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MessageSujet: Re: [post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...    Lun 19 Déc 2011, 11:08

Dax a écrit:
Petit opus printanier... frais et ludique,

mais qu’est-ce que j'ai hâte à a la commission d’enquête

C'est drôle aussi, j'aurais aimé pouvoir voir les jumelles. Si on avait un dessinateur à bord on aurait pu lui faire une commande spécial: dessiner les jumelles Janeway/Chakotay

Il fallait bien mettre une petite scène sympa avant le stress de la commission d'enquête, et ça permettait de montrer les personnages en dehors de leur cadre normal, aussi.

Je suis sur la commission d'enquête au niveau avancement mais je crois que je vais devoir regarder de nouveau les deux épisodes pour vérifier un ou deux détails...

Oh, pour les jumelles elles ressemblent physiquement pas mal à leur mère (elles ont ses yeux bleus) avec la peau mate de leur paternel et les cheveux auburn légèrement plus foncés que ceux de leur mère. Je ne sais pas dessiner du tout, sinon je te ferais un croquis...

Merci d'avoir lu une fois de plus, je suis ravie que ça te plaise...
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Schmullus
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MessageSujet: Re: [post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...    Mer 21 Déc 2011, 12:35

Toujours très agréable de te lire Chibi Very Happy
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MessageSujet: Equinox, 20 ans après... [Star Trek Voyager, fic post série, alternate universe en partie, fic en cours]---chapitre 12   Mer 22 Fév 2012, 21:31

Chapitre 12

Trois jours plus tard.

Le jour n’était pas encore levé, mais tout le monde avait déjà ouvert les yeux dans l’appartement familial. Même Alan, qui d’ordinaire ne se levait pas si tôt, était déjà réveillé. La commission d’enquête ne commencerait pas avant dix heures du matin, mais les parents et leurs filles aînées n’avaient guère fermé l’œil de la nuit. Virginia, encore à demi endormie, venait de sortir de sa douche et elle enfilait son uniforme de parade en regardant son reflet dans le miroir d’un œil vague. D’un geste routinier, elle brossa ses cheveux et les natta automatiquement alors que sa sœur, derrière elle, entrait dans la douche.
Elle tira encore sur son uniforme et rejoignit ses parents dans la cuisine pour le petit déjeuner. Le silence était lourd, aussi n’osa-t-elle pas le rompre et alla-t-elle se verser une grande tasse de café fort. La journée serait longue et elle en aurait bien besoin.
Alan entra alors dans la cuisine et, sentant la lourdeur de l’ambiance, se contenta de se verser une tasse de café qu’il voulait déguster dans sa chambre. Pas question qu’il supporte ça alors qu’il n’y était pour rien.
Il ne fallut pas longtemps pour que Diana rejoigne sa sœur jumelle et ses parents pour boire elle aussi une tasse de café. Les jeunes filles, préoccupées, ne virent pas le regard de leur mère se poser sur elles. Dans peu de temps, elles sauraient la vérité sur cette triste affaire de l’Equinox et elle en était venue à penser que ça ne serait pas si mal. Bien sûr, ses filles allaient découvrir des choses terribles mais, du moins, tout serait éclairci.
Une fois le petit déjeuner achevé, il était trop tôt pour se mettre en route alors tout le monde vaqua à ses occupations. Une fois son frère parti pour le lycée, Diana alluma la télévision pour voir les nouvelles sur le Federation News Network alors que Virginia tentait de s’intéresser à un livre. Kathryn, elle, s’était retirée dans son bureau et c’est là que Chakotay la trouva une heure après, lorsqu’il revint de sa promenade. Elle arborait un air qu’il connaissait bien : celui qu’elle avait eu de nombreuses fois sur la passerelle du Voyager face à l’adversité. Kathryn Janeway était prête à assumer les conséquences de ses actes et son regard bleu était ferme.
Elle leva les yeux sur son époux.
- « Jamais je n’aurais pensé en arriver là. Enfin, s’il m’arrive quelque chose j’aurai du moins eu une belle carrière… »
- « Arrête avec ton humour noir. S’ils te sanctionnent j’en prendrai ma part. J’aurais très bien pu mettre sur pied une mutinerie à l’époque pour t’empêcher d’agir, et je n’en ai rien fait… »
- « On ne va pas encore avoir cette conversation, c’est trop tard de toute façon… »
On frappa alors et Diana, à l’assentiment de sa mère, passa la tête par l’entrebâillement de la porte.
- « Il est presque l’heure… », dit-elle simplement à ses parents.
Ils se regardèrent, ne dirent rien d’autre et sortirent du bureau. Les jumelles étaient prêtes, l’uniforme de parade tiré à quatre épingles, et les quatre officiers sortirent de leur appartement pour se rendre au complexe de Starfleet Command, où aurait lieu la commission d’enquête. Il fallait traverser des jardins magnifiques, mais personne n’eut le cœur de les regarder. La météo était pourtant clémente ce jour-là mais c’était un détail pour Chakotay et Janeway qui allaient jouer leur carrière à quitte ou double.

* * * * *

Une grande salle au rez-de-chaussée du bâtiment principal de Starfleet Command avait été réservée pour la durée de la commission. Peu avant d’arriver à la porte, ils croisèrent B’Elanna Torres et Tom Paris accompagnés de Naomi Wildman. La jeune « assistante du capitaine » avait fait du chemin depuis l’époque du Voyager, elle était à présent chef de la sécurité adjoint sur une station loin de la Terre.
Tout le monde se salua cordialement mais personne n’eut le courage de dire un mot de plus. Tom et B’Elanna avaient aussi vécu de l’intérieur les événements liés à l’Equinox et ils savaient quelle réaction violente tous ces événements allaient sans aucun doute provoquer dès qu’ils seraient sus par tous.
Dans la grande salle, les sièges pour les anciens membres de l’équipage du Voyager avaient été attribués en fonction des grades, ce qui fit que les deux jumelles ainsi que Naomi se trouvèrent relégués au fond alors que leurs parents se trouvaient devant, séparés eux aussi. Les anciens membres d’équipage de l’Equinox avaient été regroupés à une table sur le côté et Ransom assis à part. Tout ceci ressemblait furieusement à une cour martiale, et cela fit froid dans le dos à Janeway. Elle ne se souvenait que trop bien de la commission qui s’était tenue au retour du Voyager, pendant laquelle on l’avait séparée de ses filles et qui avait failli lui coûter sa carrière. Son regard se porta sur Ransom et elle comprit mieux les paroles et la réaction de sa fille cadette. En effet, il était tout à fait semblable au souvenir qu’elle-même en avait. Paradoxe temporel, très probablement, l’équipe technique qui avait passé le vaisseau blessé au peigne fin le confirmerait très certainement, ainsi que les relevés faits sur place par l’USS Yankee Clipper.
Ransom, alors, se tourna vers elle et leurs deux regards se croisèrent. Kathryn Janeway avait quelque peu changé physiquement, il voyait les quelques cheveux blancs qui émaillaient à présent sa chevelure auburn, mais la fermeté de ses yeux était toujours là, sans cependant la colère froide qu’il avait pu y voir la dernière fois qu’il avait croisé son regard. Le temps avait fait son œuvre pour elle, il avait réussi à savoir malgré son relatif isolement qu’elle avait épousé son second, le père de ses filles, et qu’ils avaient eu un troisième enfant. Il observa aussi les deux jumelles. Identiques physiquement peut-être, mais pas si semblables que cela, au vu du choix de carrière différent qu’elles avaient fait. A côté d’elles, il vit Naomi dont il se souvenait aussi, mais il n’eut pas le temps de s’appesantir davantage sur tout cela, les membres de la commission d’enquête faisaient leur entrée. Il s’agissait pour la plupart d’amiraux ou de contre-amiraux et Janeway reconnut certains de ceux qui avaient participé à commission d’enquête qui s’étaient tenue lors du retour du Voyager. Ses pires craintes se trouvaient confirmées : ce qu’ils n’avaient pas réussi à faire pendant la première commission d’enquête, ils essaieraient de le faire maintenant. Pourtant, rien de ses craintes ne passa sur son visage calme. Elle assumait ses fautes et boirait le calice jusqu’à la lie.
Le chef de la commission d’enquête, l’amiral Wilson, commença alors :
- « Nous sommes ici pour faire toute la lumière sur les événements survenus en 2377 dans le quadrant Delta, dans lesquels furent impliqués l’USS Voyager et l’USS Equinox… »
Le silence, à peine troublé jusque-là par quelques chuchotements épars, se fit immédiatement. Et la litanie des différents témoignages commença. Comme le voulait l’usage, les capitaines témoigneraient en dernier. Les premiers à le faire furent l’équipe qui venait d’examiner de fond en comble le vaisseau. Les relevés effectués étaient clairs : l’épave avait effectivement fait un bond dans le temps au lieu d’exploser mais ils n’étaient pas capables d’en préciser la raison. La seule preuve tangible en était la présence de particules chroniton. Furent ensuite détaillées les modifications apportées au système de propulsion, et alors on convoqua pour les expliquer l’ancien ingénieur en chef du vaisseau, Marla Gilmore. La jeune femme blonde, à présent lieutenant, s’installa à la barre et commença à expliquer, les mains légèrement tremblantes, ce qu’elle avait fait et comment ils en étaient venus à utiliser de la poudre d’alien en guise de carburant après s’être aperçus à la suite d’un accident qu’ils étaient composés de dilithium. Elle s’en tint aux faits, sans vouloir attendrir le jury mais elle voulait qu’ils puissent tout de même comprendre dans quel dénuement ils s’étaient trouvés et qu’elle ne l’avait pas fait de gaieté de cœur. Après Gilmore vint Lessing, puis les trois autres survivants, qui témoignèrent devant une salle médusée des problèmes rencontrés par l’Equinox livré à lui-même dans un environnement hostile, forcé de survivre par tous les moyens, y compris les plus terribles. Ils revinrent également sur la mutinerie envers l’équipage du Voyager et Lessing mentionna le fait que le capitaine Janeway, pour le faire parler, avait bien failli le faire tuer.
Quand ils eurent fini, le silence était terriblement lourd, presque palpable, comme une chape de plomb. Diana et Virginia, qui ignoraient pour la plupart tout cela, ne pouvaient dire un mot, la gorge serrée. Ransom, lui, avait pâli mais aucune émotion n’était passée sur son visage à l’évocation des heures terribles vécues auparavant. Le seul signe de nervosité qui se pouvait voir sur lui était ses mains serrées aux jointures blanchies par la tension.
Tom et B’Elanna, eux, s’étaient regardés. Tout cela leur ramenait à l’esprit des images terriblement vivaces, où eux aussi avaient dû lutter pour leur survie. A l’époque où ils avaient croisé la route de l’Equinox, ils avaient réussi à atteindre un certain équilibre, mais eux aussi revenaient de loin, même s’ils n’étaient jamais tombés aussi bas. B’Elanna ne pouvait pas s’empêcher de penser à son ami Maxwell Burke, décédé pendant ces tragiques événements. Il était mort d’avoir fait confiance à son capitaine jusqu’au bout.
Les témoignages se poursuivirent avec les membres de l’équipage du Voyager et la tension vive fit qu’on ne pensa à faire une pause qu’au milieu de l’après-midi. Chakotay rejoignit ses filles et son épouse.
- « Venez, on va manger quelque chose… », leur dit-il.

