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 [VOY, un peu alternatif] Quarantaine et conséquences

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Chibi
Capitaine de flotte
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MessageSujet: Quarantaine et conséquences chapitre 14 [fanfic Voyager, un peu alternatif, en cours]   Mer 10 Oct 2012, 20:27

Chapitre 14

Deux semaines plus tard, en ce matin du 16 mai 2373, Janeway finissait son examen prénatal, et le docteur lui dit :
« Tout va bien, dans deux jours je provoquerai le travail artificiellement. Diana est retournée et appuie déjà sur le col, ce qui nous aidera. Elle pèse 1,850 kg pour 45 cm, et sa sœur jumelle 1,450 kg pour 43 cm, elles ont bien grossi maintenant. Elles sont encore petites mais prêtes à vivre dans le monde extérieur. Vous avez déjà perdu le bouchon muqueux, cela les aidera à venir au monde… »
Janeway observa sur l’écran les deux jumelles retournées, à présent à l’étroit dans leur cocon de chair, tressaillir, et dit :
« Très bien, je me mettrai en disponibilité … »
Le docteur ajouta :
« Cela risque d’être long, capitaine, c’est pourquoi je vous poserai la perfusion d’ocytocine très tôt le matin et surveillerai chaque phase… »
Elle eut un soupir de soulagement et dit :
« Enfin, je croyais que ce jour ne viendrait jamais… »
Elle s’assit, se leva doucement et dit :
« Je vais préparer des vêtements pour les jumelles, Chakotay vient de terminer leurs berceaux… »
Avant de les avoir finis, il ne lui en avait pas parlé, et elle avait été agréablement surprise en apprenant cela. Il lui avait demandé, également, si elle accepterait d’effectuer avec lui les rites traditionnels périnataux de son peuple, et, parce qu’elle savait que cela lui tenait à cœur, elle avait accepté. Le regard sombre de son second s’était éclairé, et il lui avait souri…
Le docteur ajouta :
« N’oubliez pas de prendre plusieurs couches de vêtements, au cas où je n’aurais pas besoin de les mettre en couveuse. Ne prévoyez pas de couches-culottes, nous en avons ici. Si Diana, je pense, n’aura pas besoin de couveuse, je pense que sa jumelle y fera un séjour, elle a un très petit poids… »
Elle sourit au docteur, le remercia et reprit le chemin de la passerelle. Depuis quelques heures, en effet, le Voyager était en orbite au-dessus d’une planète de classe M, et, sur suggestion de Neelix, qui la connaissait, une expédition scientifique y avait été envoyée afin de voir s’il n’y avait pas quelques matières premières utilisables pour le vaisseau. Tuvok y avait d’abord, plus tôt dans la journée, envoyé une équipe de sécurité, qui avait déclaré qu’il n’y avait rien à craindre. Pourtant, le Vulcain, prudent, avait joint à l’expédition scientifique un groupe d’officiers de sécurité…
Chakotay se trouvait sur la passerelle, et, d’un regard, elle lui signifia que tout allait bien avant de dire :
« Rapport ? »
Il répondit :
« Neelix avait raison, nous avons trouvé des réserves importantes de deutérium, d’hydrogène ainsi que d’autres matières premières. De plus, la planète recèle une faune et une flore diverses et nombreuses… »
Elle hocha la tête :
« Très bien, je lirai les rapports tout à l’heure. Torres est-elle prête ? »
L’ingénieur-chef, avec ses doigts de fées, avait inventé un système qui permettait de réduire la consommation de matière et d’anti-matière tout en permettant au vaisseau de rester plus longtemps à warp 9. Le capitaine avait participé à la conception de ce système, car elle appréciait le fait de confronter ses idées avec celles de Torres…
Chakotay acquiesça :
« Oui, elle vous attend… »
Elle se dirigea vers sa ready room en disant :
« Si elle rappelle, dites-lui que j’arrive…ah, et dites aux équipes au sol que je m’y rendrai ce soir pour voir leurs progrès… »
Cette dernière phrase eut sur Chakotay l’effet d’une bombe. Sous le regard des officiers pourtant habitués à ce genre d’éclats, il la suivit jusqu’à sa ready room, attendit que la porte se referme pour exploser :
« Etes-vous inconsciente ? On ne sait absolument pas ce qu’il y a là, et vous voulez y aller, à deux jours d’accoucher ? »
Elle saisit un PADD sur son bureau et dit :
« L’atmosphère est respirable, conforme à l’atmosphère terrestre, gravité : 1 G, température : vingt degrés Celsius, baissant environ de dix degrés la nuit … »
Chakotay eut un soupir et dit :
« Si vous le prenez sur ce ton…mais j’irai avec vous, et je ne vous quitterai pas d’une semelle, vous entendez ? »
Elle eut un mouvement de la main, et dit :
« Très bien, si vous y tenez, mais ce n’est qu’une visite de routine qui ne durera qu’une dizaine de minutes. A présent, si vous voulez bien m’excuser, Torres m’attend. Nous descendrons vers dix-neuf heures, soyez prêt… »
Le tout dit sur le ton qu’il connaissait bien et qui signifiait ‘fin de non-recevoir’. Janeway massa un instant le bas douloureux de son dos, et prit le chemin de la salle des machines. Elle avait à peine franchi le pas de la porte lorsqu’une clé passa à deux centimètres de sa tête et que la voix sonore de Torres résonna :
« Non mais ça ne va pas ? »
Le jeune enseigne qui avait malencontreusement lâché la clé depuis le niveau supérieur changea de couleur et bredouilla :
« Je…je m’excuse, capitaine, c’est…c’est une erreur… »
Torres lui lança :
« Tu peux être désolé, tu as failli tuer le capitaine! »
Janeway calma immédiatement le jeu :
« C’est bon, lieutenant, l’affaire est close. Je suis venue pour votre système… »
Le visage de Torres s’adoucit de nouveau et elle attrapa un padd sur une console :
« Voilà le schéma que j’ai monté à partir de nos supputations, mais je ne l’ai pas encore essayé en condition réelle. En plus de cela, j’ai ajouté la possibilité de passer au système normal si nous en avons besoin, et nous avons fait en sorte de réduire les rejets gazeux… »
Les yeux de la demi-klingonne brillaient de passion contenue, qui fit une fois de plus conforta Janeway dans sa décision prise voici presque trois ans. Torres était un véritable phénomène de technique…
Elle observa attentivement le schéma et dit :
« Comment ferez-vous pour isoler les deux systèmes ? L’un utilise plus de deutérium que l’autre, donc est plus dangereux… »
Torres réfléchit un instant, et répondit :
« J’ai utilisé le nouvel isolant développé par le lieutenant Carey l’année dernière… »
Comme d’habitude, elle avait pensé à tout. Janeway sourit légèrement et dit :
« Si vous êtes prête dans trois jours, nous testerons cela dans un système gazeux, non loin d’ici d’après Neelix. Ainsi, s’il y a le moindre problème, nous pourrons utiliser les ballasts de Bussard pour évacuer sans risques les résidus… »
Torres répondit :
« J’y avais pensé, justement… »
Bien souvent, le capitaine et son ingénieur-chef illustraient à merveilles l’adage : ‘les grands esprits se rencontrent’. Janeway hocha la tête :
« Très bien, prévenez-moi quand ce sera prêt… »
Alors qu’elle sortait, elle entendit Torres dire :
« Carey! Tiggy ! avec moi, on va travailler sur le nouveau SPA… »
Elle jeta un regard sur l’index temporel : dix-huit heures, elle avait juste le temps de passer à sa ready room avant d’aller sur la planète. Pourtant, avant cela, elle se rendit auprès de Tuvok et lui demanda :
« Avez-vous des nouveautés concernant les conditions de sécurité sur la planète ? »
Le Vulcain, qui savait qu’elle devait s’y rendre, prit un padd posé à côté de lui et dit :
« C’est totalement sécurisé, capitaine, nulle trace de quoi que ce soit qui soit hostile… »
Elle hocha seulement la tête :
« Merci, Tuvok. Je ne serai pas absente longtemps, vous avez la passerelle pendant mon absence… »
Le Vulcain hocha lui aussi la tête, et Janeway entra dans sa ready room pour aller s’asseoir un peu. Son utérus se contractait un peu, mais le docteur avait dit que c’était normal à ce stade. Elle posa la main sur son ventre, et sentit nettement les talons de Diana. Il était vraiment temps, elle n’avait presque plus de place pour bouger à présent. Un coup lui parvint de l’autre côté, et elle se dit qu’elle n’avait pas encore décidé du prénom de l’autre jumelle, il était vraiment temps de le faire…
Pourtant, elle n’avait pas le temps pour l’instant, elle réfléchirait pendant tout le temps que durerait le travail. Elle sourit et dit :
« Oui, bébé, dans deux jours tu auras un prénom et toi, Diana, tu pourras tyranniser tes parents, mais là, votre père va nous attendre si je ne me dépêche pas… »
Il fallait encore qu’elle passe à ses quartiers passer sa tenue de campagne sur son uniforme, il faisait plus frais là en bas que sur le vaisseau. Elle se leva, reprit son souffle et se hâta vers ses quartiers. Attrapant sa veste de campagne dans l’armoire, elle l’enfila par-dessus son uniforme et se rendit en salle de téléportation. Elle demanda à l’enseigne qui se trouvait là :
« Le commander Chakotay est-il arrivé ? »
Elle avait à peine posé la question que le commander en question faisait son entrée, juste à l’heure. Une fois la téléportation terminée, le temps que se dissolvent les étoiles du transport, Janeway aperçut un paysage champêtre, vert, bordé de montagnes, qui lui rappela immédiatement son enfance dans l’Indiana. Un lieutenant du Maquis les attendait, et il leur dit :
« Je vous accompagne jusqu’au camp de base… »
Ils marchèrent sur quelques centaines de mètres, et Janeway aperçut quelques tentes au milieu de l’herbe. Le responsable scientifique, le lieutenant-commander Gradt, les attendait. Après les avoir salués, il leur dit :
« Cette planète est très riche, nous pourrons y trouver beaucoup de matières premières dont la liste est là… »