* * * * *

Les jumelles n’avaient pas faim, mais il insista pour qu’elles avalent au moins une tasse d’une boisson chaude. Kathryn, elle, n’avait pas dit un mot mais il lui commanda d’autorité une tasse de café, sachant qu’elle n’y résisterait pas. Il savait ce qu’elle ressentait et il prit sa main qu’il pressa dans la sienne, comme pour lui insuffler sa force. Mais il en fallait tout de même plus pour abattre Kathryn Janeway, qui regarda son mari et lui dit :
- « Arrête de t’inquiéter, je vais bien… »
Elle était plus sereine qu’au début de la commission, et elle regarda ses filles et son mari. Diana enfin se risqua à un commentaire.
- « Je ne me souvenais pas de tout ça. C’est horrible… »
Janeway ne sut pas si sa fille parlait du fait d’utiliser de la poudre d’alien ou du fait de couper le champ de force protecteur pour que Lessing donne des informations. Mais la jeune fille ne précisa pas sa pensée, c’était une horreur dans sa globalité et elle n’y pouvait encore faire le tri.
- « Tu ne peux pas t’en souvenir, Diana. C’était au moment où j’avais demandé à Neelix de vous garder toutes les deux… », lui précisa-t-elle
De cela, Virginia se souvenait, et elle leva à son tour les yeux sur sa mère.
- « Tu as vraiment relevé papa de ses fonctions ? », questionna-t-elle.
Janeway hocha la tête mais Virginia ne dit rien d’autre, elle n’en eut d’ailleurs pas le temps, car la commission allait reprendre…

A suivre...


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MessageSujet: Re: [post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...    Mer 22 Fév 2012, 21:32

Merci Schmullus Smile je fais de mon mieux...
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MessageSujet: Re: [post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...    Jeu 23 Fév 2012, 14:53

excellente dac dac dac

j'aurais une commande, un texte séparé qui parlerais de retour du Voyager sur Terre et de la commission d'enquête qui s,en ai suivis. Je voudrais savoir pourquoi Janeway a eu sa carrière menacé alors qu'on aurait du la décorer.

Sinon comme d'habitude j'ai hâte de lire la suite...

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MessageSujet: Re: [post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...    Mer 19 Sep 2012, 13:34

(oups, je m'aperçois que je n'avais pas répondu, désolée Sad )

Le retour du Voyager sur Terre, on le verra dans la seconde grande partie de 'Quarantaine...' donc ça sera inclus...
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MessageSujet: Equinox, 20 ans après... [Star Trek Voyager, fic post série, alternate universe en partie, fic en cours]---chapitre 13   Mer 19 Sep 2012, 13:44

Désolée pour le temps inter-publication, mais je n'avais pas tellement de temps pour écrire jusqu'à maintenant. Cependant, on s'approche de la fin de la fic, il doit rester un ou deux chapitres tout au plus à présent...

Chapitre 13

Pour rester dans la même logique, on fit intervenir B’Elanna et Seven of Nine, qui avaient travaillé sur l’Equinox, et elles racontèrent sans rien dissimuler de ce qu’elles avaient vu. B’Elanna tenta de ne pas trop extérioriser ce qu’elle ressentait devant le jury, mais son mari et sa fille percevaient ses véritables sentiments. Seven, comme d’habitude, montrait peu ce qu’elle pensait, mais ses années parmi les Borgs lui faisaient voir les choses d’une manière différente. Son témoignage fit encore baisser la température de plusieurs degrés dans la pièce, tant et si bien qu’on décida d’arrêter là pour la première journée. En effet, malgré tout le professionnalisme des personnes présentes, l’ambiance était franchement lourde et difficilement supportable. Il fut décidé par l’amiral Wilson de reprendre le lendemain à neuf heures.

* * * * *

Le retour vers l’appartement familial se fit dans le plus grand silence. Les jumelles regardaient le sol et leurs parents n’avaient guère le cœur à dire quoi que ce soit.
Alan vint saluer tout le monde puis battit de nouveau en retraite dans sa chambre, ne supportant guère la lourdeur de l’ambiance.
La première à reprendre plus ou moins pied fut Diana, qui jeta un regard étrange à sa mère, puis à son père.
- « Comment avez-vous pu en arriver là ? », leur demanda-t-elle avec franchise.
Chakotay et Kathryn se regardèrent. Eux-mêmes avaient beaucoup de peine à répondre à cette question. Ils s’étaient affrontés et déchirés sur cette affaire et elle reconnaissait aisément qu’il aurait pu réagir beaucoup plus violemment, mener une mutinerie ou pis encore. Il ne l’avait pas fait pour ne pas détruire l’unité de l’équipage et pour ne pas la mettre en difficulté.
- « Je crois que c’est un tout… », finit par répondre Kathryn à sa fille aînée, « Un tout formé par le contexte difficile dans lequel nous étions et la vendetta personnelle à laquelle je me suis livrée contre Ransom… »
Elle ne leur apprenait rien, tout ceci ayant transparu dans les témoignages des anciens équipiers des deux vaisseaux. Mais les jumelles ne savaient exactement que penser de tout cela, et ce qu’elles avaient entendu n’avait guère contribué à leur faire comprendre réellement tous les tenants et les aboutissants. Il n’y avait encore quasiment rien eu de détaillé sur le conflit qui avait opposé leur mère à Ransom et elles craignaient presque d’en apprendre plus, comme si elles allaient encore plonger plus loin dans l’horreur.
Mais Kathryn Janeway était en accord avec elle-même et prête à assumer tout ce qu’elle avait fait, y compris les pires choses. Chakotay, soucieux d’alléger quelque peu l’atmosphère, reprit les choses en main.
- « Très bien, il est à présent temps de manger quelque chose et de se calmer un peu, nous aurons notre lot d’émotions fortes demain. Les filles, j’estime que votre mère vous en a déjà dit beaucoup et demandez-vous ce que vous auriez fait dans la même situation qu’elle, surtout toi Diana qui te destines au commandement… »
Il n’avait pas l’intention de réprimander ses filles, juste de leur donner à réfléchir quelque peu. Elles étaient de jeunes adultes à présent et, bien qu’elles fussent très matures, elles avaient encore beaucoup à apprendre de la vie.
Il se mit aux fourneaux alors que Kathryn et les jumelles prenaient chacune à leur tour une douche qui contribua à alléger l’atmosphère de plomb. Le repas se passa dans une relative bonne humeur et, tout de suite après, tout le monde se retira pour essayer de prendre un peu de repos. Les jumelles s’allongèrent mais ne parvinrent pas à fermer l’œil. Virginia finit par regarder sa sœur.
- « C’est vrai, qu’est-ce qu’on aurait fait dans cette situation si on avait été à leur place ? »
- « Je ne suis pas sûre que je n’aurais pas agi de la même façon. Maman est très attachée au respect du règlement et visiblement Ransom ne voyait pas les choses sous cet angle, d’après ce que nous en savons, mais chacun d’eux semblait très soucieux de son équipage, ils avaient du moins cela en commun. Nous en saurons plus après leur témoignage… »
- « Mais quand même…utiliser des aliens réduits en poudre, c’est affreux ! Je sais qu’ils étaient perdus dans le Quadrant Delta, que leur situation était critique, mais tomber si bas… »
-« L’histoire regorge de cas semblables. L’être humain est capable du meilleur comme du pire et peut tomber très bas lorsqu’il s’agit de sa survie… » Répondit Diana après un vague geste de la main.
Les jumelles se turent, essayant de laisser le calme de la nuit se répandre dans la chambre et espérant qu’il leur apporterait le repos.
Dans la chambre de leurs parents, l’ambiance n’était guère plus gaie. Kathryn Janeway était recroquevillée sous ses couvertures et son mari ne savait comment faire. Il restait allongé là, près d’elle, sans la toucher autrement car il savait qu’elle ne l’eût pas accepté. Finalement, voyant qu’elle ne dormait pas, il finit par dire.
- « Kathryn, on ne peut pas continuer comme ça… »
Elle resta encore un moment dos à lui, puis se retourna.
- « Et quoi ? Je t’ai dit que j’assumais parfaitement ce que j’avais fait à l’époque… »
Il caressa doucement son épaule.
- « Je n’en doute pas mais je ressens tout de même ta culpabilité face à ce que tu as fait. Tu es peut-être honnête envers toi-même, tu as toujours su le faire, mais je refuse que tu portes toute la responsabilité de cela… »
Elle s’assit brusquement et croisa les bras.
- « Arrête. Tu as essayé de m’arrêter et j’ai refusé de t’écouter parce que j’étais si perdue dans mon sentiment d’horreur et de vengeance que je ne pouvais voir rien d’autre. Plus jamais je ne veux me trouver dans cette situation et j’assumerai ce que j’ai fait… »
Il tira la couverture sur son torse nu d’un geste vif.
- « Tu nous vois ? Jamais nous ne nous sommes disputés autant. Cette commission commence à mettre en péril notre couple, notre famille même et je ne l’accepte pas. Il faut que nous trouvions un moyen de tout séparer ou nous courons au désastre… »
Une fois de plus, il avait raison et elle le reconnut aisément. Jusque-là, ils avaient essayé de rester unis mais cela devenait difficile face à toute cette boue issue du passé. Elle soupira mais ne répondit rien. Sans rien dire, il l’attira à lui et, même rassurée, légèrement engourdie par sa chaleur et décontractée par le son des battements de son cœur, elle ne dormit pas de la nuit.
A la tête de ses filles aînées, le lendemain matin, elle s’aperçut qu’elles aussi n’avaient que très peu fermé l’œil. Toute la famille regardait mornement sa tasse de café mais personne ne prononça un seul mot, faisant de nouveau battre Alan en retraite dans sa chambre. Décidément, cette histoire lui plaisait de moins en moins quand il voyait les dégâts qu’elle faisait sur ses parents et ses sœurs, il était temps que tout cela se termine.

* * * * *

Le même silence présida au retour sur le lieu des délibérations. Les jumelles savaient qu’aujourd’hui serait le jour de leur intervention et elles étaient tendues. Un peu avant midi, le greffier de l’audience appela :
- « Janeway, Diana et Janeway, Virginia… »
Les deux jeunes filles se regardèrent, puis elles se levèrent et gagnèrent l’endroit réservé aux témoins.
- « Déclinez votre identité, date et lieu de naissance, occupation, s’il vous plaît… »
Les jeunes enseignes hochèrent la tête et dirent d’une voix qu’elles espérèrent aussi assurée que possible :
- « Diana Janeway. Née le 17 mai 2373 dans le Quadrant Delta. Je sers actuellement en tant qu’enseigne sur l’USS Pasadena, au poste de navigateur. »
- « Virginia Janeway. Née le 17 mai 2373 dans le Quadrant Delta. Je sers actuellement en tant qu’enseigne sur l’USS Yankee Clipper, je suis l’une des scientifiques… »
Les membres de la commission se regardèrent, et l’un d’entre eux questionna :
- « Quels sont vos souvenirs ? Ils ne peuvent être très précis… »
- « Si, je me souviens de certaines choses. Je n’avais peut-être que quatre ans, mais l’équipage de l’Equinox était le premier équipage de Starfleet hors Voyager que je voyais. C’était une fête pour moi de voir tous ces gens, et je ressentais beaucoup de curiosité… » Répondit Diana avant de laisser sa sœur poursuivre.

- « J’étais très curieuse de voir ces autres personnes aussi. Depuis que nous étions nées, nous vivions quasiment en vase clos, rencontrer cet autre équipage était un don du Ciel… »
- « Au départ, nous avons été un peu mises à l’écart de tout cela mais, quand les choses se sont précipitées, nous nous y sommes retrouvées… » Reprit Diana.
Il y eut un silence à ce moment. Les jumelles avaient conscience du regard de leurs parents sur elles mais Virginia finit par parler.
- « Alors que j’étais séparée de ma sœur, lors d’une attaque des aliens…j’ai vu un homme d’équipage être tué par eux et finir totalement desséché… »
Diana ajouta, tentant de garder sa contenance mais avec une lueur de peur dans les yeux :
- « Une autre fois, nous étions dans le mess avec Neelix, je crois que nos parents nous avaient confiées à lui, et une brèche s’est faite dans le bouclier, permettant aux aliens d’entrer. Je me souviens encore de leur hurlement perçant, du froid qu’ils exhalaient et de la peur que j’ai ressentie. Nous nous sommes cachées sous une table. Je ne me souviens pas trop de la suite, comment ils ont fui, mais je me souviens de notre mère arrivant en courant et nous prenant dans ses bras. Je crois que je n’ai jamais eu si peur de ma vie… »
Les parents, ébahis, s’apercevaient que leurs filles se souvenaient de beaucoup plus de choses qu’ils ne l’auraient pensé. Kathryn se demanda comment elles avaient pu se construire sereinement après avoir vu ce genre de choses.
- « Vous souvenez-vous encore de quelque chose ? », questionna alors directement l’amiral Wilson.
- « Non, le reste est très flou… » Répondit Diana.
Virginia, malgré tout le courage qu’elle avait eu jusque-là, n’eut pas la force de répondre et se contenta de secouer la tête. L’évocation de ces souvenirs terribles avait eu raison de ses nerfs et son hâle habituel avait pâli.
Le greffier finit par leur dire :
- « Merci pour votre témoignage… »
Alors qu’elles retournaient s’asseoir, il appela la personne suivante :
- « Wildman, Naomi… »
Etant à demi Ktarian et plus âgée que les jumelles, Naomi se souvenait de beaucoup plus de choses, même si elle avait vécu elle aussi écartée des événements les plus graves par sécurité. Elle aussi était allée avec une grande curiosité à la rencontre de l’équipage de l’Equinox sans se douter une seule seconde de ce qu’ils cachaient aux tréfonds de leur vaisseau.

* * * * *

Quand, au début de l’après-midi, la séance s’interrompit, Kathryn Janeway vint voir ses filles.
« Je suis désolée… »
Elle ne pouvait dire autre chose, ne sachant comment exprimer ce qu’elle ressentait exactement et les jumelles le comprirent. Il y eut un long échange de regards entre la mère et ses filles, que ne troubla pas Chakotay, conscient de l’importance du moment. Un pas difficile avait été franchi mais il en restait encore un, encore plus difficile, à passer maintenant : faire face avec honnêteté à leurs actes pour ne pas démériter.

A suivre...


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MessageSujet: Re: [post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...    Jeu 20 Sep 2012, 10:03

Cool comme suite...

J'aime bien la longueur de tes fan fics... assez long pour avoir de la matière, pas trop pour se perdre. Ça fait des chapitres bien calibrés.

Alors si j,ai bien compris on va avoir le témoignage de janeway, Chakotay et Ransom bientôt ? miam miam cheers
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MessageSujet: Equinox, 20 ans après... [Star Trek Voyager, fic post série, alternate universe en partie, fic en cours]---chapitre 14   Sam 13 Juil 2013, 20:27

Il ne faut jamais présumer ni jamais dire jamais, voici la suite

Chapitre 14

Cette fois cependant l’interruption fut plus longue, et il fallut attendre. Chakotay, bien qu’il sût que ce serait son tour ensuite de témoigner après Tuvok, encouragea son épouse et ses filles à manger quelque chose, mais elles n’acceptèrent que de commander du café noir. Il était à la fois tendu et serein, comme on l’est quand les choses sont assumées et que la conscience est en paix. Des choses allaient être dites dont il n’était pas forcément très fier et dont certaines étaient difficiles à entendre, mais il le fallait pour que ces choses restées en suspens puissent enfin cicatriser.
Kathryn, assise à côté de lui, buvait son café, ses mains autour de la tasse, comme si elle puisait un certain réconfort dans la chaleur qu’elle exhalait. Il ne dit rien, il se contenta seulement de la regarder sans la toucher, il savait qu’elle ne l’aurait pas supporté.
Ses yeux sombres profonds se posèrent sur ses filles.
- « C’est le pire qui va commencer à présent, je pense que vous en avez conscience. Je sais aussi que ça sera difficile pour vous, mais j’aimerais que vous analysiez le plus objectivement possible ce que vous allez entendre, cela vous aidera à mieux comprendre ce qui s’est réellement passé. Vous étiez des enfants à l’époque, mais j’aimerais que vous preniez le temps de percevoir tout cela avec votre esprit d’adulte et surtout d’officier de Starfleet… »
Les visages fatigués des jeunes filles reprenaient une couleur normale sous l’effet du café chaud et elles acquiescèrent.
Une heure, puis deux se passèrent et, voyant que l’audience ne recommençait pas et que la journée s’avançait, il décida d’aller aux nouvelles. Il s’adressa à l’un des dignitaires qui gardaient la porte mais l’homme lui déclara qu’il ne pouvait rien dire. Ceci contribua à augmenter l’impression étrange qu’il avait au creux de l’estomac. Il se passait quelque chose. Délibéraient-ils déjà ? Sans avoir entendu le reste des officiers supérieurs des deux vaisseaux ?
En revenant vers la salle de repos, il croisa B’Elanna et Tom Paris. L’ingénieur en chef ne cachait pas son inquiétude.
- « Pourquoi n’ont-ils pas repris les délibérations ? Ils préparent quelque chose, j’en suis sûre… »

- « Ils peuvent très bien avoir voulu compiler les nombreuses informations dont ils disposaient déjà, n’imaginons pas tout de suite le pire… »
- « Comment vous allez, tous ? »
- « Moi, ça peut aller. Kathryn a l’air d’être forte, comme à son habitude, mais je sais ce qu’elle peut ressentir. Quant aux jumelles, elles ont l’impression de plonger de plus en plus loin dans l’horreur à chaque témoignage, c’est un choc pour elles et ça ravive des souvenirs difficiles. Il est vraiment temps que tout cela se termine… » Répondit le capitaine du Voyager en retenant un soupir, avant d'ajouter. « Puisqu’on a un peu de temps, accompagnez-moi auprès d’elles, à moins que vous ayez autre chose à faire. Autant attendre ensemble, et Kathryn et les jumelles seront heureuses de vous voir… »
Il les ramena auprès de Janeway et de ses filles et la vue de ces visages familiers contribua à faire baisser quelque peu la tension. Tant qu’il n’y avait pas davantage de nouvelles, tous six restèrent là à deviser autour d’une cafetière très corsée…

* * * * *

Seul dans une autre pièce du complexe, Rudy Ransom, assis devant ce qui restait du repas qu’on lui avait apporté, attendait lui aussi la reprise des délibérations. Il ne se faisait guère d’illusions, sa carrière allait très probablement prendre fin, mais il serait du moins en paix avec lui-même. Il avait agi dans l’intérêt de son équipage, comme un capitaine se devait de le faire, et jamais il ne rougirait de cela. Aucun de ses juges ne s’était trouvé dans le dénuement où il s’étaient tous trouvés, devant faire face à une situation terrible et prendre une décision horrible pour avoir seulement une chance de regagner le Quadrant Alpha.
Le croyait-on sans cœur à ce point-là ? Prendre la décision d’utiliser les restes de l’alien mort par accident dans le moteur puis en tuer d’autres lui avait énormément coûté, et à son équipage aussi. Mais ils étaient dans un dénuement à cette époque tel qu’ils n’avaient qu’un seul objectif et ils étaient prêts à tout pour l’accomplir.
Par la fenêtre de la salle où il se trouvait, il vit le soleil bas sur l’horizon et se rendit alors compte du temps écoulé. On était presque au soir, les délibérations auraient dû reprendre depuis longtemps. Que se passait-il donc en bas ? Pour sûr, cela n’augurait rien de bon…

* * * * *

Il était près de vingt heures quand on vint enfin leur dire de quoi il retournait. Quelques points de détail avaient provoqué un débat entre les membres de la commission et cela avait duré plus de temps que prévu. Vu l’heure tardive, il avait donc été décidé d’ajourner le reste de la commission jusqu’au lendemain. Ransom fut reconduit dans l’appartement où il était logé alors que le reste des assistants à la commission se dispersait. B’Elanna Torres-Paris était furieuse.
- « Mais ils nous prennent pour qui ? Nous faire lanterner tout ce temps pour ça ? »
Tom était plus calme qu’elle, comme à son habitude, et l’arrivée de Miral venue les rejoindre sur autorisation spéciale du doyen de l’Academy eut un effet apaisant sur la colère de sa mère. Vu l’heure relativement tardive, Chakotay proposa qu’ils aillent tous manger quelque chose ensemble, espérant que cela contribuerait à faire retomber un peu la pression. L’idée leur parut bonne, et il les mena vers un restaurant qu’il connaissait.
La présence de Miral, qui connaissait depuis sa petite enfance les jumelles Janeway, eut un effet bénéfique et les jeunes filles ne tardèrent pas à échanger des anecdotes sur l’Academy et sur leurs missions. Kathryn elle aussi parla un moment avec Miral, dont elle était la marraine.

* * * * *

Le moment fut agréable et l’atmosphère était moins tendue quand Chakotay, Kathryn et leurs filles rentrèrent à leur appartement. Il proposa à ses filles une tisane dans l’espoir que cela les aiderait à dormir, mais elles refusèrent et gagnèrent leur chambre. Il n’insista pas. Kathryn et lui leur souhaitèrent bonne nuit et se retirèrent dans la suite parentale. Il s’assit devant la baie vitrée pendant qu’elle prenait sa douche, regardant les lumières de la ville en contrebas. Tout cela n’avait été que reculer pour mieux sauter, mais la précocité des débats prouvait du moins que les membres de la commission étaient déjà partagés et sans doute dérangés par des choses qui avaient été dites. Positif ou négatif ? Encore trop tôt pour le dire mais, du moins, la plaie serait cautérisée, même s’il doutait tout de même qu’ils puissent vraiment comprendre tous les tenants et les aboutissants.
Un froissement de soie le fit se retourner. Kathryn avait enfilé une nuisette en soie bleue et sortait du cabinet de toilette, les cheveux humides. - « Quelle vision de rêve tu m’offres ce soir… », dit-il en souriant.
Il savait que l’humeur de Kathryn n’était pas au marivaudage, mais il voulait préserver le caractère plus léger de la soirée. A sa grande surprise, elle sourit presque.
- « Comme si tu ne m’avais jamais vue ainsi depuis que nous sommes mariés… »
Il se leva et s’approcha.
- « J’en ai eu l’occasion, oui, mais j’avoue que ça m’a terriblement manqué plus d’une fois, quand j’étais loin dans l’espace. Je ne m’en lasse pas… »
Il vint déposer un baiser sur ses lèvres et gagna à son tour la salle de bains. Quand il ressortit du cabinet de toilette après une douche chaude, vêtu d’un caleçon propre, elle s’était endormie, vaincue par le manque de sommeil. Il fit le tour du lit, se glissa avec précaution sous les draps pour ne pas la réveiller et éteignit la lumière. Il la sentit venir se blottir contre lui et resta un long moment les yeux ouverts, laissant les pensées aller et venir dans son esprit sans leur donner de prise jusqu’à ce qu’enfin il s’assoupît, puis s’endormît…