Sur la passerelle du Voyager, Tuvok faisait des vérifications de routine lorsque Kim lui dit :
« Monsieur, il y a des perturbations électromagnétiques, nous ne pouvons plus joindre les membres de l’expédition… »
Le Vulcain leva la tête et demanda :
« Est-il possible de les téléporter ? »
Kim secoua la tête :
« Non, c’est trop dangereux, monsieur… »
Le Vulcain n’eut pas un mouvement, et sa décision fut vite prise :
« Surveillez ces perturbations, monsieur Kim, et faites-les téléporter dès que vous le pourrez… »

Sur la planète, la même chose avait été constatée, et l’un des scientifiques s’écria :
« Mais…qu’est-ce que c’est que ça ? »
Sur son écran, un énorme nuage plasmatique venait d’apparaître, et le ciel s’était couvert. Un vent très violent se leva très rapidement, et les quelques tentes qui se trouvaient là s’envolèrent. Janeway, malgré son embonpoint, réagit très rapidement et se mit à courir droit devant elle alors que toutes les équipes scientifiques s’égaillaient dans tous les sens. Malheureusement, un morceau de bois se prit dans ses jambes, et elle chuta lourdement. Blessée à la tempe, elle se releva néanmoins, un peu étourdie, et avisa dans la tourmente ambiante l’entrée d’une grotte, quasiment dissimulée sous la verdure. Trempée, épuisée, elle s’y abattit avec soulagement. Elle prit un mouchoir, tamponna sa blessure avec une grimace et dit, la main sur le ventre où les jumelles s’agitaient furieusement :
« Du calme, mes chéries, du calme, plus de peur que de mal… »
Elle tira le briquet qui se trouvait dans sa poche d’urgence, l’alluma et vérifia qu’il n’y avait rien d’hostile au fond de la grotte. Elle rassembla quelques morceaux de bois et les alluma…
Elle s’appuya contre le mur rocheux, et soupira. Il ne manquait plus que cela ! Elle entendit alors, dans le bruit de la tempête, son nom hurlé, et elle fit un signe à celui qui l’appelait avec un brandon allumé. Entra alors Chakotay, blessé lui aussi, trempé mais visiblement rassuré. Il s’écria :
« J’ai cru qu’il vous était arrivé malheur ! Pour une planète sécurisée, tu parles ! »
Elle chauffa un instant ses mains au feu et dit :
« Personne ne pouvait prévoir cela, ces orages plasmatiques sont imprévisibles… »
Il la regarda et demanda, une ride de souci barrant son front :
« Vous allez bien ? »
Elle hocha la tête :
« Oui, les jumelles sont en pleine forme, elles s’agitent… »
Elles s’agitaient même un peu trop, se dit-elle lorsqu’une douleur légère, encore, vint contracter son utérus. Elle eut un frisson. Il se déplaça, se mit à côté d’elle et la prit dans ses bras pour la frictionner en disant :
« Pas question que vous attrapiez froid… »
Elle se laissa aller contre lui, confiante, sentant ses mains chaudes la réchauffer, et elle dit :
« J’espère que les autres ont pu s’en sortir… »
Chakotay baissa le regard sur elle :
« Il y a de nombreuses grottes par ici, un peu plus loin, je pense qu’ils s’y sont réfugiés… »
Elle se laissa aller contre son épaule, mais se redressa brusquement, le souffle court. Elle posa la main sur son ventre et dit :
« Je crois…je crois que c’est une contraction… »
Le regard de Chakotay s’étrécit, et il dit :
« Elles…elles vont naître ? »
Elle hocha la tête :
« Oui, c’est une contraction de travail, rien à voir avec celles, quasiment indolores, que j’ai depuis quelques temps… »
L’effet d’annonce passé, Chakotay reprit ses esprits, farfouilla dans sa poche et en sortit son tricordeur. Il la scanna rapidement et dit :
« Le col est effacé, la dilatation a commencé…n’auriez-vous pas oublié de me dire quelque chose ? »
Elle plongea son regard dans le sien et dit :
« Je suis tombée en arrivant ici, mais le docteur m’a examinée ce matin, et tout allait bien… »
Il hocha la tête :
« Cette chute fut l’événement déclencheur, je pense… »
Il paraissait calme, mais elle le connaissait assez pour ressentir sa nervosité. Ses poings se serrèrent sous l’effet d’une nouvelle contraction, mais elle ne gémit pas. Elle avait choisi son sort, et il n’était pas dans son genre de s’apitoyer sur elle-même…
Chakotay enleva sa veste, l’inséra entre le dos de la parturiente et le substrat rocheux et dit :
« D’après ce que j’en sais, cela va durer encore un bon moment. Dans les traditions de mon peuple, ce sont les femmes qui s’occupent de celle qui accouche, qui restent auprès d’elle en racontant des légendes et en chantant des chansons. Ma mère a longtemps été la sage-femme de notre village… »
Une autre contraction arriva, et elle dit :
« Quel est l’intervalle ? »
Il regarda son tricordeur :
« Dix minutes. C’est Diana qui est engagée et qui naîtra la première, elle pousse avec sa tête sur le col… »
Il lui montra l’écran de l’appareil, et elle lui dit :
« Otez-moi d’un doute : vous savez comment faire ? »
Il tenta de sourire, mais n’y parvint pas et répondit :
« J’ai lu quelques livres sur le sujet, je dois bien l’avouer, mais aucun ne me préparait à vous accoucher moi-même. Je vais devoir me souvenir de ce que disait ma mère mais, parmi mon peuple, les pères n’assistent pas aux naissances… »
Elle regarda pensivement le feu et dit :
« Ma mère n’en parlait pas, ou très peu, je sais juste que ma sœur Phoebe a failli mourir lorsqu’elle est née, je ne sais pas pourquoi. Ma grand-mère, Rosaleen Janeway, la mère de mon père, avait, elle, coutume de dire que les femmes irlandaises étaient dures au mal, et faisaient de beaux bébés. Elle est morte voici quelques années, mais elle n’arrêtait pas de me demander quand je me déciderais à faire des enfants et à fonder une famille… »
Il sourit :
« C’est curieux, ma mère n’arrêtait pas elle aussi de me faire la même remarque. Si nous rentrons, j’aimerais tant lui présenter les jumelles, elle va les adorer… »
Janeway serra les dents, puis dit :
« Nous rentrerons un jour, et, si ce n’est pas nous, ce seront elles qui ramèneront le Voyager. Je n’ose même pas imaginer la tête de ma mère lorsqu’elle va connaître ses petites-filles… »
Elle attendit que passent les derniers relents de douleur, puis acheva :
« Dire que nous avons tout le secours médical souhaité sur le Voyager, que la naissance était prévue dans deux jours, et que je vais accoucher là, à l’ancienne…voici quelque chose que je vais mettre dans l’album que je vais faire pour chacune d’elle… »
Il sourit, posa un instant sa main sur la sienne, et dit :
« Nous sommes deux dans cette affaire et, même si je ne peux pas aider beaucoup, je vais essayer tout de même d’être utile… »
Il jeta un regard sur le tricordeur, et constata :
« L’intervalle entre les contractions se réduit, le col se dilate assez vite à présent… »
Elle serra les dents de nouveau, essayant de ne pas gémir sous la douleur, mais ne dit rien. Se pouvait-il que les mini-contractions qu’elle avait ressenties tout au long de la journée aient amorcé le processus ? Il n’était plus temps de tergiverser maintenant, il fallait qu’elle accouche, et du mieux possible…
Chakotay, lui, s’efforçait de garder à l’esprit tout ce qu’il avait lu, ce qu’il fallait faire au cas où l’une des jumelles aurait le cordon autour du cou, au cas où elles seraient cyanosées, ne respireraient pas, feraient un arrêt cardiaque à la naissance…non, il devait être optimiste et compter sur mère Nature pour bien faire les choses. Les femmes de sa tribu avaient accouché ainsi pendant des siècles, sans le secours de la médecine moderne, il devait compter là-dessus…
Respirant pour surmonter la douleur, Janeway pensait elle aussi à tout ce qui pouvait arriver. Par chance, l’une seulement des jumelles était engagée, et par la tête en plus, tout se passerait donc plus ou moins normalement, presque comme une naissance impliquant un seul enfant. Elle savait aussi qu’étant primipare son accouchement serait assez long, peut-être Diana naîtrait-elle sur le vaisseau en fin de compte. Pour l’instant, c’était supportable, et elle se contentait d’attendre calmement. Plus elle serait détendue, moins la douleur aurait prise sur elle, elle le savait, et s’efforça d’appliquer ce précepte.
Inquiet de son mutisme au bout d’un moment, Chakotay lui demanda :
« Ca ne va pas ? »
Elle esquissa un sourire pour le rassurer :
« Si, ça va… »
Cette sensation de rupture, de rébellion de son propre corps était des plus dérangeantes pour elle, qui aimait tant être en contrôle. Pourtant, pour l’instant, elle ne souffrait pas énormément, c’était même assez supportable, mais il n’en serait pas ainsi jusqu’au bout. Sur l’écran de son tricordeur, qu’elle avait posé sur son ventre, elle voyait Diana, son petit crâne mobile engagé, avancer légèrement à chaque contraction, poussant sur le col de l’utérus en cours de dilatation. Pourtant, les membranes étaient encore intactes…
Chakotay, lui, scannait l’extérieur, debout près de l’entrée. L’orage plasmatique était maintenant déchaîné de toute sa force, mais ne donnait pour l’instant aucun signe de faiblesse. Ceci fait, il ramena son attention sur Janeway, qui restait toujours silencieuse. Elle se contentait d’observer son tricordeur de temps à autre, et d’essayer de juguler la douleur par des méthodes de respiration profonde. Il vint s’asseoir à côté d’elle, et posa la main sur son ventre, se contentant par ce simple contact de se rappeler à elle. Elle tourna la tête, et une lueur éclaira un instant son regard bleu alors qu’elle disait :
« Ce n’est pas ainsi que vous allez encourager Diana à venir plus vite… »
Derrière ce trait d’humour, il sentit son incertitude, sa peur. Malgré son apparente assurance, elle n’était après tout qu’une femme qui accouche pour la première fois et qui, malgré ses lectures, ne sait pas totalement comment cela va se passer. Elle avait perdu plus ou moins la notion du temps, la seule qui lui restait étant ses contractions à intervalles réguliers.
Chakotay, alors, comprit le pourquoi du comment de ce mutisme, et passa son bras en travers des épaules de la future maman, la serrant contre lui. Il ne savait pas comment lui dire qu’il était prêt, qu’il voulait être père et qu’il resterait près d’elle, et conclut que ses gestes parleraient beaucoup plus que ses mots. Pour la distraire, il dit :
« Il y a une légende de mon peuple qui dit que le soleil et la Lune sont en fait des astres jumeaux, nés le même jour. Ils s’appréciaient tellement qu’on ne pouvait les séparer. Voyant cela, le Grand Esprit, en prenant ombrage, décida de les séparer à jamais, c’est pour cela que le soleil brille le jour, et la Lune la nuit… »
Elle resta rêveuse, et dit :
« C’est triste, tout de même, mais c’est une belle histoire, que vous pourrez raconter aux jumelles lorsqu’elles la comprendront… »