* * * * *

Ce fut Kathryn qui s’éveilla la première le lendemain matin. Il n’était que six heures du matin, mais l’aube pointait déjà dehors. L’appartement était encore silencieux, et Chakotay dormait lui aussi profondément. Doucement, elle se faufila hors de son étreinte et, enfilant une robe de chambre courte, gagna la cuisine où elle se prépara un expresso très fort. Elle s’assit devant la fenêtre de la cuisine et regarda le ciel s’éclairer progressivement en buvant sa tasse lentement. Le repos lui avait fait du bien, elle se sentait bien mieux et tout aussi déterminée qu’avant à faire face à la commission. Elle fut tirée de ses pensées par le bruit d’une porte qui s’ouvrait et un bruit de pas dans le couloir. Ses filles se levaient-elles encore si tôt ? Mais ce fut Alan qu’elle vit apparaître, encore à demi endormi et seulement vêtu d’un caleçon et d’un t-shirt.
- « B’jour, m’man… », dit-il d’une voix encore ensommeillée avant d’aller lui aussi prendre une tasse de café. Janeway savait qu’il ne fallait pas déranger son fils le matin, et ne dit rien, le laissant se réveiller. Après un certain temps, le regard sombre d’Alan se fit plus clair et il vint embrasser sa mère.
- « Papa dort encore ? », questionna-t-il.
Elle acquiesça, et vit là une occasion d’avoir une discussion d’adulte à adulte avec son fils. En effet, Alan se mettait à l’écart de tout cela pour s’en protéger, mais elle tenait à lui dire certaines choses.
- « Je sais que tout cela est difficile pour toi et nous en sommes désolés, ton père et moi. Tu n’as pas vécu tout cela, au contraire de tes sœurs, et tu ne dois pas en être la victime… »
Alan posa sur sa mère son regard sombre profond, identique à celui de Chakotay.
- « Ce qui m’inquiète, c’est le mal que ça vous fait à tous. C’est comme si un diable du passé était sorti de sa boîte… »

- « J’ai conscience que ça te dérange, je le vois à ton comportement. Je suis prête à assumer mes choix faits à l’époque, aussi discutables soient-ils pour certains, mais tu n’y es pour rien et je ne veux pas que tu en souffres… »
-« Maman, je ne suis plus un bébé, mais l’atmosphère est tellement lourde ici ces derniers jours que c’en est difficilement supportable, c’est pour ça que je préfère être dans ma chambre. Je sais que ce n’est pas ce que vous vouliez, mais c’est pourtant le cas. Je ne comprends pas tout ce qu’il retourne de tout ça, mais j’ai entendu mes sœurs en parler et je sais que vous jouez votre carrière, c’est grave… »
Kathryn hocha la tête. Décidément, son fils avait vraiment gagné beaucoup en maturité, mais il était encore trop jeune pour entendre certaines choses.
- « C’est grave, oui, mais tu ne dois pas t’inquiéter. J’assume parfaitement ce qui s’est passé à l’époque, comme j’assumerai toute punition qu’ils jugeront bon de me donner. De toute façon, ma carrière est plus près de la fin que du début, et elle aura été belle. Il était temps que nous en parlions. Je ne pensais pas que ça en viendrait à ce point-là et que ça t’affecterait autant. J’estimais que, vu que tu ne l’avais pas vécu directement comme tes sœurs, cela irait pour toi, mais je n’avais pas compris à quel point notre ambiance familiale en pâtirait… »
- « Hé quoi ? Je fais aussi partie de cette famille et j’y aurais été forcément impliqué, même si je suis né bien après ces événements. Je ne connais pas totalement ce qu’il en retourne, mais je reste persuadé qu’ils ne vous mettront pas à la retraite prématurément… » Dit-il dans un geste vague de la main.
Kathryn aurait bien aimé être aussi optimiste que son fils, mais elle savait que beaucoup de choses pourraient peser dans la balance lors de la décision finale, et elle se contenta d’acquiescer.
- « En attendant, vu qu’il est encore tôt, aide-moi à préparer le petit déjeuner, ça fera plaisir à ton père et à tes sœurs lorsqu’ils se réveilleront… »
Il adorait le faire quand il était petit et, soucieux de contribuer autant que possible à restaurer l’humeur de la famille, il obtempéra…

* * * * *

Deux heures plus tard, toute la famille était levée et se régalait des tartines de pain grillé consciencieusement découpées par Alan, de jus d’orange frais et de café bien serré. Kathryn avait constaté que la nuit avait fait du bien à ses filles, elles avaient mieux dormi, et leur père aussi avait le visage moins marqué. Pour la première fois depuis plusieurs jours, Alan prit son petit déjeuner avec eux, et Chakotay comprit en échangeant un regard avec son épouse qu’elle avait eu une discussion avec lui. Elle lui en donna confirmation lorsqu’ils furent seuls dans la chambre conjugale, à finir de se préparer pour la commission d’enquête.
- « Décidément, nous faisons de bien étranges parents… », laissa échapper Chakotay en ajustant son uniforme.
Il sentit la main de Kathryn se poser sur son bras.
- « Ne dis pas ça, nous avons des circonstances atténuantes vu la situation et il l’a bien compris. C’est vrai que nous aurions dû prendre le temps d’en parler avant avec lui. L’ambiance familiale est lourde ces derniers temps, comme tu l’as remarqué, et il a entendu ses sœurs parler donc il était inquiet pour nous. Mais ne t’inquiète pas pour lui, maintenant qu’il a compris et exprimé son sentiment, ça va aller… »
Il l’attira à lui d’un geste vif et l’embrassa. Elle finit par se dégager de son étreinte.
- « Voilà du moins quelque chose qui ne change pas, et ne changera jamais, quoi qu’il arrive ces prochains jours… »
Il rit doucement.
- « Tu ne veux quand même pas que nous échangions à nouveau nos vœux de mariage, histoire d’être sûre ? » Demanda-t-il ce qui lui arracha un léger sourire.
- « Non, je sais très bien à quoi m’en tenir de ce côté-là depuis quinze ans… »
Elle positionna d’un geste machinal ses insignes d’amiral sur son col, tira sur le haut de son uniforme d’un geste ferme et remit en place une mèche de ses cheveux. Puis elle se tourna vers lui :
- « Veux-tu vérifier si les filles sont prêtes ? Il va être l’heure… »
Restée seule, elle se regarda un moment dans le miroir. Le moment de vérité était presque là pour elle et la nervosité première faisait place à une certaine fermeté, voire une sérénité toute relative. Elle savait ce qu’elle avait fait et avait réussi à être enfin presque en paix avec elle-même. En mémoire de tous ceux qui avaient perdu la vie dans cette triste affaire, elle affronterait les membres de la commission avec sérénité, précision et honneur…

A suivre
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Chibi
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MessageSujet: Equinox, 20 ans après... [Star Trek Voyager, fic post série, alternate universe en partie, fic en cours]---chapitre 15   Lun 23 Sep 2013, 20:46