Une contraction plus forte la fit taire et, quand elle retrouva la parole, elle dit :
« Ouf, celle-ci annonce sans aucun doute que nous ne sommes plus loin de la rupture de la poche. Depuis combien de temps sommes-nous ici ? »
Il regarda sa montre et dit :
« Presque trois heures, et l’orage ne mollit toujours pas. Bébé Diana a de grandes chances de naître ici, et je ferai de mon mieux en tant que sage-femme… »
Son regard sombre était résolu et, auprès de lui, elle se sentait sécurisée, comme toujours. Elle avait confiance en lui pour faire ce qu’il faudrait, y compris dans ce cas de figure qu’il n’avait jamais affronté…
Une contraction très forte l’ébranla, et elle serra les poings. Haletante, elle dit :
« L’intervalle est à cinq minutes, maintenant… »
Doucement, il lui massa le ventre. La voir souffrir ainsi lui était insupportable, surtout qu’il portait en partie la responsabilité de cette souffrance. Il sentit le ventre de Janeway durcir sous l’effet de la contraction, et continua son massage dans l’espoir d’apaiser sa douleur jusqu’à ce qu’elle lui dise :
« Merci, ça va pour l’instant… »
Elle observa de nouveau son tricordeur, et vit qu’à présent le col était presque entièrement dilaté, et que la poche des eaux s’était amincie à ce niveau-là, elle ne tarderait plus à se rompre maintenant. Elle dit alors :
« Bon, il va falloir que vous m’aidiez à me lever… »
Oubliant sa pudeur, il l’aida à enlever tout ce qui couvrait le bas de son corps, avant qu’elle se rassoie dessus et qu’il ne pose sa veste sur ses genoux relevés. Il était temps, une contraction survint, et avec elle la rupture de la poche des eaux qui vint tremper le sable devant la future maman. Serrant les dents, elle respira profondément alors que Chakotay, un peu désemparé, caressait sa joue. Il regarda l’écran du tricordeur et vit la tête de Diana s’engager dans sa descente, alors que la poche de sa sœur était encore intacte et ne donnait aucun signe de rupture…
Les contractions devenaient de plus en plus fortes, mais elle avait à cœur de ne pas faiblir, de contrôler la douleur sans être sa victime. Pourtant, elle ne put s’empêcher de laisser échapper un gémissement. Chakotay prit sa main et dit :
« Il va falloir que tu pousses dès que tu en ressentiras le besoin pour expulser Diana… »
Pâle, elle tourna la tête vers lui et dit :
« Pour l’instant, je n’ai pas… »
Une contraction lui coupa la parole, et elle serra les poings, écrasant par la même occasion la main de Chakotay, qui pourtant ne dit rien. Il se sentait un peu impuissant face à la douleur qui ravageait le corps de Janeway, et essayait d’aider de son mieux, y compris de cette façon. Dès qu’elle put reprendre son souffle, elle dit :
« Je n’ai pas encore envie de pousser… »
Mais cela se démentit assez vite, et elle se mit à pousser de toutes ses forces. Chakotay contrôlait la descente de la petite fille et son rythme cardiaque sur l’écran de son tricordeur, vérifiant à chaque fois s’il voyait déjà la tête apparaître. Il tentait de rester calme, mais ses mains tremblaient, signe de son intense nervosité. Pourtant, il fallait qu’il soit impassible s’il voulait pouvoir garder la tête froide pour faire les gestes qu’on attendait de lui. Il expira longuement, et se rappela ce qu’il avait lu : il fallait qu’il surveille le cordon, qu’il ne se coince pas, la tête de sa fille, la vitesse d’expulsion…
Janeway, elle, sentait de façon très consciente chaque centimètre de la descente de sa fille. Chaque contraction était vraiment difficile à supporter maintenant, mais elle avait ses propres méthodes pour surmonter la douleur, et cela semblait fonctionner plus ou moins bien. Elle saisit son tricordeur, et s’aperçut que Diana avait fait les trois-quarts du chemin, elle serait très bientôt visible, probablement à la prochaine contraction.
Il caressa le front en sueur de Janeway et lui dit :
« A la prochaine contraction, il va falloir pousser plus fort, et arrêter lorsque je te le dirai… »
Elle prit sa main, et dit :
« Merci…je ne sais pas ce que j’aurais fait sans toi… »
Il tenta de faire de l’humour noir pour la décontracter :
« Sans moi, tu ne serais pas en train d’accoucher… »
Elle fronça le front, et dit :
« Ce n’est pas drô…le…aie ! »
Il caressa son front :
« Là, là…ne t’inquiète pas, je suis là… »
La main chaude de Chakotay sur son front la décontracta, mais ce fut de courte durée et l’offensive de la douleur reprit. Elle poussa, et il s’écria :
« Stop, ne pousse plus, sinon tu vas te déchirer ! »
Elle obéit, et, lorsque la contraction s’estompa, il lui dit :
« Le sommet de sa tête est là, à la prochaine contraction elle va sortir… »
Avec une certaine émotion, il ajouta :
« Je peux déjà te dire qu’elle a les cheveux noirs… »
Il ôta sa veste d’uniforme, la posa sur le sol, et utilisa le petit couteau dont il ne se séparait jamais pour couper une large bande de son sous-pull violet, qu’il posa dessus. Même s’il n’était pas tellement calme, il ne pouvait que se féliciter d’avoir lu jusqu’au bout ce livre sur les accouchements gémellaires. Dès que Diana sortirait, il la poserait sur la veste, ligaturerait et couperait le cordon ombilical avant de la donner à sa maman.
Janeway gémit, et il dit :
« Pousse, à présent, pousse ! »
La tête du bébé apparut alors dans son intégralité, et il dit à Janeway, suante et épuisée :
« La prochaine est la bonne, il va falloir que tu pousses longtemps, autant que tu pourras, pour sortir son corps… »
Elle fixa son regard sur lui, et il put voir qu’à travers son épuisement physique, elle ne renonçait pas. Elle avait mal, elle était fatiguée, son corps n’était plus que souffrance et, pourtant, elle restait égale à elle-même. Pourtant, il n’eut pas le temps d’admirer sa grandeur d’âme plus avant car une contraction, la dernière, la reprit. Criant, cette fois, elle poussa de toutes ses forces, alors que Chakotay, concentré, aidait le petit corps de sa fille à sortir du mieux qu’il pouvait.
Pourtant, tout n’était pas gagné. Il la posa sur sa veste et s’aperçut qu’elle restait bleue et inerte, qu’elle ne respirait pas.
« Non, mon Dieu, non ! Ne nous la prenez pas ! », supplia-t-il mentalement. Il se souvint alors d’un détail cité par sa mère autrefois, et mit le doigt dans la bouche de la petite fille pour en ôter toutes les mucosités. Ceci ne fonctionnant pas, il prit sa minuscule fille contre lui et, au bout de quelques secondes effrayantes, Diana se mit à crier, ranimée par le contact et la chaleur de son père. Sa peau devint alors rose sous l’afflux d’oxygène, alors que son père laissait ses larmes d’émotion inonder ses joues…
Pourtant, aussi ému qu’il fût, il n’en oublia cependant pas ce qu’il devait faire, et trancha le cordon avant de le ligaturer. Il enveloppa ensuite le bébé chaudement dans sa veste d’uniforme et, se retournant, la mit doucement dans les bras de sa mère…
Janeway, pendant ces quelques secondes, avait eu très peur, peur que Diana ne survive pas mais, lorsque Chakotay la mit dans ses bras et qu’elle la vit bien vivante, elle oublia absolument toute la douleur et la panique qu’elle venait de ressentir. La petite fille ouvrit les yeux, et les plongea dans le regard humide de sa mère qui se mit franchement à pleurer. Janeway dit alors, entre deux reniflements :
« Bienvenue, Diana… »
Chakotay se tenait à l’écart, sachant que les premiers instants entre une mère et son enfant étaient importants, mais Janeway l’appela :
« Viens, viens voir comme elle est belle ! »
Diana avait encore les yeux grands ouverts, observant le curieux endroit où elle était venue au monde et les deux visages qui se penchaient sur elle. Bien que petite, elle ne semblait pas donner de signe de maladie ou de malformation quelconque, et respirait normalement. Janeway sourit à son second et dit tendrement à sa fille :
« Regarde, ton papa est là, c’est lui qui t’a sauvé la vie… »
Chakotay croisa alors le regard de sa fille, et ses yeux s’humidifièrent à nouveau sans qu’il ne puisse rien y faire. Il avait du mal à croire qu’enfin elle était là, avec eux, et surtout qu’elle vivait. Il demanda à Janeway :
« Comment te sens-tu ? As-tu encore des contractions ? »
Elle secoua la tête :
« Non, je me sens même curieusement bien à présent… »
Il regarda l’écran de son tricordeur, s’aperçut que le col de l’utérus s’était partiellement refermé après le passage de Diana et que la seconde jumelle flottait encore tranquillement dans son univers chaud et doux. Il grimaça et dit :
« La seconde n’est pas encore prête à venir au monde… »
Ce fut Janeway qui sourit cette fois et dit :
« Je ne suis pas mécontente de cette pause entre les deux, je dois bien avouer que je n’en peux plus… »
Elle lui tendit Diana :
« Veux-tu la prendre ? Elle doit savoir que tu es son papa, et il est temps pour vous deux de faire connaissance… »
Chakotay prit précautionneusement sa fille dans ses bras, et la berça doucement. Jamais il n’aurait pensé ressentir des émotions aussi fortes en regardant le petit visage de ce bébé qu’il avait contribué à engendrer. Le simple regard de Diana l’émouvait jusqu’aux larmes, et il ne pouvait détacher son regard de celui de sa fille…
Janeway les regardait en souriant légèrement. C’était une scène très tendre, et elle se sentait émue en regardant Chakotay bercer doucement leur fille. Pourtant, elle avait peine à démêler ce qu’elle ressentait, cette émotion immense, cet amour inconditionnel pour l’être qu’elle venait de mettre au monde, plus autre chose plus difficile à définir. Elle avait envie à la fois de rire et de pleurer, et sentait les larmes couler sur son visage sans qu’elle pût les arrêter.
Pourtant, cet état de grâce ne dura pas, et Diana se mit à pleurer. Chakotay essaya de la calmer, puis la rendit à sa mère en disant :
« Je ne sais pas ce qu’elle a… »
Cela, Janeway le savait, car elle avait senti, au même moment, sa poitrine devenir humide. Elle n’avait pas envisagé au départ d’allaiter ses filles, mais elle n’avait le choix pour l’instant. Elle dit à Chakotay :
« Aide-moi à enlever ma veste d’uniforme, il faut que je nourrisse Diana… »
Au même moment, la seconde jumelle bougea, et elle posa sa main sur son ventre en disant :
« Oui, ce sera à ton tour bientôt… »
Malgré son embonpoint encore présent, bien que moins important, elle parvint à positionner Diana correctement et la petite fille, après quelques atermoiements, se mit à téter difficilement. Pourtant, elle ne but pas beaucoup et s’endormit contre sa mère, au chaud contre sa poitrine. Doucement, Janeway remit son sous-pull violet en place et dit :
« Ne peut-on toujours pas appeler le Voyager ? »
Il secoua la tête :
« Non, l’orage ne le permet toujours pas… »

A suivre...

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MessageSujet: Quarantaine et conséquences chapitre 15 [fanfic Voyager, un peu alternatif, en cours]   Mar 05 Fév 2013, 08:37

Chapitre 15

Sur le Voyager, Tuvok attendait, et le silence était assourdissant sur la passerelle. Personne ne disait un mot, et Harry Kim ne quittait pas du regard l’écran décrivant les changements climatiques de la planète. Une zone énorme figurait l’orage plasmatique, qui ne baissait pas d’intensité. Tuvok dit alors :
« Lieutenant Torres, où en sont vos stabilisateurs atmosphériques ? »
La voix de la demi-klingonne lui répondit à travers l’intercom :
« On y travaille, monsieur, mais on ne peut pas faire plus vite, je suis désolée… »
Impassible, le Vulcain répondit :
« Faites vite, lieutenant, le plus vite que vous pourrez… »
L’idée du chef-ingénieur était de modifier les paramètres climatiques de la planète et d’utiliser un rayon à ions pour dissoudre l’orage plasmatique, et Tuvok lui avait donné carte blanche pour effectuer cela. Le Vulcain, tête dirigeante en cas d’absence du capitaine et de son second, s’abstenait prudemment de toute remarque, connaissant le caractère vif de Torres. Avec le temps, il avait compris qu’il valait mieux s’enquérir de temps en temps des progrès que de lui mettre directement la pression.
Le regard sombre de Tuvok se posa sur l’écran principal, qui reflétait la planète, et il espéra qu’aucune perte ne serait à déplorer…

Dans la grotte, Chakotay prit doucement dans ses bras Diana endormie dans sa veste d’uniforme, et aida sa mère à se rhabiller, il ne fallait pas qu’elle prît froid. Elle reprit ensuite Diana contre elle, consciente que la petite fille se sentait bien au contact de sa chaleur.
La seconde jumelle ne semblait pas vouloir venir au monde, et nulle contraction ne venait troubler la plénitude de la maman, qui avait du mal à détourner le regard de sa huitième merveille du monde. Chakotay, qui s’était absenté un moment vers le fond de la grotte, revint alors, porteur d’un fagot de bois mort dont il alimenta le feu. Il était important de préserver la chaleur pour que la petite fille pût survivre mais, dans les bras de sa mère, elle était comme dans une couveuse naturelle.
Il s’assit alors près de Janeway et lui dit :
« Quels prénoms allons-nous lui donner ? Je crois savoir que, dans la tradition de ta famille, il est d’usage d’en donner plusieurs… »
Janeway inclina le regard sur son bébé endormi et dit :
« Comment souhaites-tu l’appeler ? »
Il passa un doigt sur la joue lisse du bébé et dit :
« Laiyan. Cela signifie ‘fille de la grotte’ dans la langue de mon peuple… »
Après tout, pensa-t-elle, il était normal que Diana portât aussi une marque de son appartenance au peuple dont était issu son père. Il acheva :
« Diana Laiyan Kathryn me paraît bien. Qu’en penses-tu ? »
Emue, elle lui sourit et parvint à répondre :
« Cela me paraît bien aussi… »
Jamais elle n’avait été aussi bouleversée, au point de ne pas pouvoir nommer les émotions qui se bousculaient en elle. Sa vie, jusque-là, avait été réglée comme du papier à musique, et elle avait presque toujours su où elle allait. Elle avait pensé qu’elle serait déconcertée par la naissance des jumelles, mais pas que cela l’affecterait autant, la transformant jusqu’au plus profond d’elle-même. Ce n’était pas une question d’instinct maternel, mais la souffrance physique semblait avoir lié davantage Diana et elle, comme si le cordon ombilical n’avait pas été coupé…
Chakotay l’avait entourée de ses bras, lui donnant sa chaleur. Épuisée, elle se laissa aller contre lui en confiance et finit par s’endormir, vaincue par les fatigues de l’accouchement.
Le regard sombre du commander s’attendrit lorsqu’il regarda les deux êtres qui lui étaient les plus chères au monde dormir tranquillement, en confiance, contre lui. Diana avait trouvé son pouce, et le suçait dans une réminiscence de mouvement prénatal. Janeway, elle, dormait tranquillement, la tête contre son épaule, des ombres inquiétantes sous ses yeux, le visage pâle…
Si l’orage ne donnait pas de signe de fléchissement, il savait que Tuvok, et surtout B’Elanna, feraient leur possible pour les tirer de là…
« Voyager, faites vite, je ne veux pas les perdre toutes les deux… », supplia-t-il mentalement.
Si Diana était petite mais assez forte pour survivre, sa jumelle n’aurait probablement pas cette chance si elle naissait dans les mêmes conditions précaires. De plus, Kathryn avait besoin de repos et de soins…

« Commander, le dispositif est en place, je vais essayer de les joindre… »
La voix de Torres véhiculait du soulagement plus que de la fierté. Elle avait réussi à mettre en place un stabilisateur atmosphérique qui permettrait non seulement de joindre les scientifiques coincés sur la planète mais aussi de les ramener par téléportation, en supprimant les perturbations causées par l’orage plasmatique sur les communications et le téléporteur.