Chapitre 15

En arrivant peu avant neuf heures quarante cinq, ils croisèrent Harry Kim qui devait témoigner en premier ce matin-là. La journée serait longue et les traits tirés de l’ancien chef des opérations du Voyager prouvaient qu’il n’avait pas très bien dormi. Il était à présent capitaine de son propre vaisseau et n’appréciait guère de voir ressortir la boue de cette époque. Bien sûr, il avait agi sur ordre, comme tous ses camarades, et ne jouait donc pas sa carrière, mais il pensait lui aussi que ceux qui n’avaient pas vécu cette situation ne pourraient pas juger équitablement. A présent qu’il était lui aussi officier commandant, il en mesurait toute la difficulté et cela lui avait permis de comprendre certaines actions du capitaine Janeway à l’époque, même s’il en désapprouvait d’autres. Ils croisèrent également Tuvok, qui témoignerait juste après Harry en qualité d’ancien chef de la sécurité et troisième dans la hiérarchie de commandement du Voyager à l’époque. Le Vulcain, froid comme à son habitude, les salua poliment mais n’engagea pas la conversation. Kathryn le voyait régulièrement car il était instructeur à l’Academy mais, à son comportement, elle mesura à quel point l’affaire le dérangeait également.
A dix heures précises, quand la salle fut pleine, on fit fermer les portes et la voix du greffier de séance résonna :
- « Kim, Harry… »
L’interpellé se leva et gagna la barre. A la demande de la commission, il déclina son identité.
- « Capitaine Harry Kim, né le 17 juin 2349, officier commandant de l’USS Mallory. Sur l’USS Voyager, j’étais enseigne et chef des opérations… »
Sans fioritures, Harry raconta ce qu’il savait, ce qu’il avait vu et vécu. Il se souvenait lui aussi très bien des choses, et décrivit le soulagement mêlé de curiosité de rencontrer un autre équipage au milieu du Quadrant Delta, l’horreur quand il avait appris qu’ils faisaient fonctionner leur warp core avec de la poudre d’alien et la bataille finale. Il parla aussi du comportement de son capitaine, de son conflit avec son second auquel il avait assisté de façon impuissante. Il précisa bien qu’il ne l’avait jamais vue ainsi, déterminée à se venger de Ransom qui l’avait trahie et qui avait selon elle bafoué les idéaux de Starfleet et de la Fédération.
Un silence suivit la fin de son témoignage, comme à chaque fois, puis le greffier prononça :
- « Tuvok »
Le Vulcain, imperturbable, se leva et vint s’asseoir sur le siège du témoin. Puis il commença :
- « Commander Tuvok, né en 2264, instructeur à Starfleet Academy… »
De sa voix tranquille, le Vulcain raconta les faits tels qu’ils avaient été, comment il avait été le premier à se rendre compte que quelque chose n’allait pas avec l’équipage de l’Equinox, leur trahison, la chasse et la bataille qui s’en était ensuivie ainsi que le fait qu’il s’était lui aussi opposé à la fin aux agissements du capitaine Janeway et avait failli se retrouver aux arrêts. Il détailla les faits avec calme et mesure, tel qu’il s’en souvenait et, même s’il n’apprit rien de nouveau à la commission, il apporta du moins une caution supplémentaire au déroulement des événements qui avait été donné avant.
Il y eut quelques conciliabules entre les membres de la commission puis le greffier appela :
- « Chakotay… »
Les deux hommes se croisèrent dans l’allée, et échangèrent un regard avant que Chakotay n’allât s’installer dans le siège du témoin. On le pria lui aussi de décliner son identité complète.
- « Capitaine Chakotay, né le 26 septembre 2329. Je commande actuellement l’USS Voyager dont j’étais précédemment le premier officier… »
Il y eut quelques murmures entre les membres de la commission, ce qui lui laissa présager une audition houleuse. L’amiral Wilson confirma ses craintes.
- « Nous pensons que votre objectivité est remise en cause, capitaine… »
Chakotay, toujours calme, croisa les bras.
- « Vous m’avez déjà fait le même reproche pendant la commission d’enquête à notre retour, et ma bonne foi a été reconnue. Ma vie privée n’a absolument pas influé sur mon jugement dans les événements dont nous parlons. Beaucoup des témoignages vous ont confirmé que je me suis opposé ouvertement au capitaine Janeway et qu’elle m’a fait mettre aux arrêts. J’aurais pu mener une mutinerie si je l’avais voulu, mais je ne l’ai pas fait pour maintenir l’unité de l’équipage que nous avions eu tant de mal à obtenir…. »
- « Il n’empêche qu’elle est votre épouse et la mère de vos enfants… »
- « J’étais son second à l’époque et, même si nos filles étaient déjà nées, nous n’étions ni en couple ni mariés. Jamais je n’ai laissé mes sentiments interférer dans mon travail, il y avait trop en jeu. Nous aussi nous avons été perdus dans le Quadrant Delta, dans un milieu inconnu, et parfois notre survie n’a tenu qu’à un fil. L’équipage de l’Equinox était dans un dénuement extrême quand nous avons croisé leur chemin, leur vaisseau était dans un état lamentable et nous avons essayé de les aider avant que nous ne comprenions ce qui s’était effectivement passé et ce qui causait l’attaque des aliens. Comme les autres, j’ai été au début ravi de voir un équipage de Starfleet, même si, dès le départ, j’ai ressenti une certaine méfiance envers le capitaine Ransom, je ne sais pas pourquoi, mon instinct sans doute. Le vaisseau était dans un état lamentable, son équipage avait souffert, beaucoup éprouvaient encore à ce moment-là du stress post-traumatique au point de ne pas pouvoir monter dans un turbolift. Il ne restait qu’une solution pour pouvoir tous survivre sous la pression des aliens : nous concentrer sur le Voyager et abandonner l’Equinox. Lorsque je voyais l’évolution des choses, je savais que les boucliers ne nous protègeraient plus longtemps. Garder les deux vaisseaux, c’était nous condamner, avec le Voyager en bon état, mieux équipé, nous avions une chance. Quand nous avons su ce qu’il en était réellement, qu’ils ont fui en ayant trahi notre confiance et en nous laissant aux prises avec les aliens déchaînés, j’ai vu notre capitaine se lancer dans une vendetta personnelle et se faire blesser elle aussi par un de ces aliens. Quand elle a essayé de faire parler Lessing en coupant les champs de force protecteurs, je me suis opposé directement à elle car j’ai compris qu’elle avait franchi la ligne et qu’elle était aveuglée par sa vengeance. Elle m’a mis aux arrêts. J’y suis resté jusqu’à la fin des événements… »
Il sentait le regard de Kathryn, de leurs filles, de Gilmore sur lui, mais ne les croisa pas. Il avait relaté les événements, aussi difficiles soient-ils, dans leur réalité, sans faux semblants, sans vouloir même excuser Kathryn, et il savait qu’elle n’en attendait pas moins de lui. Cependant, il tint à ajouter :
- « Je suis officier commandant et, même à l’époque en tant que premier officier, je savais ce que c’est que d’avoir la vie de son équipage entre ses mains et de tout tenter pour les sauver. Je peux comprendre ce qui a motivé le capitaine Ransom, même si je n’excuse pas forcément ses décisions non-éthiques. Son vaisseau, au contraire du nôtre, n’était pas conçu pour des expéditions de longue durée. Durant notre périple, il nous est arrivé également d’être tentés de faire des choses discutables pour rentrer plus vite dans le Quadrant Alpha, mais nous n’étions pas dans la même situation et nous avons réussi à obtenir une cohésion en respectant le plus possible les règlements de Starfleet auxquels notre capitaine est restée attachée jusqu’au bout. Mais il importe avant tout de se poser cette question essentielle : qu’aurions-nous fait dans cette situation ? »
Il y eut un moment de silence après ses derniers mots, et quelques chuchotements entre les membres du jury. Puis le greffier le renvoya à sa place. Il ne restait plus à présent que les deux capitaines à entendre.
- « Ransom, Rudolph… »
Calmement, sans montrer aucun signe de nervosité, Ransom se leva pour aller s’installer sur la chaise du témoin. On lui demanda comme aux autres de décliner son identité.
- « Rudolph Ransom, né le 27 mars 2327, capitaine de l’USS Equinox… »
C’était le moment de vérité. Dans la salle, tout le monde retenait son souffle, et on aurait pu entendre une mouche voler.
- « Comme le Voyager, mon vaisseau a été propulsé dans le quadrant delta par le Caretaker. Nous nous sommes retrouvés là-bas, perdus au milieu de l’inconnu. Je suis un exobiologiste de formation et, au départ, j’y ai vu une chance d’explorer, de faire ce pour quoi j’avais signé dans Starfleet. Jusqu’à ce que je rencontre la garde Krowtonienne. Ils ont dit que nous avions violé leur territoire. Ne voulant pas faire un détour supplémentaire, j’ai donné l’ordre de continuer sur le cap prévu, et j’ai perdu dans leur attaque trente-neuf personnes, la moitié de mon équipage… »
Sa voix se brisa et il s’interrompit quelques secondes avant de continuer :
- « Cette décision…cette décision me hantera toute ma vie. A partir de ce moment, seule notre survie a compté. Au fur et à mesure que le temps a passé, mon équipage et moi avons découverts que nous n’étions pas du tout préparés ni équipés pour faire face aux dangers du Quadrant Delta. L’Equinox, étant un vaisseau scientifique de classe Nova, n’était pas fait pour les longs périples et nous avons fini par nous retrouver à court de dilithium et de nourriture. Alors que mon équipage n’avait pas mangé depuis seize jours et que je croyais que tout était perdu, nous avons croisé les Ankari. Ils nous ont soignés, nourris, aidés. Ils ont aussi, selon leur croyance, lâché leurs « esprits de bonne fortune » pour bénir notre voyage. Ces « esprits » se sont révélés être des formes de vie nucléogéniques, et ils nous ont beaucoup intrigués. Pour mieux en étudier un, nous avons acquis un dispositif d’appel et créé une cage multiphasique mais, ces êtres n’étant pas faits pour vivre dans notre dimension, ou alors pour peu de temps, la créature est morte. C’était un accident, nous ne voulions pas sa mort. Quand nous avons examiné ses restes, nous nous sommes aperçus qu’ils pourraient être utilisés dans notre moteur à distorsion. Nous avons réussi à avancer de dix mille années-lumière en deux semaines grâce à cela. La décision a été difficile à prendre, mais nous n’avions pas le choix, il fallait continuer. C’était une question de survie. Malgré les attaques des aliens qui voulaient venger les leurs, nous avons continué en essayant d’oublier, ne pensant qu’à nous sauver de ce quadrant hostile pour lequel notre vaisseau n’était pas fait. J’ai encore perdu des membres de mon équipage durant cette période, et notre vaisseau s’est dégradé davantage, mais nous étions sur le chemin de la maison et rien d’autre ne comptait à ce moment-là. Nous étions passés en mode survie, focalisés sur un seul objectif : nous en sortir. Mon équipage et moi sommes devenus quasiment une famille. A chaque attaque, j’envoyais un message de détresse et, à ma grande surprise car nous pensions être seuls, notre message fut capté, cinq ans après notre arrivée. C’était le Voyager. En étendant leurs boucliers autour de nous, ils nous ont sauvé la vie. Ils nous ont soignés et j’ai vu à mon réveil un vaisseau propre, avec un équipage qui vivait comme s’il se trouvait dans le quadrant alpha dans des conditions normales. J’ai vite compris en parlant avec le capitaine Janeway qu’elle ne comprendrait pas ce que nous avions fait. Comment l’aurait-elle pu, d’ailleurs, elle qui vivait sur un vaisseau confortable, propre ? Bien sûr, ils avaient rencontré les Borgs, mais ça n’avait rien à voir. Elle a tenu à organiser un hommage aux membres de mon équipage qui étaient décédés, et j’ai accepté, je l’en ai même remercié sincèrement. Ces gens méritaient qu’on se souvienne d’eux… »
Il se versa un peu d’eau, but deux gorgées lentement, puis reprit :
- « Nous avons réussi un moment à tenir les équipes de réparation à l’écart de nos installations modifiées, mais ils commençaient à comprendre qu’il y avait quelque chose dans le laboratoire noyé volontairement par des radiations thermioniques et la pression des aliens se faisait de plus en plus constante sur les deux vaisseaux. Je savais que ce ne serait qu’une question de temps avant que le capitaine Janeway ne prenne une décision. Il fallait agir. Quand le capitaine Janeway décida de laisser l’Equinox au nom des règlements qui stipulaient que c’était le vaisseau tactiquement supérieur qui possédait la décision, j’ai su qu’il était temps de faire quelque chose, nous ne pouvions pas rester là. Mais ils avaient eu le temps d’envoyer leur HMU qui avait tout découvert, et ils nous ont mis aux arrêts. Pour ma défense, j’ai cité la règle qui permet à un capitaine de préserver la vie de ses subordonnés par tous les moyens, mais le capitaine Janeway nous a faits enfermer en cellule après avoir entendu notre histoire. Elle était horrifiée et je me souviens encore de l’expression de son visage quand elle m’a dit que tous les moyens n’étaient pas valables, surtout pas le meurtre de masse. Mais nous étions allés trop loin pour revenir en arrière, et je m’étais juré que je ramènerais mon équipage dans le quadrant alpha, quel qu’en soit le prix. Mais c’était sans compter sans notre HMU auquel nous avions retiré son sous-programme éthique pour qu’il puisse procéder aux recherches nécessaires sur la poudre d’alien. Il a remplacé le leur et nous a libérés. Nous avons pris un générateur de champ et nous sommes partis, laissant le capitaine Janeway aux prises avec les aliens et emmenant avec nous Seven of Nine. Nous avons fui pendant un bon moment, avons trouvé une planète pour refaire nos réserves, mais ils nous ont retrouvé et ont réussi à téléporter deux de nos membres d’équipage ainsi que Seven of Nine. A ce moment, j’ai envisagé de me rendre, mais mon premier officier s’est mutiné contre moi et a entraîné les autres avec lui. Ils ont tiré sur le Voyager. Ils voulaient me mettre aux arrêts, mais j’ai bénéficié du soutien de l’enseigne Gilmore, grâce à laquelle j’ai repris le contrôle du vaisseau. Ils ont essayé de s’échapper mais ont été tués en se rendant aux navettes. J’ai su que tout était perdu, les aliens avaient atteint nos systèmes vitaux, y compris le moteur de distorsion. J’ai réussi à mettre l’Equinox à distance du Voyager, puis j’ai demandé au capitaine Janeway de prendre ce qui restait de mon équipage et de le ramener à bon port. Puis, me sachant perdu, j’ai branché mon stimulateur cortical pour que la mort me soit la plus douce possible, puis je ne me souviens de rien jusqu’à mon réveil à l’infirmerie de l’USS Yankee Clipper. Aussi affreux que soient mes actes, j’ai agi pour protéger mon équipage. Nous avons failli mourir de faim dans un quadrant que nous ne connaissions pas, à bord d’un vaisseau qui n’était pas fait pour les longs voyages, qui n’a pas été à notre place et n’a pas connu cette situation ne peut pas se rendre compte de ce que ça a été. Les survivants de mon équipage ont déjà été punis, j’assumerai donc toute la responsabilité de tout ceci et me soumettrai à votre verdict… »