Dans la grotte, le communicateur de Chakotay grésilla :
« Ici Voyager. Comment allez-vous ? »
Chakotay sortit immédiatement de sa torpeur et de ses pensées, et répondit :
« Je vais bien, mais le capitaine a besoin de soins. Pouvez-vous nous téléporter une couverture de survie ? »
Une minute s’écoula, et celle-ci se matérialisa près de lui. Janeway s’était éveillée entretemps, mais ne dit rien et se laissa docilement emballer dans la couverture aux reflets irisés.
Chakotay rappela le vaisseau et dit :
« Téléportez-nous directement à l’infirmerie… »
L’officier des téléportations lui obéit, et, après la dématérialisation, apparurent les murs aux tons beige familiers du vaisseau. Le docteur, prévenu, les attendait et fut presque surpris lorsque Chakotay, déballant la couverture, dévoila le capitaine et son bébé. Il dit :
« Quand est-elle née ? »
Le commander répondit :
« Voici deux heures maintenant, il était précisément deux heures douze à l’index de notre vaisseau… »
Le docteur ordonna à Chakotay d’aller déposer le capitaine dans la petite salle, puis lui demanda :
« Rien à signaler concernant la naissance ? »
Le commander secoua la tête :
« Non, tout s’est déroulé normalement, mais j’ai dû réanimer Diana, elle n’a pas respiré tout de suite…quant à sa sœur, elle n’est pas encore née… »
Le docteur contempla un instant le bébé, qu’il tenait à présent, et dit :
« Allez vous nettoyer et vous reposer, commander, je vais prendre soin d’elles…toutes mes félicitations ! »
Chakotay sortait lorsqu’il vit arriver Tuvok. Il dit :
« Le docteur donne ses soins au capitaine maintenant, mais elle est encore endormie à cause de ses blessures. Avez-vous récupéré les autres scientifiques ? »
Le Vulcain opina :
« Oui. Le lieutenant Torres mérite encore des félicitations, monsieur, c’est elle, aidée de son équipe, qui a mis au point le système qui a permis de vous récupérer. Nous sommes repartis à présent… »
Chakotay hocha la tête et dit :
« Très bien, je les verrai plus tard, pour l’instant je dois aller me changer et me doucher… »
Tuvok acquiesça, car il avait compris le sous-entendu…
Rentré dans ses quartiers, Chakotay jeta ses vêtements maculés de poussière, de boue et de sang au sol, et prit une longue douche chaude qui contribua à dénouer ses muscles tendus et, surtout, à lui rendre plus présente la réalité de sa paternité en lui redonnant sa pleine capacité de raisonnement. Voulant obéir au docteur, il s’allongea sur son canapé pour se reposer, mais, même en fermant les yeux, il ne put trouver le sommeil. Soupirant, il finit par se lever et gagner l’infirmerie. Le docteur fronça les sourcils :
« Je vous avais dit de vous reposer, commander, il me semble… »
Chakotay fit un signe vague de la main :
« Je n’arrivais pas à dormir, alors je suis venu aux nouvelles… »
Le docteur dit :
« Elles vont bien. Diana pèse 1,851 kg pour 45 cm, tout est normal pour elle. Quant à sa sœur, elle devrait venir au monde dans les prochaines heures, si ce n’est pas le cas nous l’aiderons… »
Il ajouta :
« Quant au capitaine, elle va bien aussi, elle se repose… »
Il fit un signe en direction de la petite salle :
« Vous pouvez les voir, mais quelques minutes, pas plus… »
Il s’avança, et entra dans la petite pièce. Le capitaine reposait sur un biobed, son embonpoint encore visible, et l’on avait installé Diana près d’elle, dans un berceau transparent. La petite fille reposait sur le dos, soigneusement couverte et l’on lui avait installé un tuyau sous le nez pour stimuler sa respiration. Elle avait la peau mate, héritée de lui, et cela l’émut. Il s’approcha très doucement, vint déposer un baiser sur le front de la petite fille et prit un instant la main de Janeway dans la sienne. Elle ne se réveilla même pas, et il dit à voix basse :
« Repose-toi bien, Kathryn… »
Il sortit, et le docteur lui dit :
« Il faudrait des vêtements pour le capitaine et pour la petite Diana, ne pourriez-vous nous en amener ? »
Il hocha la tête, et se rendit aux quartiers du capitaine. Cela le gênait un peu d’y rentrer, c’était comme s’il violait son intimité, mais il fit taire ses appréhensions et en sortit quelques minutes plus tard avec un sac contenant un uniforme et des sous-vêtements propres pour Janeway, ainsi qu’une grenouillère blanche, un body et une brassière pour Diana. C’était la grenouillère qu’il avait offerte au capitaine pour Noël, il tenait à ce que ce soit le premier vêtement porté par sa fille. Il ramena tout cela à l’infirmerie, et le docteur lui dit :
« Vous pouvez habiller Diana, si vous voulez, elle est réveillée maintenant… »
Décontenancé, Chakotay dit :
« Mais…je ne sais pas… »
L’holo-praticien lui répliqua :
« On apprend tous les jours, commander… »
Sur un signe de lui, Kes alla prendre la petite fille, encore seulement vêtue de sa couche, dans son berceau, lui enleva son tuyau respiratoire, et le docteur la posa sur un petit matelas à langer. Il dit :
« Voilà, allez-y… »
Les gestes ressemblant à ceux qu’il aurait eus en face d’une porcelaine fragile, il tenta de passer les manches sur les bras de la petite fille, et le docteur lui dit :
« Retroussez les manches, passez votre main dedans pour attraper son bras, ce sera plus facile… »
Une fois les membres de la petite fille rentrés dans la grenouillère, il fallait encore la retourner pour boutonner les pressions de l’arrière. Le docteur lui dit :
« Prenez bien sa tête dans votre main, votre autre main sous son dos, et soulevez-la doucement. Faites attention à sa plaie ombilicale… »
Il parvint à la mettre sur le ventre, et finit de l’habiller prestement avant de lui passer le bracelet de laine qui lui était réservé autour du poignet. Doucement, il la retourna, la prit dans ses bras et lui dit :
« Tu as été bien coopérative, ton incompétent de père te remercie… »
Le docteur sourit au commander et dit :
« Vous vous en tirez très bien… »
Chakotay berça doucement sa fille qui se rendormait et dit :
«Et pourtant, lorsque j’ai cru la perdre, que j’ai vu qu’elle ne respirait pas, j’ai paniqué comme jamais, beaucoup plus que pendant le reste de l’accouchement… »
Le docteur sourit :
« Vous avez fait ce qu’il fallait, elle n’aura pas de séquelles… »
Kes entra, sourit et dit :
« C’est une adorable petite fille, commander, recevez toutes mes félicitations… »
Chakotay sourit et lui donna Diana :
« Remettez-la dans son berceau, elle doit se reposer… »
Le docteur dit alors :
« Dites-moi, sauriez-vous si le capitaine a allaité sa fille ? Je dis cela car elle n’a pas encore réclamé à manger… »
Chakotay acquiesça :
« Oui, en effet, mais Diana a très peu bu et elle a eu du mal à téter… »
Le docteur eut un geste rassurant :
« C’est normal chez les prématurés, commander, cela ira déjà mieux dans quelques jours… »
Le docteur, pourtant peu enclin à la gaieté, avait le sourire, et cela rassurait Chakotay, qui commençait seulement à prendre la mesure de ce qu’impliquait le fait d’avoir un bébé. Cette petite vie fragile devait en permanence être protégée, Diana était si petite, si légère qu’un souffle même eût pu l’abîmer. Pourtant, lorsqu’elle reposait en confiance dans ses bras, il se sentait si fort qu’il eût pu affronter à lui tout seul tous les dangers du Quadrant Delta…
Il dit :
« Très bien, je me rends sur la passerelle à présent, s’il se passe quoi que ce soit, appelez-moi… »

Janeway finit par se réveiller, l’esprit embrumé, et la première chose qu’elle vit fut le sourire de Kes :
« Félicitations, capitaine… »
Janeway lui rendit son sourire :
« Merci, Kes. Comment va ma fille ? »
L’Ocampa répondit :
« Le docteur lui a fait subir les tests d’usage, et il a dit qu’elle se portait bien au vu de son degré de prématurité… »
Le docteur entra alors :
« Je confirme, capitaine. Diana se porte bien, et vous aussi. Si, dans quelques heures, sa sœur ne se décide pas à venir nous rejoindre elle aussi, je vous poserai une perfusion, car, à présent que sa sœur est née, elle ne peut plus vivre correctement à l’intérieur de vous parce que le placenta a été endommagé… »
Janeway soupira :
« Très bien, le plus tôt sera le mieux… »
Il acheva :
« Kes va vous aider à vous changer, Chakotay a ramené des vêtements propres, vous devriez vous sentir un peu mieux… »
Janeway jeta un regard au berceau transparent où dormait tranquillement Diana, habillée de la grenouillère de son père, et elle sourit, de la tendresse débordant de son regard bleu…

A suivre...
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MessageSujet: Quarantaine et conséquences chapitre 16 [fanfic Voyager, un peu alternatif, en cours   Jeu 30 Mai 2013, 11:49

Chapitre 16

Sur la passerelle, Chakotay se faisait donner les dernières nouvelles par Tuvok. Autour d’eux, le calme de la fin du quart de nuit régnait, il était presque six heures du matin à présent, mais quelque chose hérissait le poil du commander, comme si quelque chose n’était pas normal…
Chakotay possédait un degré d’intuition supérieur, comme son père avant lui, et cela lui avait servi de nombreuses fois. Il écouta attentivement tout ce que lui disait le Vulcain, pendant que l’espace libre se déroulait sur l’écran principal. Tuvok lui demanda alors :
« Le capitaine se porte-t-elle mieux ? »
Chakotay hocha la tête :
« Oui, elle dormait lorsque je suis passé la voir, mais le docteur est confiant… »
Il pensa alors que, lorsque la seconde jumelle serait venue au monde, il faudrait dévoiler la vérité à l’équipage. L’épreuve serait difficile, mais ils le feraient car, une fois de plus, l’équipage qu’ils dirigeaient avait réalisé l’impossible, ils lui devaient la vérité. Il dit à Tuvok :
« Je descendrai tout à l’heure à la salle des machines pour remercier Torres et ses équipes, et je convoquerai un briefing dans l’après-midi pour résumer l’incident… »
Le Vulcain hocha la tête, et Chakotay gagna son fauteuil. C’était sécurisant de se retrouver là, dans son univers familier, au milieu de son équipage, et il eut un léger soupir d’aise. Pourtant, l’impression qu’il avait eu un peu plus tôt ne le quittait pas, il ne savait pourquoi. Il décida donc d’être vigilant…

Il était presque six heures trente lorsque Diana s’éveilla de nouveau, en hurlant cette fois sa faim. Sa mère, qui somnolait, soupira et dit :
« Oui, j’ai compris… »
Avant qu’elle ne puisse se lever, Kes, qui était restée là, prit la petite fille et la lui apporta. Janeway se mit en devoir de nourrir sa fille, mais Diana parvenait difficilement à téter. Lorsqu’elle se remit à pleurer, le docteur intervint :
« Il faut la positionner différemment… »
Désolée et un peu énervée, Janeway lui dit :
« Je ne peux pas, pas pendant que sa sœur est encore dans mon ventre… »
Le docteur eut une idée, et envoya Kes chercher un coussin. Grâce à ce stratagème, il parvint à positionner correctement Diana qui, enfin, se mit à téter doucement. L’holo-praticien dit alors :
« C’est parce qu’elle est prématurée qu’elle ne tète pas beaucoup, il faut qu’elle apprenne à le faire, vous devrez donc vous armer de patience… »
Pendant que Diana se nourrissait, le capitaine demanda :
« Comment vais-je faire quand la seconde sera là ? Est-ce que je peux en allaiter deux en même temps ? »
Le docteur acquiesça :
« Oui, sans problème, il suffira d’apprendre comment faire. Ensuite, lorsque vous reprendrez votre travail, vous pourrez même tirer votre lait pour qu’elles puissent être nourries au biberon en votre absence. Vous ne voudriez pas priver leur papa de ce plaisir, tout de même ? »
Il avait dit cela d’un ton presque espiègle, qui fit sourire Janeway. Elle dit :
« Dire que je ne pensais même pas les nourrir, au début, mais cela est bon pour elles… »
« A défaut d’être bon pour moi… », pensa-t-elle, essayant d’oublier la légère douleur causée par le mouvement de succion de Diana.
Le docteur observait, sur un écran annexe, les mouvements de la seconde jumelle. Les yeux ouverts, celle-ci s’agitait, la tête en bas. Elle ne paraissait pas en détresse, ni manquer d’oxygène, et son rythme cardiaque était normal, pour l’instant elle pouvait rester là. Il envisageait de déclencher le travail dans quelques heures, lorsque la maman se sentirait mieux, mais il ne fallait pas trop tarder, le placenta avait commencé à se décoller et cela pouvait provoquer une hémorragie…
Janeway observait sa fille. A présent propre, Diana présentait la peau mate héritée de son père, et une touffe de cheveux sombres ornait son crâne. Ses yeux étaient encore bleu clair, mais on pouvait déjà y voir quelques paillettes de bleu foncé. Doucement, elle lui caressa le crâne, terriblement émue, pendant que la petite fille s’efforçait d’avaler un peu de lait…
Oui, Diana était vraiment là, enfin, alors qu’elle avait cru plusieurs fois qu’elle ne pourrait pas la mettre au monde vivante, et c’était vraiment un superbe chef d’œuvre…

A suivre
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MessageSujet: Quarantaine et conséquences chapitre 17 [fanfic Voyager, un peu alternatif, en cours]   Sam 30 Aoû 2014, 20:55