Il se tut, et le silence qui régnait dans la pièce se fit plus lourd encore. Les membres du jury se regardèrent, certains échangèrent quelques mots à voix basse, puis l’amiral Wilson fit signe de continuer. C’était le moment de vérité.
- « Janeway, Kathryn… », fit la voix du greffier dans une salle d’un silence assourdissant.
Fermement, elle se leva et alla gagner la chaise du témoin. Son visage était calme mais impénétrable, et son regard était sec. Pas d’émotion inutile, elle voulait pouvoir témoigner en toute objectivité.
A la demande du greffier, elle déclina elle aussi son identité.
- « Kathryn Janeway, née le 20 mai 2337, ancien officier commandant de l’USS Voyager, à présent amiral… »
Il y eut un temps de latence puis elle commença :
- « Nous avons reçu tout d’abord un appel de détresse de l’USS Equinox. Cela nous a surpris, car nous pensions être les seuls humains dans le quadrant delta. J’ai donc donné l’ordre de mettre le cap sur leurs coordonnées. Je connaissais la réputation du capitaine Ransom, ancien scientifique comme moi. Nous les avons trouvés dans une situation désespérés, et la première communication entre nous a consisté en ces simples mots « boucliers, vite ! ». Ils étaient alors attaqués par des aliens que je ne connaissais pas, et j’ai agi comme il me le demandait. Mais, n’ayant plus que le silence, j’ai pris la tête d’une équipe de secours pour me rendre sur l’Equinox à présent plus ou moins sécurisé. Il est difficile de décrire avec des mots ce que j’y ai vu, la désolation la plus totale, un vaisseau dans un état de délabrement tel que c’était un miracle qu’il puisse encore tenir en un seul morceau. Il n’y avait plus d’éclairage, de la fumée un peu partout et, alors que j’envoyais mes hommes un peu partout pour chercher des survivants, je me suis dirigée vers la passerelle. J’y ai trouvé le capitaine Ransom sur son fauteuil de commandement, inconscient, entouré de corps dont je ne savais pas vraiment s’ils étaient vivants ou morts. Il voulait que je le soigne sur place, mais j’ai pris la décision de faire rapatrier tous les blessés sur mon vaisseau, pour qu’ils y reçoivent des soins dans de bonnes conditions. Ils étaient tous dans un état misérable, épuisés, dénutris, blessés, et ils sont restés plusieurs jours à l’infirmerie. Comme le veut la tradition, dès qu’ils ont été remis, nous avons organisé une cérémonie du souvenir pour les membres d’équipage de l’Equinox décédés. Je les avais acceptés avec joie à bord et, comme à mes membres d’équipage, je leur ai affecté des postes et des roulements. L’urgence était de réparer l’Equinox et de trouver un moyen de résoudre le problème, car nous savions que nos boucliers ne tiendraient pas longtemps, nous n’avions que deux jours. Le capitaine Ransom m’a dit qu’il ne savait pas pourquoi il était attaqué par les aliens, et qu’il n’arrivait pas à communiquer avec eux. Je voulais examiner la chambre multiphasique dont il m’avait parlé, mais il m’a dit que le laboratoire était noyé de radiations thermioniques et que c’était impossible. Cela paraissait logique vu l’état du vaisseau aussi, au début, je l’ai cru et je l’ai accompagné sur sa passerelle pour récupérer les schémas de cette chambre dans leur ordinateur de bord. Nous avons parlé de ce que nous avions vécu, et je me suis trouvée étonnée de la familiarité que ses subordonnés entretenaient avec lui. Pour ma part, j’avais tenu à garder la hiérarchie du vaisseau intacte, malgré tout ce que nous avions vécu, et je me suis rendue compte à ce moment combien nos opinions divergeaient. Nous avons aussi parlé de la prime directive, combien de fois nous l’avions transgressée. J’ai dit en toute vérité que je ne l’avais jamais transgressée, parfois interprétée à l’occasion, et il a dit la même chose. Je n’avais pas de raison de me méfier, c’était un capitaine de Starfleet, comme moi, et je comprenais que ce qu’il avait vécu lui était difficile. Mais le temps jouait malheureusement contre nous. Nous avions les schémas, mais reconstruire une chambre multiphasique et l’adapter à tout un vaisseau aurait pris quatorze heures, temps que nous n’avions plus car les aliens se faisaient de plus en plus insistants sur les boucliers. Il ne nous restait qu’une solution : nous concentrer sur le Voyager, mieux équipé pour résister, et abandonner l’Equinox. C’est Chakotay qui a proposé l’idée le premier et, plus je la considérais, plus je me disais qu’il n’y avait pas d’autre solution. J’ai cherché dans les règlements ce qu’il convenait de faire dans cette situation, et j’ai trouvé ceci : dans les règles de combat, en l’absence de capitaine de flotte, c’est le capitaine du vaisseau tactiquement supérieur qui prévaut. C’était donc à moi que revenait la décision. Le capitaine Ransom a reconnu, un peu facilement peut-être, que j’avais raison et a demandé à son équipage de me considérer comme son capitaine. C’est alors que Tuvok, mon chef de la sécurité, et Seven of Nine m’ont appris, après avoir envoyé notre HMU voir la situation dans le laboratoire de l’Equinox, que les radiations y avaient été intentionnellement déversées. En voyant ce qu’ils y avaient trouvé, j’ai compris que nous avions été floués et que les aliens qui attaquaient avaient de bonnes raisons de le faire. J’ai envoyé chercher le capitaine et, après l’avoir entendu, je l’ai relevé de ses fonctions et consigné dans ses quartiers en attendant que je prenne une décision. Bien qu’il m’ait objecté que les règlements autorisaient un capitaine à préserver la vie de ses subordonnés par tous les moyens, je ne pouvais pas concevoir que le génocide d’une race, même au prix de sa propre survie, puisse entrer dans cette catégorie. Bien sûr, je ne nie pas que j’aie eu ma part de décisions discutables aussi, vous l’avez vu dans mes rapports et quand vous avez lu les journaux de bord à notre retour. Mais cela, le génocide d’un peuple comme prix de notre retour, je ne pouvais pas. C’est alors que tout s’est emballé. Alors que je cherchais un moyen de contacter ces aliens pour résoudre cela pacifiquement, l’équipage de l’Equinox a réussi à s’échapper grâce à du sabotage et à leur EMH reprogrammé qu’ils ont substitué au nôtre. Ils nous ont volé un générateur de champ et ont fui, nous laissant aux prises avec les aliens. Ils ont emmené aussi notre HMU et Seven of Nine. Nous étions sans défense, les boucliers ne tenaient plus et mes tentatives de contact pacifiques ne fonctionnaient pas, les aliens ont attaqué. J’ai été propulsée au sol, mon second aussi et une partie de l’équipage de la passerelle également. Visiblement, ils avaient reporté leur fureur sur nous, et nous n’avions pas eu le temps d’adapter le bouclier multiphasique au nôtre alors que nous avions aidé l’Equinox à le faire, cruelle ironie. J’étais furieuse de cette trahison, alors que nous étions du même côté, que nous les avions aidés en nous mettant nous-mêmes en danger. A partir de ce moment, une seule chose a compté : je voulais le retrouver et lui faire payer. J’ai donc donné l’ordre qu’on répare les moteurs le plus vite possible pour nous lancer à la poursuite de l’Equinox… »
Elle s’interrompit, but un peu d’eau pour retrouver sa contenance. La première partie avait été difficile, le pire était à venir mais elle tenait à garder son calme.
- « Chakotay est venu me voir dans mon bureau. Il m’a dit qu’il comprenait ma colère, mais qu’il n’acceptait pas que je mette en danger le vaisseau pour une vendetta personnelle. Mais je voulais retrouver le capitaine Ransom à tout prix, Seven qu’il avait emmenée avec lui, et qu’il paie pour ce qu’il avait fait. Je ne pensais à ce moment-là à rien d’autre. J’ai juré que je le retrouverais et que je lui ferais payer au prix fort à la fois sa trahison et le génocide qu’il avait perpétré. J’ai fini par renvoyer Chakotay superviser les réparations en lui disant que je n’étais pas décidée à laisser Ransom s’en tirer comme ça. Nous avons pu enfin nous remettre en route, mais la pression des aliens s’est accentuée, ils ont même failli tuer mes filles qui se trouvaient au mess près de Neelix. J’ai eu peur pour elles. Chakotay, voyant qu’il ne pouvait pas communiquer avec moi autrement, m’a soumis ses recommandations par écrit. Il voulait que nous contactions les Ankari pour qu’ils nous disent comment communiquer avec les aliens. Mais je n’ai pas suivi sa suggestion et je lui ai ordonné de trouver à partir de la salle d’astrométrique tous les endroits où l’Equinox aurait pu se cacher, car j’avais remarqué en lisant le dossier du capitaine Ransom que c’était sa façon de faire lorsqu’il se sentait menacé.
Nous avons fini par les retrouver et une bataille s’est engagée. J’ai réussi à faire prisonniers deux des membres d’équipage. J’ai résolu alors d’interroger Lessing, que j’ai fait mettre dans un hangar ficelé à une chaise. Comme il ne voulait pas parler, j’ai fait couper les boucliers autour de la pièce sous l’effet de la colère. Je sais que j’ai franchi la ligne ce jour-là et je n’en suis pas fière, j’ai failli le faire tuer et ça n’aurait rien réglé. Chakotay l’a convaincu de dire tout ce qu’il savait sur les Ankari et, nanti de ces informations, j’ai informé mon équipage lors d’un briefing et lui ai demandé de chercher un de leurs vaisseaux. A la fin du briefing, Chakotay et moi nous sommes encore opposés, cette fois plus gravement, et je l’ai relevé de ses fonctions jusqu’à nouvel ordre. Je regrette de l’avoir fait, puisqu’il avait raison, mais j’étais tellement obnubilée que je ne le comprenais pas. Nous avons fini par trouver un vaisseau Ankari, qui n’a pas voulu répondre à nos appels. Vu l’urgence, je l’ai fait immobiliser avec un rayon tracteur. Ils ne voulaient rien avoir à faire avec nous après ce que l’Equinox avait fait, mais je ne leur ai pas laissé le choix et, ce faisant, j’ai confirmé l’image qu’ils avaient de nous. Ils ont appelé les aliens et nous ont permis de communiquer avec eux. Je leur ai dit que nous punirions l’équipage de l’Equinox par une peine d’emprisonnement, mais ça ne les a pas convaincus. Ce qu’ils voulaient, c’était l’Equinox, et j’ai fini par le leur donner. C’est horrible ce que j’ai fait, mais je ne voyais que notre sauvegarde. Le lieutenant-commander Tuvok s’est opposé à moi, mon comportement lui semblait irrationnel, à juste titre, et je l’ai menacé de le mettre aux arrêts lui aussi. Nous avons fini par retrouver l’Equinox et un combat s’est engagé. Je ne voulais pas le détruire, seulement l’immobiliser, mais ils ont répliqué, nous infligeant de sévères dommages. C’est alors que le capitaine Ransom m’a appelée, il souhaitait se rendre, même si son second n’était pas d’accord et s’est mutiné contre lui. J’avoue que j’ai été très étonnée par son changement de comportement, puis je me suis dit qu’il s’était rappelé qu’il était avant tout un capitaine de Starfleet après l’avoir oublié pendant un temps. Il a réussi à reprendre le contrôle de son vaisseau, a perdu son second qui essayait de s’enfuir avec les mutins et il m’a fait téléporter ce qui restait de son équipage en me faisant jurer de les ramener. Puis il a éloigné l’Equinox du Voyager et je l’ai vu exploser sous mes yeux. Voilà comment s’est terminée cette triste affaire, du moins comment je pensais jusque-là qu’elle s’était achevée. Même si je mesure à présent la portée de mes actes et que je regrette profondément d’avoir agi comme je l’ai fait, je me soumettrai à toute punition que vous jugerez bon de m’infliger. J’ai risqué la vie de mon vaisseau et de mon équipage dans cette vendetta personnelle, j’ai franchi la ligne et j’en assume l’entière responsabilité en tant qu’ancien capitaine. Mon équipage n’a fait que suivre mes ordres, ils ne sont pas responsables… »
Là aussi, il y eut un très long silence de plusieurs minutes avant que l’amiral Wilson ne se levât.
- « La séance est levée, nous allons à présent délibérer. Vous pouvez rentrer chez vous, mais préparez-vous à être convoqués dans les prochaines heures, voire les prochains jours… »