Chapitre 17

Chakotay, lui, était toujours assis sur la passerelle, et étudiait un PADD lorsqu’un cri de Kim résonna :
« Monsieur, les boucliers s’abaissent tout seuls, et les senseurs sont bloqués ! »
La voix de Tuvok lui fit écho :
« Je n’ai plus les contrôles des phasers… »
Un cri de Paris acheva :
« Le vaisseau s’arrête, et je n’ai plus les contrôles de navigation… »
C’était là la concrétisation de l’impression étrange qu’il avait eue, il se passait quelque chose de grave. La voix de Torres arriva alors :
« Monsieur, nous sommes envahis, et… »
Plus rien.
« Nous sommes coupés du reste du vaisseau, monsieur… », s’écria l’enseigne chargé des communications.
L’esprit de Chakotay s’éclaircit d’un coup, et se mit à fonctionner à toute vitesse. Torres avait dit qu’ils étaient envahis, avant que les communications ne soient coupées. Il fit signe à Tuvok de sortir pour aller voir ce qui se passait, mais, non contents d’être coupés du reste du vaisseau en matière de communications, ils l’étaient aussi réellement, les portes étaient bloquées. Une sueur froide lui coula dans le dos lorsqu’il pensa au capitaine et à Diana, mais il fallait qu’il gère la situation, son équipage comptait sur lui…
Il n’eut pas le temps de réfléchir davantage, car, soudainement, une escouade se téléporta sur la passerelle, et Chakotay reconnut immédiatement le Maje Culluh parmi eux. Le kazon l’observa de son regard haineux avant de dire :
« Comme on se retrouve, commander ! Mais, cette fois, c’est moi qui suis le vainqueur, votre vaisseau est à moi. Faites venir le capitaine… »
Le regard sombre de Chakotay ne cilla pas, ne s’abaissa même pas sous l’affront et il répliqua :
« Elle est souffrante, il vous faudra me parler… »
Gagner du temps, surtout gagner du temps ! Mais sa stratégie échoua.
« Même à l’article de la mort, c’est à elle que je veux parler… »
Et il fit un signe à ses hommes. Chakotay, qui ne discutait jamais lorsqu’on pointait dix armes disruptives sur lui, appuya sur son commbadge et dit d’une voix neutre :
« Docteur, faites venir le capitaine sur la passerelle, c’est un ordre… »

Diana, après avoir avalé un peu de lait, s’était endormie de nouveau dans les bras de sa mère. Janeway la berçait doucement, un léger sourire aux lèvres. Kes lui apporta un verre d’eau :
« Le docteur m’a dit de ne rien vous donner de solide pour l’instant… »
Janeway tenta alors d’oublier son estomac qui commençait à protester, et but tranquillement le verre d’eau. Fascinée, Kes observait la petite fille, et le capitaine la laissa faire. L’étonnement de la jeune Ocampa était légitime, jusque-là elle n’avait vu à l’état de bébé que la petite Naomi, à demi Ktarian. Là, Diana était entièrement humaine, et c’était donc le premier bébé humain que Kes voyait…
Elle tendit la petite fille à Kes, et allait s’allonger de nouveau lorsque le docteur fit irruption dans le bureau, l’air préoccupé :
« Chakotay vient d’appeler, il m’a dit de vous faire venir sur la passerelle. Au ton de sa voix, j’ai compris qu’il se passe quelque chose de grave, mais ce n’est pas raisonnable que vous vous leviez, cela peut provoquer une hémorragie du placenta… »
Sa décision fut rapidement prise.
« Je n’ai pas le choix, s’il se passe quelque chose je dois y aller. Veillez sur Diana, quoi qu’il arrive… », fit-elle en s’asseyant difficilement.
Elle parvint à se lever, vint déposer un baiser sur le front de sa fille et, attrapant son dispositif holographique, l’activa. N’ayant cure des signaux d’alarme de son corps, elle gagna le turbolift le plus proche, et arriva en quelques minutes à la passerelle. D’un coup d’œil, elle comprit la situation, et dit de son ton de commandement aux Kazons :
« Je suis le capitaine Janeway, je commande ce bâtiment… »
Au regard que lui lança Chakotay, elle comprit que la situation était plus que critique. Culluh l’observa d’un air cruel pendant que Chakotay expliquait :
« Ils ont tous les contrôles du vaisseau entre leurs mains… »
Culluh observa Janeway d’un air dédaigneux, et celle-ci vit une lueur de tristesse passer dans son regard :
« Je prends possession de ce vaisseau, à cet instant. Vous avez quinze minutes pour faire vos bagages… »
Mais c’était sans compter sans le fort caractère du capitaine qui, bien qu’elle se sentît faible et épuisée, rétorqua :
« Pas question ! Le Voyager est sous mon commandement, c’est un vaisseau de Starfleet et vos menaces ne m’impressionnent pas… »
Un sourire mauvais tordit les lèvres de Culluh, qui fit un signe à l’un de ses subordonnés. Le Kazon visa Tuvok et tira. Kim se précipita sur le Vulcain, pendant que Culluh ajoutait :
« Etes-vous si peu économe de la vie de vos subordonnés, capitaine ? Ce vaisseau est à nous, par le droit de la vengeance. Dans quinze minutes, nous nous poserons et vous évacuerons sur une planète proche… »
Là, elle n’avait plus le choix, elle ne pouvait pas laisser son équipage se faire assassiner ainsi.
« Paris, ouvrez-moi une fréquence…Janeway à tout l’équipage : par suite d’une invasion Kazon, nous allons devoir évacuer le vaisseau. Rassemblez ce qui vous sera nécessaire, pas de superflu, et rendez-vous à la salle de réunion dans dix minutes… », dit-elle tranquillement.
Elle détestait avoir à faire cela, mais elle n’avait pas le choix. Elle regarda Culluh, le toisa et sortit dignement, accompagnée par Chakotay. Dans le turbolift, elle lui dit :
« Je vais aller prendre Diana… »
Elle sortit du turbolift au pont correspondant, hâta le pas autant qu’elle le put et fit irruption à l’infirmerie en disant :
« Docteur, je viens prendre ma fille… »
Le docteur lui tendit un paquet :
« Il contient un kit d’accouchement stérile, et une couveuse pliable. Comment ça va ? »
« Je crois que je suis en train de perdre plus de sang… », expliqua-t-elle avec une légère grimace.
Il lui injecta quelque chose :
« Voilà, cela devrait retarder la naissance, de quelques heures au moins… »
La douleur s’estompant, elle se redressa et prit sa fille dans ses bras, l’enveloppant dans une couverture. Puis elle alla à ses quartiers, rassembla des vêtements pour les jumelles, des couvertures, les berceaux confectionnés par Chakotay, des vêtements pour elle. Elle essaya d’utiliser son porte-bébé en tissu, mais ce n’était pas encore possible. Chakotay sonna et entra alors, tenant lui aussi un sac :
« Tu es prête ? », questionna-t-il.
Elle lui tendit Diana :
« Prends-la, je ne peux pas la mettre dans le porte-bébé… »
Chakotay noua la bande de tissu, et y installa Diana, qui ne protesta pas. Il prit les deux sacs.
« Ils nous attendent, le moment de vérité est arrivé… », dit-il d’un air résolu.
Elle inspira une longue bouffée d’air, et sortit de ses quartiers sans se retourner. Il respecta le mutisme de Janeway, il savait combien elle était bouleversée. Déjà la naissance de Diana, puis cela. En lui ôtant son vaisseau, on lui enlevait une partie de son être…
Tout le monde était arrivé à la salle de réunion. B’Elanna Torres, soutenue par Tom Paris, présentait un bandage sur le crâne. Tuvok, par contre, n’avait pas encore repris conscience, probablement plongé dans une transe de guérison vulcaine. Lorsqu’ils entrèrent, l’équipage se tut et se tourna vers eux, comme des enfants se tournent vers leurs parents en espérant qu’ils vont les protéger. Janeway inspira, puis dit :
« Très bien. J’ai une nouvelle à vous annoncer, qui va sans doute aggraver la situation, mais il faut que vous sachiez… »
Chakotay enleva la minuscule petite fille du porte bébé qu’il portait sous sa veste, et il y eut une rumeur qui gagna toute la salle, à la fois de surprise et d’incompréhension. Janeway la prit dans ses bras.
« Voici Diana Janeway, elle est née cette nuit sur la planète où nous étions bloqués… »
La petite fille bailla, et ouvrit les yeux, provoquant une autre rumeur, cette fois d’attendrissement total. Sa mère reprit :
« Elle est prématurée, et elle a été conçue sur New Earth voici huit mois… »
Les regards de l’équipage se déplacèrent alors sur Chakotay, puis revinrent sur le capitaine et sa fille. Le commander dit :
« Comme vous l’aurez tous compris, Diana est ma fille… »
Le capitaine acheva :
« Je ne vais pas entrer dans les détails, nous n’avons pas le temps, mais il y a une autre donnée au problème : Diana n’est pas seule, elle a une sœur jumelle qui, elle, n’est pas encore née… »
Elle débrancha son dispositif, et tous purent voir son embonpoint. Ce fut alors un silence de mort, qui fut rompu par une violente embardée faite par le vaisseau. Paris dit :
« Nous sommes entrés dans l’atmosphère… »
Chakotay rattrapa Janeway, mais Diana, effrayée, se mit à hurler, ajoutant à la tension ambiante. Le capitaine berça un instant sa fille, qui se calma, la rendit à Chakotay et dit :
« Allons-y, à présent… »
Par les fenêtres, on pouvait voir la lumière naturelle, les Kazons avaient réussi à poser le vaisseau sans dommages. Ils ouvrirent le sas de sortie, et Janeway, la tête haute, sortit, suivie de son équipage. Le regard dur, elle regarda jusqu’au bout son vaisseau décoller et disparaître avant de dire :
« Installons-nous… »

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MessageSujet: Quarantaine et conséquences chapitre 18 [fanfic Voyager, un peu alternatif, en cour   Sam 04 Oct 2014, 16:36