A suivre (c'est presque la fin wink)
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Chibi
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MessageSujet: Equinox, 20 ans après... [Star Trek Voyager, fic post série, alternate universe en partie, fic en cours]---chapitre 16   Mar 01 Oct 2013, 17:04

Et voici le dernier chapitre !

Chapitre 16


Avec peu de bruit, la salle se vida et tout le monde se dispersa. Kathryn Janeway n’avait pas dit un seul mot et son mari ainsi que ses filles respectèrent son silence.

* * * * *

On était au milieu de l’après-midi, mais personne n’avait faim tant l’épreuve avait été difficile. Les jumelles, enfin, connaissaient toute la vérité sur l’affaire et elles ne savaient que penser tant étaient divers les sentiments qui les traversaient.
Alan n’était pas encore rentré et Chakotay insista pour que son épouse et ses filles boivent au moins quelque chose. Lui aussi était affecté, mais il ne voulait pas les laisser ainsi. D’autorité, il fit du café et une cruche de smoothie à la framboise, leur préféré. Ses filles semblaient en quelque sorte soulagées d’avoir enfin pu extérioriser des choses qui les avaient traumatisées étant enfants, mais il s’inquiétait davantage de l’attitude de son épouse. Kathryn, une fois de plus, avait tout pris sur elle sans une plainte, et elle ne disait rien, regardant seulement sa tasse de café.
L’atmosphère était encore lourde, et Chakotay regarda ses filles.
- « Ne faites pas cette tête, votre carrière ne risque absolument rien. Sous peu, vous retrouverez vos postes respectifs… »
Diana leva la tête et regarda ses parents.
- « Ce n’est pas vraiment ça le problème, vu notre âge à l’époque ils ne peuvent rien nous reprocher, mais c’est votre carrière qu’ils vont atomiser sans états d’âme, il suffisait de voir leurs têtes après vos témoignages. Mais je ne les laisserai pas faire, Starfleet vous doit trop pour ça…»
Avant qu’il ne puisse réponse, Kathryn Janeway intervint.
- « Diana, à présent tu sais ce qui s’est passé et tu es en âge de comprendre que ce genre d’actes est condamnable. Si ce qu’a fait le capitaine Ransom est terrible, j’aurais dû garder la tête froide et réagir autrement, comme votre père l’a fait. C’est un cas manifeste de manquement au devoir… »
Virginia croisa les bras.
- « Je ne pense pas que ça rentre dans ce cadre-la. J’en connais la définition et, si effectivement tu t’es laissée un peu aveugler par ta vengeance, on ne peut pas t’accuser de ne pas avoir fait ton devoir… »
Mais les jumelles savaient qu’elles ne convaincraient pas leur mère. Kathryn Janeway se jugeait responsable de la tournure terrible qu’avait prise l’affaire et elle n’en démordrait pas.
Il y eut encore un moment de silence qui fut rompu quand Alan revint du lycée, un peu plus tôt qu’à l’accoutumée.
- « Ah, vous êtes déjà rentrés ? », questionna-t-il en posant son sac.
Chakotay acquiesça et lui fit signe de s’asseoir avec eux autour de la table. Puis il regarda tout le monde.
- « Puisqu’on n’a pas de nouvelles et que je doute qu’on en ait aujourd’hui, je propose qu’on sorte tous se promener le long de la baie, prendre l’air nous fera du bien à tous. On mangera sur les quais… »
Kathryn n’avait pas vraiment envie de sortir, mais elle se dit que c’était probablement mieux que d’attendre ici que le couperet tombe. Il y avait toujours beaucoup d’animation sur les quais et elle savait que ses filles, depuis qu’elles étaient petites, aimaient cet endroit. Elle sut gré à Chakotay d’essayer de faire ce qu’il pouvait pour rendre l’attente plus supportable.
Un peu plus tard, debout sur les quais, le regard fixé sur la baie de San Francisco, elle sentit les tensions qu’elle éprouvait s’apaiser quelque peu au contact du vent léger qui venait de la mer. Les jumelles parlaient avec leur frère, se moquant de lui gentiment parce qu’il était le plus jeune, sous le regard amusé de leurs parents. L’ambiance familiale reprenait ses droits malgré l’épée de Damoclès encore suspendue.
Elle sentit la main de Chakotay serrer plus fort la sienne, revint à la réalité et tourna la tête vers lui. Il sourit :
- « Ca te fait du bien, tu es déjà moins tendue… »
C’était vrai, même si elle sentait tout de même encore présente la tension au creux de son estomac. Mais elle aimait cet endroit et, quoi que puisse devenir sa carrière, elle pourrait toujours y venir pour respirer l’air maritime et marcher tranquillement en regardant la baie changeante selon la lumière et l’heure du jour.
- « Maman, j’ai faim, je peux avoir un hot dog, s’il te plaît ? », questionna la voix d’Alan derrière eux.
Kathryn retint un soupir. Son fils cadet était un estomac sur pattes, ce qui était normal vu son âge, même si elle trouvait qu’il mangeait tout de même trop. Pourtant, cette fois, elle ne fit pas de remarque et le regarda dévorer le hot dog débordant de moutarde qu’il avait acheté à un marchant ambulant. Il était encore tôt, seulement dix-huit heures, mais les jumelles, malgré le peu qu’elles avaient mangé dans la journée, n’avaient pas faim. Cependant, l’air marin leur avait fait du bien à elles aussi, ramenant à une couleur normale le hâle naturel de leur peau.
Alors que la soirée s’avançait, Chakotay acheta des sandwichs pour toute la famille et ils s’assirent sur les murets pour les déguster tranquillement en regardant la foule bigarrée qui se pressait sur les quais. Cela rappelait souvent à Kathryn son incursion avec son équipage au XXème siècle. L’endroit était toujours aussi fréquenté, la population juste davantage extraterrestre.
Les moments en famille étaient devenus tellement rares ces dernières années qu’elle résolut d’en profiter malgré tout. Son mari était souvent absent et, depuis qu’elles étaient sorties de l’Academy, c’était aussi le cas de ses filles aînées. Alors, même si sa carrière et celle de son mari étaient en jeu, elle essaya de profiter de leur présence du mieux possible.

* * * * *

La nuit était tombée quand ils revinrent à l’appartement. La fatigue se faisait sentir et tout le monde se retira pour du repos bien mérité. Les jumelles, épuisées, sombrèrent vite dans le sommeil et les ronflements d’Alan résonnèrent dans le couloir.
Quand Chakotay sortit de la salle de bains, il trouva Kathryn assise sur le lit, tenant sa chemise de nuit, l’air absent. Inquiet de la voir ainsi, il s’assit près d’elle et elle fondit en larmes, incoerciblement. Elle avait tenu le coup jusque-là mais elle n’en pouvait plus, il fallait qu’elle lâche un peu de lest émotionnel. Il attendit que l’orage passe, la tenant contre lui jusqu’à ce qu’elle se calme. Elle finit par chuchoter :
« Je suis désolée… »
« Désolée de quoi ? D’être une humaine comme les autres ? » Répondit-il en lui caressant la joue.
Il n’ajouta rien de plus, car il savait qu’elle détestait se trouver en position de faiblesse. Sans rien dire de plus, elle se leva, alla faire sa toilette et il était allongé dans le lit quand elle revint. Il regardait fixement le plafond et parut revenir à la réalité quand il la sentit se glisser près de lui. Il tourna la tête vers elle :
- « Tu sais, si je perds mon poste, je pourrai toujours faire de l’archéologie à plein temps. Je ne suis plus à un âge où je pourrais avoir des regrets, j’assume seulement mieux mes erreurs… »
Kathryn, appréciant les efforts qu’il faisait pour essayer de dédramatiser un maximum le sort qui les attendait, se prêta au jeu.
- « Je pourrais retrouver un poste de scientifique dans le privé, c’est ce que j’étais au départ après tout. Ou tout simplement acheter une maison à la campagne et cultiver des légumes… »
- « A la campagne ? Enfin, si c’est que tu veux, pourquoi pas ? Je serais capable de cultiver le jardin, comme sur New Earth, et ça ne me déplairait pas… »
Pourtant, tous deux avaient conscience de la place importante que représentait Starfleet dans leur vie. Cela représentait un très long chapitre, la majorité à vrai dire, et c’était difficile de penser qu’il allait peut-être falloir le refermer. Sans un mot, il ouvrit les bras et elle vint se blottir contre sa poitrine alors qu’il éteignait la lumière de la chambre. Pas besoin d’en dire plus, l’avenir arriverait bien assez tôt mais, du moins, ils avaient fait ce qui devait être fait avec honnêteté…
Ils ne dormirent pas très bien, se réveillant souvent, et le jour se levait seulement quand ils décidèrent de déclarer forfait et d’aller prendre leur petit déjeuner.