Chapitre 18

Elle n’avait pas besoin de donner ses ordres, son équipage savait ce qu’il avait à faire. Elle vit Torres manier une petite commande et, immédiatement, des caisses apparurent.
Presque malicieusement, elle expliqua :
« On n’allait tout de même pas leur laisser les vivres et les matériaux, hé ! »
Il y avait là de quoi monter plusieurs abris, des outils et des vivres pour un bon moment. Le chef-ingénieur, qui se sentait mieux, ajouta :
« J’ai aussi un mini-réplicateur qui marche à l’énergie géothermique, quasiment inusable, un truc de ma fabrication… »
Dans d’autres circonstances, Janeway eût souri, mais là, la situation ne s’y prêtait pas. Kes vint lui dire :
« Vous sentez-vous bien ? »
Elle acquiesça :
« A part les pertes de sang, oui, pour l’instant cela peut aller… »
Elle tenait Diana dans ses bras, probablement confiée par Chakotay, parti travailler avec les autres. L’Ocampa ajouta :
« Le docteur m’a expliqué comment faire pour effectuer votre accouchement, et ce qu’il faudrait vérifier… »
Janeway hocha la tête :
« Merci, mais je pense que cela devrait aller, j’ai survécu au premier. Allez mettre Diana dans son berceau, il est dans un des gros sacs, demandez au commander Chakotay… »
Pour l’instant, la petite fille ne réclamait pas son repas, ni d’être changée, elle baillait, fatiguée. Janeway embrassa sa fille sur le front, puis se concentra sur les différents travaux d’installation. Son équipage, occupé, ne lui posa aucune question, mais elle sentit à plusieurs reprises leurs regards interrogateurs sur elle. Elle prit une pile de tissus, mais l’un de ses subordonnés la lui prit des mains en disant :
« Sauf votre respect, vous devriez vous asseoir, capitaine, et attendre la naissance de votre seconde fille, ce n’est pas prudent pour vous de rester debout et de porter quoi que ce soit… »
Celle qui lui parlait ainsi était une jeune enseigne du Maquis, la bajoranne Olan Tera, qui lui offrit un gentil sourire. Elle ajouta :
« Puisque les Prophètes vous ont bénie d’une double maternité, vous devez prendre soin de vous… »
Elle prit la pile de tissu, laissant Janeway interloquée. Elle pensait que son équipage allait mal réagir, mais c’était tout le contraire, en tout cas pour l’instant. Torres alors vint à elle :
« Venez, nous vous avons installé un abri et d’autres sont en cours de montage à présent… »
La demi-klingonne sourit :
« Nous n’allions tout de même pas laisser un bébé aussi adorable dehors. Vous avez eu beaucoup de courage, mais je pense que vous auriez pu nous le dire, aucun de nous ne vous aurait mal jugée… »
Janeway sourit :
« La situation était difficile, j’ai essayé de faire au mieux. A présent, il va falloir élever ces deux petites filles parmi nous. Chakotay et moi avons pensé à vous comme marraine de l’une d’entre elles, nous vous apprécions et avons confiance en vous… »
Torres, surprise, rosit légèrement et répondit :
« Je…oui, j’en serais ravie, merci… »
Janeway sourit :
« Je vous laisserai choisir lorsque la seconde sera au monde, mais cela n’en prend pas le chemin pour l’instant… »
Elle suivit l’ingénieur-chef, et s’aperçut qu’au milieu de la plaine, des abris se dressaient, et certains avaient été adossés contre une falaise que l’on avait préalablement sécurisée. Chakotay donnait ses ordres, vérifiait tout, aussi tranquille et concentré qu’à l’habitude. Il la vit arriver et dit :
« Ce n’est pas prudent… »
Elle fit un geste de la main :
« Je sais, je sais, mais je ne vais pas attendre sans rien faire que ma seconde jumelle daigne quitter son abri. Tant que je n’ai pas la moindre contraction, je compte bien rester parmi mon équipage, à la place qui est la mienne… »
Le ton employé était ferme et ne laissait aucune place à la moindre réplique. Il décida de laisser couler et dit :
« Les abris sont montés, et, selon le lieutenant Argiel, il ne fera pas nuit avant plusieurs heures. J’ai fait inventorier les vivres, nous en avons assez pour un bon moment, et la planète est riche en biotope. Torres a installé des boucliers portatifs tout autour du camp, qui nous protègeront cette nuit des éventuels dangers… »
Elle hocha la tête :
« Très bien, pour l’instant cela ira… »
Tom Paris arriva alors, portant deux petits paquets :
« L’enseigne Wildman vous fait porter cela, et ceci est de la part de l’équipage tout entier… »
Le premier paquet contenait deux paires de chaussons de laine, et l’autre deux grenouillères roses. Emue, Janeway ne put que dire :
« Je vais aller les remercier… »
Elle se dirigeait vers les abris lorsqu’une contraction vive la cloua sur place, lui coupant la respiration. Néanmoins, elle reprit sa route, espérant que Chakotay ne l’avait pas vue. Kes s’occupait à la fois de Diana et de la petite Naomi, et Janeway localisa rapidement l’enseigne Wildman. Elle lui dit :
« Merci beaucoup, c’est très gentil… »
La jeune femme lui rendit son sourire :
« Ce n’est rien, capitaine…c’est une surprise, mais recevez toutes mes félicitations … »
Janeway lui sourit encore, et se dirigea vers Torres. Celle-ci releva la tête :
« Vous voyez, mon petit réplicateur maison peut aussi faire de jolies choses… »
Janeway sourit :
« Merci beaucoup, votre geste me touche… »
Elle ne put dire autre chose, car une autre contraction vint. Elle porta la main à son ventre, et Torres dit :
« C’est le second bébé ? »
Elle fit un signe à un autre membre d’équipage, et tous deux accompagnèrent le capitaine jusqu’à l’abri qui lui était destiné. Un lit de camp avait été installé, et ils l’allongèrent dessus, alors que Kes, ayant confié Naomi à quelqu’un d’autre, arrivait. Elle sortit les affaires du sac, installa le second berceau, qu’elle garnit d’une couverture moelleuse, et termina par les choses données par le docteur. Elle ouvrit le tricordeur et, examinant la future maman, dit :
« Les contractions sont assez rapides, et le col est quasiment dilaté, la petite fille est positionnée tête en bas… »
Janeway attendit, la main sur le ventre, serrant les dents, ayant hâte d’être délivrée de son dernier fardeau…

Chakotay, assis, contemplait sa fille aînée endormie lorsque Torres vint le voir :
« La seconde jumelle va naître, monsieur… »
Il acquiesça seulement, et elle ajouta :
« Tout va bien se passer, j’en suis convaincue… »
Tout autour, la nouvelle que le capitaine était en train d’accoucher pour la seconde fois s’était répandue, et il n’y avait quasiment plus aucun bruit. Tout l’équipage attendait, uni autour de son capitaine et de son second, le miracle renouvelé, la naissance d’un bébé, symbole d’espoir…
Wildman et d’autres femmes de l’équipage se relayaient auprès du capitaine, et préparaient la naissance avec Kes, alors que Chakotay veillait sur sa première fille, en espérant qu’elle n’aurait pas faim. Paris, fasciné, regardait avec attention le petit visage de sa filleule, alors que Carey, le bras droit de Torres, demandait :
« Comment s’appellera la seconde jumelle ? »
Chakotay répondit :
« Justement, nous n’étions pas d’accord… »
Paris quitta alors du regard Diana et dit :
« Pourquoi ne pas faire un sondage parmi l’équipage ? »
L’idée parut bonne au commander, qui dit :
« Voici les prénoms envisagés par le capitaine : India, Margaret, Virginia, Julia, et Elizabeth… »
Paris les inscrivit sur un padd, et s’en alla effectuer le sondage, alors que Tuvok, enfin réveillé, le bras en écharpe, s’approchait :
« Les félicitations sont illogiques, commander, mais je vous félicite tout de même. C’est une très jolie petite fille… »
Le geste du Vulcain toucha Chakotay :
« Merci, Tuvok. Puis-je vous poser une question ? »
Le Vulcain acquiesça. Chakotay reprit :
« Vous avez des enfants, je crois. Comment avez-vous réagi lorsqu’ils sont nés ? »
Tuvok réfléchit un instant, et dit :
« ‘réagi’ n’est pas le mot exact, commander, et il est difficile de vous en faire part sans un système commun de références. Si vous ressentez de l’inquiétude, je ne crois pas être la bonne personne pour la partager, mais je vous comprends… »
Kim dit alors d’un ton encourageant :
« Je suis sûr que tout va bien se passer, monsieur… »

Au chevet, Kes surveillait les contractions lorsque l’enseigne Wildman lui dit :
« Elle perd les eaux, il faut quelque chose pour l’éponger… »
Torres lui tendit une serviette de bains, sortit puis revint immédiatement avec son réplicateur miniature en disant :
« Il vaut mieux l’avoir sous la main… »
Kes ôta tout ce qui couvrait le bas du corps du capitaine, posa une couverture sur ses genoux relevés et des serviettes sous le bas de son dos. Wildman, ayant déjà accouché, lui était d’un grand secours, et tamponnait doucement les tempes du capitaine. Elle demanda :
« De combien est-elle engagée ? »
Kes lui montra l’écran du tricordeur, qui montrait le crâne de la petite fille nettement engagé dans sa descente, et elle dit :
« Dans quelques dizaines de minutes, si les contractions restent aussi fortes, nous verrons sa tête… »
Janeway ne disait rien, mais se sentait épaulée, rassurée en sentant toutes ces présences autour d’elle. Aucune d’elle ne la jugeait, elles se contentaient de l’aider dans son épreuve. Une contraction plus forte que les autres l’ébranla, et elle gémit doucement, alors qu’une fois de plus ses mains se refermaient sur la couverture. L’une des lieutenants du Maquis, une humaine aux cheveux roux, tamponna son front et dit d’un ton calme :
« Tout va bien, capitaine, tout va bien… »
Devant elle, Kes et Wildman surveillaient la progression de la petite fille vers l’air libre. Kes sourit à Janeway et lui dit :
« A la prochaine contraction, vous pousserez et la tête sera là… »
« Déjà ? », se dit Janeway. La naissance de Diana avait été beaucoup plus longue. Entre deux éclairs de douleurs, elle se rappela ce que lui avait dit le docteur, à savoir que la plus grande partie du travail avait été faite lors de la première naissance. La seconde jumelle n’avait plus qu’à emprunter le chemin frayé par son aînée, en quelque sorte…
Wildman et Torres préparèrent la bassine d’eau tiède, et les serviettes sur lesquelles serait posée la petite fille. L’enseigne Olan avait déplié des vêtements pour celle-ci, ainsi que pour le capitaine. Kes avait ouvert le kit d’accouchement, et préparé la couveuse, qui chauffait déjà…
Quand la contraction arriva, elle fut si violente que le pauvre capitaine ne put s’empêcher de crier, alors que Kes s’écriait :
« Vite, il y a une hémorragie ! Donnez-moi des serviettes… »
L’agitation gagna toute la petite pièce et Janeway, horrifiée, vit passer des serviettes imbibées de son propre sang. Un bip strident venant d’un tricordeur se fit alors entendre, et Wildman dit :
« Détresse fœtale, elle manque d’oxygène, il faut la sortir de là ! »
La tête du bébé apparut alors, et Kes dit à Janeway, qui sentait ses forces la quitter :
« Il faut qu’elle sorte à la prochaine contraction, capitaine… »
Le capitaine acquiesça, et se prépara à pousser de toutes ses forces. A la contraction suivante, elle poussa, poussa autant qu’elle put, et un bébé déjà bleu glissa dans les mains de Kes. Celle-ci ne perdit pas le nord, lui frictionna la poitrine, et la petite fille miraculée poussa un cri rageur qui lui sauva la vie. Elle la posa dans les bras de Wildman, qui attendait là avec des serviettes, puis ligatura et coupa le cordon ombilical avant de la donner à Torres qui, avec des gestes doux inhabituels chez elle, la posa dans la couveuse sans la laver, comme le lui avait indiqué Kes. L’Ocampa ensuite passa ses mains par le champ de force stérilisant qui fermait la couveuse et injecta à la petite fille ce que le docteur avait préparé, c’est à dire de la vitamine K, propre à empêcher la tendance aux hémorragies des prématurés, et divers produits…
Kes avait cependant d’autres soucis. Le capitaine, tombée dans l’inconscience juste après le premier cri de sa seconde fille, continuait à perdre son sang, et les contractions indolores qui détachaient à présent les annexes fœtales n’aidaient pas à enrayer l’hémorragie. Elle avait perdu déjà une bonne quantité de sang après la naissance de Diana, et, si elle en perdait encore, cela pouvait affecter sa survie. En tout cas, pour agir, il fallait attendre l’expulsion des membranes. Elle nota soigneusement l’heure de la naissance, et la couveuse afficha automatiquement la taille et le poids de la petite fille : 1,450 kg pour 43 cm, minuscule et presque maigre. Pourtant, elle ne semblait pas avoir de peine à respirer, du moins pour l’instant…
Enfin, le placenta et les annexes chorioniques sortirent, et Kes les examina soigneusement pour voir s’il n’y manquait rien. Par chance, le flot de sang se tarit, et la vasoconstriction se fit normalement. Pourtant, Janeway n’était pas totalement sortie d’affaire, et sa fille cadette non plus…

Au premier cri que poussa la seconde jumelle, il y eut une rumeur de joie, et des applaudissements parmi l’équipage. Kim, qui se trouvait non loin de Chakotay, lui sourit :
« Toutes mes félicitations, commander… »
Malheureusement, ce moment de grâce ne dura pas car Diana, sans doute réveillée par le cri de sa sœur jumelle, bougea et commença à pleurer. Chakotay la prit dans ses bras, la berça et murmura :
« Du calme, papa est là… »
Elle se calma un moment, mais finit par se remettre à pleurer. Elle avait faim, sans aucun doute…
Kes, alors, sortit du petit abri et vint vers lui. L’Ocampa avait un air préoccupé, ce qui n’annonçait rien de bon. Elle s’arrêta devant lui et dit :
« La seconde petite fille est née, monsieur, elle est en couveuse, mais elle est bien plus petite que Diana et j’ignore si elle va survivre. Quant au capitaine, elle a eu une hémorragie, mais tout semble être rentré dans l’ordre maintenant et elle se repose… »
Chakotay ne savait pas s’il lui fallait se réjouir ou s’attrister, et il dit :
« Très bien, Kes, merci beaucoup… »
Il désigna sa fille et dit :
« Peut-on la nourrir au biberon ? Elle meurt de faim, et, d’après ce que vous m’avez dit, sa maman ne peut la nourrir pour l’instant… »
Kes acquiesça, et rentra dans l’abri. Elle utilisa le réplicateur de Torres pour créer un biberon de lait maternisé à la bonne température, puis alla l’apporter à Chakotay. Celui-ci, espérant ne pas se tromper dans la façon de donner un biberon, cala Diana au creux de son bras et lui mit doucement la tétine dans la bouche. Voyant qu’elle n’avait pas le réflexe de succion, Kes dit :
« Le docteur dit que c’est normal, il va vous falloir être patient… »
Elle le laissa, et revint dans l’abri. Olan et Wildman veillaient sur Janeway, et Torres sur la petite fille. Pensivement, elle dit à Kes :
« Elle est si petite. Est-ce qu’elle va s’en sortir ? »
L’Ocampa secoua la tête :
« Je ne sais pas… »
L’ingénieur dit alors :
« Franchement, il ne manquerait plus qu’on perde à la fois notre vaisseau, notre capitaine et son bébé… »
Elle regarda la petite créature presque inerte et dit :
« Tu dois vivre, petite fille, entends-tu ? »

Chakotay, de son côté, réussit enfin au bout d’une dizaine de minutes à nourrir Diana. Lentement, la petite jumelle se mit en devoir de vider son biberon, et, alors, Paris revint. Il dit :
« L’équipage a porté son choix sur Virginia. Comment vont-elles ? »
Chakotay leva les yeux sur lui :
« Pas très bien. D’après Kes, le capitaine a perdu beaucoup de sang, et la petite fille est en couveuse. Elle est bien plus petite que sa sœur, alors… »
Il reprit :
« Diana et Virginia Janeway…c’est joli. Nous ne voulions pas, comme il est d’usage, donner des prénoms à consonances proches, cela leur permettra de se différencier… »
Paris posa sa grande main sur le petit crâne de sa filleule, et dit :
« Je crois que c’est déjà fait. D’après le capitaine, c’est Diana qui, dès la période prénatale, montrait sa prévalence sur sa sœur… »
Chakotay acquiesça :
« Oui, mais nous ferons tout pour permettre à Virginia de se développer normalement, ce ne sera pas sa sœur qui fera la loi… »
Il regarda Diana, qui tétait irrégulièrement, et lui dit :
« As-tu entendu ? »
Il dit alors :
« Le jour baisse déjà, je voudrais voir Tuvok. Pourriez-vous lui dire de venir, s’il vous plaît ? »
Paris acquiesça, et, quelques minutes plus tard, le Vulcain arriva. Son sourcil se souleva lorsqu’il vit la besogne à laquelle se livrait Chakotay, mais il n’en fit pas état et dit :
« Vous avez souhaité me voir ? »
Tout en gardant soigneusement la position correcte du biberon, Chakotay répondit :
« Rapport, monsieur Tuvok… »
Le Vulcain consulta un instant le padd qu’il tenait :
« Le campement est sécurisé, monsieur, et j’ai envoyé deux escouades explorer les alentours. L’équipage s’est installé, et le lieutenant Torres a mis en place tout autour du camp le double de boucliers portatifs que prévu. Neelix est en train de préparer à manger pour tout le monde… »
Chakotay acquiesça :
« Merci beaucoup. Reposez-vous à présent, Tuvok, sinon vous ne guérirez pas… »
Le Vulcain hocha seulement la tête, et s’en fut, laissant le commander seul avec sa fille. Diana buvait encore, mais ses yeux se fermaient à demi, elle ne tarderait pas à s’endormir. A peine née, elle devait affronter un monde pour lequel elle n’était pas encore faite, dans lequel elle avait été propulsée trop tôt…
Chakotay s’efforçait toujours de voir le bon côté des choses, mais, là, l’avenir lui apparaissait plutôt sombre. Le capitaine était dans le coma, sa seconde fille entre la vie et la mort, Diana peinait à se nourrir, et ils étaient abandonnés sur une planète inconnue, dans la plus grande précarité. Il regarda Diana, à présent endormie, et lui enleva le biberon de la bouche. La petite fille bougea un peu la tête, mais ne se réveilla pas. Il aurait pu la remettre dans son berceau, mais il la garda dans ses bras, ne voulant pas la réveiller et sachant qu’au moins elle s’y sentirait en sécurité.
Torres, alors, s’approcha de lui et lui dit :
« Vous devez vous restaurer et vous reposer, monsieur, Kes m’a dit que cela faisait près de vingt-quatre heures que vous étiez debout. Elle m’a dit aussi que vous pouviez venir voir  Virginia et le capitaine, si vous voulez… »
La gentillesse de Torres rasséréna Chakotay. Précautionneusement, il déposa Diana dans son berceau et dit à son chef-ingénieur :
« Elle ne devrait pas se réveiller avant un bon moment, mais il faudra peut-être la changer à plus ou moins brève échéance… »
Torres acquiesça, et Chakotay se dirigea vers l’abri dans la lumière de la fin du jour. Cela lui rappelait celle de sa colonie natale, Dorvan V, mais il ne se laissa pas gagner par la nostalgie et se baissa légèrement pour entrer dans la petite maison. Lorsqu’il entra, Olan se leva et sortit, alors que Kes lui disait doucement, en lui désignant la couveuse :
« Elle respire sans aide, mais elle est faible. Elle n’a aucune réaction pour l’instant. Le docteur subodorait cela, et il avait placé dans le kit d’accouchement une poche de glucose, c’est ce qui la nourrit pour l’instant. Si elle reprend des forces, elle pourra peut-être être nourrie normalement dans quelques temps… »
Chakotay observa pensivement sa seconde fille. Virginia était bien le double parfait de Diana, mais en plus petit, en plus maigre, avec des membres plus grêles. Il s’inquiétait surtout, comme Kes le lui avait fait remarquer, de son adynamie. Contrairement à Diana, qui gigotait normalement malgré sa prématurité, Virginia était inerte, il fallait bien y regarder pour voir que sa petite poitrine se soulevait, le moniteur de la couveuse retransmettant son rythme cardiaque et respiratoire. Elle était bien vivante, faible, minuscule mais vivante, et c’était cela qui comptait.
Il posa alors son regard sur Janeway, endormie. Elle était terriblement pâle à cause de la perte de sang, et avait l’air si fragile qu’il en fut touché et inquiet. C’était beaucoup à supporter pour elle, la perte de son vaisseau, la fragilité de leur situation, la survie de leurs filles, mais il savait qu’elle avait assez de volonté pour revenir parmi les vivants et assumer tout cela, il la connaissait assez pour cela. Il s’assit près d’elle, prit sa main dans la sienne, espérant que cela ferait quelque chose, qu’elle le sentirait dans son semi-coma…

A suivre
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[VOY, un peu alternatif] Quarantaine et conséquences

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