* * * * *

Quand Alan émergea du sommeil et vint les rejoindre, ils étaient déjà habillés.
- « C’est aujourd’hui ? », les questionna-t-il en mangeant ses tartines.
Chakotay haussa les épaules.
- « Nous ne savons pas quand ils auront fini de délibérer. Aujourd’hui, demain ? Bonne question… »
L’adolescent acquiesça seulement. Ses parents semblaient plus sereins mais tendus à la fois, mais du moins leur attente ne serait plus trop longue et ils pourraient enfin oublier tout ça. Il espérait vraiment qu’ils n’y laisseraient pas leur carrière après avoir tant donné à Starfleet pendant toutes ces années.
Il acheva son petit déjeuner.
- « Je rentrerai plus tard ce soir, je dois finir un exposé avec Ndele… »
Ndele Otomo était son meilleur ami depuis la maternelle et ses parents le connaissaient bien.
« Très bien, mais ne rentre pas trop tard quand même… »
Alan disposait de beaucoup de liberté, mais ils prenaient soin à ce qu’il sente tout de même la présence parentale d’une façon ou d’une autre. Il maugréait mais obéissait relativement bien.
Une fois l’adolescent sorti pour faire sa toilette et aller au lycée, Chakotay eut un sourire :
- « Avant que tu ne le dises, oui, j’ai conscience que c’est mon fils… »
C’était une sorte de jeu entre eux. Mais Kathryn, tirée de sa rêverie, tourna la tête vers lui et dit très sérieusement :
- « Je pensais que les années avaient passé si vite ! Ces vingt ans écoulés me semblent à la fois si proches et si lointains. Est-ce que je réagirais de la même façon maintenant ? Je ne parviens pas à répondre à cette question et je doute que ça change quoi que ce soit… »
Elle sentit son bras se mettre en travers de son épaule, et il laissa passer quelques minutes avant de répondre :
- « Malgré les années écoulées, tu es restée attachée aux mêmes principes, mais tu n’aurais pas fait deux fois la même erreur. Tu as réagi à fleur de peau à l’époque, face à l’horreur, même si tout cela a conditionné ensuite ton comportement. Je pense qu’ils en tiendront compte... »
Kathryn hocha la tête. Elle ne s’attendait pas à un miracle mais, à cet instant, elle espérait que tout serait réglé dans la journée, pour savoir enfin à quoi s’en tenir. L’attente était pire que la tension ressentie durant son témoignage et les jours qui avaient précédé, et elle n’avait qu’une envie, que tout se termine enfin, de quelque façon que ça soit.
Le bruit de la porte d’entrée se refermant indiqua qu’Alan était parti au lycée, mais les jumelles dormaient encore. Ils ne les réveillèrent pas, qu’elles en profitent donc, elles seraient de retour bien assez tôt en service actif dans un dortoir pour enseignes. Ils restèrent là, assis devant la baie vitrée de la cuisine, à regarder le mouvement de la ville. La matinée était relativement avancée quand Virginia fit son apparition dans la cuisine.
- « Bonjour m’man, bonjour p’pa… », marmonna-t-elle.
L’arrivée de sa fille cadette détendit les traits de Kathryn
- « Ta sœur dort encore ? »
- « Oui, pour une fois c’est elle qui fait la marmotte… » dit-elle en riant avant de se reprendre. « Ils ont appelé ? »
- « Non, pas encore… »
La jeune fille s’assit près de ses parents, sa tasse de café à la main.
- « Ca leur plaît de jouer avec nos nerfs, il semblerait… »
Mais Chakotay ne le pensait pas.
- « Non, ça signifie probablement que l’affaire est difficile à juger et qu’ils ne sont pas d’accord sur un verdict… »
Il avait à peine dit ces mots que Diana, encore à demi ensommeillée, fit son entrée et vint saluer ses parents et sa sœur. Avant qu’elle ne pose la question, sa mère lui dit :
- « Tu as le temps de prendre ton petit déjeuner, ils n’ont pas encore appelé… »
En tenue de nuit, la ressemblance entre les jumelles était encore plus évidente, ce qui manqua presque de faire sourire leur mère malgré la tension ambiante. Dire qu’elle avait essayé, quand elles étaient petites, de les habiller de manière identique avant de se rendre compte que c’était peine perdue.
Diana s’assit avec sa tasse de café et en but plusieurs gorgées avant de dire :
- « J’ai une mauvaise impression à propos de tout ça, comme si ça n’allait pas suffire pour renvoyer le passé dormir. Je pense qu’ils ne feront pas de sentiment, sans tenir compte de vos états de service, pour faire un exemple… »
Le regard de Kathryn croisa celui de sa fille aînée.
- « Diana, nous ne sommes plus à l’époque de la troisième guerre mondiale. L’amiral Wilson, aussi sévère soit-il, n’est pas du genre à être injuste dans ses décisions… »
Injuste, peut-être pas, mais elle n’oubliait pas que c’était grâce à l’intervention de l’amiral Paris qu’elle n’avait pas eu de blâme à son dossier lors de la commission d’enquête qui avait suivi le retour du Voyager. Chakotay n’avait pas eu cette chance à l’époque et s’était en plus retrouvé muté à l’autre bout du quadrant pour un certain temps.
Diana haussa les épaules.
- « Ce n’est peut-être plus la troisième guerre mondiale, mais j’ai une mauvaise impression… »
Quand les jeunes filles sortirent pour faire leur toilette et s’habiller, Kathryn dit à son époux d’un air désabusé :
- « Cette affaire a réussi à rendre pessimiste la plus optimiste de nos filles, c’est un comble. Quant à l’autre, même si elle ne le montre pas, elle est toute aussi positive sur la situation… »
- « Mais elles s’en relèveront, quoi qu’il arrive, tu sais combien elles sont fortes, même Virginia. Et nous nous en remettrons nous aussi, nous avons connu bien pire… »
Kathryn acquiesça pensivement. S’il n’avait pas été là, elle n’aurait pas tenu le coup. Malgré leurs dissensions à l’époque, il était resté près d’elle, à ses côtés. Comme s’il lisait dans son esprit, elle sentit sa main se poser sur la sienne et la serrer, lui communiquant sa chaleur et sa force. Il lui tenait encore la main quand Diana revint, habillée en uniforme. Elle ne les dérangea pas. Bien qu’elle n’en dît rien, elle espérait partager un jour avec un homme un sentiment aussi fort que celui qu’il y avait entre ses parents. Elle se versa encore une tasse de café pour meubler l’attente. A cet instant, elle aurait vraiment préféré être en train de piloter son vaisseau vers n’importe quel système à explorer plutôt que de patienter pour savoir de quelle façon des amiraux imbus d’eux-mêmes allaient massacrer la carrière de ses parents et celle de Ransom.
Elle finissait de siroter sa tasse silencieusement quand Virginia arriva, elle aussi en uniforme. Par le lien particulier qu’elles avaient, elle comprit immédiatement ce à quoi sa jumelle pensait. Un silence un peu lourd s’était installé et il fut brisé par la sonnerie de la console qui se trouvait dans le salon. Chakotay s’en approcha. C’était un message écrit qui émanait de l’amirauté et leur enjoignait de se trouver à quatorze heures dans la salle où avait eu lieu la commission.
- « Au moins, ils ne nous auront pas laissé trop attendre… », remarqua-t-il pensivement après leur avoir transmis le message.
Virginia regarda sa sœur et ses parents.
- « Il est onze heures quinze, on ne va pas rester là à tourner en rond, je propose qu’on sorte… »
Comme son père, elle était proche de la nature et y avait toujours trouvé apaisement et réconfort. Tout le monde convint que l’idée était bonne et ils se dirigèrent vers le Golden Gate Park, qui n’était pas très loin. Les jumelles le connaissaient par cœur, ainsi que leurs parents, mais c’était vraiment l’endroit approprié pour regagner un peu de sérénité avant le verdict. Mais personne n’eut vraiment envie de manger ou de boire quoi que ce soit. Assis sous les arbres, ils profitèrent du temps ensoleillé mais frais, de la brise iodée et des odeurs de nature.
Il était treize heures quinze quand ils sortirent du parc pour rejoindre à pied le complexe de commandement. Ils ne parlèrent pas durant le trajet, personne n’en avait la moindre envie.

* * * * *

Ils passèrent les sas de sécurité à l’entrée du complexe et allèrent s’installer dans la salle où se trouvaient déjà plusieurs personnes, dont le couple Paris. Kathryn les salua de la tête et s’assit. Le silence était lourd, comme si c’était une sentence de mort qu’on allait prononcer, et cela portait d’autant plus sur les nerfs. Bien avant l’heure, tout le monde était là, sans aucun manquant. Rudy Ransom semblait calme, mais comme retranché en lui-même, comme un condamné prêt à la sentence capitale. Il ne se faisait pas d’illusion mais entrevoyait enfin l’extrémité du tunnel dans lequel il avait l’impression de vivre depuis qu’il avait repris conscience.
Tout le monde se leva quand la commission d’enquête fit son entrée, tant l’impression de tribunal était forte. L’amiral Wilson fit asseoir l’assistance et il y eut un moment de silence avant qu’il ne commence à parler :
- « L’affaire a été difficile à juger, comme vous vous en doutez tous. Même si tous les témoignages se rejoignaient et que les détails concordaient avec les journaux de bord, il nous a fallu beaucoup de temps pour recouper tout cela et prendre une décision. Capitaine Ransom, amiral Janeway, veuillez vous approcher s’il vous plaît… »
Ainsi le moment de vérité était enfin arrivé. Mais aucun d’entre eux ne regarda l’autre et ils restèrent debout devant la commission, attendant que leur sort soit scellé. L’amiral Wilson posa les yeux sur Kathryn Janeway.
- « Amiral Janeway, il a été décidé collégialement que votre équipage ne serait pas tenu responsable de cette malheureuse histoire, ainsi que votre second, qui n’a pas été jusqu’à se rendre coupable de mutinerie. Quant à vous, vous aurez un blâme qui sera porté à votre dossier et une suspension de poste d’un mois. Ce n’est pas un manquement au devoir caractérisé, mais la vendetta personnelle dans laquelle vous vous êtes lancée n’était pas un comportement digne d’un officier supérieur, même si nous comprenons votre réaction et que certains d’entre nous auraient eu la même. La sentence est exécutoire immédiatement… »
Il y eut quelques murmures dans la salle, mais Kathryn Janeway n’eut aucune réaction. Elle s’attendait à cela, ils étaient même plus cléments que ses estimations les plus négatives. Mais l’attention des membres de la commission se porta sur Ransom, et le silence revint immédiatement.
- « Capitaine Rudolph Ransom, votre équipage non plus ne sera pas tenu responsable vu qu’il a déjà été sanctionné par le capitaine Janeway à l’époque. Nous sommes parfaitement conscients qu’aucun de nous ne peut réellement se rendre compte des choses horribles que vous avez vécues. Vous avez cherché à protéger votre équipage comme vous l’indiquaient les règlements mais, ce faisant, vous vous êtes rendu coupable du génocide d’une espèce. De plus, vous vous êtes ensuite rendu fautif de trahison envers un équipage de Starfleet qui ne voulait que vous aider. Pour ces forfaits, nous vous condamnons à être rendu à la vie civile… »
Cela n’étonnait pas à proprement parler Ransom, et il hocha seulement la tête. Bien que ce fût une sanction très forte, elle lui offrait du moins l’occasion de repartir à zéro. L’amiral Wilson acheva en regardant cette fois l’assistance :
- « La commission est dissoute, son travail est terminé. Chacun de vous sera rendu à son affectation d’origine d’ici deux jours… »
Mais tout le monde attendit que les amiraux soient sortis pour enfin parler. Ransom eut une discussion avec ses anciens membres d’équipage, et Kathryn Janeway fut entourée des siens. Torres trouvait la peine un peu lourde compte tenu des circonstances, mais Kathryn lui dit :
- « J’ai fait une erreur et je dois la payer, c’est même léger comme punition. Ma carrière est plus proche de la fin que du début, de toute façon… »
Elle était calme et apaisée mais, dans son regard bleu, un voile de fatigue pouvait se voir. C’était une lassitude aussi bien physique que psychologique, et elle croisa les yeux inquiets de ses filles. Elle leur sourit pour les rassurer. La discussion dura encore un moment, puis tout le monde se sépara avec la promesse de se revoir dans de meilleures conditions. Kathryn, Chakotay et leurs filles restèrent là, et il leur demanda :
- « Que faisons-nous ? Voulez-vous rentrer tout de suite ? »
La dénégation fut unanime. Tout en marchant sur le front de mer, Kathryn regarda ses filles :
- « Vous voyez, bientôt vous serez de retour sur vos vaisseaux respectifs… »
- « Mais toi, maman ? Qu’est-ce que tu vas faire ? Tu ne vas pas faire appel de la décision ? » Demanda Diana.
- « Non, j’estime que j’ai mérité ce qui m’arrive, vous avez entendu comme moi ce que j’ai fait. Je subirai mon mois de suspension et, vu mon âge, un blâme ne peut plus me faire grand mal, c’était essentiellement pour le principe. Ils auraient pu être plus sévères. Tout ceci est fini à présent, ce cauchemar est derrière nous, alors profitez des deux jours de permission qui vous restent… »
Elle échangea un regard avec Chakotay. Leur couple avait survécu à tout cela mais il savait qu’elle attendrait d’être seule pour vraiment lâcher son lest émotionnel. Mais elle allait indéniablement mieux, même s’il comprenait qu’elle se forçait un peu à paraître enjouée. Une partie des fantômes du passé allait désormais les laisser en paix et c’était bien ça l’essentiel.
Elle sentit sa main prendre la sienne, mais il ne dit rien de plus, les mots n’étaient pas nécessaires. Ils en reparleraient plus tard, quand le temps aurait fait son œuvre cette fois définitivement. Les mânes de l’USS Equinox et de ses membres d’équipage décédés reposeraient à présent en paix…



FIN
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[post VOY, un peu alternatif] Equinox, 20 ans après...

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